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    Jardin médiéval : top 5 des plus beaux

    jardins du Moyen-Âge

     

    Par Léa Billon
     
     

    En voyageant à travers la France, vous avez peut-être déjà foulé la pelouse d’un jardin médiéval. L’atmosphère du Moyen Âge imprègne les pierres et les jardins du Val de Loire et d'ailleurs : il s'y murmure des contes et des légendes à l’ombre des douves et des cloîtres, on y cultive des légumes et des plantes médicinales. Château de Rivau, jardin médiéval de Bois Richeux, château d’Ainay-le-Vieil… Découvrez notre classement des plus beaux jardins médiévaux à visiter en France.

     

    Château du Rivau : des jardins moyenâgeux de contes de fées

     

    Les jardins médiévaux du château du Rivau
     

    À l’ombre d’une forteresse médiévale, non loin de Chinon, Patricia cultive ses jardins comme personne. On la dit rêveuse et créative, c'est qu'elle a tout d'une fée. Chacun des 14 espaces verts est inspiré par les légendes merveilleuses du Moyen-âge. Patricia manie les contrastes à la perfection : tradition saupoudrée d'art contemporain, parterre de lavandes devant la façade en pierre blanche du château (le célèbre tuffeau de Touraine), arbres se tordant d'amour. Avec son équipe, elle taille le labyrinthe d'Alice, sème des objets magiques dans le bois et le jardin du petit poucet.

     

    Un jardin médiéval fleuri

    Comme si tout cela ne suffisait pas, les jardins médiévaux du Rivau offrent au regard et au nez 450 variétés de roses parfumées. Et pour que vous puissiez prendre un peu de hauteur pour admirer toutes ces merveilles, des coussins sont installés devant les fenêtres à meneaux du château. Patricia et les jardiniers du Rivau sont sensibles au respect de l'environnement et pratiquent leur art sans engrais chimique. Les fleurs simples sont préférées aux hybrides parce que davantage visitées par les insectes pollinisateurs. On cultive aussi l’équilibre naturel entre plantes dans le but d’attirer ces insectes. Entre les rosiers, se faufilent des plantes aromatiques comme la lavande et l’aneth, répulsifs naturels contre les pucerons. 

     

    Château d’Ainay-le-Vieil : des jardins médiévaux à l'ombre d'une fortresse

     

    Ainay-le-Vieil et ses jardins moyenâgeux

     

    Jardin médiéval d'Ainay-le-Vieil
     
     

    Marie-Sol de La Tour d’Auvergne est « LA » spécialiste des jardins au sein de cette famille propriétaire depuis 1467 de ce château surnommé le « petit Carcassonne ». Elle en parle avec affection : grâce à elle, c'est un voyage dans le temps que content ces jardins médiévaux puisqu’elle a su préserver le passé tout en innovant constamment. L'omniprésence de l'eau fait de ces spaces verts un lieu unique. Défensive quand elle entoure le château, elle devient d'agrément lorsqu'elle se déroule autour des jardins en formant le Grand Carré de l'île, grâce à un judicieux réseau de canaux. 

    Les Chartreuses, c’est comme des maisons à ciel ouvert

    Petite excursion dans les Chartreuses : constructions très rares en France, elles ressemblent à celles du Potager du Roi à Versailles, créées pour Louis XV. Dans les jardins d’Ainay-le-Vieil, elles s'étendent sur 5 ha. Cinq jardins moyenâgeux se blottissent derrière de hauts murs, évoquant des époques et des univers très différents : le mixed-border, le verger sculpté, le jardin de méditation, le cloître des simples et les parterres de broderies. Les hauts murs ont la vertu de retenir puis de restituer la chaleur du soleil, créant ainsi un microclimat. Prolongeant de cette manière le plaisir de cueillir et de goûter les fruits à maturité…

     

    Mignonne, allons voir si la rose…

    Délicates, fragiles, élégantes, parfumées… les roses, anciennes ou plus modernes, symbolisent l’amour. À la saison, leurs parfums embaument les jardins. Elles portent des noms évocateurs ou enchanteurs : Chapeau de Napoléon, La Petite Malmaison ou Impératrice Joséphine s’épanouissent dans la roseraie ancienne des jardins du château d’Ainay-le-Vieil. Dans les jardins du château du Rivau, les roses sont sélectionnées pour leur parfum. La collection de 450 variétés de roses parfumées dévoile ses étonnantes fragrances : senteurs de thé et de myrrhe, de pomme verte, de citron et de framboise, de salade de fruits ou du rare parfum de musc.

