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    Gulf Stream

     

    Le Gulf Stream est l’un des courants océaniques les plus puissants de la planète. Après avoir baigné les côtes américaines jusqu’à Terre-Neuve, ses eaux chaudes donnent naissance à la «dérive nord-atlantique».

    La Terre est la seule planète du système solaire dont 70% de la surface sont recouverts d’eau. Les océans en apportent l’essentiel, avec 96% du total de l’eau de surface sous forme liquide et 3% sous forme de glaciers et de calottes polaires.

    A la fin de l’ère Tertiaire, il y a environ 8 millions d’années, la lente valse des plaques continentales à la surface du globe a entraîné la création de grands courants marins, comme le Gulf Stream.

    Toutes les grosses perturbations climatiques du passé sont dues à un problème dans la circulation océanique. Or, aujourd’hui, nous sommes à la veille d’une perturbation de ces courants.
    En effet, cette circulation a déjà commencé à ralentir et risque de s’affaiblir très rapidement. Le flux du Gulf Stream a diminué de 20% au niveau des îles Féroé.
    Il faut s’attendre à ce que ce ralentissement entraîne un bouleversement climatique considérable.

     

    Caractéristiques du Gulf Stream

    Les courants de surface des océans, qui affectent les premiers 300 m de profondeur de la masse d’eau, sont la conséquence des vents dominants.

    En mettant en mouvement les eaux de surface, ces vents créent des courants océaniques en forme de boucles. Dans cette boucle, l’eau :

    • Tourne dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Nord
    • Tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Sud

    Gulf stream

    Le Gulf stream est représenté en orange. Le jaune indique la température de l'eau dans l'Atlantique. © NASA

    Le Gulf Stream, qui réchauffe les eaux de l’Atlantique Nord, est l’un de ces courants océaniques de surface. C’est un courant chaud qui véhicule la chaleur vers le pôle.

    Large de 60 km et profond d’au moins 600 m, le Gulf Stream parcourt 120 km par jour. Ce courant tiède traverse l’Atlantique Nord en réchauffant les masses d’air froid arctique qu’il rencontre.

    Courants oceaniques

    Carte des courants océaniques établie par l'armée américaine en 1943 (D P). 

    Il est largement responsable de la différence de climat entre l’Amérique du Nord, soumise à l’influence de l’air polaire, et l’Europe occidentale, où règne un temps doux et humide caractéristique du climat côtier.

    Les vents dominants qui balaient la surface des océans engendrent de puissants courants marins. Ceux qui sillonnent les couches superficielles sont des courants chauds. Il existe aussi des courants profonds, beaucoup plus froids, qui sont créés par la différence de densité des masses d’eau. Les courants jouent un rôle climatique important en réchauffant ou, au contraire, en refroidissant les masses d’air.

    L’influence du Gulf Stream sur le climat

    Les eaux chaudes du Gulf Stream, le courant marin qui traverse l’Atlantique Nord d’ouest en est, exercent une influence considérable sur les climats européens.

    Schéma remanié pour la traduction française (Original par l'armée américaine)

    La façade atlantique du continent, de Lisbonne à Oslo, jouit ainsi d’une grande douceur climatique, avec une variation annuelle de températures et de précipitations relativement faible. Plus à l’est, où l’influence du Gulf Stream n’est plus perceptible, ce sont des climats continentaux qui dominent, avec de grands écarts annuels de température. Enfin, le sud du continent bénéficie d’un climat méditerranéen, généralement chaud et sec.

    Les conséquences du réchauffement de la planète

    L’équilibre climatique de la Terre est si fragile qu’une très faible variation de température pourrait avoir des conséquences considérables, mais dont on mesure encore difficilement l’étendue possible. L’élévation du niveau moyen des eaux est sans doute l’hypothèse la plus communément admise. Elle résulterait de la combinaison de deux facteurs: la fonte des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland, et surtout l’expansion thermique de l’eau. Parmi les autres conséquences probables figurent l’intensification des sécheresses, la disparition de la toundra, l’affaiblissement du Gulf Stream, l’augmentation du nombre de cyclones.

