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    Les plus belles grottes ornées du monde

     

    Xavier Demeersman, Futura-Sciences

     

    Nous connaissons plusieurs centaines de sites d’art pariétal dans le monde. Combien en reste-t-il à découvrir ? Combien de chefs-d’œuvre restent encore cachés ? Voici cinq des grottes ornées les plus anciennes et plus belles connues.

     

    Quand débute l'histoire de l'art ? Il y a quelque 18.000 ans à Lascaux ? Non. Alors, il y a près de 40.000 ans dans la grotte Chauvet ? Certainement pas. En effet, et les préhistoriens en sont persuadés, bien d'autres œuvres artistiques qui ont survécu aux injures du temps restent à découvrir, sans doute aussi bouleversantes que celles que nous présentons ici.

    Peut-être les premières traces d'expressions artistiques sont-elles beaucoup plus anciennes et remontent aux origines de Homo sapiens sapiens -- l'Homme qui sait qu'il sait --, il y a environ 200.000 ans (voire plus, avec l'apparition du genre Homovoici trois millions d'années...).

    Mais au fait, l'art est-il uniquement l'apanage de notre espèce ? Pas vraiment, comme le proposent de récentes découvertes suggérant que Néandertal avait des pratiques artistiques (voir notamment « Grotte de Bruniquel : les stupéfiantes constructions de Néandertal »), au contraire de ce qu'on a longtemps pensé.

    On ne connaît pour l'instant que trois centaines de grottes ornées -- ou abris sous roche -- datant du paléolithique. Plus de la moitié (186) se trouvent en France et la majorité du reste se situent en Espagne. Voici un aperçu de cinq d'entre elles, parmi les plus belles et remarquables connues à ce jour.

    Nous ne les comprenons pas bien encore, plusieurs interprétations s'affrontent toujours. Toutefois, cette incompréhension n'interdit pas l'émerveillement. Ce mot revient d'ailleurs sans cesse dans la bouche de ceux qui ont eu la chance de contempler de leurs propres yeux, sur place, les originaux de ces chefs d'œuvres.

     

    La grotte de Lascaux, « chapelle Sixtine de la préhistoire »

    De toutes les grottes ornées, Lascaux est sans conteste l'une des plus célèbres. Depuis sa découverte en septembre 1940 par quatre adolescents, un chien et un lapin, les peintures et dessins d'animaux, notamment des bovidés, équidés et des cervidés, de celle que l'on surnomme souvent « la chapelle Sixtine de la préhistoire » stupéfient et bouleversent quiconque les admire. Que ce soit les originaux, classés en 1979 au Patrimoine mondial de l'Unesco, ou les copies de Lascaux 2 (et bientôt Lascaux 4 dont l'ouverture est prévue le 15 décembre 2016), à 200 mètres de là.

    « Nous n'avons donc rien inventé ! » avait déclaré à leur sujet Pablo Picasso qui, comme beaucoup de ses contemporains, s'est inspiré de l'art de ces ancêtres du sud-ouest de la France, et aussi de l'Espagne (voir plus bas, Altamira), il y a environ 18.000 ans.

    Pour une visite virtuelle de la grotte, c'est par ici.

     
    Pourquoi les peintures et gravures de la grotte de Lascaux nous touchent-elles autant ? Ici, le quatrième taureau visible dans la fameuse « salle des taureaux », sur le panneau de l’ours, près de l’entrée. La peinture de cet auroch noir s’étend sur 5,6 mètres, depuis l’extrémité de ses cornes jusqu’à sa queue. Différentes techniques ont été employées pour exécuter cette œuvre, l’une des plus emblématiques du site. Un signe en forme d'étoile est représenté devant l’animal. Les points alignés devant et aussi au-dessus de son épaule intriguent également et sont sujets à de multiples interprétations. Quel est le sens de ces peintures ? Y a-t-il des allusions à des groupes d’étoiles telles les Pléiades, que l’on peut observer justement dans la constellation du Taureau ? © MCC

    Splendeurs de la caverne du pont d’Arc

    Située à quelques pas du magnifique site géologique du pont d'Arc en Ardèche, la grotte, découverte fin décembre 1994 (son existence sera révélée au grand public en janvier 1995) par Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel-Deschamps et Christian Hillaire, surprend par son ampleur et bien sûr la beauté des nombreuses œuvres qui ont été gravées, peintes ou dessinées au fusain. On n'ose imaginer l'émoi des découvreurs qui venaient de pénétrer dans ce sanctuaire fermé depuis des millénaires. Un choc esthétique et aussi scientifique pour les spécialistes car, en effet, quelque temps après la découverte, ils apprenaient que ces fresques de la préhistoire (que l'on peut voir aussi à certains égards comme l'ancêtre du cinéma, du dessin animé, etc. ; voir à ce sujet « Quand Homo sapiens faisait son cinéma ») sont âgés d'environ 35.000 ans ! Voilà qui bouleversa les conceptions sur l'histoire de l'art. Parmi la grande variété d'animaux représentés, fait assez rare, figurent des rhinocéros (il en existe très peu de représentations en Europe).

