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    Les 10 églises les plus insolites de Paris

    Lorsque l’on évoque les églises à Paris, certains sanctuaires nous viennent immédiatement à l’esprit : Notre-Dame de Paris et ses fantastiques gargouilles et arc-boutants, le chef d’œuvre flamboyant de la Sainte-Chapelle ou bien encore le clocher roman de la vieille église de Saint-Germain-des-Prés.

    Pourtant, il existe beaucoup d’autres édifices religieux un tantinet insolites à découvrir  dans la Ville Lumière. Certains sont célèbres à l’image du Sacré-Cœur de Montmartre, d’autres sont cachés dans un coin de Paris méconnu tel Saint-Germain-de-Charonne. Suivez le guide pour une découverte chronologique des 10 églises les plus insolites de Paris.

    (adaptation de l’article en anglais « 10 most unusual churches in Paris » paru dans le blog de French Moments).

    1. L’église paroissiale du village de Charonne

    L’église paroissiale Saint-Germain de Charonne © French Moments

    Oubliez les cathédrales gothiques et les majestueuses églises de style néo-classique … et tournez les yeux vers le quartier de Charonne, aujourd’hui partie intégrante du 20e arrondissement de Paris. Avec son charmant atmosphère provincial, le village de Charonne est dominé depuis le 12e siècle par l’église paroissiale de Saint-Germain-de-Charonne. Pendant un instant, on ne se sent plus véritablement à Paris et si l’on se garde de lever les yeux trop haut, on n’apercevra même pas en arrière-plan les laideurs des blocs des années 1960.

    L’église romane et son clocher trapu ont été construits au 12e siècle et dévoilent une architecture intéressante due aux multiples additions qu’a subi le sanctuaire à travers les âges.

    L’église est flanquée d’un petit cimetière de campagne, le seul de son genre à Paris avec celui de l’église de Saint-Pierre-de-Montmartre. Là, de célèbres personnalités reposent en paix : la famille d’André Malraux, l’écrivain Robert Brasillach tué à la Libération pour sa collaboration avec les Nazis, et quelques Fédérés – des victimes de la répression de Versailles du temps de la Commune de Paris en 1871.

    2. Saint-Étienne-du-Mont

    Le jubé de St-Etienne du Mont © French Moments

    Pour les passants, l’église de Saint-Étienne-du-Mont près du Panthéon apparaît comme un édifice sans grand intérêt. Mais pour les connaisseurs, c’est tout autre chose car l’église abrite un élément unique à Paris et rare en France : un jubé !

    Mais au juste, qu’est-ce qu’un jubé ? Il s’agit d’une cloison de séparation entre la nef et le chœur, entre l’espace ouvert aux laïcs et l’espace réservé aux ecclésiastiques. Le jubé était de mise pendant le bas Moyen-Âge et celui de Saint-Étienne-du-Mont est finement sculpté en marbre blanc.

    Au lendemain du Concile de Trente (1545-1563), la plupart des églises et cathédrales se sont séparées de leur jubé. Les idées de la Contre-Réforme encourageaient en effet la suppression de toutes les barrières visuelles séparant les profanes du grand autel.

    L’église, édifiée entre 1492 et 1626 dévoile une impressionnante façade composée de trois frontons superposés de style Renaissance, encadrée d’un beffroi élancé du 16e siècle. L’ensemble semble dépareiller avec l’architecture classique du Panthéon voisin – où serait-ce plutôt le contraire ?

    Saint-Étienne-du-Mont abrite les restes de Geneviève, la Sainte protectrice de Paris, et ceux des écrivains Racine et Pascal.

    3. La Madeleine

    Les colonnes de la Madeleine © French Moments

    Malgré les similitudes avec l’antique « Maison Carrée » de Nîmes, cet édifice situé au bout de la Rue Royale n’est ni un temple grec, ni un sanctuaire romain. Il s’agit bien d’une église, de confession catholique : La Madeleine.

    Épousant un plan gréco-romain, sa construction (commencée en 1764) a connu plusieurs péripéties. Elle a effectivement traversé les périodes troubles de la Révolution française et l’époque napoléonienne. Les travaux se sont (enfin) terminés en 1845.