    Côte occidentale de la Norvège. L'agriculture est pratiquée jusqu'à de très hautes altitudes le long de la côte réchauffée par le Gulf Stream. By Grunder . (CC BY-NC-ND 3.0)

    De nombreuses régions eurasiatiques et nord-américaines, comme l’Alaska, devraient recevoir des précipitations plus importantes.

    L’accroissement de la sécheresse dans les régions déjà arides de l’Afrique subsaharienne pourrait provoquer des famines et l’exode de populations entières vers les grandes villes des côtes.

    Sahel

    Paysage désolé du Sahel. By Glory Lily

    En libérant de l’eau froide dans l’Atlantique Nord, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland pourrait refroidir le Gulf Stream et perturber le climat en Europe.

    La sécheresse qui devrait toucher le sud-ouest des États-Unis et l’Amérique centrale pourrait affecter considérablement le rendement agricole de ces régions.

    Le dégel du pergélisol, en Sibérie et dans le nord du Canada, entraînerait la disparition de la végétation de toundra et des espèces animales qui en dépendent.

    Ours polaire

    L'ours blanc est menacé car un cinquième de la banquise estivale arctique pourrait disparaître d'ici 2050 . By Mape-S (Site de l'auteur)

    Si les prévisions climatiques s’avèrent exactes, les régions nordiques devraient se réchauffer plus que le reste de la Terre.

    Le réchauffement de la planète pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les pays qui souffrent déjà de sécheresses chroniques. De nombreux endroits sur Terre sont déjà en train de se transformer en déserts. C’est le cas du Sahel, qui s’étire sur toute la largeur de l’Afrique, du Sénégal au Soudan.

    V.Battaglia (4.12.2005)

    Références

    Planète Terre. Gallimard 2003
    Anne-Sophie Archambeau. Les Océans. PUF 2004

     

     

    Évolution du Climat:

     

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    Foudre

     

    La foudre frappe au rythme de 50 à 100 impacts par seconde. En France, la foudre tue en moyenne directement une quarantaine de personnes et en blesse une centaine d’autres. Pourtant, le risque foudre est insuffisamment pris en compte au regard des dégâts qu’il provoque.
    Dans le monde, 50 000 orages éclatent chaque jour.
    Peu de gens savent que c’est le phénomène le plus dangereux dans l’hexagone et dans de nombreux pays européens.
    La température d’un éclair est plus chaude que celle à la surface du soleil. La foudre peut détruire mais elle reste un spectacle extraordinaire.

     

    Les premières découvertes sur la foudre

     

    C’est à Benjamin Franklin que l’on doit, en 1752, d’avoir identifié la nature électrique de la foudre.
    Le scientifique lança un cerf-volant dans un nuage prometteur d’orage et donc de foudre. A la cordelette humide qui retenait le jouet, B.Franklin avait attaché une clé : de nombreuses étincelles se produisirent.

    La même année, le Français Thomas Dalibard, mis à exécution le principe du paratonnerre conçu par Franklin.

    Le 6 août 1753, le Professeur Richmann de Saint-Pétersbourg tomba foudroyé suite à une expérience avec un électromètre.

     

     

     

    Si nous savons depuis 250 ans que la foudre est un phénomène électrique, les scientifiques ne peuvent toujours pas expliquer pourquoi un éclair prend une direction plutôt qu’une autre.
    Ce n’est que depuis peu que nous commençons à comprendre les effets de la foudre sur notre planète.
    Les orages les plus violents se produisent surtout dans les zones tropicales et subtropicales, là où l’humidité est la plus forte et la chaleur la plus intense.

     

    La formation de la foudre

    Etape 1 : Cumulo-nimbus

    Dense, le cumulo-nimbus est présent dans les ciels orageux. Il se forme à l’occasion de forts contrastes de températures, grâce à de puissants courants d’air chaud ascendants.
    Ces courants entraînent en altitude d’importantes quantités d’eau et de glace.

