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    Les plus belles grottes ornées du monde

     

    Xavier Demeersman, Futura-Sciences

     

    Nous connaissons plusieurs centaines de sites d’art pariétal dans le monde. Combien en reste-t-il à découvrir ? Combien de chefs-d’œuvre restent encore cachés ? Voici cinq des grottes ornées les plus anciennes et plus belles connues.

     

    Quand débute l'histoire de l'art ? Il y a quelque 18.000 ans à Lascaux ? Non. Alors, il y a près de 40.000 ans dans la grotte Chauvet ? Certainement pas. En effet, et les préhistoriens en sont persuadés, bien d'autres œuvres artistiques qui ont survécu aux injures du temps restent à découvrir, sans doute aussi bouleversantes que celles que nous présentons ici.

    Peut-être les premières traces d'expressions artistiques sont-elles beaucoup plus anciennes et remontent aux origines de Homo sapiens sapiens -- l'Homme qui sait qu'il sait --, il y a environ 200.000 ans (voire plus, avec l'apparition du genre Homovoici trois millions d'années...).

    Mais au fait, l'art est-il uniquement l'apanage de notre espèce ? Pas vraiment, comme le proposent de récentes découvertes suggérant que Néandertal avait des pratiques artistiques (voir notamment « Grotte de Bruniquel : les stupéfiantes constructions de Néandertal »), au contraire de ce qu'on a longtemps pensé.

    On ne connaît pour l'instant que trois centaines de grottes ornées -- ou abris sous roche -- datant du paléolithique. Plus de la moitié (186) se trouvent en France et la majorité du reste se situent en Espagne. Voici un aperçu de cinq d'entre elles, parmi les plus belles et remarquables connues à ce jour.

    Nous ne les comprenons pas bien encore, plusieurs interprétations s'affrontent toujours. Toutefois, cette incompréhension n'interdit pas l'émerveillement. Ce mot revient d'ailleurs sans cesse dans la bouche de ceux qui ont eu la chance de contempler de leurs propres yeux, sur place, les originaux de ces chefs d'œuvres.

     

    La grotte de Lascaux, « chapelle Sixtine de la préhistoire »

    De toutes les grottes ornées, Lascaux est sans conteste l'une des plus célèbres. Depuis sa découverte en septembre 1940 par quatre adolescents, un chien et un lapin, les peintures et dessins d'animaux, notamment des bovidés, équidés et des cervidés, de celle que l'on surnomme souvent « la chapelle Sixtine de la préhistoire » stupéfient et bouleversent quiconque les admire. Que ce soit les originaux, classés en 1979 au Patrimoine mondial de l'Unesco, ou les copies de Lascaux 2 (et bientôt Lascaux 4 dont l'ouverture est prévue le 15 décembre 2016), à 200 mètres de là.

    « Nous n'avons donc rien inventé ! » avait déclaré à leur sujet Pablo Picasso qui, comme beaucoup de ses contemporains, s'est inspiré de l'art de ces ancêtres du sud-ouest de la France, et aussi de l'Espagne (voir plus bas, Altamira), il y a environ 18.000 ans.

    Pour une visite virtuelle de la grotte, c'est par ici.

     
    Pourquoi les peintures et gravures de la grotte de Lascaux nous touchent-elles autant ? Ici, le quatrième taureau visible dans la fameuse « salle des taureaux », sur le panneau de l’ours, près de l’entrée. La peinture de cet auroch noir s’étend sur 5,6 mètres, depuis l’extrémité de ses cornes jusqu’à sa queue. Différentes techniques ont été employées pour exécuter cette œuvre, l’une des plus emblématiques du site. Un signe en forme d'étoile est représenté devant l’animal. Les points alignés devant et aussi au-dessus de son épaule intriguent également et sont sujets à de multiples interprétations. Quel est le sens de ces peintures ? Y a-t-il des allusions à des groupes d’étoiles telles les Pléiades, que l’on peut observer justement dans la constellation du Taureau ? © MCC