    Plusieurs morceaux de charbon de bois et de fusain sont encore présents au sol (parmi des restes d'ours des cavernes qui fréquentaient aussi les lieux), comme si les artistes les avaient laissés hier... Combien étaient-ils d'ailleurs ? Les œuvres se superposent, toutes ne sont pas de la même période. On peut reconnaître deux groupes de styles. La grotte Chauvet-Pont d’Arc regorge de chefs-d'œuvre témoignant d'un sens aigu de l'observation de ceux qui les ont exécutés.

    À l'instar de Lascaux, il existe aussi une réplique à visiter à proximité du site original, près de Vallon-Pont d'Arc, et une visite virtuelle sur Internet.

     
    Depuis le 22 juin 2014, la caverne du pont d’Arc, en Ardèche, est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. On voit ici une grande fresque de la salle du fond. Une scène de chasse ? À droite, plusieurs représentations de lions avec différentes attitudes (aux aguets ?) apportent du dynamisme à la scène. Idem à gauche, où l’artiste semble vouloir animer les rhinocéros. © Jean Clottes, grotte Chauvet-Pont d'Arc

    Altamira, premier ensemble d’art rupestre découvert

    Découverte en 1868, la grotte d'Altamira, située à Santillana del Mar, au nord-ouest de l'Espagne, est le premier site d'art rupestre reconnu (les peintures furent découvertes en 1879). À l'époque, beaucoup n'admettaient pas l'authenticité de cette œuvre peinte pour l'essentiel il y a entre 22.000 et 13.500 ans dans une galerie longue d'environ 270 mètres. Le bison des steppes est le plus présenté des animaux.

    « Quand j'ai visité pour la première fois Altamira, j'ai pensé "c'est comme revenir à l'origine, c'est l'endroit le plus fertile". Croire que l'art a beaucoup avancé d'Altamira à Cézanne est une prétention occidentale vaine » a écrit à son sujet le peintre contemporain Miquel Barceló (l'artiste a supervisé les reproductions de Chauvet), inspiré par cette œuvre des Magdaléniens.

    Le site a été inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité en 1985.

     
    Bisons et biches peints dans la grotte d’Altamira, située au nord de l’Espagne, à quelques kilomètres de Santander. © Yvon Fruneau, Unesco Photobank

    La Cueva de las Manos, l’un des plus anciens sites archéologiques d’Amérique du Sud

    La Cueva de las Manos (la grotte des mains) est un fabuleux ensemble d'abris sous roche comprenant aussi une grotte, surplombant le Río Pinturas, en Argentine, au nord de la Patagonie, couvert de nombreux pictogrammes de plusieurs périodes. Le site doit son nom à la multitude de mains peintes au pochoir (il y a même des empreintes de nandou) dans plusieurs couleurs. Peut-être s'agissait-il d'un rituel initiatique ?

    Trois groupes stylistiques ont été identifiés. Les plus anciens datent de la fin de l'ère glaciaire, il y a environ 11.000 ans. Les archéologues ont trouvé des traces d'occupation sur plusieurs millénaires. Les plus récentes remontent au VIIIe siècle de notre ère et sont liées aux ancêtres des Tehuelche de Patagonie. Outre ces mains polychromes, on y trouve plusieurs scènes de chasse où le guanaco y figure souvent.

     
    Ce sont ces nombreuses mains peintes sur les parois de la roche qui ont donné le nom au site la Cueva de las Manos. Situés dans un environnement exceptionnel, la grotte et les abris sous roche ont été classés au Patrimoine mondial de l’Unesco. © Lisa Weichel, Flickr

    Bhimbetka, immense galerie de peinture sur plusieurs millénaires

    C'est au cœur de l'Inde, au pied des monts Vindhya, dans l'État du Madhya Pradeshque se situe un immense site archéologique de 40 km2 regroupant 760 grottes et abris sous roche sur sept collines (500 d'entre elles présentent des peintures) dominant une épaisse forêt. La colline de Bhimbetka en possède à elle seule 243, couvertes de peintures bien conservées, dont certaines sont datées de 12.000 à 15.000 ans, voire jusqu'à 30.000 ans.

    Des œuvres plus récentes montrant des scènes de chasse ou de vie quotidienne ne remontent qu'au moyen-âge. « Dans les vingt et un villages qui entourent le site vivent des populations dont les traditions culturelles contemporaines rappellent celles dépeintes dans les peintures rupestres » écrit l'Unesco à propos du site classé au Patrimoine mondial.

     
    Découvert 1957, Bhimbetka et ses alentours constitue l’un des plus anciens sites archéologiques d’Asie. Des centaines de peintures réalisées durant les quinze derniers millénaires tapissent les parois de ses nombreuses cavités et abris sous roche. © Wikimedia Commons, Lrburdak, CC BY-SA 3.0
     

    Des cinémas durant la préhistoire ?  Environ 41 % des œuvres pariétales parant

    les grottes ornées représenteraient des animaux en mouvement. Pour ce faire,

    les artistes ont utilisé des techniques graphiques encore exploitées de nos jours. 

     

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