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    El Nino

     

    El Nino est un phénomène qui se manifeste dans le Pacifique par une inversion du courant sud-équatorial. Les répercussions se font sentir dans le monde entier de manière spectaculaire.

     

    Le phénomène El Nino

     

    Ce phénomène est associé à des changements dans la distribution des pressions sur le Pacifique Sud.
    Ces changements sont connus sous le nom d’oscillation australe ou ENSO (El Nino-Southern Oscillation).
    La période du cycle complet, qui comprend également la Nina, phénomène froid opposé à El Nino, varie de deux à sept ans.

    Normalement, la pression plus élevée dans l’est du Pacifique Sud que dans l’ouest donne naissance aux alizés, qui eux-mêmes, génèrent le courant chaud sud-équatorial.
    Ce courant chaud va d’Amérique du Sud en Indonésie.

    Ce schéma s’accompagne de fortes pluies sur l’Indonésie et d’une grande sécheresse sur les côtes péruviennes et nord-chiliennes.

     

    Manifestation d’El Nino

    Pendant El Nino, l’écart de pression qui règne normalement au-dessus de l’Australie et de l’Amérique du Sud diminue jusqu’à s’inverser, ce qui entraîne une inversion des vents et des courants océaniques.
    À environ 150 m de profondeur, un flux d’eau chaude qui se déplace vers l’est vient bloquer la remontée d’eaux froides normalement observée sur les côtes sud-américaines.
    Quand les conditions climatiques sont normales, la couche superficielle d’eau chaude n’est que de 100 m, car il y a une remontée d’eaux des profondeurs qui est froide et riche en nutriments pour les poissons.

     

    Les conséquences d’El Nino

    Quand El Nino se manifeste, l’écart de pression entre l’est et l’ouest devient négligeable ou s’inverse. Cela entraîne une inversion des alizés et du courant :

    • Les pluies arrosent le Pérou et le Chili
    • L’Indonésie connaît la sécheresse et des feux de forêt

    Les fortes pluies dues à El Nino peuvent causer de gros dégâts comme cela s’est produit en Californie. Une coulée de boue avait complètement paralysé le trafic routier.

     

    Coulée de boue en Californie.

    Coulée de boue en Californie. NOAA

     

    Les glissements de terrain deviennent alors très dangereux pour les populations.

    El Nino est synonyme de grande sécheresse en Indonésie. Ce fut le cas en 1997-1998, années pendant lesquelles les feux de forêt ont ravagé le pays.

    Sécheresse en Indonésie

    Sécheresse en Indonésie. By Crispo . (CC BY-NC-ND 3.0)

     

    L’économie de ce pays est basée sur l’agriculture, notamment les céréales comme le riz ou le maïs.
    Le phénomène El Nino est une véritable catastrophe pour l’agriculture de ce pays.

    V.Battaglia (03.2004)

     

    Références

    Planète Terre. Gallimard 2003
    Anne-Sophie Archambeau. Les Océans. PUF 2004

     

    Évolution du Climat:  El Nino

     

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    Cyclone
     

    Chaque cyclone porte un petit nom, Mitch, Hugo, Ivan ou Rita mais sous ces sobriquets se cachent de véritables monstres qui ravagent tout sur leur passage. Selon les pays, on utilise le terme ouragan, cyclone, typhon ou tornade.
    Chaque année, plusieurs dizaines de cyclones se forment au dessus des océans dans les zones intertropicales.
    Chaque annonce de cyclone laisse prévoir de nombreux dommages et souvent de nombreuses victimes.
    Dès sa formation, le cyclone reçoit un prénom déterminé suivant un ordre alphabétique. Pour la petite histoire, jusqu’en 1978, les prénoms étaient exclusivement féminins. Les ligues féministes protestèrent et depuis cette année là, les cyclones reçoivent alternativement un prénom masculin et féminin: cyclone Ivan (ou Yvan), cyclone Gilbert, Jeanne, typhon Joan ...