    Splendeurs de la caverne du pont d’Arc

    Située à quelques pas du magnifique site géologique du pont d'Arc en Ardèche, la grotte, découverte fin décembre 1994 (son existence sera révélée au grand public en janvier 1995) par Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel-Deschamps et Christian Hillaire, surprend par son ampleur et bien sûr la beauté des nombreuses œuvres qui ont été gravées, peintes ou dessinées au fusain. On n'ose imaginer l'émoi des découvreurs qui venaient de pénétrer dans ce sanctuaire fermé depuis des millénaires. Un choc esthétique et aussi scientifique pour les spécialistes car, en effet, quelque temps après la découverte, ils apprenaient que ces fresques de la préhistoire (que l'on peut voir aussi à certains égards comme l'ancêtre du cinéma, du dessin animé, etc. ; voir à ce sujet « Quand Homo sapiens faisait son cinéma ») sont âgés d'environ 35.000 ans ! Voilà qui bouleversa les conceptions sur l'histoire de l'art. Parmi la grande variété d'animaux représentés, fait assez rare, figurent des rhinocéros (il en existe très peu de représentations en Europe).

    Plusieurs morceaux de charbon de bois et de fusain sont encore présents au sol (parmi des restes d'ours des cavernes qui fréquentaient aussi les lieux), comme si les artistes les avaient laissés hier... Combien étaient-ils d'ailleurs ? Les œuvres se superposent, toutes ne sont pas de la même période. On peut reconnaître deux groupes de styles. La grotte Chauvet-Pont d’Arc regorge de chefs-d'œuvre témoignant d'un sens aigu de l'observation de ceux qui les ont exécutés.

    À l'instar de Lascaux, il existe aussi une réplique à visiter à proximité du site original, près de Vallon-Pont d'Arc, et une visite virtuelle sur Internet.

     
    Depuis le 22 juin 2014, la caverne du pont d’Arc, en Ardèche, est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. On voit ici une grande fresque de la salle du fond. Une scène de chasse ? À droite, plusieurs représentations de lions avec différentes attitudes (aux aguets ?) apportent du dynamisme à la scène. Idem à gauche, où l’artiste semble vouloir animer les rhinocéros. © Jean Clottes, grotte Chauvet-Pont d'Arc

    Altamira, premier ensemble d’art rupestre découvert

    Découverte en 1868, la grotte d'Altamira, située à Santillana del Mar, au nord-ouest de l'Espagne, est le premier site d'art rupestre reconnu (les peintures furent découvertes en 1879). À l'époque, beaucoup n'admettaient pas l'authenticité de cette œuvre peinte pour l'essentiel il y a entre 22.000 et 13.500 ans dans une galerie longue d'environ 270 mètres. Le bison des steppes est le plus présenté des animaux.

    « Quand j'ai visité pour la première fois Altamira, j'ai pensé "c'est comme revenir à l'origine, c'est l'endroit le plus fertile". Croire que l'art a beaucoup avancé d'Altamira à Cézanne est une prétention occidentale vaine » a écrit à son sujet le peintre contemporain Miquel Barceló (l'artiste a supervisé les reproductions de Chauvet), inspiré par cette œuvre des Magdaléniens.

    Le site a été inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité en 1985.

     
    Bisons et biches peints dans la grotte d’Altamira, située au nord de l’Espagne, à quelques kilomètres de Santander. © Yvon Fruneau, Unesco Photobank

    La Cueva de las Manos, l’un des plus anciens sites archéologiques d’Amérique du Sud

    La Cueva de las Manos (la grotte des mains) est un fabuleux ensemble d'abris sous roche comprenant aussi une grotte, surplombant le Río Pinturas, en Argentine, au nord de la Patagonie, couvert de nombreux pictogrammes de plusieurs périodes. Le site doit son nom à la multitude de mains peintes au pochoir (il y a même des empreintes de nandou) dans plusieurs couleurs. Peut-être s'agissait-il d'un rituel initiatique ?