    Ce nuage peut atteindre une dizaine de kilomètres d’épaisseur.

    Etape 2 : processus d’électrification

    Le brassage qui se déroule à l’intérieur de ces nuages arrache des électrons aux différents éléments d’eau surfondue et de cristaux de glace en suspension.
    Les frottements engendrés génèrent des charges électriques.

    Les charges positives s’accumulent au sommet des nuages. A l’inverse, les charges négatives se retrouvent en partie inférieure.

    La dissociation des charges dans le nuage orageux génère un champ électrique intense dans l’espace nuage-sol.
    Lorsque le nuage atteint, au niveau d’un sol plan, une intensité de 4 à 10 kilovolts par mètre, une décharge au sol est imminente. Une gigantesque étincelle se produit alors.

    Etape 3 : les éclairs

    Les éclairs sont la partie visible de cet amorçage. Ils se développent de deux manières :

    • A l’intérieur d’un système orageux (éclairs intra-nuage ou inter-nuage)
    • Entre un nuage et la terre (éclairs nuage-sol)

    Licence

    En moyenne, un éclair sur trois est de type nuage-sol. C’est ce qui explique que l’on peut entendre gronder le tonnerre sans qu’un impact au sol se produise.

    Etape 4 : la foudre

    La foudre est une très violente et très brève décharge atmosphérique. L’intensité du courant électrique généré varie de 3 000 à 300 000 ampères.
    Cette gigantesque étincelle se propage sur plusieurs kilomètres de long.

     

    Etape 5 : éclair nuage-terre

    Le canal de foudre, ou canal ionisé, porteur de charges négatives, progresse d’une manière aléatoire.
    Il prend le nom de précurseur ou traceur descendant.

    Lorsqu’il s’est suffisamment approché du sol, plusieurs traceurs ascendants naissent à partir d’aspérités ou d’objets pointus (antenne, paratonnerre, arbre, immeuble haut …).

    L’un de ces traceurs entre au contact du traceur descendant. Il est appelé « décharge de capture ».
    C’est lui qui détermine le ou les points d’impact de la foudre au sol.

    Cette rencontre entre traceur descendant et ascendant établit un pont conducteur entre le nuage et le sol, par lequel s’écoule un intense courant électrique. C’est l’arc de retour.

    L’arc de retour est la cause de la violente illumination du canal de foudre et du tonnerre. Il est aussi responsable des dégâts produits par un foudroiement.

    Formation nuage et nuage orageux

    Tous les nuages se forment ainsi :

    • De l’air chaud et humide s’élève
    • La vapeur d’eau se condense pour former des gouttelettes. Si elles grossissent trop, elles deviennent trop lourdes pour rester en l’air et il pleut.

     

    La formation d’un nuage orageux exige plus d’énergie :

    • Le courant ascendant est plus fort ; il dépasse l’altitude à laquelle la vapeur d’eau se condense
    • Il continue à s’élever
    • Plus l’air s’élève, plus il se refroidit
    • La foudre est déclanchée par la séparation de la charge électrique
    • A 8 Km d’altitude, à l’intérieur du nuage, des particules de glaces se forment dans la colonne ascendante. Elles peuvent devenir aussi grosses que des grêlons de la taille d’un poing qui restent suspendus dans l’air.
    • Des cristaux de glace plus légers et plus petits se forment également. Ils s’élèvent et se frottent contre les grêlons de glace.
    • Ce frottement provoque une charge électrique. Négative pour les plus grosses particules, positive sur les petites.
    • Les petits cristaux de glace s’élèvent jusqu’à la stratosphère puis s’écoulent sur le côté pour donner sa forme caractéristique d’enclume aux nuages orageux.

     

    Le précurseur

    La foudre s’amorce par une toute petite étincelle à 8 Km d’altitude, à l’intérieur du nuage. Des électrons jaillissent, parcourent une centaine de mètres, puis s’arrêtent et se rapprochent pendant quelques millionièmes de secondes.
    Ensuite, les électrons s’éloignent puis se rapprochent à nouveau. Le canal ionisé se sépare en plusieurs branches.

