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    Route Royale : circuit touristique de

    Nice à Turin

     

    Par Philippe Bourget
     
     

    Une échappée de 225 kilomètres sur la route Royale en voiture ou mieux en camping car. Vous passerez par de la Dolce Vita Azuréenne au dynamisme piémontais, en remontant la vallée de la Roya puis rejoindrez Vernante, le village de Pinocchio. Il ne vous reste plus qu'à dévaler les Alpes piémontaises vers Cuneo, Saluzzo et Mondovi, avant de retrouver la magnifique Turinoise.

     
     
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    Un itinéraire en immense « dos d’âne ». C’est le cheminement que nous vous proposons de Nice à Turin, depuis le rivage méditerranéen jusqu’à la plaine du Pô, en passant par la haute échine alpine. Cette route fut royale car elle reliait l’ancien comté de Nice à l’ex-capitale du royaume de Piémont-Sardaigne, Turin. Une route du sel et des étoffes. Une voie diplomatique, aussi. Nice et la Roya ne furent rattachées à la France qu’en 1860. À la sortie de Nice, vous apercevrez des villas récentes accrochées aux versants, un habitat résidentiel construit un peu à l’emporte-pièce. Elles démontrent l’attractivité brouillonne de la métropole niçoise. Une ville que vous aurez sans doute arpentée au préalable, en arrivant dans la région. La grâce de la promenade des Anglais et du vieux Nice ne souffre en effet aucune entorse.

     

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    Vue sur la célèbre Promenade des Anglais sur le bord de mer à Nice (06)

    De Cantaron, petit bourg alpin à Vintimille

    Il faut donc dépasser Drap pour commencer à apercevoir les signes d’un paysage plus virginal. Cantaron, puis L’Escarène, rappellent avec leurs maisons groupées au-dessus du Paillon, 
le calfeutrage habituel des bourgs alpins. La route s’élève et une fois franchi le col de Braus (1000 m), Sospel s’affirme comme le véritable premier témoin de ces Alpes-Maritimes, bercées par l’azur méditerranéen mais déjà empreintes de rigueur montagnarde. À pied (aire de stationnement ombragée près de la cave coopérative), vous apprécierez les places Saint-Nicolas et Saint-Michel et leurs maisons anciennes, séparées par le vieux pont à péage jeté sur la Bévéra. Poursuivons plein nord, en direction de Breil-sur-Roya (à 22 km). La D2204 se fait sinueuse, à flanc de versant, franchissant les cols du Pérus (659 m) et de Brouis (875 m).
 À droite, depuis votre poste de conduite, la vue plonge sur
 la vallée boisée de la Roya et la route de Vintimille.

     

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    Sospel (06), le Pont Vieux qui enjambe la Bévéra fut construit au XIIIe siècle en bois, puis reconstruit en pierre en 1522. Détruit en 1944 lors de la retraite allemande, il fut reconstruit en 1952

    Saorge, "village tibétain", Brigue, "village bout du monde"

    Comme les communes du secteur, Breil-sur-Roya mérite une halte... pédestre. La touche italienne est déjà là. Place à arcades, façades colorées : pas de doute, nous y sommes ! À voir aussi : l’orgue orchestral de l’église. Après Breil, vous entrez dans le corridor de la Roya, route spectaculaire (la D6204) taillée dans le roc de la vallée, au pied du Parc national du Mercantour. Soudain, une apparition : Saorge. Bâti en amphithéâtre, ce « village tibétain » des Alpes du Sud se compose de ruelles en dédale sur trois niveaux, des passages voûtés, des escaliers, des maisons médiévales. Une poignée de kilomètres en amont, engagez-vous à droite, à hauteur de Saint-Dalmas-de-Tende, sur la route qui mène à La Brigue. Un village « bout du monde » et peu fréquenté. De l’autre côté des lignes de crêtes dénudées, c’est l’Italie, zone frontalière et théâtre d’anciennes contrebandes. La Brigue et son splendide orgue orchestral (dans l’église) est le dernier village, avec Tende, à avoir été rattaché à la France, en 1947.

