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    QUI SONT LES FRANCISCAINS ?

     

    Les Franciscains ont comme fondateur saint François d’Assise, qui leur a donné un genre de vie, résumé dans une Règle. Les contours de ce projet sont décrits aussi dans des Constitutions générales. Il existe des versions de ce projet, en rapport avec les besoins d’aujourd’hui, comme la Vocation de l’Ordre aujourd’hui (Assise 1967) et L’évangile nous interpelle (Bahia 1983).

     

    frere franciscain

     

    Dans la pratique, ce projet de vie franciscaine est vécu par les frères selon des formes diverses, selon les lieux, les âges, les besoins ambiants, etc. Mais toujours la foi chrétienne, soutenue par la prière, est posée comme première exigence. Les diverses dimensions du projet franciscain sont les suivantes: vie contemplative, vie fraternelle, option préférentielle pour les pauvres et évangélisation par la mission. Elles s’enracinent dans les mots mêmes que François plaçait en tête de sa Règle: vivre le saint Évangile de Notre Seigneur.

     

    Quelques chiffres

     

    Dès le vivant de saint François, il y avait cinq mille frères. De 12 en 1209, ils passèrent à ce nombre en 10 ans. En 1300, ils étaient quarante mille; en 1500, soixante mille; à la veille de la révolution française de 1789, cent mille. En cette fin du 20e siècle, le Premier Ordre de saint François compte environ trente-six mille frères (20 mille Franciscains, 12 mille Capucins, 4 mille Conventuels).

     

    Les fils de François d’Assise prirent des noms divers au cours des siècles: Franciscains, Capucins, Conventuels, Observants, Réformés, Déchaussés, Alcantarins et … Récollets. Ce dernier nom nous plonge aux origines de l’histoire de notre pays.

     

    1615-1629 présence de 14 ans

    Les Récollets débarquèrent à Québec avec Champlain, en 1615. Ils y demeurèrent 14 ans, jusqu’à la conquête de Québec par les frères Kirke en 1629.

     

    1670-1848 présence de 178 ans

    Après une absence de 40 ans, les Récollets revinrent en 1670, s’établissant dans la basse-ville de Québec, où l’Hôpital Général perpétue leur passage. Puis, sur le Cap Diamant, ils érigèrent un couvent qui subit l’incendie, entre l’actuel Château Frontenac et la rue du Trésor, où s’élève un monument aux Récollets.

     

    La Gaspésie, Terre-Neuve et Montréal les reçurent. Frère Didace Pelletier, charpentier diplômé, construisit des chapelles à divers endroits, notamment à Trois-Rivières (site de l’église anglicane), à Ste-Anne-de-Beaupré et sur l’île Bonaventure, en face de Percé.

     

    Les Récollets furent 370, durant cette période, à s’occuper de la pastorale dans les Forts et dans plus de cent paroisses sur les bords du fleuve St-Laurent. Octave Crémazie a écrit son poème fameux «O Carillon» en l’honneur des fils de saint François. Mais les conquérants Anglais de 1759 défendirent aux communautés d’origine européenne de recruter; c’est vers 1830 que s’éteignit au Québec le dernier Récollet.

     

    1890 à aujourd’hui: plus de 100 ans de présence

    Le retour des Franciscains au Canada a été préparé par l’Ordre franciscain séculier et par le Père Frédéric Janssoone, de passage au Canada dès 1881. Les Franciscains sont arrivés à Montréal en 1890, à proximité de l’actuel couvent du boulevard René-Lévesque. Depuis, ils se sont répandus dans tout le Canada, en y vivant le charisme franciscain.

     

    Caractéristiques des Franciscains

    Les Franciscains ne sont pas des moines, mais des religieux issus d’un groupe appelé Ordres Mendiants. Ils ne sont pas un Ordre contemplatif, même si l’accent est mis fortement sur la prière, la vie avec Dieu et même l’ermitage. Ils ne sont pas non plus purement actifs. C’est un évangélique mélange des deux formes typés de la vie religieuse: contemplatifs et actifs.

