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    Alzheimer : Merck propose de traiter la maladie avec le verubecestat

     

    Marie-Céline Jacquier, Futura-Sciences

    Des scientifiques de Merck annoncent de bons résultats dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Des essais cliniques de phase 3 sont en cours chez des patients.

     

    La maladie d’Alzheimer se caractérise, au niveau du cerveau, par la formation de plaques séniles liées à l'accumulation de peptides bêta-amyloïdes (Aβ). Comme l'enzyme BACE1 initie la production du peptide bêta-amyloïde dans le cerveau, l'inhibition de cette enzyme représente un espoir pour traiter la maladie d'Alzheimer. C'est cette piste de traitement qui est exploitée ici.

    Un article paru dans la revue Science Translational Medicine décrit les résultats encourageants obtenus avec le verubecestat, une petite molécule développée par Merck, qui inhibe BACE1. L'essai clinique de phase 1 a porté sur 32 patients qui ont reçu chaque jour soit un placebo soit une certaine dose de verubecestat : 12 mg, 40 mg ou 60 mg. Les chercheurs ont suivi l'activité de BACE1 en analysant le liquidecérébrospinal (ou liquide céphalorachidien), afin d'y trouver les amyloïdes Aβ40 et Aβ42 ou le précurseur de la protéine amyloïde (sAPPβ).

    Le verubecestat inhibe la production d’amyloïde

    Le verubecestat à des doses de 12, 40 et 60 mg a induit une réduction de l'amyloïde Aβ40 dans le liquide cérébrospinal, de 57 %, 79 % et 84 % respectivement. La molécule réduit aussi l'amyloïde dans le système nerveux central de modèles animaux. Les doses étaient bien tolérées, sans augmentation des effets secondaires liées à la dose.

    D'autres travaux de phase 3, avec les études Epoch et Apecs, sont en cours pour tester l'efficacité du traitement. Sera-t-il plus efficace que les précédents ? En octobre dernier, la Haute Autorité de Santé a recommandé le déremboursement de quatre médicaments anti-Alzheimer et de leurs génériques par manque d'efficacité.

     

    Un implant révolutionnaire pour éviter la maladie d’Alzheimer  La maladie d’Alzheimer attaque progressivement les neurones, provoquant tout d’abord des troubles de la mémoire jusqu’à la perte des fonctions autonomes puis la mort. Des chercheurs de l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne), en Suisse, ont développé une capsule qui pourrait protéger les neurones et enrayer la maladie. Voici son fonctionnement présenté en vidéo. 

     

    Médecine:  Alzheimer : Merck propose de traiter la maladie avec le verubecestat + vidéo

     

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    Le régime méditerranéen est bon

    pour le cœur !

     

     

    En mangeant méditerranéen, les patients ayant des antécédents cardiaques réduiraient d'un tiers leur risque de mortalité. Différentes études ont montré les bienfaits du régime méditerranéen pour la santé cardiovasculaire.

     
     

    Le régime méditerranéen est bon pour le cœur : c'est prouvé ! © Foxys Forest Manufacture, Shutterstock

    Le régime méditerranéen est bon pour le cœur : c'est prouvé ! © Foxys Forest Manufacture, Shutterstock

     
     

    Une nouvelle étude suggère que les personnes ayant des problèmes cardiaques auraient tout intérêt à adopter une alimentation de type méditerranéen.

     

    1.197 patients avec des antécédents cardiovasculaires, qui faisaient partie de l’étude Moli-sani en Italie, ont été suivis pendant sept années. Ceux qui mangeaient méditerranéen réduisaient de 37 % leur risque de décès par rapport à ceux dont le régime était le plus éloigné du régime méditerranéen. Les aliments qui semblaient le plus associés à la réduction de mortalité étaient les légumes, les fruits, les poissons, les noix et l’huile d’olive.

     

    Cette étude a fait l'objet d'une communication lors du congrès de l’European Society of Cardiology de Rome en août 2016.

     

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    Article initial paru le 17/06/2010 à 11:05

     

    Une étude effectuée sur des jumeaux montre que le régime dit méditerranéen diminue les risques de problèmes cardiaques. Ses adeptes réguleraient mieux la fréquence des battements du cœur.

     

    Le régime méditerranéen, ou crétois, est composé de peu de viande et d’alcool, mais de beaucoup de poisson, de fruits, de légumes, de fruits secs, de céréales, de produits laitiers, d’huile d’olive, conférant un apport modéré en graisses saturées. Ce régime est réputé pour son effet bénéfique pour la santé. Mais comment prouver sa réelle implication, puisqu’une personne qui suit ce régime est différente de quelqu’un qui ne le suit pas : quel est alors le bénéfice lié à la nourriture et quel est celui lié aux gènes ?