     

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    Saorge (06), à 550 m d'altitude, domine de façon impressionnante la vallée de la Roya. Le village fut rattaché à la France en 1860

    Arrivé en Italie, rencontre avec Pinocchio

    À Tende, bourg frontalier, déambulez dans la vieille ville, jalonnée de maisons aux linteaux armoriés et habillées de schiste, dominée par le clocher lombard de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. C’est encore loin l’Italie? La route s’élève à travers la forêt de Caïros, laissant entrevoir sur les crêtes les vestiges de forts militaires, reliquats de l’imposant système défensif italien du XIXe siècle Et soudain, c’est le noir... Celui du tunnel de Tende, étroit corridor blafard de 3 kilomètres, débouchant en Italie. Avant la fin du percement du second « tube », prévue en 2019, il faudra conduire avec prudence (le tunnel est fréquemment fermé la nuit pendant ces travaux). Benvenuti in Italia ! La route dévale le versant transalpin en lacets, traverse la station de Limone Piemonte et parvient à Vernante. Stop ! Ce village d’apparence anonyme abrite des dizaines de fresques murales à la gloire de Pinocchio. L’illustrateur de la célèbre marionnette, Attilio Mussino, a vécu ici. Pour lui rendre hommage, des habitants ont accepté que les façades de leurs maisons soient peintes de scènes « pinocchiesques ». L’E74 dévale ensuite jusqu’à Cuneo, important chef-lieu de province et ville-phare du Piémont. À voir entre deux ristretti : sa célèbre piazza Galimberti et sa via Roma à arcades.

     

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    Tende offre à ses visiteurs une riche palette de couleurs et de nombreux monuments au style influencé par l'Italie proche

    La basse Mondovi, la haute Saluzzo

    Deux petits « écarts de conduite » sont bienvenus pour s’imprégner des richesses piémontaises : Mondovì, 23 000 habitants et Saluzzo, 17 000 habitants. Les maisons en brique rouge de Mondovi, ses vieux commerces, son indicible animation "à l'italienne", sont surplombés par une ville haute aux tours conquérantes, que l'on rejoint par un charmant funiculaire. À Saluzzo aussi la brique est reine. Comme à Mondovi, la ville haute fait écho à la basse, dans les ruelles, palais, arches en ogive, tours, balcons et terrasses de cafés. Un vrai bonheur, surtout quand les habitants descendent dans les rues. Turin, 60 kilomètres au nord de Saluzzo, clôt l’itinéraire. Baroque et corsetée, la capitale piémontaise échappe aux clichés habituels sur l’Italie désordonnée. Une métropole de charme pour achever un périple haut en couleur et en richesses historiques.

     

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    Le village de Saluzzo
     

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    Escapade au Pays Basque espagnol

     

    Par Philippe Bourget
     
     

    Découvrez le Pays Basque espagnol sous deux jours différents. D'un côté, célébrez les rituels de la San Fermín en juillet où la capitale navarraise honore taureaux, peñas, fanfares et personnages géants. De l'autre, la Navarre vous révèle un territoire semi-désertique vide d'habitants avec le désert des Bardenas Reales aux allures de Nevada et ses canyons secs...

     
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    Fêtez la San Fermín à Pampelune, en rouge et blanc

    Neuf jours. Neuf jours de parenthèse enchantée dans le quotidien de la capitale navarraise. C’est le prix payé chaque année sans rechigner par le million de noceurs pour mettre le feu à la ville. Avec la fête de la Bière à Munich, la San Fermín est le plus grand rassemblement d’Europe. Imaginez : le jour d’ouverture, sur la petite plaza Consistorial face à la mairie, confluent des trois quartiers historiques (Navarrería, San Cernin et San Nicolás), 13 000 personnes s’époumonent au cri de « Pamploneses ! Pamplonesas ! » Chaque matin pour l’encierro – lâcher de taureaux dans les rues –, jusqu’à 4 000 coureurs défient, à leurs risques, des bêtes de 600 kg et plus. Les après-midis, aux arènes, les plus grandes du monde après celles de Mexico et de Madrid, 20000 personnes communient aux corridas. Et le jour de clôture, encore devant la mairie, les fêtards ne sont toujours pas calmés. À minuit, au moins 10000 d’entre eux reprennent en chœur, en brandissant leur foulard rouge, le Pobre de mí, un chant faussement triste qui signe la fin des réjouissances mais prévient déjà que celles de l’année suivante seront encore plus belles ! Entre-temps, les marées humaines en rouge et blanc auront afflué, reflué, convergé, divergé dans l’entrelacs de ruelles du casco antiguo (centre ancien) engloutissant force pintxos(tapas), bières, cidres basques et - excellents- vins navarrais. Le tout sans bagarre ni incident majeurs. Remarquable.