     

    Ils s’appellent frères entre eux, même si plusieurs sont aussi prêtres. François veut que ses frères aient mêmes droits et mêmes devoirs. Ils ont à leur tête un provincial qu’on appelle ministre, et un supérieur qu’on nomme gardien. Ces mots signifie quelqu’un qui les sert et qui prend soin d’eux. Ils habitent des maisons appelés couvent (signifiant rassemblement; le mot monastère est impropre et est réservé aux maisons des Clarisses).

     

    A travers les siècles et les pays, l’Ordre franciscain a vécu des valeurs particulières: pauvreté, simplicité, humilité, justice, paix et joie, émerveillement face à Dieu, aux personnes et à toute la création, etc

     

    Principaux champs d’engagement évangélique

    Les Franciscains n’ont pas de tâche déterminée dans l’Église, si nous entendons par là des secteurs précis et exclusifs d’engagement. Ils n’ont pas été rassemblée pour une Oeuvre spécifique, ni pour faire des oeuvres. C’est selon les besoins des époques diverses qu’ils ont fondé et tenu des lieux de pèlerinages, des aumôneries, des paroisses, des camps d’été, des revues, etc.

     

    Le véritable but de leur rassemblement en fraternité, c’est de suivre les traces du Christ Jésus, pour vivre une fraternité vivante et vraie, basée sur l’esprit de prière, auquel est subordonné tout travail. C’est d’être une cellule d’Église, ouverte à tous et engagée en Église pour le monde actuel, surtout envers les plus défavorisés. Une fois compris et vécu, cet objectif missionnaire incite chaque frère à s’occuper à un travail honnête selon ses capacités et ses goûts… et selon les besoins.

     

    Ils peuvent s’adonner à tous genres de travail honnête, selon les urgences de l’heure: travail pastoral, social, communautaire, éducatif, missionnaire, etc. Ils apportent leur pierre à la construction d’un monde nouveau. Il se trouve chez les Franciscains des animateurs sociaux, des infirmiers, des cuisiniers, des prédicateurs, des curés, des catéchètes, des professeurs, des journalistes, des secrétaires, des mécaniciens, etc. Il n’existe que deux oeuvres que les Franciscains doivent assurer: la Terre Sainte et les Missions.

     

    La Terre Sainte

    Depuis le 21 novembre 1342, la garde des Lieux Saints (endroits sanctifiés par le passage du Christ) a été confiée aux Franciscains par le Saint-Siège. Environ 400 frères font partie de la Custodie de Terre Sainte, depuis plus de six siècles, et sont répartis en 64 maisons et 21 sanctuaires. Leur travail s’étend aussi à 40 paroisses, 30 écoles, 6 collèges et 8 hôtelleries pour pèlerins. Notre Province a toujours eu 4 ou 5 frères en Terre Sainte.

     

    Les Missions

    La Province St-Joseph de l’Est du Canada a fondé des missions en pays lointains: la Chine, le Pérou, le Japon, la Corée. Présentement les missionnaires Franciscains sont surtout au Pérou (une trentaine, en une dizaine de postes) et en Afrique (une demi-douzaine, oeuvrant pour le Projet-Afrique, lancé par le Ministre général de l’Ordre.

     

    aquarelle

    Une vie consacrée

    Les frères promettent d’appliquer dans leur vie les valeurs évangéliques et d’initier des projets de solidarité en lien avec leur milieu. Les frères s’engagent également à observer l’Évangile, à vivre dans l’obéissance, sans bien en propre et dans la chasteté : c’est ce que l’on appele des voeux

     

    La pauvreté évangélique signifie être pauvre dans tout ce qu’on peut entreprendre, à cause du Christ. C’est recevoir tout de Dieu dans la reconnaissance et être sans prétention. C’est aussi partager par choix la condition des gens ordinaires et des pauvres.

     

    L’obéissance évangélique, c’est être disponible et fidèle aux appels de Dieu et à la mission qu’il te désigne. C’est discerner, avec des frères dans la foi, la volonté du Seigneur sur toi. C’est s’associer à l’obéissance parfaite de Jésus à son Père et prendre le relais dans l’oeuvre de libération qui a été la sienne.

