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    Récif géant de l'Amazone : après la découverte du corail, les premières images !

     

    Par Jean-Luc Goudet, Futura

    Long de plus de mille kilomètres et découvert au début des années 2010, le récif situé au débouché de l'Amazone vient d'être visité par un petit sous-marin qui en a ramené les premières images, témoignant de sa biodiversité riche et originale. L'ONG Greenpeace veut avertir des risques que feraient courir les projets d'exploitation pétrolière en cours dans cette région

     

    Découvert lors d'une longue campagne entre 2010 et 2014 (voir l'article au bas de celui-ci), ce vaste récif corallien de plus de 1.100 km de longueur s'étale près de la côte américaine entre la Guyane française et l'État de Maranhão, au Brésil. Caché dans les eaux boueuses du mélange entre le fleuve Amazone et l'océan, il recèle une diversité étonnante, avec une riche faune composée de coraux, d'éponges et de poissons, ainsi que d'abondantes algues rouges (des rhodophytes).

     

    Il vient d'être exploré à l'aide d'un sous-marin, à une centaine de kilomètres des côtes brésiliennes, à une profondeur de 220 m, par des biologistes des universités fédérales de Parà et de Rio de Janeiro. Dans ces eaux presque sans lumière, au sein d'une région aussi vaste (9.500 km2), où se mêlent eau douce, eau de mer et sédiments en tout genre, l'écosystème est lui aussi complexe. Sa biodiversité en témoigne d'ailleurs, avec des espèces mal connues ou pas connues du tout. Les images que nous présentons ici montrent notamment des rhodophytes et des éponges. Pour les biologistes marins, l'endroit est un trésor.

     
    Le minuscule sous-marin biplace qui est allé naviguer au-dessus du récif de l'Amazone, à cent kilomètres des côtes brésiliennes. © Greenpeace

    Y a-t-il du pétrole près du récif ?

    Si les photographies arborent le copyright Greenpeace, c'est que le sous-marin était opéré depuis un navire de cette ONG, l'Esperanza. La mission et la diffusion des images sont en effet un acte militant au moment où, explique Greenpeace, des projets de forage sont lancés par les groupes BP et Total pour explorer cette zone (mais pas nécessairement sur le récif lui-même), dont le sous-sol pourrait recéler des réserves de pétrole, de 15 à 20 milliards de barils selon l'ONG (un baril représentant à peu près 159 litres).

     

    Dans son communiqué, Greenpeace rapporte que 95 puits ont déjà été forés dans cette région et que 27 ont dû être abandonnés à cause d'incidents mécaniques, engendrés par les conditions difficiles, tandis que les autres se seraient révélés sans intérêt économique.

     

    Quoi qu'il en soit, ce récif nouvellement découvert et original a un grand intérêt scientifique et il faut espérer que d'autres expéditions océanographiques en poursuivront l'étude.

     
    Des éponges et des rhodophytes du récif de l'Amazone. © Greenpeace
     
    Un poisson dans le récif. © Greenpeace
     
    Un poisson de récif. © Greenpeace
     
    La diversité des espèces de ce récif installé dans un environnement très particulier est un trésor pour les biologistes marins. © Greenpeace
    POUR EN SAVOIR PLUS
     

    La surprenante découverte du récif géant de l'Amazone

     

    Article d'Andréa Haug publié le 8 juin 2016

     

    L'Amazone se jette dans l'océan Atlantique dans un panache où se mélangent le sel et l'eau douce. Dans ces eaux boueuses, des scientifiques ont eu la surprise de découvrir un gigantesque système de récifs. Double étonnement : la biodiversité y semble considérable.

     

    Mille kilomètres ! C'est la longueur estimée du réseau de récifs découvert à l'embouchure du fleuve Amazone, où son eau douce se jette dans les vagues d'eau salée de l'océan Atlantique. L'écosystème, qui s'oriente parallèlement à la côte sud-américaine et perpendiculairement à l'Amazone, abriterait de nombreuses créatures méconnues, voire inconnues, selon une étude parue dans Sciences Advances. Ce récif biogénique est formé notamment de corail, dans la partie sud, mais il a surtout été édifié par d'autres grands constructeurs de récifs, les éponges et les algues rouges.