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    Direction les arènes

    Les taureaux de l'encierro prennent toujours le même chemin (la côte de Santo Domingo, la plaza del Ayuntamiento, la calle Mercaderes, la calle Estafeta, Telefónica) pour arriver aux arènes

     

    Les taureaux miura : des monstres de bravoure

    Si l’on veut être un vrai festayre, il faut porter le pañuelico (foulard rouge, en souvenir de la décapitation de San Fermín), la faja (écharpe de ceinture rouge), le pantalon blanc et la chemise blanche. Un code vestimentaire obligatoire pour se débarrasser des oripeaux de classe sociale : plus de riches, ni de pauvres, chacun profite des festivités sur un pied d’égalité. Il est 7 h 45, ce dernier jour de San Fermín 2014. Pour la première fois depuis neuf jours, des taureaux miura vont combattre dans les arènes. Comme il est d'usage, les bêtes vont être lachées en ville pour l'encierro. La tension est montée d’un cran : les miura sont considérés comme des monstres de bravoure. Le parcours est immuable : depuis le toril, les bêtes remontent la cuesta Santo Domingo, passent devant la niche de San Fermín à qui les coureurs ont demandé bénédiction quelques instants plus tôt, tournent sur la place de la mairie, cavalent dans Mercaderes avant de virer sèchement à droite dans l’étroite Estafeta et de filer jusqu’aux arènes, flirtant avec la statue impassible d’Hemingway. Le spectacle dure à peine 5 minutes, sur 850 mètres de distance. Aux balcons des immeubles, la foule a pris place. Dans la rue, les coureurs, des hommes surtout, attendent, concentrés. Les jeunes s’échauffent, s’encouragent, se tapent dans les mains. Un tir de fusée éclate, les bêtes sont lâchées. Depuis notre balcon sur Mercaderes, nous voyons les taureaux débouler, précédés des coureurs pris de frénésie. Leur but : accompagner les bêtes le plus longtemps possible, sans se faire encorner, ni tomber. Au virage d’Estafeta, un miura s’affaisse au sol après avoir heurté la façade – protégée – du magasin Guerendiáin. « Que viene ! », entend-on. Pour sûr, il vient, se retourne et encorne violemment un touriste trop présomptueux. La blessure est sévère mais il est immédiatement pris en charge par les secours. Les taureaux sont déjà arrivés aux arènes, les télés diffusent en boucle l’accident et un porte-parole de l’hôpital dresse le bilan des blessés. Pas de drame, cette année. La fête continue.

     

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    On se prépare au lâcher de taureaux, l'encierro. Pour y participer, les jeunes gens doivent avoir 18 ans revolus.
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    Hemingway, citoyen de Pampelune

    Il a fait connaître la San Fermín dans le monde entier. Jeune journaliste correspondant du Toronto Star, Ernest Hemingway arrive pour la première fois à Pampelune en 1923. Subjugué par la fête et la corrida, il reviendra à huit reprises, courant même l’encierro ! En 1926, son roman Le Soleil se lève aussi, sur Pampelune et la San Fermín, est un succès. Son dernier séjour date de 1959, quatre ans après avoir reçu le prix Nobel de littérature. Cette année-là, la ville de Pampelune lui rend un hommage appuyé lors de la corrida. Au coin de la plaza del Castillo, l’hôtel La Perla, où il séjournait, conserve le souvenir de ses passages.

     

    La procession  des Géants : une tradition à la calle Mayor

    La fête se poursuit calle Mayor, axe majeur du centre ancien. Cette rue, habituellement empruntée par les pèlerins de Saint-Jacques (Pampelune est sur le Camino francés), est bordée d’édifices remarquables, comme les palais Ezpeleta (XVIIIe siècle) et du Condestable (XVIe siècle, avec un beau patio), ainsi que l’église-forteresse San Cernin (ou San Saturnino), à nef unique. Chaque après-midi, la procession de los Gigantes s’y déroule, ces Géants représentant les peuples du monde. À leur suite se présentent les membres du conseil municipal, maire en tête, coiffés d’un haut-de-forme noir. Une tradition immuable. Au bout de la calle Mayor, d’autres se recueillent dans l’église d’origine médiévale de San Lorenzo. Pensez donc, elle abrite la chapelle de San Fermín, héros de la fête ! À la fin des réjouissances, les Pamplonais accrocheront leur foulard en allumant une bougie aux grilles de l’église. Religieux et païen ne font qu’un. Il est temps d’aller jouer à la loterie. Paseo de Sarasate, large avenue-promenade ombragée du XIXe siècle, limitée à l’ouest par l’édifice néoclassique du gouvernement de Navarre, les stands d’œuvres caritatives interpellent le chaland. Non loin de là, le grand magasin El Corte Inglés s’est mis au diapason et arbore en façade une immense bannière aux couleurs de l’événement. Entre deux accès de fièvre, les familles font une pause. On les voit déambuler sur la longue avenue piétonne et commerçante Carlos-III, où trône le théâtre Gayarre (1932). Les touristes, eux, se pressent pour une photo souvenir au pied de l’œuvre de Rafael Huerta. Le « monument de l’encierro » fige un instant de la course : taureaux fulminant aux trousses de coureurs ou les piétinant. Au moins, ici, ne risque-t-on rien...