     

    La chasteté évangélique, c’est se donner tout entier au Christ, dans un engagement total pour ses frères et soeurs. C’est donner tout son poids à la relation humaine désintéressée. C’est ouvrir son cœur à tout et à tous, dans la confiance.

     

    Ceux qui ont changé le monde:  QUI SONT LES FRANCISCAINS ?

     

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    de la revue La Semaine

     

    Ceux qui ont changé le monde:  Ces grands esprits qui ont changé le monde

     

    Ceux qui ont changé le monde:  Ces grands esprits qui ont changé le monde 2 pages)

     

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    Appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle : texte et circonstances

    Depuis Londres, le général de Gaulle prononce, le 18 juin 1940 sur les ondes de la BBC, un appel à la résistance invitant les Français à refuser la défaite et à combattre. Celui-ci n'a pas été enregistré, les techniciens de la BBC étant alors trop occupés à préparer l'enregistrement du discours de Winston Churchill, Premier ministre britannique. Retrouvez ci-dessous les circonstances et le texte exact du discours du 18 juin 1940 du général de Gaulle.

     

     Le 16 juin 1940 suite à la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, le général de Gaulle décide de partir le lendemain pour l'Angleterre afin de poursuivre le combat.
    Accompagné de son aide de camp, le lieutenant Geoffroy de Courcel, il s'installe provisoirement dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place.
    Il y rédige le texte de l'Appel qu'il prononce le 18 juin 1940, vers 20 heures, sur les ondes de la B.B.C. Dans ses Mémoires de Guerre le Général décrit les circonstances qui ont entouré l'Appel.

    « La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s'offrait pour cela. Dès l'après-midi du 17 juin, j'exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l'Angleterre qu'aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la B.B.C. à ma disposition. Nous convînmes que je l'utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice. Or, dans la soirée même, on apprit qu'il l'avait fait. Le lendemain, à 18 heures, je lus au micro le texte que l'on connaît. »

    Texte de l'appel du 18 juin

    "Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

    Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

        Affiche ayant suivi l'appel du 18 juin 1940                               
    Affiche placardée au lendemain de l'appel du 18 juin 1940

    L'affiche "à tous les français" placardée sur les murs de Londres

    Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

    Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

    Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.

    Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

    Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

    Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

     

    Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."

     

     

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    Les 10 papes qui ont osé transformer l’Eglise catholique

    Benoît XVI : il ose prendre sa retraite

    Le titre de Benoît XVI est désormais "Pape émérite". © GALAZKA / SIPA
    Personne ne s’y attendait. Le 11 février 2013, le pape Benoît XVI annonce en latin, à l’issue d’un consistoire publique ordinaire, qu’il renonce à sa charge. Il évoque une santé chancelante : "je dois reconnaître mon incapacité à administrer le ministère qui m’a été confié". Plutôt classé conservateur pour ses positions sur les mœurs, le pape est le premier à quitter sa charge depuis six siècles. Les précédents en la matière sont rares, anciens, et relevaient le plus souvent de conflits entre factions romaines. Le 28 février 2013, il quitte le Vatican et devient alors "Sa Sainteté Benoît XVI, pontife romain émérite". Le statut d’un pape "retraité" est alors flou. Depuis, le protocole a été adapté et l’ancien cardinal Ratzinger a participé à plusieurs cérémonies avec l’actuel pape François.

    Pie XI : il ose dénoncer le nazisme

    Portrait du pape Pie XI, en 1937, année de publication de Mit brennender Sorge © AFP
    Cultivé et sportif, le pape Pie XI est élu le 6 février 1922. Pendant son pontificat, il signe les accords du Latran avec l’Italie de Mussolini, donnant naissance à la cité-Etat du Vatican. Pourtant, il va progressivement se distancer du fascisme et du nazisme (mais aussi du communisme), condamnant publiquement leurs politiques racistes et antisémites. En 1937, il publie l’encyclique Mit brennender Sorge (Avec une inquiétude brûlante), distribuée dans les paroisses allemandes pour le Dimanche des Rameaux. Le texte dénonce les tentatives d’Hitler de se substituer à Dieu et le "soi-disant mythe de la race et du sang". Pie XI meurt en 1939 et son successeur, Pie XII se montre nettement moins intransigeant vis-à-vis de l’axe Rome-Berlin. La polémique sur son rôle dans la Seconde guerre mondiale n’est pas tranchée.