     

    Jardin médiéval de Bois Richeux : nourrir et soigner au Moyen Âge

     

    Le jardin médiéval de Bois Richeux

     

    Le jardin de Bois Richeux
     
     

    Dis, ça soigne quoi la sauge ?

    Il y a longtemps, très longtemps, vivait ici une druidesse nommée Richeulde qui donna son nom à cette ancienne ferme celte, l’une des plus anciennes de France. Et pour se souvenir de son savoir, les hommes d'aujourd'hui ont recréé un jardin qui soigne le corps et l'âme. Pour ce faire, ils se sont inspirés de descriptions de jardins clos du Moyen-Âge datant du XIIIème siècle et y ont semé et planté des simples (plantes médicinales), des plantes aromatiques et des légumes anciens. Ici, tout est symbole et sérénité. Chaque massif est un chemin qui va du carré (la Terre) à l'arrondi roman (le Ciel). Nul doute que Richeulde aurait aimé s’asseoir dans le cloître de charmes qui conduit de la chambre d'amour au jardin de méditation.

     

    Jardins du Prieuré Notre Dame d’Orsan : la culture du calme et de la sérénité

     

    Jardins médiévaux du Prieuré Notre Dame d’Orsan

     

    Jardin du Prieuré Notre Dame d’Orsan
     
     

    Ici tout est symbole et invite à la méditation

    C’est au cœur d’une abbaye fondée en 1107 que sont nichés les jardins médiévaux du Prieuré Notre Dame d’Orsan, c'est dire si les lieux ont une âme particulière. Jardins contemporains d’inspiration monastique médiévale, ils mêlent intimement l’utilitaire et la symbolique du Moyen Âge. Ici, tout est symbole et sérénité. Au cœur des jardins, le cloître et sa fontaine sont entourés de quatre carrés de vignes. Depuis ses allées centrales ponctuées d'arceaux de charme et de gloriettes, on accède aux autres jardins. Parterres surélevés, tonnelles, tressages, palissages sont à l’honneur. Un cœur vert enlace même la façade... Les deux chambres de la roseraie : le jardin de Marie, sont plantées de rosiers uniquement blancs et roses. Il faut prendre le temps de découvrir, de flâner. S’asseoir pour profiter du chant des oiseaux que les jardiniers cajolent en disposant un peu partout des nichoirs et des mangeoires.

     

    Des plantes pour soigner l'âme et le corps

    Sauge, hysope, menthe, thym… Ces plantes aux vertus médicinales étaient largement utilisées au moyen âge. En effet, un texte législatif édicté par Charlemagne, le « Capitulaire de Villis », imposait à chaque jardin royal de cultiver une centaine de plantes médicinales, aromatiques et condimentaires pour servir les besoins de la population. Dans les jardins du Prieuré Notre Dame d’Orsan, les "simples", des plantes qui pouvaient être utilisées seules pour soigner les maux du quotidien, sont étiquetées et présentées dans des parterres de terre surélevés. Installées au milieu d'un damier de préaux, les 200 plantes du jardin médiéval de Bois Richeux soignent ou se mangent. 

     

    Jardins de l’Abbaye de Thiron Gardais : sur la trace des moines bénédictins

     

    Jardin du Moyen-Âge de l’Abbaye de Thiron Gardais

     

    Jardins de l’Abbaye de Thiron Gardais
     
     

    Dans les jardins thématiques de l’Abbaye de Thiron-Gardais la promenade est ludique. La curiosité éveillée par des énigmes, petits et grands parcourent dix jardins médiévaux aux univers différents, guidés par des panneaux d'interprétation. Le jardin des simples célèbre les herbes médicinales tandis que le potager accueille légumes décoratifs ou culinaires aux formes et couleurs variées. Dans le jardin des aromates, l’odorat est taquiné par les menthes et les romarins. La prairie fleurie « redessine », en couleurs, l’emplacement de l’ancien cloître. L’allée des tilleuls conduit au jardin médiéval des rhododendrons aux étonnants parfums de miel et d’épices. La terrasse fruitière plantée de pommiers, figuiers et amandiers surplombe le jardin des couleurs dont les carrés dessinent au sol une mosaïque inspirée de pavés médiévaux. L’allée de rosiers mêle roses anciennes et roses contemporaines et le vivier des moines offre un cadre bucolique.