     

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    La parade des Géants en Espagne attire nombre de gens

    Une réplique de la fête de San Fermín en plus petite

    Attirée par de la musique, la foule converge à nouveau vers le centre. Elle traverse la plaza del Castillo, 14 000 m2, encadrée d’édifices à balcons du XVIIIe siècle, d’arcades et de cafés. Chaque soir, un feu d’artifice est tiré d’ici. Calle Nueva, deux chevaux, las mulillas, entraînent les gens vers les arènes. Les peñas à bannières (celles des quartiers, des corporations...), les fanfares déchaînées, leur emboîtent le pas dans Estafeta. La corrida peut démarrer, au rythme trépidant des bandas. À la fin des faenas, en ce dernier jour de fête, les peñas envahissent la piste et Pampelune reprend en chœur les chants locaux. San Fermín au pinacle ! Les fêtards ont encore assez d’énergie pour les derniers instants. Certains s’arrêtent dans la cathédrale Santa Maria la Real. Normal : le vaste édifice à façade néoclassique et d’intérieur gothique, jouxté par un cloître, abrite durant les festivités le buste reliquaire de San Fermín, transféré depuis à l’église de San Lorenzo. Dans le quartier de Navarrería, creuset de la « basquitude » pampelonaise, les bars à pintxos mènent toujours la danse mais les tenues immaculées des noceurs ont depuis longtemps viré au gris. Qu’à cela ne tienne : en septembre, c’est d’ici que sera lancée la « petite » San Fermín, l’occasion d’une réplique de moindre ampleur mais aussi colorée. Épuisés après neuf jours de bamboche, les joyeux lurons peuvent enfin se reposer. Certains le font sous les porches d’immeubles, devant la fontaine de la tranquille plazuela de San José, sur les remparts médiévaux dominant la basse ville. D’autres s’allongent dans les parcs publics, Taconera (1850, le plus ancien), de la Citadelle (d’architecture militaire Renaissance) ou de la Media Luna (le plus romantique). Clap de fin et rendez-vous l’année prochaine !

     

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    La plaza del Castillo : au XIV e siècle, un château était bâti en son centre. Début 2000, des vestiges archéologiques romains et musulmans ont été découverts dans son sou-sol (des thermes, une nécropole...). Ces traces du passé n'ont pas été conservées.

    Les Bardenas Reales : un far west espagnol

    Au nord-est de Tudela, il existe un territoire du vide, un espace où pas un homme – on le suppose – ne souhaiterait être reclus. Son nom : Bardenas Reales, 42 000 hectares de relief abrupt, veiné de canyons, de plateaux tabulaires, de pics érodés et de plaines presque incultes. Ici, les pluies sont aussi rares que l’animation. Seul jour de fête : le 18 septembre, lorsque la transhumance s’achève et que les 80 bergers descendus des Pyrénées regagnent, avec leurs moutons, des pénates qu’ils devront supporter tout l’hiver – glacial, comme l’été est caniculaire. Pas de villages ni de maisons dans ce no man’s land. Seuls émergent quelques fincas (fermes, saisonnières) et hangars isolés écrasés par l’immensité, reconnaissables à leur couleur terre et cheminées en tôle. Des refuges pour bergers à la saison froide. Hormis un quarteron de militaires dans leur cuartel, un seul pastore (gardien de troupeaux) vit ici à l’année, en vrai Robinson du désert.