    Trois groupes stylistiques ont été identifiés. Les plus anciens datent de la fin de l'ère glaciaire, il y a environ 11.000 ans. Les archéologues ont trouvé des traces d'occupation sur plusieurs millénaires. Les plus récentes remontent au VIIIe siècle de notre ère et sont liées aux ancêtres des Tehuelche de Patagonie. Outre ces mains polychromes, on y trouve plusieurs scènes de chasse où le guanaco y figure souvent.

     
    Ce sont ces nombreuses mains peintes sur les parois de la roche qui ont donné le nom au site la Cueva de las Manos. Situés dans un environnement exceptionnel, la grotte et les abris sous roche ont été classés au Patrimoine mondial de l’Unesco. © Lisa Weichel, Flickr

    Bhimbetka, immense galerie de peinture sur plusieurs millénaires

    C'est au cœur de l'Inde, au pied des monts Vindhya, dans l'État du Madhya Pradeshque se situe un immense site archéologique de 40 km2 regroupant 760 grottes et abris sous roche sur sept collines (500 d'entre elles présentent des peintures) dominant une épaisse forêt. La colline de Bhimbetka en possède à elle seule 243, couvertes de peintures bien conservées, dont certaines sont datées de 12.000 à 15.000 ans, voire jusqu'à 30.000 ans.

    Des œuvres plus récentes montrant des scènes de chasse ou de vie quotidienne ne remontent qu'au moyen-âge. « Dans les vingt et un villages qui entourent le site vivent des populations dont les traditions culturelles contemporaines rappellent celles dépeintes dans les peintures rupestres » écrit l'Unesco à propos du site classé au Patrimoine mondial.

     
    Découvert 1957, Bhimbetka et ses alentours constitue l’un des plus anciens sites archéologiques d’Asie. Des centaines de peintures réalisées durant les quinze derniers millénaires tapissent les parois de ses nombreuses cavités et abris sous roche. © Wikimedia Commons, Lrburdak, CC BY-SA 3.0
     

    Des cinémas durant la préhistoire ?  Environ 41 % des œuvres pariétales parant

    les grottes ornées représenteraient des animaux en mouvement. Pour ce faire,

    les artistes ont utilisé des techniques graphiques encore exploitées de nos jours. 

     

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    L'ADN retrouvé d'Ariche, un Phénicien

    de 2.500 ans

     

     

    Séquencé, l'ADN du « Jeune homme de Byrsa », alias Ariche, révèle une filiation avec les populations de la péninsule ibérique. Cette découverte exceptionnelle apporte un nouvel éclairage sur les Phéniciens.

     

     
     

    Un modèle d'Ariche le Phénicien réalisé par la talentueuse plasticienne Élisabeth Daynès (voir sa galerie), qui travaille depuis de nombreuses années avec les paléontologues pour créer des reconstitutions réalistes d'hominidés. © M. Rairs, licence Creative Commons

     

    Un modèle d'Ariche le Phénicien réalisé par la talentueuse plasticienne Élisabeth Daynès, qui travaille depuis de nombreuses années avec les paléontologues pour créer des reconstitutions réalistes d'hominidés. © M. Rairs, licence Creative Commons

     
     

    En 1994, l’archéologue français Jean-Paul Morel découvrait dans une sépulture près de Carthage, en Tunisie, les restes du « Jeune homme de Byrsa », du nom de la colline où ils ont été trouvés. Baptisé également Ariche (« homme désiré »), ce Phénicien était de 17 ans mesurait 1,70 m et avait été enterré il y a 2.500 ans dans une tombe, avec de nombreux objets, dont des amulettes et des pierres précieuses. L’histoire est détaillée dans le blog de Carolyn Perry.