     

    Art et Culture 3:  Jardin médiéval : top 5 des plus beaux jardins du Moyen-Âge

     

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    Schönbrunn, le Versailles viennois

     

    Le château de Schönbrunn, à Vienne, compte 307 pièces.... (Photo Alexander Eugen Koller, fournie par Schloss Schönbrunn Kultur-und Betriebsges.m.b.H.)

     

    Le château de Schönbrunn, à Vienne, compte 307 pièces.

    PHOTO ALEXANDER EUGEN KOLLER, FOURNIE PAR SCHLOSS SCHÖNBRUNN KULTUR-UND BETRIEBSGES.M.B.H.

     
     

    C'est l'attraction la plus visitée d'Autriche: l'an dernier, 3,8 millions de visiteurs y sont passés. Situé à Vienne, le château de Schönbrunn rivalise avec celui de Versailles pour la magnificence de ses intérieurs et l'immensité de ses jardins. Visite guidée.

    307

    Nombres de pièces que compte le château. De ce nombre, 40 sont ouvertes au public, qui peut les admirer dans une visite guidée ou avec audioguide. C'est l'occasion de voir les appartements de l'empereur François-Joseph 1er d'Autriche et de sa femme Élisabeth (la célèbre Sissi), dont la chambre du couple, tapissée en bleu et blanc.

    C'est toutefois sous la houlette de l'impératrice Marie-Thérèse que le château a connu son apogée. C'est elle qui a décidé de transformer l'ancien pavillon de chasse des Habsbourg en palais résidentiel. Ce dernier devait pouvoir accueillir les enfants du couple et les membres de la cour, soit près de 1000 personnes! La plupart des pièces de la partie centrale sont restées telles qu'elles étaient lors de la mort de Marie-Thérèse, en 1780.

     

    Khrouchtchev-Kennedy

    La grande galerie du château, pièce monumentale s'il en est, a été le théâtre d'une rencontre historique en 1961. C'est ici que Nikita Khrouchtchev et John F. Kennedy se sont rencontrés pour la première fois, dans le climat tendu de la guerre froide. Kennedy, alors jeune président inexpérimenté, devant le pugnace Khrouchtchev... Le duel semblait inégal. Si les deux hommes se sont entendus sur la création d'un Laos indépendant, ils n'ont ni l'un ni l'autre cédé un pouce de terrain sur la question de Berlin, scindé en deux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

     

    162 hectares

    C'est la superficie des terres du château, ce qui n'est pas loin de la superficie de la principauté de Monaco! La grande majorité de ce territoire immense est composée de jardins manucurés, de fontaines, de statues... Ici un bois de tilleuls ou de marronniers, plus loin une orangeraie, une roseraie, un labyrinthe végétal ou un jardin japonais.

    Il faut plus d'une journée pour arpenter chaque recoin des jardins, à moins peut-être de monter à bord du train électrique ou de s'offrir une virée en calèche. À savoir: l'accès aux jardins est gratuit et plusieurs Viennois viennent s'y balader. Ils ont d'ailleurs été 6 millions à profiter des lieux l'an dernier.

     


    Art et Culture 3:  Schönbrunn, le Versailles viennois

    Le salon Vieux Laque du château de Schönbrunn

    PHOTO ALEXANDER EUGEN KOLLER, FOURNIE PAR SCHLOSS SCHÖNBRUNN KULTUR-UND BETRIEBSGES.M.B.H.

     

    Patrimoine mondial

    Avec le château lui-même, la Serre aux palmiers, immense structure de verre et d'acier achevée en 1882, compte parmi les plus beaux bâtiments de Schönbrunn. Reste que c'est la gloriette de style préclassique, juchée sur une colline, qui capte l'oeil dès qu'on franchit le seuil des jardins. Ses colonnes dominent le paysage et depuis son belvédère, la vue sur le parterre du château est imprenable. Les jardins, comme le château, sont d'ailleurs inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996.

     

    Zoo baroque

    Au début du XIXe siècle, l'empereur François 1er aimait prendre ses petits-déjeuners dans le pavillon baroque au coeur de la ménagerie, d'où il pouvait admirer les animaux exotiques gardés dans des enclos. Aujourd'hui, l'ancienne ménagerie abrite le plus vieux jardin zoologique du monde. On y dénombre plus de 700 espèces animales.