     

    Des épidémiologistes de l’université d'Indiana à Bloomington aux États-Unis ont trouvé un moyen de répondre à la question : ils ont basé leur étude sur l’analyse de l’alimentation et de la santé cardiaque de 276 vrais jumeaux d’âge mûr. L’avantage de l’utilisation de vrais jumeaux dans une étude est de pouvoir directement déterminer l’influence de différents paramètres sur un même fond génétique.

     

    Ces jumeaux ont été soumis à un questionnaire poussé sur leurs habitudes alimentaires. À l’aide d’un algorithme déjà publié, les chercheurs ont attribué un nombre de points à chaque participant : plus l’alimentation se conforme au régime méditerranéen, plus le score est élevé. Leur rythme cardiaque a ensuite été enregistré par un électrocardiographe portatif sur une durée de 24 heures, afin de mesurer la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC).

     

    L'électrocardiogramme permet de mesurer la variabilité de la fréquence cardiaque.
    L'électrocardiogramme permet de mesurer la variabilité de la fréquence cardiaque. © MoodyGroove / domaine public

    La VFC signe de bonne santé cardiaque

     

    La VFC représente la variabilité de la durée des intervalles entre les battements du cœur. Si la durée de ces intervalles varie, cela témoigne d’une capacité de l’organisme à réguler la fréquence cardiaque et à s’adapter rapidement aux changements environnementaux. Les sportifs, par exemple, ont souvent une VFC supérieure à la moyenne. En revanche, une faible VFC augmente les risques de maladies coronariennes et de mort subite. La mesure de la VFC permet donc d’analyser la « santé cardiaque » des patients.

     

    Les résultats vont dans le sens attendu : les personnes possédant le plus grand score au questionnaire ont aussi une VFC plus élevée. L’augmentation d’un point du score est corrélée à l’augmentation significative du VFC de 3,9 % à 13 %. Ces résultats équivalent à une réduction des risques de mort des suites de problèmes cardiovasculaires de 9 à 14 % !

     

    Cette étude, publiée dans le journal Circulation: Cardiovascular Quality and Outcomes, ne révolutionne pas la science mais montre que les idées reçues peuvent être vraies et méritent d’être prouvées. Toutefois, là encore, il faut souligner un biais : l’étude a été effectuée sur une majorité (94 %) d’hommes blancs de type non-hispanique. Il n’est donc pas possible de généraliser les résultats de cette étude aux femmes ni aux autres groupes ethniques. En tout cas, ce régime crétois est facile à suivre et ne fait certainement pas de mal, alors cet été profitez-en !

     

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :



    En de nombreux endroits sur la planète, la mer est polluée par les activités humaines. Plastiques, hydrocarbures, métaux lourds peuvent contaminer les poissons et se retrouver dans nos assiettes. Euronews et Futuris nous dévoilent au cours de ce reportage comment cette contamination reste contrôlée.

     

     

     

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    Sport : l'activité physique favoriserait

    la production de sperme

     

    Une étude menée en Espagne indique qu'une activité physique modérée augmente la production de sperme. Le résultat reste à confirmer, et même à préciser.

     

     
     

    L'activité physique pourrait stimuler la production de sperme, peut-être par une élévation de la production d'hormones sexuelles. © RazvanDP, Shutterstock

    L'activité physique pourrait stimuler la production de sperme, peut-être par une élévation de la production d'hormones sexuelles. © RazvanDP, Shutterstock

     
     

    Des chercheurs de la clinique IVI de Bilbao (Espagne) ont mené une étude portant sur 85 candidats donneurs de sperme. Chacun des participants a répondu au Questionnaire international de l’activité physique (IPAQ). Ce dernier aide à quantifier le niveau d’activité physique. Tous avaient une pratique « modérée » du sport. Résultat, selon le docteur Fernando Quintana, directeur du laboratoire d’andrologie à IVI Bilbao, « l’étude a montré que l’activité physique a des effets bénéfiques sur certains paramètres du sperme ». Elle améliorait plus précisément la quantité de spermatozoïdes.