    On appelle ce phénomène : le précurseur

    Il précède l’arrivée de l’éclair. En se rapprochant du sol, l’activité électrique qu’il développe exerce une forte attraction sur le champ électrique du sol.

     

    L’arrivée du précurseur près du sol provoque une concentration d’électricité négative. Par contre coup, le sol se charge d’électricité positive.
    Certains objets sur le sol réagissent en envoyant de petites étincelles de plasma en direction du précurseur.
    Celles qui atteignent leur but déclanchent l’éclair. Un décharge de 10 000 ampères.

     

    Des éclairs au dessus des nuages et dans l’univers

    Un avion est frappé par la foudre au moins une fois par an. Pendant longtemps, les pilotes ont déclaré avoir vu des éclairs dans le ciel au dessus des nuages sans que personne ne les croit.
    Mais, ils avaient raison.

     

    Les images d’archive prouvent que ces éclairs sont presque invisibles et durent qu’une fraction de seconde.
    Ils mesurent 16 Km de large et s’élèvent à plus de 80 Km au dessus de l’orage.
    On ne sait pas comment l’orage les fabrique.

    La foudre semble exister sur d’autres planètes de notre système solaire. Elle a été photographiée sur Jupiter.

    La foudre observée depuis une navette spatiale © Nasa

    Les réseaux de surveillance

    En France, Météorage constitue le réseau national de surveillance des orages. Safir, couvre plus ponctuellement le territoire national. Ce réseau est également présent en Suisse, en Autriche et en Italie.
    Il a participé à la constitution de Météotech, le réseau européen.

    Créé en 1986, Météorage couvre la France avec environ 17 capteurs électromagnétiques. Ces capteurs déterminent en temps réel la localisation et la datation de chaque impact de foudre.

     

    La foudre frappe une navette spatiale © Nasa

    Lors d’un éclair nuage-sol, la décharge émet une onde électromagnétique dans la bande de fréquence 1 à 500 kHz.
    Les antennes radio goniométriques sont adaptées à cette gamme de fréquence.

    Station de détection Météorage. Licence

    Les stations sont implantées en terrain découvert et espacées de 150 à 250 km.

    Créé en 1988, le système Safir, utilisé en France et à l’étranger réalise la détection précoce et la prévision des phénomènes orageux.

    Cartographie de la foudre en France le 28 juillet 1994 . Licence

    Depuis son implantation, le réseau Météorage a enregistré des records. Plus de 44 000 impacts de foudre sur la France le 27 juin 1990.
    Le 22 septembre 1992, jour de la catastrophe de Vaison-la –Romaine, il y a eu plus de 62 000 impacts en France.
    Ce record a été battu le 28 juillet 1994 avec plus de 74 000 impacts.

    La kéraunopathologie

    La kéraunopathologie, du grec Keraunos (foudre) est la discipline qui étudie les effets de la foudre sur les personnes ou animaux ainsi que les moyens de s’en protéger.

    En France, plusieurs dizaines de cas mortels sont recensés en moyenne chaque année. Mais, les cas non mortels laissent aux blessés des séquelles plus ou moins importantes.

    Brûlure type d'un point d'entrée ou de sortie de courant de foudre. Licence

    Un organisme vivant peut être traversé par le courant de foudre de quatre manières :

    Coup de foudre direct : le courant entre par la partie la plus proéminente (la tête en particulier) et s’écoule au sol en passant par les membres inférieurs.

    Foudroiement par éclair latéral : ce foudroiement se produit quand une personne s’abrite sous un arbre ou une autre structure qui, elle, reçoit le coup de foudre direct.
    Ce type d’accident peut se produire en plein air mais également dans une maison non protégée contre la foudre.

    Licence

    Foudroiement par tension de pas : ce foudroiement se produit quand le courant de foudre frappe un point au sol et se répartit dans celui-ci.
    Un homme, debout, près du point d’impact peut-être blessé.