     

     

    Les mécanismes de formation d’un cyclone

     

    Un cyclone se forme exclusivement au dessus des océans. Sa formation est soumise à des conditions atmosphériques tout à fait particulières.

    Ils se forment dans les zones intertropicales, en majorité comprises entre les 5e et 25e parallèles des deux hémisphères. Les zones les plus chaudes de l’océan sont à l’origine de la plupart des cyclones.

     

    Cyclone Andrea. Public Domain. Suggested credit: Schmaltz/MODIS/NASA/GSFC

     

    • Un cyclone se développe grâce à une très forte humidité
    • Cette humidité engendre de petits nuages qui s’abattent sur les côtes

    Souvent ces tempêtes se dissipent et meurent.

     

    Cyclone Gordon. Public Domain. Suggested image credit: NASA S115-E-06684 (17 Sept. 2006)

     

    Mais quand l’océan se réchauffe entre juin et novembre, ces tempêtes se transforment en véritables monstres. A ce moment là, la température de l’eau atteint plus de 26° C.

     

    Cyclone Emily. Public Domain. Suggested image credit: NASA

     

    • Les vents qui soufflent au dessus de l’océan assurent le transfert de la chaleur vers les cellules orageuses
    • Une colonne d’air chaud s’élève dans l’atmosphère et donne naissance à des nuages géants. Au fur et à mesure où cette colonne grandit, la colonne absorbe l’air chaud et humide à la surface de la mer comme le ferait un immense aspirateur

     

    Cyclone Hélène. Public Domain. Suggested image credit: NASA.S115-E-06692 (17 Sept. 2006)

     

    • Cette colonne nuageuse continue à se développer. Les vents s’engouffrent à la base des nuages.
      Les nuages s’épaississent. Il pleut. Une tempête se prépare
    • Cette tempête s’élève à une altitude qui peut dépasser les 10 km au dessus de l’océan. Quand la tempête se forme, elle est soumise à la rotation de la Terre

    Cyclone Wilma. was still gathering when the Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer (MODIS) on NASA’s Terra satellite took this image at 11:55 a.m.
    NASA image created by Jesse Allen, Earth Observatory, using data courtesy of the MODIS Rapid Response team

     

    La force de Coriolis fait tourner les vents comme une toupie. Cette force dévie les vents vers la droite dans l’hémisphère Nord et vers la gauche dans l’hémisphère Sud.

    • La tempête se déplace en tournoyant au dessus de l’océan
    • Le monstre grossit en se nourrissant d’humidité et de chaleur venant de la mer

    Un cyclone a besoin d’eau pour s’alimenter et meurt au dessus des continents.

     

    Schémas destinés aux étudiants

     

    Zoom schéma avec légende (640 x 500)

     

    Zoom schéma (500 x 500)

     

    Le cyclone suit sa course, généralement d'Est en Ouest, à une vitesse voisine de 30 km/h. Au passage de l'ouragan, la forte chute de pression provoque une élévation du niveau de la mer, c'est l'onde de tempête. Celle-ci peut générer de véritables raz-de-marée qui déferlent sur les terres.

    Ces houles cycloniques sont responsables d'une grande partie des pertes humaines.

     

    Vidéo Cyclone suivi d'un tsunami (4,70 Mo)

     

    La force des vents associés dépend directement du gradient, différence entre la basse pression située au coeur du cyclone et les hautes pressions voisines.

     

    Les saisons cycloniques

     

    Les saisons propices à la formation des cyclones sont différentes d'une zone océanique à l'autre:

    • Zone océan Atlantique - Caraïbes: mai à octobre
    • Zone Pacifique - Amérique Centrale: mai à octobre
    • Zone océan indien - Inde et Bangladesh: avril à octobre

    Oeil du cyclone. Public Domain. Credit: National Oceanic and Atmospheric Administration/Department of Commerce . Image ID: fly00179, Flying with NOAA Collection

     

    • Zone océan indien - La Réunion-Côtes Africaines: octobre à mars
    • Zone Pacifique - Extrême-Orient: juin à novembre
    • Zone Pacifique - Australie: novembre à avril

     

    Le passage d’un cyclone et l'oeil du cyclone

     

    Des pluies torrentielles accompagnent les vents violents. Quand les vents soufflent à plus de 62 km/h et jusqu’à 117 km/h, la tempête est classée tempête tropicale.
    Au dessus de 117 km/h, c’est un cyclone.