     

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    Malgré l'aridité du climat des Bardenas Reales, quelques champs sont cultivés dans la Blanca Baja au centre de ce territoire. Ici, les étés sont caniculaires, et les pluies rares, mais torrentielles

    Que de blanc et de silence pour la Blanca Baja

    Depuis le village d’Arguedas, une route suivie d’une piste pénètre dans les Bardenas. Après quelques kilomètres, elle débouche, dans la poussière blanche, sur le Cabezo de Castildetierra, une éminence pointue ravagée par l’érosion dont la mort par effondrement est garantie d’ici une paire d’années. Nous sommes dans la Blanca Baja, un monde de silence, aux sols blanchâtres et nus. Au loin, des falaises raides, blanc-beige, surmontées de plateaux tabulaires, forment un relief grandiose entre lequel se glissent de rares champs labourés. Au soleil couchant, le spectacle est irréel. La Blanca Alta s’achève à El Paso, frontière naturelle du nord des Bardenas, lieu de rassemblement des pastores en septembre. L’endroit est symbolisé par une grande statue de berger.

     

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    Dans le parc naturel des Bardenas Reales (créé en 1999 pour mieux contrôler la surfréquentation touristique), le Cabezo de Castildetierra est la cheminée de fée emblème de la Blanca Alta

    La plana de la Negra : un refuge pour la faune, un territoire sauvage

    Au nord-ouest, passé l’ermitage de Nuestra Señora del Yugo, à l’air de chapelle mexicaine abandonnée – dressée à la suite d’une supposée apparition de la Vierge –, le territoire profite de la proximité du barrage de Ferial pour virer au vert maïs, culture artificielle sur cette terre presque dépourvue d’eau. Le sud des Bardenas change de ton. Le chemin carrossable tracé en corniche au bord de la cuesta ouvre des points de vue plongeants sur l’Aragon agricole et découvre un paysage plus rouge, toujours désert mais couvert de pins et d’yeuses. C’est la plana de la Negra. Sur le chemin de la peña del Fraile, ultime éminence perdue au-dessus de hangars à brebis, le relief vire en mini-canyons, barrancos (vallons) secs et versants crevassés, comme des glaciers. L‘ensemble du territoire est un refuge pour la faune, à peine dérangée par l’homme : dans cette réserve de la biosphère, protégée par l’Unesco, alouettes, gélinottes, lapins, renards, chats sauvages, sangliers, vautours fauves, aigles royaux, grands-ducs... vivent en paix, de même que les outardes canepetières, géants de ces steppes. Un dernier effort conduit au sanctuaire de Sancho Abarca. Édifié à partir de 1670 à l’initiative d’un ermite béarnais – encore une histoire d’apparition divine, la Vierge de la chapelle proviendrait du sud de la France, apportée par des réfugiés catholiques chassés par les protestants – c’est, depuis, un lieu fervent de pèlerinage pour Navarrais et Aragonais. Du sommet, ils ont tout loisir de méditer sur la grandeur des Bardenas Reales, une enclave et un mirage au cœur de l’Espagne du Nord.

     

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    Situé à 4 km du village d'Arguedas, au sommet de la Sierra del Yugo, cette église du XVIIe siècle fut construite pour protéger la Vierge del Yugo, la Vierge des Bardenas. Chaque lundi de Pâques, un pèlerinage draine les villageois vers le sanctuaire

     

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    Le canot-camping, un passeport

    vers la sainte paix

     

    Le canot-camping est sans aucun doute la solution... (photo fournie par Canot-camping La Vérendrye)

     

    Le canot-camping est sans aucun doute la solution rêvée pour ceux qui désirent avoir la sainte paix en camping.

    PHOTO FOURNIE PAR CANOT-CAMPING LA VÉRENDRYE

     
     

    Si vous êtes nostalgique du temps où on pouvait avoir la sainte paix en camping et que vous aimeriez retrouver un sentiment de quiétude et d'isolement lorsque vous montez votre tente, le canot-camping est sans aucun doute la solution rêvée pour vous.

     

    À l'aventure!

    Le nombre d'adeptes du camping ne cesse d'augmenter. Logiquement, le nombre d'endroits où l'on peut avoir la sainte paix diminue d'autant. Si vous fuyez la cohue des «villages de tentes», le canot-camping est la voie qu'il vous faut emprunter.

    Mais avant de vous lancer, il serait avisé d'acquérir certaines connaissances de base. 

    «Les Québécois ont tendance à penser qu'en naissant, ils reçoivent le "vaccin du canot" qui fait qu'on sait en faire instinctivement. Mais dans les faits, bien peu de gens savent canoter», souligne Pierre Chevrier, copropriétaire de l'entreprise Au Canot volant située à Saint-Côme, dans Lanaudière. Celle-ci offre les formations de canotage, de sauvetage et de secourisme de la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK) et propose diverses activités guidées ou autonomes.