    La tension de toucher : La tension de toucher (ou contact) se produit quand une personne touche un objet conducteur lui-même frappé par la foudre.

    Le foudroiement peut entraîner la mort mais également des troubles plus ou moins graves :

    • Troubles neurologiques ou psychiques (amnésie, coma, anxiété …)
    • Troubles cardio-vasculaires
    • Manifestations cutanées (brûlures notamment)
    • Troubles oculaires (brûlures cornéo-conjonctivales possibles)
    • Troubles auditifs (perforation du tympan fréquente)

    Chaque année, en France, on estime à 15 000 le nombre d’animaux tués par la foudre.

    Il faut souligner, qu’aux Etats-Unis, la foudre tue d’avantage que les tornades.

    Les précautions à prendre en cas d’orage

    Il faut éviter certaines activités extérieures connues pour être dangereuses en cas d’orage : Pêche, baignade, bateau, cyclisme, golf, alpinisme et réparations de toitures.

    Il faut se souvenir qu’un corps mouillé est un bon conducteur d’électricité.

    Il ne faut jamais s’abriter sous un arbre. A l’extérieur, il faut éviter de porter des objets métalliques (outils de jardin, clubs de golf, parapluies).

    Licence

    Il faut s’écarter de toute structure métallique (clôtures, pylônes …). Il ne faut pas téléphoner d’une cabine extérieure.

    En cas d’orage très violent, et dans une zone déserte, la meilleure solution consiste à rester dans sa voiture, à condition de penser à rabattre son antenne radio. Il ne faut pas s'abriter sous un arbre.

    Dans une habitation, il ne faut pas téléphoner au moment d’un orage et éviter de toucher des pièces métalliques ou de prendre un bain.

    V.Battaglia (01.2005)

     

    Évolution du Climat:  Orage et foudre

     

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    Période glaciaire. Ère glaciaire d'hier

    et de demain

     

    Commencée il y a près de 1,6 million d’années, la période quaternaire est extrêmement mouvementée. En effet, au début du quaternaire (notre ère actuelle), la Terre connaît des variations de son orbite et de légères modifications de son axe de rotation.
    Cela eut pour effet de provoquer de fortes oscillations climatiques. La dernière période glaciaire s’est étalée de 110 000 ans à 13 000 ans.
    D’ici 10 000 ans, il faut s’attendre à l’avènement d’une nouvelle période de refroidissement.

     

     

    Les grandes oscillations climatiques

    Les changements climatiques correspondent aux périodes glaciaires et interglaciaires.
    Ces variations climatiques se sont produites à 10 reprises au moins, espacées d’environ 100 000 ans.

    Simulation image satellite d'un glacier lors de la dernière glaciation

    Simulation image satellite d'un glacier lors de la dernière glaciation. Crédit: USGS

    Les périodes de réchauffement comme celle que nous vivons actuellement durent environ 20 000 ans.

    Contrairement à ce que l’on pensait, la fin des âges glaciaires peut intervenir très rapidement (quelques dizaines d’années au maximum). Cette rapidité explique peut-être l’extinction de certaines espèces (mammouths, mégacéros) qui n’ont pas eu le temps de s’adapter au réchauffement du climat.

    Les conséquences des périodes glaciaires

    À chaque grand changement climatique, il faut que les espèces animales et végétales s’adaptent pour ne pas disparaître.

    Plusieurs effets sont constatés :

    • Une quantité considérable d’eau est stockée sous forme de glace : c’est la glaciation
    • Le niveau des océans s’abaisse d’environ 120 m
    • Une réduction importante des pluies permet l’extension des déserts

    On peut citer plusieurs exemples qui permettent de mieux comprendre les grands bouleversements que ces périodes froides entraînent.
    Pendant le dernier âge glaciaire, une calotte de glace épaisse de plus de 1 500 m recouvrait le tiers du continent nord-américain (dont le New York actuel).

    En Europe, les glaciers recouvraient une bonne partie des îles britanniques, la Finlande, la Russie, la Pologne et une partie de l’Allemagne.