     

    Video cyclone

     

    L’air est aspiré violemment vers le haut, à plus de 10 km d’altitude. Une partie de cet air redescend vers le centre du cyclone, s’assèche et provoque une zone de temps calme : l’œil du cyclone.
    Cet œil est une colonne d’air large de 8 à 100 km dans lequel les éléments sont si calmes qu’on peut voir le ciel au dessus et même parfois des oiseaux y voler au milieu. L'oeil est entouré d'une muraille circulaire de nuages tourbillonnants, chargée de pluies torrentielles et parcourue de vents tournants jusqu'à 350 km/h.

     

    Animation oeil du cyclone

     

    Au moment du passage, l’œil du cyclone n’annonce pas la fin de la perturbation. Après ce passage très calme, les vents changent de direction et se renforcent. Le monstre est alors encore plus dévastateur.

     

    Après le passage du cyclone Katrina en août 2005 aux Etats-Unis. By Tis Wango. (CC BY-NC-ND 3.0)

     

    Un cyclone n’est pas seulement formé de pluie et de vent. L’onde de tempête est très meurtrière. Elle est provoquée par la baisse du baromètre combinée à des vents violents. Ces deux facteurs conjugués provoquent une remontée brutale du niveau de la mer jusqu’à 3 m.

    Un tel phénomène entraîne la formation de vagues monstrueuses qui peuvent atteindre 9 m de hauteur quand elles arrivent sur la côte.

    Les ondes sont responsables de 90% des morts. En 1991, 150 000 personnes sont mortes au Bangladesh quand une onde de tempête de 7 m de haut s’est abattue sur les côtes.

    Vu de la navette spatiale, un cyclone se présente sous la forme de nuages très denses enroulés dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Au centre, on peut distinguer l'oeil du cyclone.

     

    Cyclone Ophelia. A touché les côtes de Caroline du Nord en septembre 2005. Domaine public. NASA

     

    Les différentes appellations

     

    En 1845, l’anglais Piddington s’inspire du grec kuklos (enroulement du serpent) pour désigner les perturbations climatiques qui frappent le Bengale. A travers le monde, ces phénomènes portent des noms différents.

    Après le passage d'un cyclone aux Etats-Unis en août 2005. By Au Tiger 01 . (CC BY-NC-ND 3.0)

     

    En Asie, ils deviennent des typhons.
    Pour les australiens, le cyclone est baptisé willy-willies.
    Aux Antilles, les français parlent d’ouragans.
    En Amérique Centrale, ils sont appelés Hurricanes.
    Dans l’océan indien, on parle de tornades

    En Amérique du Nord, un seul terme est utilisé: Hurricane (cyclone)

     

    Classification des cyclones

     

    C’est Sir Francis Beaufort, hydrographe britannique du 19e siècle qui établit une échelle de classification.
    Cette échelle compte 13 niveaux, du degré 0 à 12.

    Les météorologues hiérarchisent les phénomènes dépressionnaires en fonction de la vitesse du vent :

    • Perturbation tropicale (- de 52 km/h)
    • Dépression tropicale (entre 52 et 62 km/h)
    • Tempête tropicale modérée (entre 63 et 88 km/h)
    • Tempête tropicale forte (entre 89 et 117 km/h)
    • Cyclone tropical (entre 118 et 165 km/h)
    • Cyclone tropical intense (à partir de 166 km/h)

    Tempète tropicale Alison. Public Domain. Suggested credit: SeaWiFS Project, NASA/Goddard Space Flight Center

     

    Une échelle internationale, l'échelle de Saffir-Simpson , classe les cyclones tropicaux de l'hémisphère Ouest selon leur puissance, en fonction de la vitesse des vents:

     

    • Classe 1: 118 à 153 km/h
    • Classe 2: 154 à 177 km/h
    • Classe 3: 178 à 209 km/h
    • Classe 4: 210 à 249 km/h
    • Classe 5: Plus de 249 km/h

     

    Rétrospective des cyclones dans le monde

     

    Le désastre le plus meurtrier de l'histoire des Etats-Unis date de 1900.