     

    Menée par l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande), une équipe internationale, dont fait partie le découvreur, vient d’annoncer, dans la revue PlosOne, les résultats d’un séquençage complet de l’ADN mitochondrial (donc de la lignée maternelle), qui éclairent d’un jour nouveau la civilisation phénicienne très mal connue.

     

    Le squelette d'Ariche tel qu'il a été trouvé en 1994. © Musée national de Carthage
    Le squelette d'Ariche tel qu'il a été trouvé en 1994. © Musée national de Carthage

     

    Un air de famille avec les Espagnols et les Portugais

     

    Les chercheurs y ont débusqué une signature génétique de l’haplogroupe U5b2c1. En d’autres termes, Ariche possédait dans le génome de ses mitochondries une certaine série d’allèles (ou versions d’un gène) retrouvée ailleurs, ce qui permet de pister des populations. Ce sous-groupe de U5 est connu aujourd’hui en France, dans les îles Britanniques et en Allemagne ainsi que dans l’Espagne du Mésolithique, d’après l’encyclopédie Eupédia. L’équipe souligne d’ailleurs que U5b2c1 est retrouvé chez deux populations de chasseurs-cueilleurs de l’actuelle Espagne. Les auteurs ont cherché cet haplogroupe chez 47 Libanais, puisque la colonie de Carthage a été fondée par des Phéniciens de cette région, et n’ont rien trouvé. Pour eux, c’est la première apparition connue de la population U5b2c1 en Afrique du Nord, ce qui situerait les ancêtres d’Ariche dans la péninsuleibérique.

     

    Commerçants et bons navigateurs, ceux que d’autres ont nommés plus tard Phéniciens ont créé des cités le long des côtes de la Méditerranée. Selon Elizabeth Matisoo-Smith, co-auteure de l’article, qui s’exprime dans le communiqué de l’université d’Otego, des populations d’agriculteurs venus d’Afrique du Nord ont dû s’installer dans le sud de la péninsule ibérique, y remplaçant les chasseurs-cueilleurs, et ces lignées ont ensuite intégré « le melting-pot créé par les réseaux du commerce de Carthage et des Phéniciens ».

     

    Bien peu de choses sont connues sur ces peuples mobiles qui ont beaucoup compté pour les civilisations développées autour de la Méditerranée, apportant et diffusant des éléments culturels importants, comme, par exemple, un alphabet qui a largement essaimé.

     

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    Une recette de bière chinoise vieille de

    5.000 ans révèle son secret

     

     

    À l'aide de récipients préhistoriques, des chercheurs ont reconstitué la recette utilisée à Mijiaya, en Chine, il y a 5.000 ans, pour brasser de la bière. De manière surprenante, l’orge faisait bien partie des ingrédients alors que sa culture s’est développée en Chine bien plus tard.

     

     
     

    La recette de bière chinoise utilisée à Mijiaya a plus de 5.000 ans et comprenait déjà de l’orge. © Vaclav Mach, Shutterstock

    La recette de bière chinoise utilisée à Mijiaya a plus de 5.000 ans et comprenait déjà de l’orge. © Vaclav Mach, Shutterstock

     
     

    L’orge est une céréale couramment utilisée pour faire de la bière. En effet, ses quantités importantes d’amylases favorisent la conversion d’amidon en sucres pendant la fermentation. À Sumer et à Babylone, l’orge était cultivée et servait déjà à produire de la bière. L’orge était aussi le principal ingrédient utilisé pour la bière dans l’Égypte ancienne. Toutefois, elle n'était pas une culture de base en Chine avant la dynastie Han, qui a commencé en 206 avant J.-C.

     

    Le site Mijiaya a été découvert en 1923 par l’archéologue suédois Johan Hunnar Andersson. Il se situe près du centre actuel de la ville de Xi’an, la capitale de la province chinoise de Shaanxi, et a été dégagé par des archéologues entre 2004 et 2006. Dans des fosses datant du Néolithique, de la période Yangshao (entre 3.400 à 2.900 avant J.-C.), une véritable brasserie préhistorique, comprenant par exemple des pots en céramique, a été retrouvée.