    Bernard Hugonnier, directeur technique et responsable formation, sécurité et expertise technique à la FQCK, abonde dans le même sens. «La plupart des gens, à un moment donné, ont embarqué dans un canot, ont donné un coup de pagaie à gauche et un autre à droite et sont parvenus à se rendre à destination. Mais de là à dire qu'on va faire une activité de canot-camping et que ce sera plaisant, il y a toute une marge.»

    Ici, la préparation et la planification jouent un rôle capital. «Si la préparation n'est pas adéquate dans chacune des phases, le taux de risque augmente inévitablement, explique M. Hugonnier. Mais au-delà du taux de risque, c'est surtout le taux de déplaisir et d'insatisfaction qui résulte d'une mauvaise formation et d'un manque de préparation.»

    En effet, une fois dans l'arrière-pays, vous devrez être complètement autonome. Si vous êtes mal équipé, mal habillé et mal préparé, l'aventure peut rapidement tourner au cauchemar. Dessaler (chavirer) dans l'eau glaciale, perdre ses bagages et être incapable de récupérer son embarcation peut s'avérer dramatique.

    «Une excursion qui tourne au cauchemar, c'est parce qu'il y a accumulation de plein de petits manques.»

     

    Minimiser les risques, optimiser le plaisir

    «Les premiers dangers qui guettent les canoteurs sont l'eau froide et l'eau haute, explique M. Chevrier. Il faut avoir un minimum de connaissances pour connaître les débits des rivières. Une succession de rapides, même faciles, peut être problématique en période d'eau haute. Si on chavire, ça peut rapidement devenir un grave problème.»

    Mais le canot-camping n'implique pas nécessairement de l'eau vive et la descente de rapides. Il est tout à fait possible de faire des expéditions en lac. Ou de descendre des rivières tout en portageant aux rapides plutôt que de les naviguer.

    Toutefois, une réalité demeure: il faut acquérir une bonne base en canotage. «Tout passe par la formation, précise M. Chevrier. Si les gens ont la formation, la suite sera facile.»

    Le cours Canotage 1, du programme de formation de la FQCK, permet d'acquérir cette base. D'une durée de deux jours, il est offert par les moniteurs certifiés de la Fédération par le truchement des divers camps, écoles, entreprises de tourisme d'aventure, associations et clubs de plein air ou directement par des enseignants accrédités à la pige. Il permet d'apprendre les coups de pagaie de base tant à l'avant qu'à l'arrière du canot, les règles de sécurité, comment transporter le canot et, surtout, comment récupérer son embarcation en cas de dessalage.

    «Ça peut paraître anodin, mais quand on est sur un lac à 2 km de la rive, savoir comment réintégrer ou récupérer son embarcation est capital», explique M. Chevrier.

    Pour ceux qui veulent s'aventurer en rivière, M. Chevrier recommande de suivre ensuite le cours Eau vive II, premier cours d'initiation à la rivière. «C'est un superbe atout pour pouvoir manoeuvrer dans les rapides. C'est sûr que quand tout va bien, tout va bien. Descendre les rapides, les rivières, c'est plutôt facile. Mais quand on doit s'arrêter parce qu'il y a une chute ou un portage ou qu'on doit aider quelqu'un, avoir suivi ce cours représente à ce moment un sérieux atout.»

     

    Partir À l'Aventure:  Le canot-camping, un passeport vers la sainte paix

    Pour une aventure en pleine autonomie réussie, il est essentiel de planifier tous les détails de l'expédition avant de partir.

    PHOTO FOURNIE PAR CANOT-CAMPING LA VÉRENDRYE

     

    Et le camping dans tout ça?

    Une fois que vous aurez acquis une bonne base dans la pratique du canotage, vous devrez aussi considérer l'autre aspect de l'activité: le camping. Tout le monde peut camper à côté de sa voiture. Mais le canot-camping exige que vous transportiez tout votre équipement et votre nourriture dans le canot. Et ça, c'est une autre histoire.

    «Il faut réviser nos façons de faire. Qu'est-ce qu'on apporte et comment on l'apporte? Dans la progression, c'est là qu'il y a des apprentissages à faire.»

    Très populaires par le passé, les cours de canot-camping sont progressivement disparus du paysage. «Pendant des années, les gens ont été très tournés vers l'eau vive, la descente de rapides, l'adrénaline. Mais aujourd'hui, il y a un retour de balancier et on assiste à un renouveau du canot-camping», poursuit-il.