     

    Galveston après le cyclone. Public Domain. Suggested credit: Keystone/Library of Congress.CALL NUMBER: LOT 11000

     

    Thoma Edison en enregistra les conséquences avec la caméra qui venait d'être inventée. Ce cyclone qui toucha la petite ville de Galveston au Texas fit 12 000 victimes.

     

    Video d'archive Galveston en 1900 après le passage du cyclone

     

    Prévoir les cyclones

     

    Avant la Seconde Guerre mondiale, les informations sur les cyclones étaient transmises par les bateaux pris dans la tempête.
    En 1943, un grand bond fut fait le jour où un avion de l’armée américaine réussit à traverser un cyclone.
    Les météorologues purent alors analyser la vitesse des vents et la température. Pour la première fois, ils pouvaient déterminer avec précision la position du centre du cyclone.

     

    Cyclone Katrina . 28 août 2005. N O A A

     

    Aujourd’hui, les stations météorologiques parviennent à détecter la formation d’un cyclone au dessus de l’océan. Par contre, il est plus difficile de prévoir sa direction.
    La précision des messages d’alerte est optimale à 12 h du passage du cyclone avec une marge d’erreur de 100 km.

     

    Tempète tropicale Kara. Public Domain. Suggested image credit: MODIS Rapid Response Team/Goddard Space Flight Center. Caption credit: Mike Bettwy, RSIS/Goddard Space Flight Center

     

    De nombreux outils sont à leur disposition : surveillance des satellites météorologiques, analyse des séries statistiques, radars Doppler …

     

    Tempète tropicale Rita. Photographié le 17/09/2005 au dessus des Bahamas Domaine public. NASA

     

    Ces dix dernières années, on a vu une augmentation des cyclones de forte puissance. Statistiquement, il y a un cyclone de force 5 tous les 100 ans.
    Les scientifiques s'inquiètent. Le réchauffement global de la planète contribue t-il au réchauffement des océans ?
    Ce phénomène entrainerait la formation de plus en plus de cyclones sur des périodes courtes.

     

    V.B (03.2004) M.à.J 06. 2007

     

     

    Références

    Kerry Emanuel; Divine Wind: The History and Science of Hurricanes, Oxford University Press, 2005
    Jack Williams & Bob Sheet; Hurricane Watch: Forecasting the Deadliest Storms on Earth, Vintage 2001
    Jay Barnes & Steve Lyons; Florida's Hurricane History, The University of North Carolina Press 2007

    Évolution du Climat:  Cyclone

     

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    Les courants océaniques déjà inversés

     

     

    Les inquiétudes actuelles concernant les changements climatiques risquent d’être renforcées par les récentes affirmations de chercheurs américains.

     

    Selon le résultat d'une étude de l'institut océanographique Scripps de l'université de Californie, une phase de réchauffement climatique a radicalement modifié la circulation des courants il y a 55 millions d'années.

     

    Évolution du Climat:  Les courants océaniques déjà inversés

     

    Sous l'effet de ce phénomène, baptisé Maximum thermique du Paléocène/Eocène (PETM en anglais), la température de la planète avait alors augmenté de 5 à 8 °C en très peu de temps, entraînant une inversion des courants profonds pendant au moins plusieurs dizaines de milliers d'années.

     

    Pour en arriver à ces résultats, les scientifiques ont mesuré les niveaux de carbone 13 dans des échantillons prélevés, en quatorze points de quatre océans, sur les couches de sédiments profonds antérieurs, contemporains et postérieurs au phénomène PETM.

