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    Les femmes de 1914–1918 : héroïnes

    de guerre

     

    Bravo à ces femmes qui ont changé le monde.  Frawsy

     

    Des femmes de la guerre, que savons-nous, au-delà des allégories de la Victoire sur nos monuments aux morts ?

     
     
    Les femmes de 1914-1918 : héroïnes de guerre
     
     

    Il y a cent ans s’achevait le plus grand conflit européen du XXe siècle ; ce que Dominique Venner appelait « le suicide de l’Europe ». Aujourd’hui, la Grande Guerre n’intéresse presque plus. Les derniers poilus ont disparu et les vieilles femmes emportent leurs secrets dans la tombe. Certains aspects pourtant importants ont été longtemps occultés tel que le rôle tenu par les femmes. Des femmes de la guerre, que savons-nous, au-delà des allégories de la Victoire sur nos monuments aux morts ?

     

    Or cette « guerre civile européenne » n’a pas été vécue de manière identique par les hommes et par les femmes et ses conséquences n’ont pas été les mêmes. Elle est pour les hommes douleur et traumatisme. Pour les femmes, elle ne signifie pas seulement la souffrance des séparations et le deuil, mais aussi la possibilité de nouvelles activités et souvent malgré elles. L’équilibre d’une société repose sur la complémentarité du masculin et du féminin. Quand les hommes combattent et protègent, les femmes maintiennent, consolent et reconstruisent. L’harmonie et la survie du groupe relèvent du féminin. Alors que le combat physique relève du masculin.

     

    Les femmes de la Grande Guerre sont aussi des femmes en guerre sur tous les fronts. Des héroïnes sans drapeaux ni tambours.

     

    Après l’attentat de Sarajevo qui débouche sur une crise des Balkans, personne n’imagine que cela va aboutir à une guerre mondiale et totale. Mondiale car elle a mobilisé des combattants d’une vingtaine de nations. Totale car elle a mobilisé toutes les énergies et ressources des pays belligérants civils et militaires. En l’espace de quelques jours, l’Europe s’embrase.

     

    Le 1er août, à 15 h 45, la France décrète la mobilisation générale. L’affiche blanche aux drapeaux tricolores est placardée dans chaque village. Le tocsin retentit. C’est « l’appel aux armes ».

     

    La réaction dans les villes et parmi les hommes est différente de celle des femmes et dans les campagnes. On a la certitude d’une victoire facile et rapide. Les femmes, courageuses, cachent leur peine au fond de leur cœur. Elles arborent encore les canotiers fleuris, de longues jupes. Derniers baisers, dernières paroles d’adieu sur le quai de gare.

     

    Adrienne Blanc-Péridier, poète de la guerre, écrit ce « Cantique de la Patrie » :

    Dans l’orageuse ardeur d’un morne jour d’été,
    Le chant prodigieux de la France est monté…
    Fait de clameurs d’espoirs, de colère et d’amour,
    Il surmontait nos douleurs étonnées
    Hymne béni qui, depuis tant d’années,
    Sans forces, sommeillait au fond de nos esprits.

     

    Qu’en est-il des féministes à l’heure de la mobilisation générale ?

     

    Marguerite de Witt-Schlumberger, grande figure du féminisme protestant et présidente de l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), déclare que « toute femme qui, à l’heure présente, ébranlerait chez l’homme le sens du devoir envers la Patrie serait une criminelle ». Avec « l’Union sacrée », expression de Poincaré, le combat, jusque-là virulent, des féministes, devient modéré. Les querelles et toutes les haines s’effacent. L’union dans les familles, l’union entre les classes et les partis prévalent. Servir la patrie devient le mot d’ordre ; et d’autant plus pour les bourgeoises et les féministes qui s’enrôlent sous la bannière. Elles accomplissent leurs devoirs sociaux. Leur militantisme revendicateur des dernières années est « en suspens » depuis le début de la guerre. Le bouleversement du quotidien subi à cause de la guerre rend finalement possible l’égalité sociale entre hommes et femmes. 1914 aurait pu être l’année du combat féministe alors que la presse londonienne dénonce la violence des suffragettes activistes qui militent pour leur droit de vote. Mais le féminisme a mis ses ambitions entre parenthèses.