    Dans les régions froides qui ont échappé aux glaces, les sols sont gelés parfois jusqu’à 300 m. Les vents froids qui balaient ces régions soulèvent des nuages de poussière pouvant s'accumuler jusqu’à 200 m d’épaisseur.
    C’était le cas en Chine du Nord ou en Europe occidentale.

    À l’inverse, les régions subtropicales, comme l’actuelle Égypte ou le Sénégal, deviennent très arides par manque de pluies.
    Les grandes forêts laissent alors la place à la savane.

    L’homme et les âges glaciaires

    Les groupes humains du paléolithique ont été obligés de se déplacer au rythme des variations climatiques.

    Le meilleur exemple d’adaptation au froid est le Néandertalien. Il a réussi à survivre aux deux dernières périodes glaciaires. D’une part, sa morphologie était parfaitement adaptée au froid et d’autre part, il migrait en fonction de la faune et de la flore disponibles. Il a ainsi occupé toute l’Eurasie occidentale, la France et l’Allemagne.

    Mammouths, rhinocéros laineux, lions des cavernes et rennes vivaient sous nos latitudes à cette époque pas si lointaine.

    Lion des cavernes

    Peinture d'un lion des cavernes . Heinrich Harder (vers 1920)

    L’homme moderne ou Homo sapiens a également connu la dernière glaciation du Quaternaire. Moins robuste que le Néandertalien, il a misé sur son intelligence pour survivre. On sait que le détroit de Béring s’était transformé en un immense pont de glace qui a permis à l’homme moderne de migrer entre l’Asie et l’Amérique.

    Vous pouvez voir dans l’animation qui suit le pont du détroit de Béring qui rattacha l’Amérique du Nord au Nord-est de la Russie, il y a 21 000 ans.
    Les ancêtres des chevaux et des chameaux se déplacèrent vers l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Les mammouths et les hommes firent le trajet inverse.

     

    Cela montre l’importance que ces migrations eurent sur la distribution et l’évolution des animaux sur tout le globe.

    Et demain ?

    Il est inutile de faire du catastrophisme. L’homme a déjà survécu à ces périodes glaciaires et il est fort à parier qu’il survivra à la prochaine.
    Par contre, il est évident que cela entraînera un bouleversement radical de la répartition de la population sur le globe.
    Le problème qui se posera alors provient surtout de la surpopulation mondiale.
    En effet, si nos ancêtres ont pu migrer aussi facilement c’est qu’ils étaient peu nombreux. Mais comment envisager la migration de plusieurs milliards de personnes ?
    Cependant, rassurez-vous, cette question n’est pas d’actualité. Qui sait comment aura évolué Homo sapiens dans 10 000 ans ?

    Du nouveau sur la première période glaciaire (Juillet 2005)

    La première ère glaciaire aurait commencé 20 millions d'années plus tôt que les chercheurs ne le pensaient.

    Des scientifiques de l'université de Cambridge affirment qu'elle se serait produite il y a 34 millions d'années, avec une formation quasi simultanée des premières grandes calottes glaciaires dans les deux hémisphères.

    Selon l'hypothèse généralement admise jusqu'à maintenant, des calottes glaciaires comparables à celles qui couvrent le Groenland et le pôle Sud ont fait leur apparition il y a une dizaine de millions d'années.

    À la suite de l'analyse isotopique d'échantillons de calcite prélevés dans les sédiments marins du Pacifique tropical et du sud de l'océan Atlantique, les chercheurs ont découvert qu'après une période pendant laquelle la Terre était très chaude, il y a 55 millions d'années, la situation s'est modifiée d'une façon importante, il y a 42 millions d'années.

    Les données recueillies montrent que la calotte antarctique a entamé sa croissance il y a 34 millions d'années, alors que celle du nord commençait aussi à se former.

    Ces travaux contredisent donc la thèse généralement admise.