     

    Après une longue reconstitution, l'équipe a découvert que le système de courants océaniques avait effectué un demi-tour complet sous l'effet du PETM, avant de se renverser de nouveau.

     

    Les raisons ayant causé le PETM sont toujours inconnues.

     

    Cependant, parmi les possibilités, une série d'éruptions volcaniques qui auraient dégagé des milliers de gigatonnes de dioxyde de carbone, ou la rupture de poches de méthane près des côtes, scellées par la glace et libérées par le réchauffement du climat et le recul des eaux.

     

    Selon les chercheurs, la hausse des émissions dues à l'homme peut avoir un impact prolongé non seulement sur le climat planétaire, mais également sur la circulation dans les océans.

     

    En novembre, une étude suggérait déjà que le réchauffement climatique ralentissait la circulation du Gulf Stream en Atlantique, courant qui permet à l'Europe de bénéficier d'un climat tempéré.

     

    Selon les derniers chiffres de l'ONU, la température devrait augmenter de 1,4 à 5,8°C d'ici 2100 sur la planète, par rapport à leur niveau de 1990.

     

    V.Battaglia (06.01.2006)

     

    Source: Institut océanographique Scripps de l'Université de Californie

     

    Évolution du Climat:  Les courants océaniques déjà inversés

     

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    Réchauffement : l'océan absorbe

    davantage de CO2

     

     

    L'évaluation des échanges de dioxyde de carbone (CO2) est indispensable pour modéliser le climat de la Planète. Mais les mesures ne sont pas parfaites partout et tout le temps. Des interpolations et des extrapolations doivent être réalisées. En comparant les méthodes utilisées, une équipe internationale les juge plutôt fiables et convergentes. Conclusions partielles : l'océan mondial absorbe des quantités croissantes de CO2, proches, en moyenne, des valeurs estimées, mais la variabilité d'une année à l'autre semble plus forte que prévu.

     

     

     
     

    Un exemple d’observations du pCO2 océanique de 2009 à 2011 rassemblées dans la base de données Socat. Les valeurs quotidiennes sont moyennées pour ces trois années et le code couleur indique le jour de l’année. Des interpolations et des extrapolations doivent être faites pour les zones sans observations mais aussi pour les périodes sans mesures. Plusieurs méthodes existent et il fallait les comparer pour en évaluer la justesse. © Projet Socom, CNRS

    Un exemple d’observations du pCO2 océanique de 2009 à 2011 rassemblées dans la base de données Socat. Les valeurs quotidiennes sont moyennées pour ces trois années et le code couleur indique le jour de l’année. Des interpolations et des extrapolations doivent être faites pour les zones sans observations mais aussi pour les périodes sans mesures. Plusieurs méthodes existent et il fallait les comparer pour en évaluer la justesse. © Projet Socom, CNRS

     
     

    Lors d’une conférence organisée à Paris en 2011 (Unesco), une centaine de spécialistes des mesures du CO2  marin avait rendu publique une nouvelle base de données de fCO2 ou pCO2 (fugacité ou pression partielle de CO2) appelée Socat (Surface ocean CO2 atlas) qui a été récemment actualisée. La communauté s’était alors également engagée à élaborer un travail d’intercomparaison des méthodes permettant d’interpoler et d'extrapoler les données océaniques éparses de pCO2. Ce travail est indispensable : il consiste à simuler les données dans les régions et les périodes sans observations, afin de produire des champs globaux de pCO2 et ainsi d’estimer, entre autres, les flux air-mer de CO2. Cela a conduit à la création du projet international Socom (Surface ocean pCO2mapping intercomparison), auquel participent des chercheurs du Locean (Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques, UPMC / CNRS /MNHN / IRD) et du LSCE (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, OVSQ, CNRS / CEA / UVSQ).