     

    500 000 habitants quittent la capitale. Marie Curie emporte son gramme de radium pour le mettre à l’abri dans un coffre. Sarah Bernhardt, elle aussi, est priée de partir par un envoyé du ministère de la Guerre car elle serait sur une liste d’otages.

     

    Le 5 août 1914, une loi institue une allocation destinée aux femmes de mobilisés. Et le 6, René Viviani, alors président du Conseil, lance son fameux appel aux femmes françaises en les exhortant à remplacer leurs maris aux champs pour assurer les récoltes.

     

    La mobilisation volontaire des femmes évoque un pays désormais « au féminin ». Courageuse, patriote et maternelle avant tout, c’est ainsi qu’on peut décrire la femme de ce temps.

     

    Les femmes embrassent une variété de destins, de métiers. Elles s’engagent, certaines par l’action physique, d’autre par des œuvres de charité, dans un sacrifice complémentaire de celui des hommes. Remplaçantes aux champs et dans les usines, anges blancs dans les hôpitaux du front ou militantes pacifistes, elles ont endossé tous les rôles pour le meilleur et pour le pire. Dans le même temps, la mode, la cuisine et la vie quotidienne ont dû être réinventées sous la pression des restrictions, des pénuries, faisant surgir des vertus inattendues. C’est en cela qu’on peut dire qu’elles se sont émancipées.

     

    La séparation

    Les quatre années de conflit ont littéralement bouleversé la vie des foyers. La rupture provoquée par la guerre est profonde et brutale. Cela a commencé par les douloureuses séparations lors des mobilisations de l’été 1914. Puis, à l’approche de l’ennemi, vient l’exode. En France et en Belgique, à la fin de l’été 1914, la guerre précipite sur les routes de très nombreux civils fuyant les combats. Au cours des quatre années du conflit, près de 12 millions d’Européens vont ainsi connaître des déplacements forcés.

     

    Les anges blancs

    Nul ne peut ignorer l’importance de ces femmes, pour la plupart engagées volontaires en tant qu’infirmières dans le but de soulager les blessures aussi bien corporelles que morales des poilus. C’est l’une des figures centrales de la Grande Guerre. L’enrôlement est libre et spontané. Les soldats y voient leur épouse, leur mère, leur sœur. Elisabeth de Belgique, surnommée « la Reine infirmière », a approvisionné gratuitement des soldats, fourni les hôpitaux en vivres et adopté 500 poilus comme marraine. D’autant que les stocks de médicaments et de vaccins sont souvent insuffisants dans les hôpitaux. En 1918, on compte plus de 100 000 Françaises rattachées au Service de santé militaire. Les trois organisations de la Croix-Rouge française sont toutes dirigées par des femmes. Leur seul désir est de se rendre utile face à l’afflux de blessés. Ces femmes veulent soigner les défenseurs de la Patrie. Elles sont bourgeoises, comtesses, mondaines, artistes, étudiantes, veuves mais elles portent toutes le même uniforme. Le Paris mondain devient le Paris charitable et dévoué. Le personnel des hôpitaux est entièrement féminin à l’exception du médecin-chef. Et elles ne manquent pas d’initiatives. Comme le convoi de voitures radiologiques pour la zone de combat organisée par Marie Curie. Elle développe son appareil à rayons X portatif.

     

    À l’issue de la guerre, le rôle de ces « dames blanches » est reconnu dans l’action sanitaire et sociale et un diplôme d’infirmière est créé en 1922.

     

    Les religieuses aussi sont très présentes au plus près de la ligne de front. Elles sont l’incarnation parfaite de l’abnégation féminine et du dévouement absolu. En robes blanches ou noires, elles se penchent sur les corps des mourants dans l’horreur des champs de bataille et dans les ambulances. Les hospitalières, les franciscaines, les sœurs de Saint-Vincent de Paul soignent, consolent, soulagent, prient.