     

    Les chercheurs ont découvert des restes jaunâtres dans des pots, des amphores, des entonnoirs, qui suggéraient que cette vaisselle avait servi à la fabrication de la bière : pour le brassage, la filtration et le stockage. Les poêles retrouvés sur le même site étaient probablement utilisés pour fournir de la chaleur.

     

    Les scientifiques ont testé les poteries anciennes trouvées sur le site archéologique Mijiaya. Leurs analyses ont révélé des traces d’oxalate, un sous-produit de la fabrication de la bière, ainsi que des résidus de différentes céréales et plantes. Les chercheurs ont pu reconstituer la recette de la bière : elle consistait à faire fermenter ensemble du millet commun (Panicum miliaceum), une céréale sauvage d’Asie appelée « larme de Job » (ou Coix lacryma-jobi), des tubercules et de l’orge Hordeum vulgare.

     

    En Chine, la culture de l’orge s’est développée pour l’agriculture de subsistance avec la dynastie Han, qui a commencé en 206 avant J.-C. © Iakov Kalinin, Shutterstock
    En Chine, la culture de l’orge s’est développée pour l’agriculture de subsistance avec la dynastie Han, qui a commencé en 206 avant J.-C. © Iakov Kalinin, Shutterstock

     

    Les plus anciennes preuves de fabrication de bière

    en Chine

     

    Ces restes, qui datent de 5.000 ans, représentent l’utilisation la plus ancienne de l’orge dans cette région. Ils suggèrent aussi que cette céréale était utilisée pour faire de la bière en Chine bien avant qu'elle ne fasse partie de l’alimentation de base. En effet, les auteurs expliquent que l’orge a été trouvée dans des sites situés dans la plaine centrale de Chine datant d’environ 2.000 ans avant J.-C. ou qui étaient plus récents.

     

    Jiajing Wang, une étudiante en thèse de l’université Stanford de Californie, principale auteur de l’article paru dans Pnas, a expliqué à Live Science que la découverte de l’orge dans des objets aussi anciens était une surprise pour les chercheurs. L’orge a dû se répandre en Chine avec la bière : « Il est possible que lorsque l'orge a été introduite à partir de l'Eurasie occidentale dans la plaine centrale de la Chine, il est venu avec la connaissance que la céréale était un bon ingrédient pour le brassage de bière. »

     

    Les chercheurs écrivent : « Ensemble, les preuves suggèrent que les peuples Yangshao ont pu concocter une recette de bière de 5.000 ans qui a inauguré la pratique culturelle de brassage de la bière dans la Chine ancienne. Il est possible que les quelques rares trouvailles d'orge dans la plaine centrale pendant l'âge du bronze indiquent leur introduction plus tôt comme une nourriture exotique rare. » L’orge fera partie de l’agriculture de subsistance 3.000 ans plus tard.

     

    La technique de fabrication de la bière a pu jouer un rôle social dans les sociétés préhistoriques locales, comme ailleurs dans le monde.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Les Gaulois son traditionnellement consommateurs de bière et d’hydromel mais, avec l’invasion romaine, ce peuple celte est rapidement devenu amateur de vin. Importée d’Italie, puis produite sur place, cette boisson s’est rapidement imposée en Gaule. L’Inrap (Institut de recherches archéologiques préventives) et le pôle Archéologie du département du Rhône nous parlent de son histoire durant ce documentaire.

    Archéologie:  Une recette de bière chinoise vieille de 5.000 ans révèle son secret + vidéo

     

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    Grotte de Bruniquel : les stupéfiantes

    constructions de Néandertal

     

    Dans la profonde grotte de Bruniquel, au-dessus de l’Aveyron, des Hommes de Néandertal ont aménagé des feux pour s’éclairer. Ils ont aussi cassé et déplacé plus de deux tonnes de stalagmites pour construire d'énigmatiques structures. La datation en fait un record : 176.500 ans, une époque bien antérieure à tous les cas connus d’occupation humaine de grottes. Mais qu’allaient-ils donc faire là ?