    François : il ose bousculer les conservateurs

    Le pape François, en 2015 © AGF EDITORIAL / SIPA
    Au départ, son naturel souriant et ses idées modernistes ont surpris. Arrivé à la tête du Vatican le 13 mars 2013, premier souverain pontife né en dehors d’Europe, le pape François a étonné en proposant des réformes liées aux mœurs ; il s’est ainsi prononcé en faveur de la communion des catholiques divorcés ou estimé que les chrétiens n’avaient pas vocation à se reproduire "comme des lapins". Il a également condamné les dégâts causés par le "libéralisme sauvage". Il a en revanche réaffirmé son opposition au contrôle "artificiel" des naissances ou au mariage homosexuel. François a également évoqué publiquement l’idée de renoncer à sa charge avant sa mort et s’est attaquer au douloureux chantier de l’assainissement des finances de l’Eglise.

    Saint-Pierre : il ose affronter les persécutions

    On dit souvent du pape qu'il règne sur le trône de Saint-Pierre © Guilane Nachez / Fotolia
    Pour les catholiques, il est le père de l’église. Ce disciple de Jésus-Christ était un ancien pêcheur, né en Galilée autour de l’an zéro. Dans l’évangile selon Mathieu, où Pierre est souvent cité en tête des apôtres, Jésus lui dit : "Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon assemblée". C’est lui qui devient le leader des premiers chrétiens après la crucifixion du Christ, devenant le premier des évèques. Fuyant les persécutions de Jérusalem, il prêche et convertit de nouveaux fidèles autour d’Antioche puis – selon les textes - à Rome. Là, il aurait été arrêté et crucifié la tête en bas par les soldats de l’empereur Néron. Le lieu de son martyre, le Circus Vaticanus, deviendra bien plus tard le centre du catholicisme mondial.

    Pie VII : il ose résister à Napoléon et combattre l’esclavage

    Un buste du pape Pie VII, souverain pontife de 1800 à 1823 © FRED DUFOUR AFP
    Barnaba Chiaramonti, alias Pie VII, aurait pu être l’un de ces papes insignifiants issus de la noblesse italienne. Mais son pontificat, entamé en 1800 à l’issue d’un conclave interminable, coïncide avec l’émergence de Napoléon sur la scène européenne. S’il couronne l’Empereur, il ne parvient pas à obtenir l’abolition des articles organiques régissant la vie catholique en France. Furieux, le pape refuse de prononcer le divorce de Jérôme Bonaparte ou d’aider les troupes françaises. C’est l’escalade : Napoléon annexe les Etats pontificaux. Pie VII le menace d’excommunication. L’Empereur l’assigne à résidence pendant plusieurs années, tentant d’arracher la validation de son propre divorce. Rentré à Rome, le pape entame d’importants efforts diplomatiques pour obtenir l'abolition de l’esclavage.

    Léon XIII : il ose accepter le monde moderne

    Un portrait du pape Léon XIII, souverain pontife de 1878 à 1903 © Library of Congress
    Pontife raffiné mais très prudent, Léon XIII décide de casser les codes de la papauté en se frottant aux changements de l’époque. Sa grande trace dans l’histoire sera l’encyclique Rerum Novarum (Les choses nouvelles), publiée en 1891. Dans ce texte, l’Eglise apporte pour la première fois son soutien à la classe ouvrière, condamnant la concentration des richesses aux mains de quelques-uns. Le pape condamne notamment le travail des enfants et affirme le droits des ouvriers à bénéficier de l’aide des syndicats (ils sont encore illégaux dans la plupart des pays d’Europe). Il affirme cependant que le communisme serait, à ses yeux, le pire des remèdes (il évoque une "peste mortelle"). Le texte va donner naissance au christianisme social. Son influence se fera sentir dans le mouvement des prêtres-ouvriers.