    Et parce que Paris est une ville où règnent les perspectives en tout genre, quoi de plus prestigieux de faire de la Madeleine un monument illustre. De l’autre côté de la Place de la Concorde, la perspective a donné à la Madeleine un frère jumeau : le Palais Bourbon (siège de l’Assemblée Nationale) dont les colonnades répondent presque à l’identique à ceux de l’église.

    4. L’église des soldats aux Invalides

    L’intérieur de St-Louis des Invalides © French Moments

    Ne vous fiez pas aux apparences : cette petite église est peut-être méconnue des touristes, pourtant elle appartient à l’un des monuments les plus célèbres de Paris : l’Hôtel des Invalides, parfaitement reconnaissable à son magnifique dôme doré.

    L’église Saint-Louis-des-Invalides tient d’une idée de Louis XIV qui, en 1676, en confia la réalisation à l’architecte Jules Hardouin-Mansart. Ce lieu de recueillement visait à accueillir les vétérans de l’armée du roi séjournant dans le complexe. On retrouve à l’intérieur de cette église bon nombre d’éléments faisant rappeler qu’il s’agit d’un lieu de culte construit pour les soldats : bannières et drapeaux suspendus dans la nef, tombeaux d’officiers et de généraux français du 19e et 20 siècles…

    En 1837, l’église Saint-Louis a été coupée en deux et a été depuis ce jour séparée de l’église du Dôme (où se trouve le tombeau monumental de Napoléon) par une large cloison vitrée.

    5. Basilique Sainte-Clothilde

    Le transept de la basilique Ste Clotilde © French Moments

    Malgré son architecture résolument gothique, la basilique Sainte-Clotilde, avec ses deux tours jumelles, ne date pas du Moyen-Âge. Que n’importe, elle a tout d’une grande !

    L’église a été construite entre 1827 et 1857 dans une période où l’art gothique était revenu à la mode grâce à l’instigation d’architectes et d’écrivains tels que Viollet-le-Duc et Victor-Hugo.

    Les flèches des deux tours s’élèvent à 69 mètres de hauteur, tout comme les deux clochers de Notre-Dame.

    Il est intéressant de constater que la façade de la basilique a servi de modèle pour la construction de la cathédrale du Sacré-Cœur de Canton en Chine, grâce au soutien financier de Napoléon III et des catholiques de France. Il a fallu 25 ans pour achever l’édifice et procéder enfin à son inauguration en 1888, un an avant celle de la Tour Eiffel !

    6. La cathédrale russe de Paris

    La cathédrale russe de Paris © French Moments

    Lorsqu’on se promène le long de ces larges boulevards du 19e siècle entre Les Ternes et le Parc Monceau, on manquerait presque d’apercevoir un édifice incongru au milieu des immeubles haussmanniens de la rue Pierre le Grand : l’église Saint-Alexandre-Nevski, alias « la cathédrale russe ».

    Avec ses cinq clochers pyramidaux terminés par des bulbes à oignons dont le plus haut atteint 40 mètres, le sanctuaire évoque modestement la fameuse église Saint-Basile sur la Place Rouge de Moscou.

    L’église orthodoxe a été érigée en 1860 pour servir de culte à une communauté croissante d’immigrants russes à Paris au début du 20e siècle puis pendant la Révolution Bolshevik de 1917.

    C’est ici que le 12 juillet 1918, Pablo Picasso s’est marié à la danseuse russe Olga Khokhlova, et dont les témoins étaient Jean Cocteau, Max Jacob et Guillaume Apollinaire.

    Aujourd’hui, l’église est le siège de l’Archevêché des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale.

    Toutefois, il ne s’agit pas de la cathédrale orthodoxe la plus grande d’Europe occidentale. Pour l’admirer, il faut se rendre à Nice en l’église Saint-Nicolas, sanctuaire qui fut financée par … le tsar Nicolas II!