     

    Quatorze méthodes différentes d’interpolation-extrapolation des données ont été étudiées. La plupart étaient basées sur les observations de pCO2 de la base Socat et toutes utilisaient en outre diverses propriétés océaniques, comme la température ou la concentration en chlorophylle, mesurées à l’aide de capteurs satellitaires, afin d’aider à combler les régions et périodes pour lesquelles aucune observation de pCO2 n’était disponible.

     

    Il s’avère que la plupart de ces méthodes sont capables de reconstruire de façon très cohérente le signal saisonnier de pCO2 dans toutes les régions océaniques entre 1985 et 2011, ce qui conforte les estimations directes du puits de CO2 océanique régional ou global qu’elles permettent de réaliser.

     

    Moyennes annuelles des flux nets globaux de CO2 entre l'atmosphère et l'océan (en PgC/an, soit des milliards de tonnes par an) estimées par plusieurs méthodes, chacune correspondant à une couleur, basées sur les observations du pCO2 océanique. Les valeurs négatives sont à inverser pour obtenir la quantité absorbée par les océans. © Projet Socom, CNRS
    Moyennes annuelles des flux nets globaux de CO2 entre l'atmosphère et l'océan (en PgC/an, soit des milliards de tonnes par an) estimées par plusieurs méthodes, chacune correspondant à une couleur, basées sur les observations du pCO2 océanique. Les valeurs négatives sont à inverser pour obtenir la quantité absorbée par les océans. © Projet Socom, CNRS

     

    L'océan absorberait davantage de carbone depuis 2000

     

    Les chercheurs ont ainsi pu notamment estimer que durant la période 1992-2009, l’océan avait absorbé en moyenne 2,2 milliards de tonnes de carbone par an (ou PgC/an, ou pétagrammes par ans), un résultat qui valide les dernières estimations du Global carbon project (2015) déduites de méthodes indirectes d’analyse des données d’observation.

     

    Ils ont aussi pu évaluer la variabilité interannuelle du puits de carbone océanique et ainsi mettre en évidence que :

     

    • cette variabilité est forte dans la zone Pacifique équatoriale, où elle est liée au phénomène ENSO (El-Nino Southern Oscillation) ;
    • elle est plus prononcée, d’environ 20 %, par rapport aux estimations réalisées à l’aide des modèles biogéochimiques de l’océan, suggérant de réviser les paramétrisations et les forçages de ces modèles et par voie de conséquence les simulations des modèles couplés climat-carbone.

     

    Du point de vue de l’évolution décennale du puits de carbone océanique, et en moyenne sur l’ensemble de l’océan, toutes les méthodes, sauf une, conduisent au même résultat, à savoir à un accroissement significatif du pCO2 océanique depuis 1985, lequel est proche de celui de la concentration moyenne du CO2 atmosphérique. Enfin, l’estimation des flux air-mer semble indiquer que le puits de CO2 océanique augmente depuis les années 2000.

     

    Cette première phase du projet Socom a été soutenue par de nombreux programmes européens et internationaux (Solas, Imber, IOCCP, Carbochange et Carbones) et par le programme national LEFE/Cyber du CNRS-INSU. Ce projet est coordonné au Max-Planck institute for biogeochemistry.

     

     

     

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    Les grands cycles climatiques

     

     

    Les cycles climatiques font partie de l’histoire de notre planète avec des périodes glaciaires et des réchauffements plus ou moins longs.
    Le terme « réchauffement de la planète » est actuellement très employé et se retrouve au cœur des débats sur l’environnement.

     

     

    Des cycles climatiques complexes

    Depuis que la Terre est née, il existe une série de fluctuations froides, glaciales appelées les glaciations, interrompues par des périodes de réchauffement appelées interglaciaires.
    La fréquence et le rythme de ces importants refroidissements seraient dus à trois cycles d’exposition terrestre au rayonnement solaire, déterminés par les changements d’inclinaison du globe et les oscillations de son orbite autour du soleil.

     

    Ces dernières années, les recherches ont révélé une chronologie des paléotempératures plus complexes qu’on ne le pensait.