    Benoît XIV : il ose accompagner les Lumières

    L'église Saint-Pierre de Rome © Mapics / Fotolia
    Erudit et mécène, le pape Prospero Lorenzo Lambertini (1675-1758), alias Benoît XIV, est l’un des plus grands réformateurs de l’histoire de l’Eglise catholique. Ouvert à la science – il était passionné de physique et de mathématique - il est le premier pape à reconnaître que la Terre tourne autour du Soleil et retire les ouvrages de Copernic et de Galilée de l’index. Il lève également l’interdit sur la dissection des cadavres et encourage les progrès de la médecine. Dans une bulle de 1741, il condamne les mauvais traitements infligés aux amérindiens. L’homme entretient également une correspondance avec Voltaire et publie lui-même de nombreux ouvrages. Accessible pour les Romains, il demeure l’un des papes les plus populaires de l’histoire de la chrétienté.

    Jean-Paul II : il ose renouveler le lien avec les fidèles

    Jean Paul II devant le mur des lamentation, en 2000 © MENAHEM KAHANA / AFP
    C’est le premier grand pape médiatique. Jean-Paul II, né Karol Wojtyła en 1920, accède à la papauté en 1978. Encore jeune (58 ans), lors de son accession à la tête du Vatican, il met en scène son action en cumulant les voyages et les rencontres avec les plus pauvres. Jean-Paul II condamne publiquement les excès du communisme et du capitalisme. Il fonde également les journées mondiales de la jeunesse, d’immenses rassemblements de jeunes chrétiens. Partisan du dialogue avec les autres religions, il n’hésite pas à se rendre en Israël ou au Maroc. Son héritage sur les questions de mœurs demeure plus contrasté. Il a été canonisé par le pape François le 27 avril 2014. Sa fête a été fixée au 22 septembre. 

    Jean XXIII : il ose moderniser l’Eglise

    Jean XXIII, pape de 1958 à 1963 © OLYMPIA / SIPA
    Il a décidé de lancer la plus grande réforme de l’Eglise au XXe siècle. Le pape Jean XXIII, né Angelo Giuseppe Roncalli, accède à la papauté en 1958. On attend de lui qu’il rompe avec le style autoritaire de son prédécesseur, Pie XII. L’homme simple étonne en sortant régulièrement du Vatican pour rendre visite aux enfants malades ou aux prisonniers. Surtout, il lance le grand chantier Vatican II (1962-1965). Ce concile œcuménique regroupe près de 3 000 pères conciliataires (cardinaux, évêques, experts…).  Dans son discours inaugural, Jean XXIII insiste sur la nécessité de présenter la doctrine "de la façon qui répond aux exigences de notre époque". Le pape meurt avant la fin du concile, mais les résultats sont décisifs : la messe ne sera plus en latin et l’Eglise reconnaît la liberté religieuse.

    Paul III : il ose convoquer le plus grand concile de tous les temps

    Le Concile de Trente fut l'un des plus importants de l'histoire © Shchipkova Elena / Fotolia
    L’Eglise catholique était en crise. Elu pape en 1534, Alexandre Farnèse, alias Paul III, doit faire face aux progrès du protestantisme. Pour répondre à ce qu’il considère comme une menace, il convoque en 1542 le Concile de Trente. Cette assemblée d’évêque s’étalera sur 18 ans (Paul III n’en verra jamais la fin) et changera radicalement le visage de l’Eglise. Les doléances des protestants sont vigoureusement rejetées : les sept sacrements sont définis, le culte des saints est confirmé, le rôle des évêques est redéfini, l’importance de la pastorale réaffirmé. C’est le début de la Contre-Réforme, un renouveau religieux, mais aussi politique pour l'église catholique. Il se soldera aussi, malheureusement, par d'innombrables exactions...

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    Ces trois voitures qui ont changé le monde

     
    22 décembre 2014
     

    Trois voitures - une Américaine, une Allemande et une Japonaise - ont véritablement changé le monde. En cette fin d'année, jetons un regard sur celles qui ont révolutionné leur industrie - et au-delà.

            

     

    Ford Model T: la démocratisation automobile. (Photo archives / Ford)

    À tout seigneur, tout honneur en ce sélect palmarès: c’est le Ford Model T qui a le plus révolutionné la planète – automobile ou pas. D’ailleurs, ledit véhicule a été voté par bon nombres de panels internationaux comme LA voiture du 20e siècle.