    La FQCK a donc conçu un nouveau cours de canot-camping revu et corrigé. Offert par l'intermédiaire de ses moniteurs certifiés, ce cours vise uniquement la planification, la préparation et l'organisation d'une sortie de canot-camping.

    Plusieurs entreprises de tourisme d'aventure proposent également des expéditions guidées et des activités découvertes qui peuvent aider à apprendre les rudiments du canot-camping.

    Un canot peut vous permettre d'atteindre un sentiment de liberté et d'aventure inégalé et vous transporter là où vous n'aviez jamais pensé pouvoir poser... la pagaie. À vous de vous donner les outils pour en profiter pleinement.

     

    Conseils d'experts

    Commencez par la base

    La première étape est d'acquérir une formation de base en canotage. «Avec cette formation, vous apprendrez l'essentiel pour être fonctionnel, explique M. Hugonnier. Vous ne serez pas encore en pleine autonomie, mais vous aurez les connaissances de base et la compétence viendra ensuite avec la pratique.»

    Apprenez l'eau vive

    Vous voulez faire de l'eau vive et descendre des rapides? Ajoutez le cours Eau vive II à votre formation. «Le plus grand danger en eau vive, c'est la route pour s'y rendre, ironise M. Chevrier. Descendre des rapides n'est pas dangereux. Il faut juste bien faire les choses et une fois qu'on travaille avec et non contre la rivière, on aura énormément de plaisir.»

    Développez votre autonomie en camping

    Évaluez vos habiletés en camping et profitez de vos sorties de canot pour les développer progressivement. «Pour développer votre autonomie, pratiquez le canot-camping avec assistance, c'est-à-dire que votre camping sera fixe, et qu'après votre journée de canot, vous reviendrez à votre emplacement de camping, à votre tente, à votre voiture. Vous faites les deux activités, mais un peu en parallèle.»

    Enfin l'autonomie!

    La dernière étape est l'aventure en pleine autonomie. Vous aurez alors à planifier minutieusement tous les détails de votre expédition pour vous assurer que tout se passe bien. «Faire du canot-camping, c'est faire du canot, mais c'est aussi faire du camping, précise M. Hugonnier. Et par-dessus tout, c'est faire tout ça de façon à avoir du plaisir.»

     

    Partir À l'Aventure:  Le canot-camping, un passeport vers la sainte paix

    Mathieu Boucher (à droite) en compagnie de son frère Jonathan

    PHOTO FOURNIE PAR MATHIEU BOUCHER

     

    Paroles de passionnés

    Vous songez à tenter l'expérience du canot-camping? Trois passionnés expliquent pourquoi ils l'ont fait et pourquoi vous devriez le faire aussi.

    Qu'est-ce qui vous a amené au canot-camping?

    «J'ai commencé avec mon frère qui est cinq ans plus vieux que moi. On a commencé sur des lacs, puis on s'est ensuite intéressés aux rivières. On a suivi des cours et ça a déboulé. Tous les étés, je faisais des expéditions. Depuis que j'ai 18 ans, je suis moi-même guide.»

    «Quand nos enfants étaient petits, ça nous permettait de les emmener avec nous, ce qu'on ne pouvait pas faire avec la randonnée, par exemple. Le canot permet de tout transporter facilement. On pouvait donc être complètement autonomes et continuer à faire une activité de plein air en famille, loin des grands centres.»

    «À l'origine, ma conjointe avait décidé que c'était une belle activité de couple à faire. Comme j'ai toujours aimé l'eau et le plein air, ça m'a tout de suite attiré. On s'est joint au club de canot-camping Pierre-Radisson où on a trouvé un bon groupe de gens.»

    Qu'est-ce que vous aimez dans le canot-camping?

    «En canot-camping, tu peux partir plus longtemps. Après deux ou trois jours, tu entres dans un mode de vie complètement différent. Tu perds le fil et tu oublies tout le reste. J'ai fait du trekking, mais même après huit jours, je ne suis jamais entré dans un mode comme ça.»

    «C'est une activité qui nous plonge vraiment dans la nature. On est complètement isolés, ce qui permet de vraiment reconnecter avec l'essentiel. C'est un sentiment très fort. Et pas besoin d'être un athlète pour faire du canot-camping. C'est accessible à tous.»

    «J'aime l'aspect social des sorties organisées par le club. On part pour le week-end, on descend la rivière, on campe, on s'amuse dans l'eau, on soupe ensemble, on fait des feux, on se raconte des histoires, etc.»