     

    Portrait d’une engagée

    Vera Brittain a 21 ans en 1914. C’est une jeune Britannique qui vient d’entrer à l’université prestigieuse d’Oxford pour étudier la littérature anglaise, après avoir combattu les réticences de son père. Son fiancé, son frère chéri et ses meilleurs amis partent pour le front. Aucun d’entre eux ne reviendra. Dès 1915, elle arrête ses études et s’engage comme volontaire infirmière. Au service des blessés, elle le sera tout au long de la guerre. Elle publie en 1933 son autobiographie, Testament of Youth (Mémoires de jeunesse), œuvre qui la rendra célèbre. Vera Brittain deviendra romancière et militante pour la cause pacifiste après la guerre.

     

    Les marraines

    En plus des infirmières qui s’engagent au plus près des soldats, il se crée une vaste organisation solidaire de ce qu’on a appelé les « marraines de guerre ». Cette initiative est spécifique aux femmes françaises et encouragée par les autorités pour renforcer le soutien aux poilus et améliorer le moral des troupes. En effet, la marraine entretient une correspondance gratuite avec son filleul qui est choisi par l’officier commandant l’unité. À travers divers colis de denrées, des lettres, un chandail tricoté, du tabac, du saucisson, elle entretient une relation particulière avec le soldat. Et à partir de 1916, elle peut même le recevoir en permission dans sa famille. Les institutrices, qui maîtrisent souvent mieux la plume que d’autres, sont très actives en tant que marraines et font même adopter des filleuls par leurs propres élèves. Certains ont critiqué cette correspondance trop régulière et essayé de la limiter pour cacher les horreurs des tranchées et ne pas décourager le soldat en lui donnant des nouvelles de son foyer. Mais l’amour d’une femme ne le détourne pas d’être lui-même. Au contraire il le pousse à se surpasser dans le rôle qui est le sien, celui du combat et des honneurs.

    Cet élan patriotique est aussi partagé par les célébrités féminines de l’époque. Chanteuses et comédiennes participent à la distraction des soldats sur le front.

     

    Portrait d’une espionne

    Rien ne destine la jeune Louise de Bettignies, née d’une grande famille du nord de la France, à devenir la plus fervente des espionnes de la Grande Guerre. Elle n’a que 34 ans en 1914. Louise est cultivée, polyglotte et catholique dévouée. Destinée à entrer au Carmel pour « apaiser sa soif d’amour » et servir sa patrie, elle est finalement recrutée par l’Intelligence Service. Au début de 1915, elle prend comme nom de guerre Alice Dubois et accepte la mission de développer sur la région de Lille un vaste réseau d’informateurs. Avec son lieutenant et amie Charlotte, elles battent la campagne occupée par les Allemands et recrutent des messagers et observateurs au péril de leur vie. Elle dirige à Valenciennes une organisation de 250 agents, principalement des femmes. En octobre 1915, elle est capturée puis condamnée à mort quelques temps après sans rien avouer malgré l’insistance des Allemands. Louise est détenue avec d’autres femmes dans la forteresse de Siegburg, où elle prend la tête d’un groupe de prisonnières. Le froid, la faim, l’absence de soins sont insupportables mais elle garde une foi inébranlable, toujours avide de sacrifice. Gravement malade, elle meurt le 27 août 1918. Le maréchal Foch permet l’édification à Lille, en 1927, d’un monument en l’honneur de Louise de Bettignies. Il y est inscrit « aux femmes héroïques des pays envahis » et à la « Jeanne d’Arc du Nord » surnom donné à Louise par Mgr Charost, évêque de Lille.

     

    Les Gardiennes

    La Belle Époque donne l’image de la Française frivole, d’une femme oisive et soumise aux caprices de la mode. Mais la France est encore très rurale. Les plus nombreuses sont les paysannes. « Les hommes ont la lutte et la gloire et la mort. Nous avons le travail patient, calme et fort » écrit Adrienne Blanc-Péridier. La paysanne ramasse le foin ou les pommes de terre pour nourrir ceux qui sont restés à la ferme. Elle conduit la charrue avec détermination. On les surnomme les « Gardiennes ». À l’image des gardiennes de la Cité dans la Rome antique, elles défendent leur foyer, leurs terres et garantissent la stabilité familiale. En plus de leurs tâches habituelles, les femmes font la plupart des travaux d’hommes : labourer, semer, planifier la production et la vente des récoltes.