     

    Apfelstrudel et zauberflöte

    De la farine, de l'huile, des pommes, du rhum, du beurre. C'est à peu près tout ce qu'il faut pour confectionner les fameux apfelstrudel, les strudels aux pommes. Dans l'ancienne boulangerie du château, des démonstrations sont présentées plusieurs fois par jour.

    De fait, plusieurs activités (souvent payantes) du genre viennent enrichir la visite. Des salles ornées de fresques colorées abritent un musée des enfants consacré à la vie impériale; au théâtre de marionnettes se tiennent chaque jour des représentations de La flûte enchantée de Mozart. Le théâtre du château accueille divers concerts. La programmation est très diversifiée.

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    Une partie des frais de ce voyage a été payée par Uniworld, qui n'a exercé aucun droit de regard sur le contenu du reportage.

     

    Art et Culture 3:  Schönbrunn, le Versailles viennois

     

     

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    Firminy : plongée dans l'univers de

    Le Corbusier

    Par Emmanuelle Saporta
     
     

    À Firminy, tout près de Saint-Etienne se trouve le plus grand ensemble architectural européen réalisé par Le Corbusier. Visitez un site unique en son genre.

     

    maison de la culture à Firminy - Le Corbusier

     

    La Maison de la Culture est le seul bâtiment achevé du vivant de Le Corbusier. À l’époque, il voulait tester une nouvelle solution technique : une toiture posée sur des câbles tendus entre les deux façades.

     

    La Maison de la Culture, enfin classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

    L'œuvre de l'architecte franco-suisse Le Corbusier a finalement été inscrite au Patrimoine mondial, le 17 juillet 2016 par l'Unesco. C’était la troisième fois que l’œuvre de le Corbusier était candidate au classement « patrimoine mondial de l’humanité ». Mais cette fois-ci, le dossier était particulier car il s’agissait d’une demande d’inscription sérielle transnationale : concernant 17 bâtiments répartis dans plusieurs pays sur trois continents différents (France, Allemagne, Suisse, Japon, Argentine, Belgique…). Découvrez tous les détails de la candidature sur le site dédié : http://sitelecorbusier.com/

     

    entrée et détail de la maison de la culture de Le Corbusier à Firminy

     

    Autre point de vue de la Maison de la Culture signée Le Corbusier, à Firminy (42).

     

    Firminy, symbole de la reconquête urbaine

    immeuble avec façade colorée de Le Corbusier à Firminy

     

    Firminy… Ceux qui aiment Le Corbusier connaissent forcément ce site incroyable quirassemble le plus grand nombre d’œuvres modernistes de l’architecte.

    Dans les années 1950, le maire de Firminy, Eugène Claudius-Petit, ministre de la reconstruction d’après-guerre et de l’urbanisme décide de redonner un nouveau souffle à sa commune. Sa rencontre avec Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, va donner naissance à une « cité-idéale », un lieu de tous les possibles et de tous les usages : habiter, travailler, se recréer, circuler.

    Faisant office de modèle national à l’époque, ce quartier reçut le grand prix national d'urbanisme en 1961. Pour reprendre les principes de la Charte d’Athènes, il prône « un urbanisme répondant aux besoins du corps, de l’âme et de l’esprit, dans un cadre où soleil, espace et verdure dominent ».

     

    Les œuvres de Le Corbusier, dans l’attente d’un classement

    À Firminy cohabitent plusieurs bâtiments :

     

    stade Le Corbusier

     

    Le stade (le seul classé monument historique en France)

     

    unité d'habitation Le Corbusieur Firminy

     

    L’unité d’habitation, inaugurée en 1967 et classée en partie Monument historique.

     

    immeuble Le Corbusier

     

    L'art du détail et de la touche de couleur jusque dans les balcons.

     

    immeuble Le Corbusier

     

    Dans les immeubles, les portes de couleurs rythment le cheminement dans les couloirs qui font penser à des rues intérieures.

     

    église Le Corbusieur à Firminy

     

    L’église, achevée par José Oubrerie, collaborateur de Le Corbusier. Inaugurée en novembre 2006.

    Et aussi, la piscine, intégrée au plan initial, construite par André Wogenscky.

     

    Art et Culture 3:  Firminy : plongée dans l'univers de Le Corbusier

     

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    La Bâtie d'Urfé, le palais italien

    d'un humaniste

     

    Par Détours en France
     
    source : Hors Série - Châteaux de légende, 2013, p.122
     
     

    Où trouve-t-on un château tout blanc aux allures de palazzo, une grotte de rocaille, un sphinx, et le premier roman-fleuve de la littérature française ? Dans le château d’Honoré d’Urfé, auteur de « L’Astrée », chef-d’oeuvre du roman précieux.