     

     
     

    Dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), un chercheur réalise des mesures magnétiques. Elles permettent de repérer des traces de calcite brûlée par des flammes. Un jour, des Hommes ont installé là un éclairage imposant et se sont donné beaucoup de mal pour assembler des morceaux de stalagmites en alignements réguliers. Ils étaient des Néandertaliens et ces spéléologues ont précédé de 140.000 ans dans le monde souterrain les Homo sapiens ayant peint les fresques de la grotte Chauvet. © Étienne Fabre, SSAC

    Dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), un chercheur réalise des mesures magnétiques. Elles permettent de repérer des traces de calcite brûlée par des flammes. Un jour, des Hommes ont installé là un éclairage imposant et se sont donné beaucoup de mal pour assembler des morceaux de stalagmites en alignements réguliers. Ils étaient des Néandertaliens et ces spéléologues ont précédé de 140.000 ans dans le monde souterrain les Homo sapiens ayant peint les fresques de la grotte Chauvet. © Étienne Fabre, SSAC

     
     

    C’est sans doute la nouvelle archéologique de l’année : des constructions humaines trouvées au fond d’une grotte profonde du Tarn-et-Garonne, dite de Bruniquel, ont été datées : elles remontent à -176.500 ans, soit 140.000 ans avant les peintures de la grotte Chauvet, le plus ancien art pariétal connu jusqu'ici.

     

    Découvert en 1990, dominant l’Aveyron, ce vaste site souterrain, qui abrite un lac, ne recèle pas de peintures pariétales mais des traces d’utilisation du feu et de curieux amoncellements de stalagmites brisées et soigneusement agencées.

     

    Depuis plusieurs années, il est minutieusement étudié par une équipe internationale, notamment Jacques Jaubert, de l’université de Bordeaux, Sophie Verheyden, de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), et Dominique Genty, du CNRS, aidés par les spéléologues de la Société spéléo-archéologique de Caussade (SSAC).

     

    Des stalagmites préalablement brisées ont été agencées en cercle. © Michel Soulier, SSAC
    Des stalagmites préalablement brisées ont été agencées en cercle. © Michel Soulier, SSAC

     

    De mystérieuses occupations souterraines

     

    Les résultats sont tout à fait inattendus. Les archéologues dénombrent environ 400 stalagmites ainsi déplacées et ont repéré plusieurs endroits où elles ont été prélevées. Leurs longueurs cumulées totalisent 112 m et la masse totale est estimée à 2,2 tonnes. Ces pierres sont juxtaposées ou alignées sur 2, 3 ou 4 rangs et sont maintenues par des cales. Ailleurs, des empierrements dessinent un cercle. En 2013, leur disposition est enregistrée et reconstituée en 3D, tandis que les traces de feux sont analysées par un procédé magnétique.

     

    La conclusion est qu’il s’agit probablement de foyers installés là pour l’éclairage. Les archéologues sont en peine pour effectuer des comparaisons car on ne connaît aucun autre exemple de ce genre. Les chercheurs, qui publient leur analyse dans Nature, ont dû inventer un nouveau mot qualifier ces structures : « spéléofact », mélange de « artefact » (réalisation d’origine humaine) et de « spéléologique ».