     

    Ces découvertes sont le fruit d'un programme de recherche basé en partie sur les résultats d'une expédition menée dans les années 1970 qui avait récolté des poissons dans des récifs le long du plateau continental. Pour localiser dans les eaux saumâtres ces mystérieux récifs qui, à l'époque, ne faisaient pas l'objet de relevés de coordonnées par satellite, l'équipe scientifique menée par Patricia Yager, chercheuse à l'université de Géorgie, aux États-Unis, avec des confrères de l'université fédérale de Rio de Janeiro, au Brésil, a commencé par cartographier les fonds à l'aide d'ondes sonores, puis les a échantillonnés au cours de plusieurs expéditions entre 2010 et 2014.

     
    Parmi les découvertes, des espèces du genre Gelidium d'algues rouges, des Rhodophytes (ici, une planche illustratrice de Chondrus crispus). © Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen, domaine public

    Le récif amazonien est complexe

     

    Les analyses ont confirmé la présence des coraux et d'une riche diversité biologique sous la surface boueuse de l'eau. Dans ce catalogue figurent de nombreuses espèces de poissons, d'éponges, d'algues et de corail. « Nous avons rapporté les animaux les plus étonnants et colorés que j'ai vus lors d'une expédition », affirme Patricia Yager. Les niveaux d'acidité et de salinité, les débris, la sédimentation et la lumière, uniques à cet endroit géographique, seraient les facteurs propices à la création d'un tel écosystème, indiquent les chercheurs.

     

    Autre résultat intéressant : le récif est hétérogène dans sa composition. À l'extrémité sud, les eaux sont davantage baignées par le soleil qu'au nord. Aussi le récif est-il dominé dans les basses latitudes par les coraux et les espèces qui recourent à la lumière par la photosynthèse« Mais au nord, beaucoup de ces [espèces] deviennent moins abondantes et le récif se pare d'éponges et d'autres constructeurs de récif qui assurent leur croissance grâce à la nourriture offerte par le fleuve. Les deux systèmes sont donc intimement liés », conclut Patricia Yager.

     

    Pour les auteurs, les micro-organismes prospérant dans les eaux sombres sous le panache boueux de l'Amazone pourraient fournir la connexion trophique entre le fleuve et le récif : ils représenteraient l'une des ressources nutritives des espèces coralliennes. Il faudra d'autres expéditions pour comprendre les rouages de ces écosystèmes complexes. Représentant près de 20 % de l'eau douce déversée dans l'océan mondial, l'Amazone abrite un éventail immense d'espèces vivantes, dont beaucoup restent à décrire.

     

     

    La Planète Bleue:  Récif géant de l'Amazone : après la découverte du corail, les premières images !

     

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    Ralentissement de la circulation

    océanique

     

    Impact sur le climat

     

    Le radiateur de l’Europe risque-t-il de tomber en panne? La circulation thermohaline, grâce à laquelle des eaux chaudes venues du sud remontent l’océan Atlantique vers le nord, apportant une météo clémente sur l’Europe, montre des signes de faiblesse, selon une nouvelle étude publiée aujourd’hui dans la revue Nature.

     

    La Planète Bleue:  Ralentissement de la circulation océanique

     

    Ces courants océaniques sont surveillés de près et plusieurs travaux ont tenté de mesurer leur évolution. L’étude du climat sur plusieurs milliers d’années a révélé que l’arrêt ou l’accélération de cette circulation océanique était impliqué dans des changements climatiques majeurs.

     

    Harry Bryden, du Centre océanographique national de Southampton (GB), et ses collègues ont navigué entre les Bahamas et les Canaries au printemps 2004 pour mesurer étudier ces courants qui forment la ‘’circulation méridionale de renversement’’ de l’océan Atlantique.

     

    Des mesures comparables réalisées en 1957, 1981, 1992 ou 1998 avaient révélé peu de changements, explique Bryden. En revanche, la campagne de 2004 montre que l’ensemble de la circulation thermohaline a ralenti de 30%. Si le Gulf Stream, en surface, évolue peu, les courants les plus profonds auraient diminué de 50%.

     

    Les chercheurs tempèrent leurs résultats en soulignant qu’il est difficile de savoir s’il s’agit là d’une tendance à court ou à long terme. Des capteurs ont été installés en 25 points différents de l’Atlantique subtropical pour surveiller les courants profonds, précisent la revue Nature. Cette surveillance devrait fournir de nouveaux résultats dans les années qui viennent.