     

    Batie d'Urfé

    Qu’elle est verte, la vallée du Lignon ! Elle dessine dans la plaine du Forez un pays de forêts, d’étangs et de bocages. Il est d’autant plus surprenant d’y découvrir un authentique palais renaissance, avec galeries italiennes et rampe gardée par un sphinx, qu’on imaginerait plus volontiers dans la campagne forentine.

     

    Un écrivain italien

    On doit ce petit miracle d’architecture à Claude d’Urfé, ambassadeur et homme politique, qui le fit bâtir à son retour des guerres d’Italie à la place du manoir familial. 

     

    Galerie et Sphynx

     

    La galerie aux douze colonnes surplombe le gardien des lieux, un sphinx, sentinelle surprenante en ces lieux, qui occupe l’aval de la rampe d’accès à l’ancienne bibliothèque.

    Nous sommes au XVIe siècle, et Claude est un humaniste convaincu et fervent catholique : son château est un peu son testament spirituel. Son petit-fils, Honoré, va se faire connaître en écrivant L’Astrée, un roman d’amour fleuve qui met en scène l’histoire d’'Astrée, jeune bergère, et son amant céladon. Le cadre est celui de la vallée du Lignon, qu’Honoré d’Urfé apprécie tant depuis qu’il séjourne dans le château familial.

     

    Le château

    Quand on pénètre dans la cour d’honneur, on a la même vision que celle de l’écrivain : un corps de logis central, massif et rectangulaire, entouré par deux ailes.

     

    Intérieur

     

    Les pièces, le sphinx et une magnifique vue du château de nuit : le charme opère. Un castel à visiter !

    Celle de gauche, l’ancien corps de garde, est d’une sobriété toute militaire ; contraste saisissant avec celle de droite, très italianisante avec sa galerie à laquelle on accède par une rampe cavalière. En bas de la rampe, un sphinx, promu mystérieux protecteur des lieux, notamment de la bibliothèque au premier étage : au temps de la splendeur des d’Urfé, elle a abrité jusqu’à 4 000 volumes !

     

    det_hs_chateaux_13_urfe_fontaine_luc_olivier.jpg

     

    Sous la rotonde du parc, la fontaine de la vérité d’amour, qu’évoque Honoré d’Urfé dans son roman « L’Astrée ».

    Les appartements sont richement meublés, les plafonds peints, et des tapisseries sur le thème de L’Astrée décorent les pièces de réception. Il n’en a pas toujours été ainsi : au XIXe, le mobilier, les plafonds de la galerie et les décors de la chapelle ont été vendus, certains éléments sont même partis au Louvre et au Metropolitan Museum à New York !

     

    Du païen au sacré

    Grotte

     

    Pas question de quitter la Bâtie d’Urfé sans avoir vu la pièce maîtresse : la grotte dite « salle des rocailles ». Entièrement minérale, elle est décorée à la mode italienne de faunes, nymphes et dieux païens, de stalactites et de coquillages.

    Le visiteur doit passer par elle avant d’accéder à la chapelle, symbole du passage du paganisme au christianisme. Sur la porte de la chapelle, des allusions à La Trinité : les trois marches, un triangle, des fleurs à trois pétales. Dans la chapelle, où il fit travailler des artistes italiens, Claude d’Urfé affirme haut et fort sa foi en l’église catholique.

     

    Art et Culture 3:  La Bâtie d'Urfé, le palais italien d'un humaniste

     

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    La petite histoire québécoise de

    la tire à m'lasse

     

     

    À une époque pas si lointaine, des effluves de mélasse parfumaient les cuisines... (Photo David Boily, La Presse)

     

     

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     
     

    À une époque pas si lointaine, des effluves de mélasse parfumaient les cuisines du Québec, le 25 novembre. De nombreuses familles confectionnaient de la tire Sainte-Catherine. Bien que la friandise porte le nom d'une sainte, elle est typiquement québécoise et n'a rien à voir avec un personnage biblique.

     

    Made In Quebec

    Marguerite Bourgeoys aurait préparé des bonbons à la mélasse et à la cassonade pour attirer les jeunes Amérindiennes vers les bancs d'école. «L'objectif était de leur donner une instruction religieuse et de les "civiliser". Pour y arriver, elle aurait préparé cette tire très simple», raconte Evelyne Ferron, historienne et chargée de cours à l'Université de Sherbrooke. Comme certaines sources affirment que la première école de la Nouvelle-France a été fondée le 25 novembre 1658, les histoires de la tire et de Catherine ont fini par s'entremêler.