    V.Battaglia (02.2004), M.à.J 07.2005

     

    Évolution du Climat:  Période glaciaire - Ère glaciaire d'hier et de demain

     

     
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    Le petit âge glaciaire

     

     

    Pendant plus de 400 ans, du début du 15e siècle au milieu du 19e siècle, ce que l’on a baptisé « la petite période glaciaire » ou « petit âge glaciaire » régna sur l’Europe et sur l'Amérique du Nord.
    Cette période fut marquée par un refroidissement important des hivers et par des étés courts.

     

    Le froid s’abat sur la France

    En 1693 et 1694, près de 1,7 millions de Français meurent, autant que durant la Première guerre mondiale.
    Les 25 ans qui vont de 1690 à la mort de Louis XIV constituent la face sombre du règne du Roi Soleil.
    Les guerres s’enchaînent mais les pertes militaires ne sont rien à côté de la famine qui règne dans le pays.
    Hivers glaciaux et été pluvieux plongent la France dans le désarroi.

    Paysans et pauvres se lancent sur les routes, mendiant et espérant trouver en ville de la nourriture.
    Pour ne pas mourir de faim, on cueille des glands et des fougères pour en faire une sorte de pain. Mais, ces expédients meurtriers achèvent de tuer une population déjà affaiblie.

    Les animaux meurent aussi car on ne peut plus les nourrir.

    Les charognes de chiens, de chevaux et autres animaux sont consommées malgré leur état avancé de putréfaction.
    Suicides et anthropophagie ne sont pas rares.

    Durant l’été 1694, la chaleur accélère la décomposition des milliers de cadavres qui jonchent les routes. Des épidémies, dont la typhoïde, se propagent.

    L’hiver de 1709-1710 est également resté dans les mémoires. Le vin a gelé jusque dans le verre du roi.
    Le froid atteint -25°C en campagne. Cet hiver a entraîné la mort de 200 000 à 300 000 personnes par le froid et la faim.

     

    La mort blanche dans le monde

    En Angleterre, la Tamise a été fréquemment prise par les glaces pendant ce refroidissement. A partir de 1608, on y organise les « fêtes de la glace » sur les eaux gelées. Mais, si en ville, les nobles et bourgeois s’en amusent, en campagne, les paysans meurent.

    Fete de la Glace

    Peinture du 17e siècle représentant des Londoniens qui assistent à une "Fête de la glace"

    En Amérique du Nord, en 1816, la neige tomba en plein été. Plusieurs vagues de froid venant de l’Arctique firent d’énormes dégâts.
    La même année, il faisait 26,7°C à Williamstown (Massachusetts) le 5 juin. Le 6 au matin, il ne faisait plus que 7,2°C et la température continua à chuter.
    Le 7 juin, il neigea.

    Les causes du petit âge glaciaire

    En 1913, un météorologue américain établit un rapport entre le froid de 1816 et une série d’éruptions volcaniques, notamment celle du Tambora en Indonésie actuelle. L’éruption de ce volcan en 1815 a été la plus importante de l’histoire.
    Elle éjecta près de 200 milliards de tonnes de cendres dans la haute atmosphère. La circulation de la poussière et des gaz entraîna dans le monde un changement climatique général.
    L’année 1816 est connue comme « l’année sans été ». En effet, le voile épais a suffit à arrêter une partie des rayons du soleil.

    Plus récemment, les experts ont constaté que les périodes froides coïncident avec des périodes où les tâches solaires sont rares. L’activité solaire semble être alors à son minimum. Le Soleil connaît des cycles réguliers tous les 11 ans en moyenne. Le champ magnétique solaire est régit par ce cycle de 11 ans. A chaque nouveau cycle, les pôles magnétiques s’inversent.

    Soleil

    Protubérances et éruptions solaires vues en rayons X par le satellite Yohkoh. © Nasa

    L’activité magnétique solaire a pratiquement cessé entre 1645 et 1715. Cet épisode est appelé « minimum de Maunder ».

    La Nasa a mis en évidence, en 2001, un rapport entre le « minimum de Maunder » et le petit âge glaciaire.