     

    Aujourd’hui, les jeunes femmes représentent la moitié des effectifs de l’enseignement agricole. Toutes aussi déterminées à reprendre des exploitations agricoles ou soutenir leur conjoint dans les difficultés de la crise. Passionnées, combatives, ambitieuses, ce sont elles qui assureront le renouveau de l’agriculture française.

     

    Dans les usines

    La guerre est longue et nécessite beaucoup de matériel. Les territoires occupés par les Allemands font partie des régions les plus industrialisées. En quatre ans de guerre, plus de 60 % de la population active est mobilisée. Le besoin de main‑d’œuvre féminine est inévitable. D’autant plus que beaucoup d’entre elles, dépendantes de leurs maris avant la guerre, se retrouvent dans une réelle nécessité et n’ont pas d’autres choix que de travailler à l’usine. L’allocation de l’État est très faible : 1,25 franc par jour plus 50 centimes par enfant à charge. Le kilo de pain coûte 40 centimes. Quelques grandes entreprises comme Michelin octroient une indemnité supplémentaire et embauchent immédiatement les femmes de leurs ouvriers partis au front. En 1917, 430 000 femmes travaillent dans les usines d’armement. Très peu formées, elles découvrent un savoir-faire et travaillent avec assiduité. On les surnomme les « munitionnettes ». Au plus bas, les femmes touchent 4 francs par jour travaillé, c’est-à-dire le prix de deux douzaines d’œufs. Le monde ouvrier considère le travail des femmes comme un abus de la société capitaliste. Dans tous les milieux sociaux, l’idéal féminin est celui de l’épouse fidèle et mère. Mais pendant quatre ans, ces remplaçantes ont fait en sorte qu’aucune activité du pays ne soit paralysée.

     

    L’emploi des femmes dans les usines Renault de Billancourt
      Effectif salarié total Nombre de femmes salariées % de femmes au sein du personnel
    Janvier 1914 4 970 190 3,8
    Décembre 1916 20 157 3 654 18,1
    Printemps 1918 21 400 6 770 31,6

    D’après 14–18 Le magazine de la Grande Guerre — 2001

     

    Extrait de La Louange des Femmes de Saint Georges de Bouhélier, poème prononcé lors d’une conférence du président du Conseil.

     

    Tandis que leurs maris sont allés à la guerre
    Les femmes n’ont pas fait entendre même un cri
    Et la vie a repris son cours, comme naguère…
    Elles vont travailler, nobles et roturières,
    Elles vont empoigner la bêche et le marteau

    Et de l’or des aïeux être les trésorières…
    Et leurs bons conseillers, par ces temps de misère
    C’est la Pitié paisible et c’est la Charité
    Qui porte aux hôpitaux les choses nécessaires…
    Et tandis que là-bas, croissent dans la souffrance
    Leurs frères, leurs maris et leurs vaillants garçons,

    Les femmes non moins qu’eux ont relevé la France…
    Car la bannière d’or que porte devant elles
    L’Esprit des temps nouveaux, pour notre sacrement
    C’est celle de la Foi en la France immortelle !

    Conclusion

    « Il a fallu la Grande Guerre pour que l’humanité prît conscience de sa moitié », écrit l’hebdomadaire féministe La Vie féminine dans son numéro spécial du 1er janvier 1919.

    Durant cette guerre, les femmes ont su s’affirmer dans un contexte difficile. Elles ont joué un rôle social, économique et politique, parfois aux risques de leur vie. Confrontées à leur solitude, ces femmes ont fait preuve d’autonomie afin de répondre aux besoins de leurs communautés. Tout en se dépassant, elles ont exprimé leur féminité propre. Ouvrière, agricultrice, espionne, infirmière, la femme de la Grande Guerre a montré qu’elle pouvait travailler tout en assurant sa mission d’éducation et de transmission. En effet, la maternité est l’essence même de l’identité féminine. Elle fait partie du destin biologique de la femme.

     

    Il nous faut imiter ce « patriotisme au féminin » qu’ont eu nos aînées à l’heure de la mobilisation générale. Si, dans un futur proche, notre pays connaissait une guerre civile, comment réagiraient les femmes en particulier ? Autodéfense, fuite ou soumission à l’ennemi ? Comment participeraient-elles à l’effort de guerre ? Autant de questions que se sont posées nos ancêtres. Elles y ont répondu par l’engagement et le don de soi.