     

    Qui est Catherine?

     

    La courte et triste histoire de Catherine d'Alexandrie débute au tournant du IVe siècle. «Catherine d'Alexandrie est la fille d'un roi, explique Mme Ferron. Elle est très jolie et très instruite. L'empereur romain Maxence désire l'épouser, mais celle-ci ou son père refuse.» Pour se venger, Maxence fait exécuter la jeune femme alors âgée de seulement 18 ans.

     

    Ce qu'on célèbre

    Durant le Moyen Âge, sainte Catherine devient la protectrice des jeunes filles célibataires. Celles de 25 ans et plus sont d'ailleurs surnommées «catherinettes». «Le 25 novembre, on fait porter aux catherinettes de grands chapeaux verts. De cette manière, les hommes qui se cherchent une épouse savent que ces femmes sont disponibles. C'est comme si on leur faisait porter un panneau publicitaire», dit Mme Ferron.

     

    Art et Culture 3:  La petite histoire québécoise de la tire à m'lasse

     

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    Dans les écoles

    En plus de célébrer les catherinettes le 25 novembre, on rend hommage à Marguerite Bourgeoys, raconte Madeleine Juneau, directrice générale de la Maison Saint-Gabriel. «Dans toutes les écoles et les couvents, on porte de grands chapeaux en papier, on organise une pièce de théâtre, on a congé de devoirs et, bien sûr, on mange de la tire Sainte-Catherine. Le soir, quand on rentre à la maison, il y a encore de la tire sur la table.»

     

    La fin d'une tradition

    Les écoles cessent de célébrer la Sainte-Catherine quand l'État prend la place de l'Église dans l'enseignement, dans les années 60, rappelle Madeleine Juneau. Être jeune et célibataire passe également mieux dans la société après la mort de Duplessis, à la même époque, souligne Mme Ferron. «Quand on a 25 ans et qu'on n'est pas mariée, on est moins un poids pour sa famille qu'au XVIe siècle. Il faut se rappeler qu'à cette époque, l'espérance de vie est beaucoup plus courte et que les chances de se trouver un mari sont donc plus minces.»

     

    Ce samedi

    À l'occasion de la Sainte-Catherine qui se tiendra samedi, la Maison Saint-Gabriel préparera de la tire devant public. Des conteurs et des danseurs seront sur place et des visites guidées de la Maison Saint-Gabriel sont également organisées. De 13 h à 17 h, 25 $ pour les familles, 15 $ pour les adultes.

     

    Art et Culture 3:  La petite histoire québécoise de la tire à m'lasse

     

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    La recette

    L'étape qui demande d'étirer la tire pour la ramollir et la pâlir marque l'imaginaire. Mais en réalité, la recette des klondikes est facile à réaliser avec des ingrédients faciles à trouver. Voici la version de la Congrégation de Notre-Dame.

     

    Ingrédients

    - 1 tasse de sucre blanc

    - 1 tasse de cassonade

    - 1 tasse de mélasse

    - 1/2 tasse de sirop de maïs

    - 1/2 tasse d'eau

    - 1 c. à soupe de vinaigre

    - 1 c. à thé de bicarbonate de soude, tamisé

    - 1 c. à soupe de beurre 

     

    Préparation

    1. Dans une casserole à fond épais et à parois beurrées, mettre le sucre, la cassonade, la mélasse, le sirop de maïs, l'eau et le vinaigre.

    2. Cuire jusqu'à 125 °C (260 °F) puis retirer du feu.

    3. Incorporer le bicarbonate de soude et le beurre.

    4. Verser le mélange dans une lèchefrite beurrée.

    5. Dès que la tire est assez refroidie pour être maniée, l'étirer vivement jusqu'à ce qu'elle perde son lustre. Pour l'empêcher de coller aux doigts, on peut s'enduire les mains d'une légère couche de beurre.

    6. Couper en petits bouts avec des ciseaux et envelopper dans du papier ciré.

     

    Note:  Je me souviens très bien lors de mon enfance où papa

    et maman en faisaient et on se régalait de cette bonne tire.

     

    Art et Culture 3:  La petite histoire québécoise de la tire à m'lasse

     

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