     

    Mais qu’en est-il de la qualité ? Difficile pour le moment de répondre. La recherche va désormais se concentrer sur deux aspects : les conséquences de l’activité physique sur l’infertilité et les effets d’une activité très intense. Pour ce faire, Fernando Quintana ne se démonte pas : « Nous aimerions, à l’occasion de la Nuit du marathon à Bilbao, analyser quelques échantillons de sperme ainsi que les habitudes d’entraînement des participants avant la course… »

     

    Plus sérieusement, ce travail renvoie à une autre étude, toujours espagnole mais publiée en 2012. Des chercheurs de l’université de Cordoue avaient comparé la semence d’hommes actifs à celle de sédentaires. Nous avions relaté cette étude sur la fertilité masculine en soulignant la faiblesse de l'échantillon (31 jeunes hommes). En mesurant le volume de l’éjaculat, le nombre de spermatozoïdes ainsi que leur mobilité et leur morphologie, les scientifiques avaient déterminé que l’activité physique modérée augmentait les taux d’hormones sexuelles, rendant plus favorable la production d’un sperme de qualité.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Une drosophile de sexe féminin a été inséminée par deux mâles en peu de temps. Leurs spermatozoïdes sont alors entrés en compétition pour arriver les premiers à l’ovule sous l’œil d’une caméra.

    Médecine:  Sport : l'activité physique favoriserait la production de sperme + vidéo

     

     

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    Des souris recouvrent la vue grâce à

    des neurones qui repoussent

     

     

    Des souris ont pu recouvrer la vue. Pour réussir cette prouesse, les chercheurs ont reprogrammé des cellules nerveuses pour qu’elles reprennent leur croissance et, en même temps, stimulé la vision des souris. Un espoir pour traiter des maladies telles que le glaucome, les lésions de la moelle épinière ou la maladie d’Alzheimer.

     

     

    Des souris ont pu recouvrer la vue grâce à des neurones qui repoussent. Pourra-t-on faire la même chose chez l’Homme ? © Kuttelvaserova Stuchelova, Shutterstock

    Des souris ont pu recouvrer la vue grâce à des neurones qui repoussent. Pourra-t-on faire la même chose chez l’Homme ? © Kuttelvaserova Stuchelova, Shutterstock

     
     

    Différentes études ont suggéré qu'un axone, le prolongement du neurone qui transmet un signal, peut repousser. Alors pourquoi ne pas imaginer que des axones, en repoussant, restaurent des fonctions considérées comme perdues ? Dans une étude parue dans la revue Nature Neuroscience, des chercheurs de Stanford montrent pour la première fois chez la souris que des axones peuvent repousser et restaurer la vision.

     

    Pour arriver à ce résultat, les scientifiques ont employé une approche en deux étapes. Le premier défi était de faire repousser les cellules nerveuses. En effet, en général, une fois que celles-ci arrivent à maturité, elles basculent dans un état dans lequel elles ne se développent plus. Pour « faire revenir les cellules en arrière », les chercheurs ont utilisé une technique de manipulation génétique. C’est la voie de mTOR (mammalian target of rapamycin) qui aide à stimuler la croissance qui a été utilisée. Les chercheurs ont inversé la croissance cellulaire avec une thérapie génique délivrée par un virus, mais d’après Zhigang He, un des auteurs de l’article, il y aurait d’autres moyens plus simples pour faire la même chose chez l’Homme.

     

    L’autre étape consistait à faire travailler l’œil endommagé en montrant à la souris des rayures contrastées en mouvement. Les chercheurs ont couvert le bon œil de la souris pour la forcer à regarder les rayures uniquement avec l’œil endommagé.

     

    En combinant ces approches, les chercheurs ont observé un effet synergique. Les axones des cellules ganglionnaires de la rétine se régénéraient sur de longues distances, comme l’explique Andrew Huberman, le neurobiologiste de Stanford qui a mené ce travail : « Les neurones ont poussé sur d'énormes distances, 500 fois plus longues, et plus rapidement que ce qu'ils auraient fait normalement ».

     

    Les axones ont pu repousser grâce à l’approche utilisée par les chercheurs
    Les axones ont pu repousser grâce à l’approche utilisée par les chercheurs. © ktsdesign, Shutterstock

     

     

    Les axones des neurones repoussent dans la

    bonne direction

     

    La croissance des axones ne se faisait pas n’importe comment puisque l’axone était régénéré dans la bonne direction : « Ils peuvent essentiellement retrouver leur chemin et se souvenir de leur histoire du développement ». Les neurones retournaient vers leurs bonnes cibles visuelles et formaient les connexions nécessaires à la restauration des fonctions visuelles.

     

    Pour Andrew Huberman, l’étude montre aussi qu’il n’est pas forcément nécessaire de régénérer chaque neurone pour obtenir une récupération significative de la fonction visuelle. En effet, même si moins de 5 % des cellules du ganglion rétinien endommagées repoussaient, cela suffisait pour faire une différence sur la vue des souris.