     

    Honneur à elles.

    Adélaïde R. — Promotion Marc Aurèle

     

    Sources

    • Enquête sur l’histoire, n°12, « La Grande Guerre »
    • La Nouvelle Revue d’Histoire, n°8 HS et 30, « Eté 1914, Pourquoi le suicide de l’Europe ? », « Les femmes et le pouvoir »
    • Limite, n°8, « Le féminisme intégral »
    • Françoise Thebaud, Les femmes au temps de la guerre de 14, Paris, Ed.Payot, 2013
    • Evelyne Morin-Rothureau, Combats de femmes 1914–1918, Paris, Ed. Autrement, 2004
    • Hélène d’Argoeuves, Louise de Bettignies, Ed Le Vieux Colombier, 1956
    • Jean-Pierre Gueno, Paroles de Poilus, Ed Librio, Paris, 2004
    • Chantal Antier Les femmes dans la Grande Guerre, Ed Soteca, 2011
    • Film documentaire, « Elles étaient en guerre », Fabien Beziat et Hugues Nancy, voix de Nathalie BAYE, France, 2014
    • Film documentaire, « Les Français dans la Grande Guerre », chaîne HISTOIRE/ECPAD, 2008
    • Film, « Les Gardiennes », Xavier Beauvois, France, 2016
    • Film, « Testament of youth », James Kent, Angleterre, 2015
    • Musée de la Grande Guerre à Meaux- expositions : « Les femmes dans la Grande Guerre » et « Familles à l’épreuve de la guerre ». museedelagrandeguerre.eu
    • Blog crée en 2012 : femmes1914-1918.blogspot.com
    • horizon14-18.eu
    • Articles dans « La Croix » – Antoine Fouchet — 11 juillet 2014
    • Blog de réflexion sur le rôle des femmes : femmesadhoc.wordpress.com

     

    Ceux (celles) qui ont changé le monde:  Les femmes de 1914–1918 : héroïnes de guerre

     

     

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    QUI SONT LES FRANCISCAINS ?

     

    Les Franciscains ont comme fondateur saint François d’Assise, qui leur a donné un genre de vie, résumé dans une Règle. Les contours de ce projet sont décrits aussi dans des Constitutions générales. Il existe des versions de ce projet, en rapport avec les besoins d’aujourd’hui, comme la Vocation de l’Ordre aujourd’hui (Assise 1967) et L’évangile nous interpelle (Bahia 1983).

     

    frere franciscain

     

    Dans la pratique, ce projet de vie franciscaine est vécu par les frères selon des formes diverses, selon les lieux, les âges, les besoins ambiants, etc. Mais toujours la foi chrétienne, soutenue par la prière, est posée comme première exigence. Les diverses dimensions du projet franciscain sont les suivantes: vie contemplative, vie fraternelle, option préférentielle pour les pauvres et évangélisation par la mission. Elles s’enracinent dans les mots mêmes que François plaçait en tête de sa Règle: vivre le saint Évangile de Notre Seigneur.

     

    Quelques chiffres

     

    Dès le vivant de saint François, il y avait cinq mille frères. De 12 en 1209, ils passèrent à ce nombre en 10 ans. En 1300, ils étaient quarante mille; en 1500, soixante mille; à la veille de la révolution française de 1789, cent mille. En cette fin du 20e siècle, le Premier Ordre de saint François compte environ trente-six mille frères (20 mille Franciscains, 12 mille Capucins, 4 mille Conventuels).

     

    Les fils de François d’Assise prirent des noms divers au cours des siècles: Franciscains, Capucins, Conventuels, Observants, Réformés, Déchaussés, Alcantarins et … Récollets. Ce dernier nom nous plonge aux origines de l’histoire de notre pays.

     

    1615-1629 présence de 14 ans

    Les Récollets débarquèrent à Québec avec Champlain, en 1615. Ils y demeurèrent 14 ans, jusqu’à la conquête de Québec par les frères Kirke en 1629.