    Pourquoi? Parce que le Ford Model T a été le tout premier véhicule à être assemblé sur des chaînes de montage, et non à la main, comme il se faisait à l’époque. Voilà qui allait paver la route vers des voitures qu’enfin, la classe moyenne pouvait s’offrir. “Nous allons motoriser l’Amérique”, avait dit Henry Ford.

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    C’est le 1er octobre 1908 que le tout premier Model T a émergé de l’usine Piquette, à Détroit au Michigan. Ce jour-là, personne n’imaginait à quel point ce “carrosse à moteur” allait transformer le monde, tant au niveau de la mobilité, de l’industrialisation, que de la prospérité.

    Coût d’acquisition pour celui propulsé par un quatre cylindres de 20 chevaux et qui pouvait rejoindre les 60km/h? Quelque 850$US – soit à peu près 22 000$ en dollars canadiens d’aujourd’hui.

    Les ventes ont explosé, tant et si bien qu’en moins de deux ans, l’usine Piquette était devenue trop petite. L’assemblage a donc déménagé à l’usine Highland Park, toujours au Michigan, où un autre procédé révolutionnaire allait être implanté (en 1913): la chaîne de montage mobile, telle qu’on la connaît encore aujourd’hui (quoique davantage robotisée).

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    Comme le Model T ne demandait qu’une petite heure et demie d’assemblage par unité (au lieu de 14 heures), son étiquette a pu être réduite à 500$US. C’est aussi pour accélérer la cadence que, de 1914 à 1925, tous les Model T produits l’ont été de couleur noire. Qui ne connaît pas la célèbre tirade de Henry Ford: “Vous pouvez choisir n’importe quelle couleur, en autant que ce soit le noir”?

    Avec son Model T, Ford a mis “ l’Amérique en route”. Au début des années 1920, deux véhicules sur trois vendus sur le continent étaient un Model T. En 1924, le constructeur soulignait la fabrication de son 10 millionième exemplaire – le véhicule ne coûtait alors plus que 295$US.

    En deux décennies de production (jusqu’au 26 mai 1927), le Ford Model T a été fabriqué en 15 millions d’exemplaires, dont plusieurs ont été transformés en camionnettes, véhicules de livraison, fourgons de prisonniers, voitures de police, ambulances… alouette.

    Il aura fallu attendre un demi-siècle pour qu’un autre véhicule batte ce record – et ce sera la Volkswagen Beetle, avec ses 21 millions d’exemplaires.

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    Une histoire plutôt controversée, que celle de la Volkswagen Type 1, qui allait éventuellement être renommée Volkswagen Beetle.

    D’abord, la sympathique rondelette est née d’une commande passée par un certain Adolf Hitler à un autre certain Ferdinand Porsche. Le dictateur allemand souhaitait commercialiser la “voiture du peuple” et, pour ce faire, voulait en confier la mission à celui qui, un jour, allait fonder l’une des plus réputées marques d’automobiles sportives.

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    Mais il y a plus: on découvre aujourd’hui que le croquis exhibé par le Führer, dans un hôtel de Berlin un certain jour de 1934, pourrait être le résultat d’un plagiat.

    En effet, le design, mais aussi les spécifications (notamment le moteur refroidi à l’air installé à l’arrière) et le prix (sous les 1000 Reichsmark, soit les deux tiers du salaire annuel d’un travailleur allemand moyen de l’époque) rappellent étrangement le prototype May Bug fabriqué par un designer juif, Josef Ganz, prototype montré lors d’un rassemblement automobile de 1933 auquel avait assisté Hitler.

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    Au-delà de ses origines doublement douteuses, la Volkswagen Beetle – désignée de par le monde comme Bug, Vocho, Coccinnelle, puis Herbie et Choupette d’après le film “The Love Bug” (1968) – allait conquérir le monde par son prix abordable, mais aussi sa fiabilité, sa simplicité… et son agrément de conduite. Elle a trouvé des millions de preneurs auprès de la classe moyenne, mais est aussi devenue objet de culte auprès des hippies, des surfeurs californiens et autres nostalgiques du genre.