    7. Saint-Augustin

    La silhouette de St Augustin au crépuscule © French Moments

    Conçue par Baltard (architecte des anciennes Halles de Paris) entre 1860 et 1871 dans le 8e arrondissement, Saint-Augustin a été la première église construite avec une armature métallique. Ceci explique pourquoi l’église n’a pas eu besoin de contreforts pour assurer la stabilité de ses murs. L’architecte a conçu l’église dans un style éclectique en vogue à l’époque : un mélange d’arts byzantin et roman.

    Long de presque 100 mètres et surmonté d’un dôme d’une hauteur de 60 mètres, l’édifice est idéalement situé à l’angle de prestigieuses avenues rectilignes voulues par le Préfet de Paris, le Baron Haussmann. Pourtant, l’on a pas pensé à une chose essentielle : le bruit du trafic occasionné par le carrefour très emprunté des Boulevards Haussmann et Malesherbes parvient à s’entendre aux oreilles des fidèles venus se recueillir dans le sanctuaire. On raconte alors que Saint-Augustin est l’église la plus bruyante de Paris…

    8. La basilique du Sacré-Cœur

    Le Sacré-Cœur de Montmartre © French Moments

    La basilique monumentale du Sacré-Cœur surplombe Paris tel une pâtisserie à la Chantilly depuis la Butte Montmartre. Cette masse blanche de style roman-byzantin et ses dômes singuliers la font plus ressembler au Taj Mahal qu’à Notre-Dame !

    L’extérieur de l’église, si blanche et éblouissante un jour de beau temps, contraste énormément avec son intérieur, si sombre et presque étouffant. Néanmoins, la visite de l’intérieur est récompensée par la vue du plafond de l’abside contenant la plus grande mosaïque de France.

    Peu de gens le savent mais sa construction (1875-1914) a été reconnue comme étant d’utilité publique le 24 juillet 1873 par l’Assemblée nationale de la Troisième République.  À cette époque, l’État ne s’était pas encore séparé de l’Église … ce sera fait en 1905.

    L’architecte Paul Abadie s’est vu confier la lourde tâche de concevoir l’édifice. On a pu apprécier son talent avec sa restauration de la cathédrale Saint-Front de Périgueux d’inspiration byzantine-romane, d’où sa ressemblance avec le Sacré-Cœur !

    Aujourd’hui les hordes de touristes affluent à pied ou en funiculaire à la terrasse du Sacré-Cœur pour admirer la belle vue sur les toits de Paris. Nous préférons éviter les masses et grimper au sommet du dôme central pour la vue spectaculaire sur Paris que l’on peut admirer, de la Tour Eiffel au Stade de France et du Bois de Vincennes à la Défense.

    9. La Cathédrale d’Évry

    La cathédrale d’Évry © Tangopaso
    Licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

    Partons à 25 kilomètres au sud-est de Notre-Dame pour atteindre la Ville Nouvelle d’Évry. Là-bas se situe la seule cathédrale de France construite intégralement pendant le 20e siècle. Au premier coup d’œil, elle nous paraît un peu déconcertante. Ni romane, ni gothique, encore moins classique, le sanctuaire n’emprunte aucun des éléments « traditionnels » d’une cathédrale : contreforts, arcs-boutants, vitraux, ogives, flèches, etc. En fait, l’édifice démontre que l’église catholique a su s’adapter au 21e siècle en concevant un bâtiment religieux dont l’architecture apparaît en rupture totale (ou presque !) avec celles des anciennes cathédrales.

    La cathédrale d’Évry a la forme d’un cylindre tronqué dont les parois sont recouvertes de 800 000 briques. Le toit de l’église comprend une couronne de 28 tilleuls, s’élevant à 34 mètres.

    Signe des temps, une fois à l’intérieur, ne vous attendez pas à y observer nefs, transepts et vitraux médiévaux : la cathédrale a été conçue presque comme un théâtre et de larges baies au plafond éclairent l’intérieur à la lumière du jour.

    La construction de la cathédrale d’Évry a démarré en 1992 pour une inauguration en 1996. Le 22 août 1997, l’église a accueilli le Pape Jean-Paul II alors en visite en France.

     

     

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