    V.Battaglia (2005)

    Article original sur nouvelobs.com

     

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    Les courants océaniques déjà inversés

     

    Les inquiétudes actuelles concernant les changements climatiques risquent d’être renforcées par les récentes affirmations de chercheurs américains.

     

    Selon le résultat d'une étude de l'institut océanographique Scripps de l'université de Californie, une phase de réchauffement climatique a radicalement modifié la circulation des courants il y a 55 millions d'années.

     

    La Planète Bleue:  Les courants océaniques déjà inversés

     

    Sous l'effet de ce phénomène, baptisé Maximum thermique du Paléocène/Eocène (PETM en anglais), la température de la planète avait alors augmenté de 5 à 8 °C en très peu de temps, entraînant une inversion des courants profonds pendant au moins plusieurs dizaines de milliers d'années.

     

    Pour en arriver à ces résultats, les scientifiques ont mesuré les niveaux de carbone 13 dans des échantillons prélevés, en quatorze points de quatre océans, sur les couches de sédiments profonds antérieurs, contemporains et postérieurs au phénomène PETM.

     

    Après une longue reconstitution, l'équipe a découvert que le système de courants océaniques avait effectué un demi-tour complet sous l'effet du PETM, avant de se renverser de nouveau.

     

    Les raisons ayant causé le PETM sont toujours inconnues.

     

    Cependant, parmi les possibilités, une série d'éruptions volcaniques qui auraient dégagé des milliers de gigatonnes de dioxyde de carbone, ou la rupture de poches de méthane près des côtes, scellées par la glace et libérées par le réchauffement du climat et le recul des eaux.

     

    Selon les chercheurs, la hausse des émissions dues à l'homme peut avoir un impact prolongé non seulement sur le climat planétaire, mais également sur la circulation dans les océans.

     

    En novembre, une étude suggérait déjà que le réchauffement climatique ralentissait la circulation du Gulf Stream en Atlantique, courant qui permet à l'Europe de bénéficier d'un climat tempéré.

     

    Selon les derniers chiffres de l'ONU, la température devrait augmenter de 1,4 à 5,8°C d'ici 2100 sur la planète, par rapport à leur niveau de 1990.

     

    V.Battaglia (06.01.2006)

     

    Source: Institut océanographique Scripps de l'Université de Californie

     

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    Trous bleus des Bahamas

     

     

    Les marins qui naviguent dans les eaux peu profondes des Bahamas ont souvent la surprise de voir soudain disparaître le sable blanc du fond de la mer dans ce qui apparaît comme un trou d’un bleu intense.

    Dépassant parfois 100 mètres de profondeur, ces trous bleus sont en fait des grottes souterraines formées il y a environ 18 000 ans.

    Une énorme calotte glaciaire continentale avait alors fait baisser le niveau des mers de plus d’une centaine de mètres.
    Les Bahamas constituaient alors les collines d’une grande plaine tropicale.

     

     

    L’eau de pluie, rendue acide par la végétation s’infiltra dans le sol, érodant et dissolvant le sous-sol calcaire et y creusant de vastes cavités souterraines.

    Certaines s’effondrèrent sous le poids de la terre dont elles étaient recouvertes et prirent l’aspect de ces gouffres qui abondent aux Antilles et en Floride.

    Quand la calotte glaciaire fondit, le niveau des mers remonta. L’eau submergea les terres basses et les gouffres devinrent les trous bleus qui suscitent la crainte.

    Trou bleu dans la mer des Antilles

    Trou bleu dans la mer des Antilles, près des îles Caïques, aux Bahamas. © dinosoria.com

     

    Les pêcheurs locaux les apparentent à l’antre de la Lusca, monstre légendaire qui ressemble à une pieuvre.
    Quand le monstre est affamé, il enserre dans ses tentacules les navires pour les entraîner dans les profondeurs.
    La réalité rejoint parfois la fiction. En effet, les trous bleus peuvent engloutir les bateaux. Ils retiennent le flot des marées dans leurs couloirs sous-marins.

    Des courants extrêmement puissants se forment et donnent naissance à des tourbillons qui peuvent faire couler de petits bateaux.
    Ils sont bien sûr dangereux pour les plongeurs.

    On peut cependant les explorer deux fois par jour à l’heure de l’étale des marées. On y découvre alors un monde fantastique. Des stalactites pendent de la voûte des grottes. Ce sont les vestiges de l’époque où elles n’étaient pas submergées.
    Une faune totalement unique y évolue depuis des milliers d’années.