     

    Reconstitution en 3D de la structure en cercle. Les repousses de stalagmites, postérieures à la réalisation, ont été supprimées sur ordinateur. © Xavier Muth, Get in Situ, Archéotransfert, Archéovision-SHS-3D, base photographique Pascal Mora
    Reconstitution en 3D de la structure en cercle. Les repousses de stalagmites, postérieures à la réalisation, ont été supprimées sur ordinateur. © Xavier Muth, Get in Situ, Archéotransfert, Archéovision-SHS-3D, base photographique Pascal Mora

     

    Les grottes occupées par des humains 140.000 ans avant Chauvet

     

    Les premières datations au carbone 14 n’avaient pas permis de conclure car l’âge (176.500 ans) est plus grand que la limite de cette méthode (47.600 ans). C’est une analyse « uranium-thorium » qui l'a donné. Le premier de ces atomes, incorporé à la calcite – qui s’est redéposée sur ces amoncellements –, se dégrade ensuite en thorium avec un rythme connu. Avec 176.500 +/- 2.000 ans, la datation est plus qu’étonnante car elle situe ce curieux chantier bien avant les plus anciens signes d’occupation connues d’une grotte, en l’occurrence celle de Chauvet, il y a 36.000 ans.

     

    Il y a 176.500 ans, Homo sapiens ne vivait pas en Europe ; les humains étaient des Néandertaliens. Toutefois, jamais des traces d’une telle occupation d’une grotte n’avaient été trouvées. « La communauté scientifique ne supposait aucune appropriation de l'espace souterrain, ni une maîtrise aussi perfectionnée de l'éclairage et du feu, et guère plus des constructions aussi élaborées »,rapporte le communiqué du CNRS. Il a fallu une certaine organisation sociale pour réaliser ces aménagements, avec un gros travail de débitage de stalagmites puis leur installation soigneuse.

     

    Une autre énigme, encore plus difficile, demeure : que venaient faire là ces Hommes de Néandertal ? À part celle d’un refuge, peu probable car l’entrée de la grotte est à 300 m de ces structures, toutes les hypothèses sont sur la table : recherche de matériaux souterrains, utilisation du lieu pour une cause pratique quelconque, comme une réserve d’eau, célébration d’un culte… Une fois encore, l'Homme de Néandertal nous étonne.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    La taille du silex détient une place importante dans la société du Mésolithique, période de la Préhistoire. C’est à cette époque qu’elle bénéficie de l’arrivée d’une nouvelle technique utilisant un percuteur tendre. Découvrez, durant cette vidéo de l’Inrap (Institut de recherches archéologiques préventive), comment les premiers Hommes façonnaient leurs outils.

     

    Archéologie:  Grotte de Bruniquel : les stupéfiantes constructions de Néandertal + vidéo

     

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    Une grande cité maya découverte par un

    Québécois de 15 ans ?

     

    L'histoire ressemble à un scénario hollywoodien à la Steven Spielberg, inspiré par la série Les Mystérieuses cités d'or. Le Journal de Montréal révèle qu'un jeune Québécois de 15 ans aurait découvert que les Mayas installaient leurs cités en suivant le dessin de leurs constellations. La preuve : cette drôle d'hypothèse aurait permis de débusquer une nouvelle cité. Une belle idée mais dont on attend la confirmation...

     

    Palenque, dans l’État mexicain du Chiapas, près du fleuve Usumacinta, est mondialement célèbre. C’est l’un des sites mayas les plus impressionnants et on en connaît aujourd'hui probablement moins de 10 % de sa superficie. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt. © Wikipédia, Peter Andersen

    Palenque, dans l’État mexicain du Chiapas, près du fleuve Usumacinta, est mondialement célèbre. C’est l’un des sites mayas les plus impressionnants et on en connaît aujourd'hui probablement moins de 10 % de sa superficie. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt. © Wikipédia, Peter Andersen

     
     

    Aujourd'hui âgé de 15 ans, William Gadoury avait déjà, en 2014, attiré l’attention de membres de l’Agence spatiale canadienne quand lui a été décerné le premier prix de la finale québécoise de la Super Expo Sciences Hydro-Québec. Le jeune garçon, en effet, se passionne pour les Mayas depuis un certain temps

     

    L'adolescent savait donc qu'ils étaient de remarquables mathématiciens et astronomes, comme l'attestent des indices fourmillant dans leur architecture et leur religion. Parce qu’il ne comprenait pourquoi nombre de leurs cités ont été construites dans des régions peu hospitalières, William a eu l’idée de chercher une explication du côté des théories des prêtres-astronomes.