    En 1972, sa production allait surpasser la marque record des 15 millions d’exemplaires établie par le Ford Model T. En fin de parcours en 2003, soit cinq ans après la renaissance de l’icône sous sa forme actuelle et contemporaine, plus de 21 millions d’unités avaient été produites.

    Certes, en date d’aujourd’hui, c’est la Toyota Corolla qui détient la couronne de la voiture la plus vendue au monde, avec plus de 40 millions d’exemplaires cédés. Mais alors que la Toyota Corolla a subi 11 passages générationnels tout au court de son histoire (1966 à aujourd’hui), la Volkswagen Beetle, elle, s’est offerte dans sa formule originale pendant 65 ans (1938 à 2003).

    C’est la plus longue génération automobile de tous les temps et gageons que cette marque-là ne sera sans doute jamais battue…

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    Prius, en latin, signifie: avant. Voilà une appellation tout à fait de circonstance pour la toute première voiture hybride-électrique à avoir été commercialisée – par Toyota, à partir de 1997.

    Certes, le siècle précédent a vu poindre quelques innovations du genre. De fait, déjà en 1900, Ferdinand Porsche (décidément, celui-là…) avait créé le Mixte, un véhicule à double propulsion. Mais ce n’est véritablement qu’avec la Toyota Prius que la vague – ou plutôt le tsunami vert allait déferler.

    Depuis, un tout nouveau vocable automobile a été créé: système hybride parallèle, accumulateurs au lithium-ion, kilowatts de puissance, consommation sous les 3L/100km…

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    Il faut se rappeler qu’au tournant du nouveau millénaire, les utilitaires et autres véhicules réputés être gourmands avaient la faveur de la moitié des automobilistes (du moins, en Amérique). L’économie d’essence n’était pas au coeur des priorités, encore moins la réduction des émissions polluantes. La Toyota Prius est donc débarquée un peu avant son temps, fin prête sans le savoir à surfer sur la vague. Aujourd’hui, elle est – et de loin – l’hybride la plus vendue sur toute la planète.

    Pourtant, la première génération de Toyota Prius ne payait pas de mine. Son design très conservateur de berline compacte, que l’on doit au studio californien du constructeur japonais, n’avait rien pour enflammer les esprits.

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    Mais dès 2003, la silhouette à hayon accordée à seconde génération est devenue un véritable symbole de l’amour de l’environnement. Coup de marketing génial, bien qu’involontaire: de nombreuses stars hollywoodiennes l’ont préférée à de coûteux modèles exotiques. On a ainsi pu voir à son volant les Leonardo Di Caprio, Cameron Diaz, Harrison Ford, Jennifer Aniston, Matt Damon, Julia Roberts, Tom Hanks, Natalie Portman, Demi Moore…

    Au-delà du marketing qui a bien fonctionné, il y a cette technologie hybride qui s’est montrée beaucoup, beaucoup plus fiable que ce à quoi même les plus optimistes s’attendaient. Parlez-en à Andrew Grant, de Vancouver, le tout premier chauffeur de taxi au monde à avoir conduit ses clients en Toyota Prius. Sa deuxième Prius a roulé sur plus d’un million et demi de kilomètres, sans problèmes majeurs s’il vous plaît.

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    Ce qui, au départ, n’était vu que comme un laboratoire sur quatre roues a ouvert le chemin aux autres hybrides chez Toyota, mais aussi chez la compétition, de même qu’à d’autres véhicules aux technologies dites vertes: hybrides rechargeables, 100% électriques, piles à hydrogène, pour ne nommer que ceux-là.

    Avec une proposition automobile qui faisait du sens, le constructeur japonais a “mis sur la carte” une technologie qui s’est démocratisée à vitesse Grand V, repoussant les frontières, tant psychologiques que pratiques, de l’acceptation du marché.

    Aujourd’hui, plus de 9 millions d’hybrides roulent sur la planète, dont 7 millions arborant le badge hybride… et la moitié portant le logo Prius. Ce qui fait dire à Toyota que les automobilistes de par le monde ont ainsi pu économiser, en litres d’essence, de quoi remplir plus de 7000 piscines olympiques (!).

      

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