     

    1670-1848 présence de 178 ans

    Après une absence de 40 ans, les Récollets revinrent en 1670, s’établissant dans la basse-ville de Québec, où l’Hôpital Général perpétue leur passage. Puis, sur le Cap Diamant, ils érigèrent un couvent qui subit l’incendie, entre l’actuel Château Frontenac et la rue du Trésor, où s’élève un monument aux Récollets.

     

    La Gaspésie, Terre-Neuve et Montréal les reçurent. Frère Didace Pelletier, charpentier diplômé, construisit des chapelles à divers endroits, notamment à Trois-Rivières (site de l’église anglicane), à Ste-Anne-de-Beaupré et sur l’île Bonaventure, en face de Percé.

     

    Les Récollets furent 370, durant cette période, à s’occuper de la pastorale dans les Forts et dans plus de cent paroisses sur les bords du fleuve St-Laurent. Octave Crémazie a écrit son poème fameux «O Carillon» en l’honneur des fils de saint François. Mais les conquérants Anglais de 1759 défendirent aux communautés d’origine européenne de recruter; c’est vers 1830 que s’éteignit au Québec le dernier Récollet.

     

    1890 à aujourd’hui: plus de 100 ans de présence

    Le retour des Franciscains au Canada a été préparé par l’Ordre franciscain séculier et par le Père Frédéric Janssoone, de passage au Canada dès 1881. Les Franciscains sont arrivés à Montréal en 1890, à proximité de l’actuel couvent du boulevard René-Lévesque. Depuis, ils se sont répandus dans tout le Canada, en y vivant le charisme franciscain.

     

    Caractéristiques des Franciscains

    Les Franciscains ne sont pas des moines, mais des religieux issus d’un groupe appelé Ordres Mendiants. Ils ne sont pas un Ordre contemplatif, même si l’accent est mis fortement sur la prière, la vie avec Dieu et même l’ermitage. Ils ne sont pas non plus purement actifs. C’est un évangélique mélange des deux formes typés de la vie religieuse: contemplatifs et actifs.

     

    Ils s’appellent frères entre eux, même si plusieurs sont aussi prêtres. François veut que ses frères aient mêmes droits et mêmes devoirs. Ils ont à leur tête un provincial qu’on appelle ministre, et un supérieur qu’on nomme gardien. Ces mots signifie quelqu’un qui les sert et qui prend soin d’eux. Ils habitent des maisons appelés couvent (signifiant rassemblement; le mot monastère est impropre et est réservé aux maisons des Clarisses).

     

    A travers les siècles et les pays, l’Ordre franciscain a vécu des valeurs particulières: pauvreté, simplicité, humilité, justice, paix et joie, émerveillement face à Dieu, aux personnes et à toute la création, etc

     

    Principaux champs d’engagement évangélique

    Les Franciscains n’ont pas de tâche déterminée dans l’Église, si nous entendons par là des secteurs précis et exclusifs d’engagement. Ils n’ont pas été rassemblée pour une Oeuvre spécifique, ni pour faire des oeuvres. C’est selon les besoins des époques diverses qu’ils ont fondé et tenu des lieux de pèlerinages, des aumôneries, des paroisses, des camps d’été, des revues, etc.

     

    Le véritable but de leur rassemblement en fraternité, c’est de suivre les traces du Christ Jésus, pour vivre une fraternité vivante et vraie, basée sur l’esprit de prière, auquel est subordonné tout travail. C’est d’être une cellule d’Église, ouverte à tous et engagée en Église pour le monde actuel, surtout envers les plus défavorisés. Une fois compris et vécu, cet objectif missionnaire incite chaque frère à s’occuper à un travail honnête selon ses capacités et ses goûts… et selon les besoins.

     

    Ils peuvent s’adonner à tous genres de travail honnête, selon les urgences de l’heure: travail pastoral, social, communautaire, éducatif, missionnaire, etc. Ils apportent leur pierre à la construction d’un monde nouveau. Il se trouve chez les Franciscains des animateurs sociaux, des infirmiers, des cuisiniers, des prédicateurs, des curés, des catéchètes, des professeurs, des journalistes, des secrétaires, des mécaniciens, etc. Il n’existe que deux oeuvres que les Franciscains doivent assurer: la Terre Sainte et les Missions.