    V.Battaglia (02.2006)

     

    La Planète Bleue:  Trous bleus des Bahamas

     

     

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    Évolution du niveau de la mer

     

     

    Pourquoi le climat évolue-t-il ? L’homme a-t-il le pouvoir de limiter les conséquences de l’élévation de la mer ?

     

    Notre époque, l’Holocène, est caractérisée par un niveau de la mer exceptionnellement bas. Cependant, ce niveau des mers était encore moins élevé, d’environ 100 m, au plus fort de la dernière période glaciaire il y a 18 000 ans.
    La formation et la fonte des calottes polaires qui se sont succédé tout au long de l’histoire de la Terre ont eu un impact sur l’évolution ou la diminution du niveau de la mer.
    Les variations importantes du niveau marin à l’échelle planétaire ne sont pas uniquement dues à des changements climatiques.
    Le réchauffement climatique est actuellement au cœur de tous les débats ; les scientifiques essayent de prévoir pour la faune et la flore les conséquences de ce réchauffement, mais également l’élévation des océans que cela provoquerait.

     

     

    Pourquoi existe-t-il des variations importantes du niveau de la mer ?

     

    Ces variations sont appelées « eustatisme ». Elles peuvent avoir deux causes principales :

    Les plaques de la lithosphère se déplacent. Quand elles s’écartent, des océans s’élargissent. Quand elles se rapprochent, ils se rétrécissent.
    C’est ce que l’on appelle communément la dérive des continents.

    Il en résulte une modification du niveau des eaux à l’échelle mondiale. Ces variations sont lentes, de l’ordre d’un centimètre par millénaire.
    À l’échelle humaine, ces variations du volume des cuvettes océaniques sont insignifiantes.

    Aurore boreale au groenland

    Aurore boréale au Groenland. By Nick Russill . (Site de l'auteur)

     

    Les changements climatiques provoquent une variation du volume des eaux océaniques. Ces variations sont beaucoup plus rapides et visibles à l’échelle d’une vie humaine.
    C’est cette deuxième cause qui nous intéresse.

     

    Pourquoi le climat évolue-t-il ?

     

    Les scientifiques ont pu établir que les fluctuations climatiques s’expliquent par des changements dans le rayonnement reçu du Soleil par la Terre.
    Des changements réguliers et lents se produisent dans le degré d’inclinaison de l’axe de la Terre, dans son inclinaison vers le Soleil et dans l’orbite de la Terre autour du Soleil.

    Les deux derniers millions d’années, par exemple, se sont caractérisés par une alternance d’époques glaciaires et d’époques interglaciaires.
    La périodicité de ces cycles est d’environ 100 000 ans.

    Arctique. Iceberg

    Iceberg sur la mer arctique. By Ville Miettinen

     

    Chaque cycle est différent avec ses pics et ses creux. Ils forment ce que l’on appelle les cycles de Milankovitch.

    Actuellement, nous sommes dans une période interglaciaire qui a commencé à la fin du pléistocène, il y a environ 10 000 ans.

    Les températures sont de 4 à 6 degrés plus élevées dans les régions de haute altitude qu’elles ne l’étaient au maximum de froid de la dernière glaciation.

    Il faut savoir que notre période interglaciaire est plus froide que beaucoup d’autres. Lors de certaines périodes de réchauffement, des singes et des hippopotames évoluaient en Angleterre.

    Ces cycles ont influencé les climats de la Terre. Cependant, il a fallu que se forme la calotte arctique pour faire basculer toute la planète dans une série d’épisodes glaciaires qui n’est pas encore terminée.

    Au début de l’Oligocène, il y a 32 millions d’années, l’Antarctique était couvert d’une calotte glaciaire. Il n’y avait pas encore de glace en Arctique.

    Antarctique

    Antarctique. By cloudzilla . (Blog de l'auteur)

     

    L’époque suivante est le Miocène qui a débuté il y a 23 millions d’années. Le climat est alors devenu plus chaud et beaucoup plus sec.
    Durant le Miocène, ce sont les forces tectoniques qui ont perturbé les modes de circulation dans l’atmosphère et les océans :

    Édification des grandes chaînes de montagnes (Montagnes Rocheuses, Andes et Himalaya)
    Fermeture de la Méditerranée
    Baisse générale du niveau des mers

    Un nouveau refroidissement se fit sentir à la fin du miocène, il y a 5 millions d’années.