     

    L’activation de mTOR et des cellules nerveuses peut donc servir à régénérer des axones. Ceci montre la capacité des neurones du système nerveux à restaurer des connexions chez l’adulte. Mais qui pourrait bénéficier d’un tel traitement ? Andrew Huberman espère que ce travail sera utile pour aider des personnes qui ont un glaucome à éviter la dégénérescence qui conduit à la cécité. Toutefois, l'approche n’est pas prête d'être utilisée chez l’Homme, d’autant plus que les cellules humaines ont besoin de grandir bien plus que celles de la souris.

     

    Ce travail suggère également que d’autres cellules du cerveau pourraient un jour être réparées, pour restaurer le mouvement après une lésion de la moelle épinière ou la mémoire chez des malades d’Alzheimer.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Lorsque la pression dans l'œil augmente, le nerf optique est mis à mal : c'est le glaucome. Si la maladie n'est pas traitée à temps, elle peut rendre définitivement aveugle. Alexandre Denoyer, spécialiste de cette pathologie, relate en vidéo le cheminement qui l’a poussé à développer avec ses collègues un médicament qui, pour la première fois, traite le problème à la source.

     

    Médecine:  Des souris recouvrent la vue grâce à des neurones qui repoussent + vidéo

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    Les pâtes ne feraient pas grossir

     

     

    C'est le résultat étonnant d'une étude italienne portant sur 23.000 personnes qui suggère que les pâtes ont toute leur place dans une alimentation méditerranéenne. Curieusement, l'étude a été en partie financée par Barilla et par le ministère italien de l'économie.

     

     

     
     

    Dans cette étude (italienne), la consommation de pâtes n’était pas associée à un IMC plus élevé. © Bon Appetit, Shutterstock

    Dans cette étude (italienne), la consommation de pâtes n’était pas associée à un IMC plus élevé. © Bon Appetit, Shutterstock

     
     

    Les auteurs de ce travail (publié dans le journal Nutrition and Diabetes) ont passé en revue les habitudes alimentaires de 23.000 de leurs concitoyens. « En analysant les données anthropométriques des participants et le contenu de leurs assiettes, nous avons constaté que la consommation de pâtes n’est pas associée à une augmentation du poids corporel, commente George Pounis, principal auteur de ce travail. Elle contribuerait même au maintien d’un indice de masse corporelle (IMC) sain. »

     

    « Beaucoup, dans le cadre d’un régime amaigrissant, s’interdisent purement et simplement de consommer cet aliment, continue Licia Iacoviello de l’institut Neuromed. Cette attitude n’est pas correcte. Les pâtes sont une composante fondamentale de l’alimentation italienne et plus généralement méditerranéenne. Il ne faut pas la supprimer. Elles doivent être consommées avec modération et en respectant la diversité alimentaire. »

     

    Soutenue par le ministère italien de l’économie, l’étude servira à promouvoir le régime méditerranéen… et le Made in Italy. © Nicolas Vollmer, CC by-nc-sa 2.0
    Soutenue par le ministère italien de l’économie, l’étude servira à promouvoir le régime méditerranéen… et leMade in Italy. © Nicolas Vollmer, CC by-nc-sa 2.0

     

    Trop cuites, les pâtes deviennent des sucres rapides

     

    Rappelons en effet que les pâtes sont des féculents, des glucides qualifiés de complexes ou lents, car leur assimilation par l’organisme se fait… lentement, de façon étalée dans le temps. Voilà pourquoi elles sont très prisées par les sportifs. La cuisson, cependant, modifie la composition. Trop cuites, elles se dégraderaient en sucres rapides. Les auteurs rappellent que leurs conclusions ne concernent que les pâtes et non tout ce que l'on y ajoute, le beurre, la sauce bolognaise ou le fromage râpé...

     

    Comme l'a remarqué le site Mashable, le communiqué de presse de Neuromed (Istituto Neurologico Mediterraneo) présentant l'étude mentionne clairement qu'elle a reçu le soutien financier de Barilla et du ministère du développement économique italien. L'opération est menée dans le cadre du programme Atena, qui vise à promouvoir le modèle alimentaire méditerranéen. Les conclusions ne sont donc peut-être pas à prendre dans leur plénitude.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Cette vidéo présente certains des avantages à introduire les insectes dans l’alimentation humaine et animale. Selon certains spécialistes, les insectes seraient une solution pour alimenter une population mondiale toujours plus nombreuse. © Relax AFP

     

     

     

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