     


    William Gadoury nous parle de sa découverte. © France 2

     

    La carte des cités mayas serait celle de leurs constellations

     

    Par exemple, la disposition de nombreux temples est en rapport avec les mouvements du Soleil et des étoiles. C’est le cas de la tombe de Pacal, un des rois de Palenque. À Uaxactún, trois temples marquent également la position du Soleil levant au moment du solstice d'été, des deux équinoxeset du solstice d'hiver.

     

    William a donc cherché si la localisation géographique des cités mayas avait une quelconque connexion avec 22 des constellations considérées par cette culture. À sa grande surprise, il pouvait effectivement expliquer de cette façon la distribution de plus de cent villes et l’hypothèse semblait d’autant plus convaincante que les étoiles les plus brillantes des constellations correspondaient aux plus grandes villes mayas.

     

    Mais, en ajoutant une 23e constellation, une 118e cité manquait à l’appel, dans la péninsule du Yucatan, au Mexique. Le jeune adolescent a donc postulé que cette ville existait et a commencé à en parler à des membres de l’Agence spatiale canadienne, tout en cherchant à la localiser sur des images satellitaires.

     


    Un documentaire canadien, en français, sur la civilisation maya et la cité de Palenque. Voici la première partie. © Musée canadien des civilisations (MusCanCiv)

     

    La cinquième plus grande cité maya ?

     

    Sa démarche a été prise au sérieux par Armand LaRocque, spécialiste en télédétection de l’université du Nouveau-Brunswick, et par Daniel De Lisle, qui étudie la Terre depuis l’espace avec des radars pour l’Agence spatiale canadienne. Selon les deux chercheurs, il semble que des structures évoquant une pyramide entourée d’une trentaine d’autres constructions émergent effectivement du traitement numérique des données satellitaires. Très encouragé, William Gadoury a baptisé en dialecte maya cette cité perdue depuis près de mille ans K’àak’ chi’, soit Bouche de feu.

     

    L'histoire est belle mais l'annonce peut cependant laisser perplexe. Aucune publication dans un journal scientifique ne vient étayer la thèse d'une correspondance entre les constellations mayas et la localisation géographique de leurs cités. Il manque également une publication des observations satellitaires démontrant l'existence d'une métropole restée cachée. Pourtant, la découverte serait d'importance car cette ville mystérieuse pourrait bien être l’une des plus grandes villes mayas.

     


    La seconde partie du documentaire sur les Mayas. © Musée canadien des civilisations (MusCanCiv)

     

    La mystérieuse cité maya attend ses visiteurs

     

    L’idée du jeune William est certes ingénieuse et son travail force l’admiration et le respect. Il n’est pas question non plus de dénigrer le travail des deux chercheurs qui l’ont pris sous leurs ailes. Mais il est facile de trouver des corrélations qui ne résistent pas à une analyse critique et serrée des données (souvenons-nous du visage sur Mars). Certes, les Nazcas ont réalisé de remarquables géoglyphes sur plusieurs kilomètres et les Mayas étaient des astronomes et des architectes remarquablement doués. Toutefois, pour répartir ainsi leurs villes selon le dessin de constellations, leurs ingénieurs auraient dû maîtriser des techniques de géodésie sophistiquées et dresser des cartes précises à grande échelle. Ces cités, en effet, s'étalent sur un territoire très vaste, où les distances se mesurent en centaines de kilomètres.

     

    Une publication est semble-t-il prévue dans un journal scientifique. Espérons qu’elle accréditera suffisamment l’hypothèse de William pour que des fonds soient rapidement débloqués pour que des archéologues l’emmènent avec eux à la recherche de K’àak’ chi’, seul moyen de vérifier si elle existe réellement.

     

    Archéologie:  Une grande cité maya découverte par un Québécois de 15 ans ? + 3 vidéos

     

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