    Au pliocène, le climat continua à se rafraîchir et l’Antarctique gela entièrement.

    Au début du pléistocène, il y a environ 1,8 million d’années, notre planète entra dans une période de glaciation et de périodes interglaciaires.

    Arctique

    Arctique. By Ville Miettinen

     

    Les végétations arctiques et subarctiques firent leur apparition dans l’hémisphère Nord. À l’échelle géologique, la calotte arctique est donc très récente.

    D’après les archives fossiles, ces changements ont considérablement réduit la diversité de la faune et de la flore du monde entier.

    Tout au long du Pléistocène, de vastes couches de glace ont recouvert l’hémisphère Nord puis se sont retirées, environ une vingtaine de fois.

     

    Le niveau des mers va-t-il continuer à monter ?

     

    Au maximum de la dernière glaciation, il y a 18 000 ans, le niveau des mers a atteint son record le plus bas, car une grande partie de l’eau de la planète était immobilisée sous forme de glace.

    Des inlandsis (calottes de glace immenses) recouvraient le Canada et la Scandinavie.
    Bien sûr, les terres émergées étaient plus étendues. Par exemple, à la place de la Manche actuelle, il y avait une vaste terre gelée.

    Mais, il y a 15 000 ans, le réchauffement du climat commença et en une dizaine de milliers d’années les grandes calottes de glace qui recouvraient une bonne partie de l’hémisphère Nord disparurent.

    Antarctique

    L'Antarctique est peuplé d'une faune bien adaptée au froid. By Barry Thomas

     

    Toute cette eau retourna dans les océans et le niveau commença à s’élever pour atteindre pratiquement le niveau actuel.

    La vitesse de remontée du niveau de la mer fut assez rapide, en moyenne 1 cm par an.

    Actuellement, il y a environ 24 millions de kilomètres cubes d’eau sous forme de glace sur Terre.
    Cette glace est surtout présente sur le continent antarctique et au Groenland.

     

    Que se passerait-il si cette glace fondait ?

     

    Nous entrons là dans le domaine des spéculations. Il n’y a pas si longtemps, les prévisions étaient très alarmistes avec des prévisions d’élévation de l’ordre de 70 m.
    Depuis, les études se sont affinées et les scientifiques estiment que la montée des eaux serait comprise entre 3 et 7 m.
    La dernière estimation, publiée dans la revue Science par J.Bamber (Université de Bristol), annonce une élévation de 3 m maximum.

    Ce qui est certain c’est que le niveau de la mer continue à monter.

    Au cours du 20e siècle, cette élévation a été comprise entre 1 et 2 mm par an. L’activité humaine (effet de serre) a contribué à cette élévation dans une proportion de deux tiers.

    Parmi les autres causes, il y a principalement la fusion des glaciers de montagne.

    Bien que l’on parle beaucoup de la fonte de la calotte glaciaire Antarctique, à ce jour, rien n’indique qu’elle a restitué de l’eau à l’océan mondial.

    Au plus fort de la dernière période interglaciaire, il y a 125 000 ans, le niveau de la mer est monté de 5 ou 6 m, car la partie occidentale de la calotte glaciaire de l’Antarctique s’est désintégrée.
    Cette région est sous haute surveillance grâce à des satellites.

    Antarctique

    Antarctique. By cloudzilla

     

    D’après un compte-rendu du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat), publié en 2001, il faut s’attendre à une élévation de 14 à 80 cm sur les 100 prochaines années.

    Le 21e siècle pourrait bien connaître une élévation du niveau des mers trois fois supérieure à celle du 20e siècle.

    Mais, attention, il ne faut pas en déduire que le niveau s’élève de manière égale sur l’ensemble du globe.
    En réalité, la mer monte dans certaines zones par exemple en France en Languedoc et en Camargue, tandis qu’elle baisse dans d’autres régions.

     

    L’homme a-t-il le pouvoir de limiter les conséquences de l’élévation de la mer ?

     

    Si nous ne pouvons pas empêcher l’élévation du niveau de la mer, nous pouvons par contre en limiter les conséquences.