     

    Le diagramme ci-dessous présente ces grandes fluctuations. La partie droite indique la terminologie traditionnelle désignant les différentes glaciations et les stades interglaciaires.

     

    Cycles climatiques

    Zoom diagramme

     

    La chronologie des paléotempératures et des fluctuations des volumes glaciaires, fondée sur les variations des taux d’isotopes de l’oxygène dans les sédiments des grands fonds marins, révèle que le premier 1,8 million d’années du Pléistocène, se caractérisait par des cycles glaciations/interglaciaires d’environ 41 000 ans.

     

    Durant les 700 000 dernières années, le cycle dominant fut d’environ 100 000 ans, avec des interglaciaires de 10 000 à 15 000 ans.

     

    La glaciation la plus récente commença il y a environ 115 000 ans et s’acheva il y a environ 15 000 ans lorsque débuta le présent interglaciaire.

     

    C’est pendant cette dernière période que l’Homo sapiens a pu se développer et coloniser peu à peu l’ensemble du globe. Il lui a fallu pour cela s’adapter aux changements climatiques.

     

    Il y a 40 000 ans, au Pléistocène, la dernière glaciation connaissait une période de répit. Cependant, notre planète était bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui.
    Le niveau de la mer était beaucoup plus bas, entre 50 et 100 m de moins. De vastes calottes glaciaires recouvraient le nord de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie ainsi que le sud de l’hémisphère Sud.


    Dans ces zones, des toundras gelées étaient balayées par les vents.

     

    Le Gand Gel

    Il y a 25 000 ans, les calottes glaciaires commencèrent à accumuler tant de neige que des grandes parties de l’Amérique du Nord, du nord-ouest de l’Europe et certaines régions d’Asie centrale se couvrirent de glace.

     

    Il y a 20 000 ans, le niveau de la mer était au plus bas, environ 120 m plus bas qu’aujourd’hui.

     

    Les régions d’Europe qui n’avaient pas disparu sous la glace étaient stériles. La température moyenne était inférieure d’environ 8°C à celle d‘aujourd’hui.

     

    Les rares forêts se situaient dans les zones méditerranéennes.

     

    L’Amérique du Nord était beaucoup plus aride qu’aujourd’hui. L’Asie du Sud-Est étant dépourvue de moussons était bien plus sèche.

     

    Début du réchauffement

    Il y a environ 15 000 ans, la température globale de la planète commença à s’élever. La fonte des glaces fit remonter le niveau des mers et provoqua l’extension des océans.

     

    Les toundras furent remplacées par des forêts et des prairies beaucoup plus fertiles et donc propice au développement de la faune.


    Ces changements de biotope s’opérèrent tout d’abord en Amérique du Nord puis en Europe.

     

    En Afrique du Nord, le climat se fit plus humide et des déserts se transformèrent en savane et en zones boisées.

     

    Il y a environ 11 000 ans, l’ensoleillement atteignit son point culminant dans les régions tempérées, annonçant un nouveau stade interglaciaire.
    Pourtant, en Europe et dans certaines parties d’Amérique du Nord, le climat se refroidit brutalement.


    Cette période appelée Dryas III dura environ 500 ans. En été, les températures perdirent 5 à 10°C et les glaciers recommencèrent à geler.

     

    Une fois encore, la toundra prit le pas sur les forêts et les prairies ce qui obligea la faune à migrer vers le sud.

     

    Cet épisode glaciaire est encore mal expliqué. Il s’acheva aussi brutalement qu’il avait commencé.

     

    Sa fin marque la limite entre le Pléistocène et l’Holocène, notre ère actuelle.

     

    Fluctuations climatiques actuelles

    Depuis le début de notre ère, il y a 10 000 ans, le niveau des mers n’a pas arrêté de s’élever. Cette tendance s’accroit avec l’activité humaine qui accélère le réchauffement.