    Une autre théorie met en avant les cycles orbitaux. Le climatologue M. Milankovitch identifia trois fluctuations cycliques pouvant agir sur le climat :

    L’excentricité de l’orbite terrestre : l’orbite terrestre passe du cercle à l’ellipse tous les 100 000 ans. La distance du soleil à la Terre varie alors.

    L’inclinaison de l’axe : il peut varier de 3° selon un cycle de 42 000 ans.

    La précession des équinoxes : elle est due à la rotation de l’axe de la Terre selon un cycle de 25 800 ans.

    Les dates que M. Milankovitch a obtenues coïncident avec les différents âges glaciaires.

    Le réchauffement climatique actuel n’est pas uniquement dû à l’élévation du taux dans l’atmosphère des gaz à effet de serre.
    N’oublions pas que la Terre ne fait que sortir du petit âge glaciaire. Cependant, ces cycles ne doivent pas nous faire oublier nos responsabilités vis-à-vis des générations futures.

    V. Battaglia (02.2005)

     

    Évolution du Climat:  Le petit âge glaciaire

     

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    El Nino

     

    El Nino est un phénomène qui se manifeste dans le Pacifique par une inversion du courant sud-équatorial. Les répercussions se font sentir dans le monde entier de manière spectaculaire.

     

    Le phénomène El Nino

     

    Ce phénomène est associé à des changements dans la distribution des pressions sur le Pacifique Sud.
    Ces changements sont connus sous le nom d’oscillation australe ou ENSO (El Nino-Southern Oscillation).
    La période du cycle complet, qui comprend également la Nina, phénomène froid opposé à El Nino, varie de deux à sept ans.

    Normalement, la pression plus élevée dans l’est du Pacifique Sud que dans l’ouest donne naissance aux alizés, qui eux-mêmes, génèrent le courant chaud sud-équatorial.
    Ce courant chaud va d’Amérique du Sud en Indonésie.

    Ce schéma s’accompagne de fortes pluies sur l’Indonésie et d’une grande sécheresse sur les côtes péruviennes et nord-chiliennes.

     

    Manifestation d’El Nino

    Pendant El Nino, l’écart de pression qui règne normalement au-dessus de l’Australie et de l’Amérique du Sud diminue jusqu’à s’inverser, ce qui entraîne une inversion des vents et des courants océaniques.
    À environ 150 m de profondeur, un flux d’eau chaude qui se déplace vers l’est vient bloquer la remontée d’eaux froides normalement observée sur les côtes sud-américaines.
    Quand les conditions climatiques sont normales, la couche superficielle d’eau chaude n’est que de 100 m, car il y a une remontée d’eaux des profondeurs qui est froide et riche en nutriments pour les poissons.

     

    Les conséquences d’El Nino

    Quand El Nino se manifeste, l’écart de pression entre l’est et l’ouest devient négligeable ou s’inverse. Cela entraîne une inversion des alizés et du courant :

    • Les pluies arrosent le Pérou et le Chili
    • L’Indonésie connaît la sécheresse et des feux de forêt

    Les fortes pluies dues à El Nino peuvent causer de gros dégâts comme cela s’est produit en Californie. Une coulée de boue avait complètement paralysé le trafic routier.

     

    Coulée de boue en Californie.

    Coulée de boue en Californie. NOAA

     

    Les glissements de terrain deviennent alors très dangereux pour les populations.

    El Nino est synonyme de grande sécheresse en Indonésie. Ce fut le cas en 1997-1998, années pendant lesquelles les feux de forêt ont ravagé le pays.

    Sécheresse en Indonésie

    Sécheresse en Indonésie. By Crispo . (CC BY-NC-ND 3.0)

     

    L’économie de ce pays est basée sur l’agriculture, notamment les céréales comme le riz ou le maïs.
    Le phénomène El Nino est une véritable catastrophe pour l’agriculture de ce pays.

    V.Battaglia (03.2004)

     

    Références

    Planète Terre. Gallimard 2003
    Anne-Sophie Archambeau. Les Océans. PUF 2004

     

    Évolution du Climat:  El Nino

     

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