    En limitant l’activité humaine polluante, nous pouvons cesser d‘accélérer le réchauffement climatique.
    Mais, limiter les gaz à effet de serre ne suffira pas si nous continuons à saccager notre environnement.
    La déforestation est par exemple catastrophique. Nous le savons, mais cela ne nous empêche pas de continuer le massacre.

    Amazonie au Bresil

    Amazonie au Brésil. By Daniel Zanini H

     

    Actuellement, au Pérou et en Équateur, les gouvernements ont accordé de nouvelles concessions aux groupes pétroliers multinationaux, dont le groupe franco-britannique Perenco.
    Ces nouvelles exploitations minières et pétrolières entraînent l’expropriation des populations indiennes, la déforestation massive de la forêt amazonienne et donc de multiples désastres environnementaux.

    Indiens en Amazonie. Perou

    Indiens qui vivent dans la forêt amazonienne au Pérou. By chany crystal

     

    C’est une véritable guerre du pétrole qui se déroule actuellement et malgré des dizaines de morts, la communauté internationale reste muette et les médias français semblent subitement devenus aphones.

    Apparemment, la vie de quelques dizaines de milliers d’Indiens et les trésors de la forêt amazonienne pèsent moins lourd que les intérêts financiers occidentaux.

    Amazonie au Pérou

    Forêt amazonienne au Pérou. By Alex Guerrero

     

    Pendant ce temps là, on nous déverse à longueur d’antenne une démagogie à faire vomir qui nous vante les mérites du développement durable et des couches-culottes biodégradables.

    Désolée pour cette digression, mais il y en a vraiment assez de cette écologie bling-bling.

    Pour en revenir à notre dossier, il est évident que certaines zones urbaines sont vouées à disparaître, car elles ont été construites de manière inconsidérée beaucoup trop près du littoral.

    En France, la Camargue, la Petite Camargue, les côtes du Languedoc, les rives du Grand Rhône sont les zones les plus concernées par la montée des eaux.

    Camargue

    Camargue. By Shaun Dunphy

     

    L’érosion des plages est la plus forte sur la côte d’Aquitaine et sur les côtes du Cotentin.

    Il est bien sûr impossible de donner la liste complète au niveau mondial à moins d’écrire un ouvrage de 500 pages.

    Je vais donc me contenter de donner quelques exemples.

    Le Delta du Nil fait partie des zones les plus touchées. Ce problème risque d’être d’autant plus grave que la plaine deltaïque est très peuplée.

    Le Caire en Egypte

    Le Caire en Egypte, au bord du Nil. By Gary Denham

     

    Globalement, tous les grands deltas méditerranéens seront touchés au cours du 21e siècle par ce phénomène.

    Les îles coralliennes verront leur superficie diminuer et connaîtront une diminution dans leur ressource en eau potable.
    L’avenir est plutôt sombre pour les archipels des océans Indien et Pacifique.

    L’homme devra accepter un retrait stratégique face à la montée des eaux. Il faut prévoir de lourds investissements pour protéger les secteurs stratégiques, tels que les grandes agglomérations ou les complexes industriels. Certains aménagements devront être éloignés du rivage.

    Tous ces aménagements ont un coût que les pays les plus pauvres ne pourront pas supporter. L’aide internationale sera donc primordiale.

    Le problème le plus délicat à régler sera le déplacement des populations.

    La population mondiale a doublé en une quinzaine d’années sans que les gouvernements concernés se préoccupent des ressources disponibles.
    Une diminution des terres entraînera obligatoirement une diminution des ressources.

    Groenland

    Village de Kulusuk au Groenland. By Ville Miettinen

     

    Si des mesures drastiques ne sont pas prises pour contrôler la démographie mondiale, famine et pauvreté ne pourront que s’accentuer.

    Les changements climatiques entraînent de multiples conséquences. Il est temps d’arrêter de faire » croire au grand public que trier avec conscience ses ordures ménagères ou payer de multiples écotaxes, suffiront à régler tous les problèmes.

    L’écologie « paillette » fait sûrement le bonheur des marques et des publicités, mais se révèle totalement inefficace.

    Sans une réelle implication de tous les gouvernements et la mise en place d’un programme international privilégiant les intérêts de l’humanité au détriment des intérêts financiers d’une minorité, nous continuerons à constater les dégâts sans rien résoudre.

    V.Battaglia (25.06.2009)

     

    La Planète Bleue:

     

     

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