     

    Selon les dernières données fournies par les satellites de la NASA et de la NOAA, l’atmosphère terrestre s’est élevée de 0,4°C en moyenne sur les 30 dernières années.

     

    Mais, ce réchauffement n’est pas uniforme comme c’était déjà le cas dans le passé. Ce sont les régions nordiques qui sont le plus touchées : Canada à la Scandinavie.
    L’Antarctique montre par contre un léger refroidissement.

     

    L’Arctique se réchauffe et les glaces fondent plus vite.

     

    D’après les données, le réchauffement s’est concentré sur les 10 dernières années.

     

    D’une manière globale, un quart de la planète est touchée par ce réchauffement. C’est au Groenland que l’on a enregistré la plus forte augmentation avec + 2,5 °C.
    En parallèle, 4% de notre planète enregistre un refroidissement.

     

    Il est certain que l’activité humaine et notamment l’augmentation des émissions de Co² participent à l’accélération des fluctuations climatiques.

     

    Cependant, il faut être conscient que ces fluctuations ne peuvent être empêchées.

     

    Nous savons que la circulation océanique influence énormément le climat de la Terre. C’est le « climatiseur » de la planète. L’étude du climat sur plusieurs milliers d’années a révélé que l’arrêt ou l’accélération de cette circulation océanique était impliquée dans des changements climatiques majeurs. Or, selon des analyses effectuées en 2004, l’ensemble de la circulation thermohaline a ralenti de 30%. Si le Gulf Stream, en surface, évolue peu, les courants les plus profonds auraient diminué de 50%.

     

    En 2006, un rapport encore plus alarmant a été publié par l'institut océanographique Scripps de l'université de Californie qui a précisé que les courants océaniques s’étaient inversés.


    Ce phénomène s’est déjà produit il y a 55 millions d’années entraînant une augmentation de 5 à 8°C de la température moyenne mondiale.

     

    Pour l’avenir, les températures ne pourront que s’élever ce qui va entraîner d’énormes modifications de la flore sur tous les continents.


    Si certaines régions vont se refroidir, d’autres par contre vont devenir beaucoup plus sèches.


    Ce sera le cas d’une grande partie de l’Amérique du Nord par exemple.

     

    Des régions entières vont se retrouver sous le niveau de la mer et donc disparaître.

     

    Nos ancêtres ont su s’adapter à ces changements en migrant vers les régions les plus tempérées et donc les plus fertiles.


    Malheureusement pour nous, nous sommes plus de 6 milliards et des migrations de masse ne sont pas envisageables.

    Par contre, il est impératif de nous préparer à ces changements et cela dès maintenant. Nos ressources doivent absolument être utilisées de manière responsable car elles deviendront de plus en plus réduites dans les décennies à venir.
    L’eau douce risque également de devenir un enjeu crucial. Pourtant, aucune mesure efficace n’est prise pour protéger nos réserves mondiales actuelles.
    Au contraire, nous polluions fleuves et nappes phréatiques.

     

    Beaucoup de gens sont contre les OGM et cela avec raison. Cependant, les recherches effectuées pourraient bien permettre à l’avenir à notre espèce de survivre.
    Il deviendra peut-être un jour indispensable de pouvoir faire pousser fruits et légumes dans des régions devenues arides ou trop froides.

     

    Cette liste de mesures n’est bien sûr pas exhaustive. Une chose est sûre, il n’est plus temps de tergiverser en hypothéquant notre avenir sur des suppositions.
    Il est temps d’agir et cela de manière responsable.

     

    Tant que les gouvernements laisseront les intérêts financiers de quelques multinationales et de groupes plus ou moins mafieux  prendre le pas sur l’intérêt collectif, nous avons beaucoup de soucis à nous faire pour les futures générations.

     

    V. Battaglia (11.02.2009)

     

    Références

    La Glace à travers les âges. Björn E.Berglung et Svante Björck. Berceaux de l’Humanité. Larousse 2003
    NOAA
    Institut océanographique Scripps de l'Université de Californie

     

    Évolution du Climat:

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