     

    La Terre Sainte

    Depuis le 21 novembre 1342, la garde des Lieux Saints (endroits sanctifiés par le passage du Christ) a été confiée aux Franciscains par le Saint-Siège. Environ 400 frères font partie de la Custodie de Terre Sainte, depuis plus de six siècles, et sont répartis en 64 maisons et 21 sanctuaires. Leur travail s’étend aussi à 40 paroisses, 30 écoles, 6 collèges et 8 hôtelleries pour pèlerins. Notre Province a toujours eu 4 ou 5 frères en Terre Sainte.

     

    Les Missions

    La Province St-Joseph de l’Est du Canada a fondé des missions en pays lointains: la Chine, le Pérou, le Japon, la Corée. Présentement les missionnaires Franciscains sont surtout au Pérou (une trentaine, en une dizaine de postes) et en Afrique (une demi-douzaine, oeuvrant pour le Projet-Afrique, lancé par le Ministre général de l’Ordre.

     

    aquarelle

    Une vie consacrée

    Les frères promettent d’appliquer dans leur vie les valeurs évangéliques et d’initier des projets de solidarité en lien avec leur milieu. Les frères s’engagent également à observer l’Évangile, à vivre dans l’obéissance, sans bien en propre et dans la chasteté : c’est ce que l’on appele des voeux

     

    La pauvreté évangélique signifie être pauvre dans tout ce qu’on peut entreprendre, à cause du Christ. C’est recevoir tout de Dieu dans la reconnaissance et être sans prétention. C’est aussi partager par choix la condition des gens ordinaires et des pauvres.

     

    L’obéissance évangélique, c’est être disponible et fidèle aux appels de Dieu et à la mission qu’il te désigne. C’est discerner, avec des frères dans la foi, la volonté du Seigneur sur toi. C’est s’associer à l’obéissance parfaite de Jésus à son Père et prendre le relais dans l’oeuvre de libération qui a été la sienne.

     

    La chasteté évangélique, c’est se donner tout entier au Christ, dans un engagement total pour ses frères et soeurs. C’est donner tout son poids à la relation humaine désintéressée. C’est ouvrir son cœur à tout et à tous, dans la confiance.

     

    Ceux qui ont changé le monde:  QUI SONT LES FRANCISCAINS ?

     

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    de la revue La Semaine

     

    Ceux qui ont changé le monde:  Ces grands esprits qui ont changé le monde

     

    Ceux qui ont changé le monde:  Ces grands esprits qui ont changé le monde 2 pages)

     

    Ceux qui ont changé le monde:  Ces grands esprits qui ont changé le monde 2 pages)

     

     

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    Appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle : texte et circonstances

    Depuis Londres, le général de Gaulle prononce, le 18 juin 1940 sur les ondes de la BBC, un appel à la résistance invitant les Français à refuser la défaite et à combattre. Celui-ci n'a pas été enregistré, les techniciens de la BBC étant alors trop occupés à préparer l'enregistrement du discours de Winston Churchill, Premier ministre britannique. Retrouvez ci-dessous les circonstances et le texte exact du discours du 18 juin 1940 du général de Gaulle.

     

     Le 16 juin 1940 suite à la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, le général de Gaulle décide de partir le lendemain pour l'Angleterre afin de poursuivre le combat.
    Accompagné de son aide de camp, le lieutenant Geoffroy de Courcel, il s'installe provisoirement dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place.
    Il y rédige le texte de l'Appel qu'il prononce le 18 juin 1940, vers 20 heures, sur les ondes de la B.B.C. Dans ses Mémoires de Guerre le Général décrit les circonstances qui ont entouré l'Appel.

    « La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s'offrait pour cela. Dès l'après-midi du 17 juin, j'exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l'Angleterre qu'aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la B.B.C. à ma disposition. Nous convînmes que je l'utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice. Or, dans la soirée même, on apprit qu'il l'avait fait. Le lendemain, à 18 heures, je lus au micro le texte que l'on connaît. »

    Texte de l'appel du 18 juin

    "Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

    Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

        Affiche ayant suivi l'appel du 18 juin 1940                               
    Affiche placardée au lendemain de l'appel du 18 juin 1940

    L'affiche "à tous les français" placardée sur les murs de Londres

    Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

    Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

    Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.

    Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

    Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

    Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

     

    Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."

     

     

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    Les 10 papes qui ont osé transformer l’Eglise catholique

    Benoît XVI : il ose prendre sa retraite

    Le titre de Benoît XVI est désormais "Pape émérite". © GALAZKA / SIPA
    Personne ne s’y attendait. Le 11 février 2013, le pape Benoît XVI annonce en latin, à l’issue d’un consistoire publique ordinaire, qu’il renonce à sa charge. Il évoque une santé chancelante : "je dois reconnaître mon incapacité à administrer le ministère qui m’a été confié". Plutôt classé conservateur pour ses positions sur les mœurs, le pape est le premier à quitter sa charge depuis six siècles. Les précédents en la matière sont rares, anciens, et relevaient le plus souvent de conflits entre factions romaines. Le 28 février 2013, il quitte le Vatican et devient alors "Sa Sainteté Benoît XVI, pontife romain émérite". Le statut d’un pape "retraité" est alors flou. Depuis, le protocole a été adapté et l’ancien cardinal Ratzinger a participé à plusieurs cérémonies avec l’actuel pape François.

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    Portrait du pape Pie XI, en 1937, année de publication de Mit brennender Sorge © AFP
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    Le pape François, en 2015 © AGF EDITORIAL / SIPA
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    Jean-Paul II : il ose renouveler le lien avec les fidèles

    Jean Paul II devant le mur des lamentation, en 2000 © MENAHEM KAHANA / AFP
    C’est le premier grand pape médiatique. Jean-Paul II, né Karol Wojtyła en 1920, accède à la papauté en 1978. Encore jeune (58 ans), lors de son accession à la tête du Vatican, il met en scène son action en cumulant les voyages et les rencontres avec les plus pauvres. Jean-Paul II condamne publiquement les excès du communisme et du capitalisme. Il fonde également les journées mondiales de la jeunesse, d’immenses rassemblements de jeunes chrétiens. Partisan du dialogue avec les autres religions, il n’hésite pas à se rendre en Israël ou au Maroc. Son héritage sur les questions de mœurs demeure plus contrasté. Il a été canonisé par le pape François le 27 avril 2014. Sa fête a été fixée au 22 septembre. 

    Jean XXIII : il ose moderniser l’Eglise

    Jean XXIII, pape de 1958 à 1963 © OLYMPIA / SIPA
    Il a décidé de lancer la plus grande réforme de l’Eglise au XXe siècle. Le pape Jean XXIII, né Angelo Giuseppe Roncalli, accède à la papauté en 1958. On attend de lui qu’il rompe avec le style autoritaire de son prédécesseur, Pie XII. L’homme simple étonne en sortant régulièrement du Vatican pour rendre visite aux enfants malades ou aux prisonniers. Surtout, il lance le grand chantier Vatican II (1962-1965). Ce concile œcuménique regroupe près de 3 000 pères conciliataires (cardinaux, évêques, experts…).  Dans son discours inaugural, Jean XXIII insiste sur la nécessité de présenter la doctrine "de la façon qui répond aux exigences de notre époque". Le pape meurt avant la fin du concile, mais les résultats sont décisifs : la messe ne sera plus en latin et l’Eglise reconnaît la liberté religieuse.

    Paul III : il ose convoquer le plus grand concile de tous les temps

    Le Concile de Trente fut l'un des plus importants de l'histoire © Shchipkova Elena / Fotolia
    L’Eglise catholique était en crise. Elu pape en 1534, Alexandre Farnèse, alias Paul III, doit faire face aux progrès du protestantisme. Pour répondre à ce qu’il considère comme une menace, il convoque en 1542 le Concile de Trente. Cette assemblée d’évêque s’étalera sur 18 ans (Paul III n’en verra jamais la fin) et changera radicalement le visage de l’Eglise. Les doléances des protestants sont vigoureusement rejetées : les sept sacrements sont définis, le culte des saints est confirmé, le rôle des évêques est redéfini, l’importance de la pastorale réaffirmé. C’est le début de la Contre-Réforme, un renouveau religieux, mais aussi politique pour l'église catholique. Il se soldera aussi, malheureusement, par d'innombrables exactions...

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