    Quels sont vos endroits préférés?

    La Gaspésie est pas mal mon coin favori. Mais j'aime aussi les grands réservoirs du Nord comme le Gouin et le Baskatong et les rivières aux alentours, ainsi que la rivière Gatineau, qui est superbe. »

    «Les rivières de l'Outaouais sont celles qu'on fréquente le plus. Elles sont assez près de notre domicile pour qu'on puisse partir le samedi et revenir le dimanche ou le lundi. Parmi nos rivières préférées, il y a la rivière Noire et la rivière Coulonge, où des pourvoyeurs offrent des services de navette très pratiques.»

    «Comme le club est dans l'Outaouais, on fréquente surtout les rivières aux alentours comme la rivière Noire, la Coulonge et la Dumoine. Mais parfois, on se rend aussi sur la rivière Rouge ou la Gatineau ou même sur la rivière Petawawa, en Ontario.»

    Quel est votre conseil à ceux qui veulent se lancer?

    «Contactez des clubs de canot et faites-vous recommander des rivières ou des plans d'eau plus faciles pour commencer. Ou partez d'abord avec un guide pour prendre de l'expérience progressivement. Il est bon aussi de varier les expériences pour voir ce qu'on aime le plus comme type d'expédition.»

    «Soyez sécuritaires! Joignez-vous à un club ou allez-y avec des gens qui ont de l'expérience. Ne vous lancez pas dans quelque chose qui n'est pas de votre niveau. Soyez sûr de ce que vous faites et d'où vous allez. Et planifiez bien vos sorties, c'est l'aspect le plus important.»

    «Faites-le! C'est une expérience incroyable qui procure une grande détente, qui permet de se changer les idées et qui donne la chance d'admirer des paysages que très peu de gens ont la chance de voir.»

     

    Partir À l'Aventure:  Le canot-camping, un passeport vers la sainte paix

    Pour cuisiner à l'aide d'un réchaud, plusieurs options s'offrent à vous. Les bonbonnes de propane ou de butane sont pratiques, compactes, mais elles fonctionnent moins bien par temps froid.

    PHOTO FOURNIE PAR CANOT-CAMPING LA VÉRENDRYE

     

    Bien équipé

    Il est facile d'être étourdi par tout le choix qui s'offre à nous lorsque nous mettons les pieds chez un détaillant d'articles de plein air. Voici quelques conseils pour vous guider dans l'achat de l'équipement de base.

    Le canot

    «Pour le canot-camping, la référence est un canot d'une longueur de 15 ou 16 pi, indique Philippe Radermaker, gérant de la boutique SAIL de Québec. Il est plus rapide, on peut y mettre plus d'équipement et sa longueur l'aide à garder le cap en ligne droite.» Par contre, pour de courts séjours ou si vous faites beaucoup de rapides, un canot de 14 pi, plus manoeuvrable en eau vive et plus léger, pourrait convenir. Évitez les canots en fibre, plus fragiles lors de frictions avec des roches. «Si votre canot est en fibre de verre, renforcez l'étrave avec un protecteur en kevlar», suggère M. Radermaker.

    Les pagaies

    Pour les débutants ou les plus négligents, les pagaies avec un manche d'aluminium et une pale en plastique sont les plus robustes et les moins chères, mais aussi les plus lourdes. Une variante plus légère, mais plus chère, combine la pale de plastique avec un manche en graphite ou en fibre de carbone. Finalement, le bois reste une valeur sûre. Elle est agréable en main et légère, mais la pale doit absolument être renforcée de résine, puisqu'elle sera souvent en contact avec les roches et le sable lors des accostages ou au moment de quitter la rive.

    Le vêtement de flottaison individuel (VFI)

    Choisissez un VFI conçu pour le canot ou le kayak. Ces modèles sont plus dégagés au niveau des épaules pour ne pas gêner les mouvements. Ils sont également plus courts, ce qui les empêche de remonter dans la gorge quand vous vous assoyez. Les vestes autogonflantes ne sont pas du tout recommandées. «En canot et en kayak, on peut se retrouver souvent à l'eau, par exemple en chavirant dans un rapide. Une fois la veste [autogonflante] déclenchée, elle devient complètement inefficace et ne sert plus à rien pour le reste du voyage», prévient M. Radermaker.

    Les sacs étanches et les barils

    Afin de protéger votre équipement de l'eau, placez-le dans des sacs étanches et des barils. Certains de ces sacs sont munis de bretelles, ce qui les rend parfaits pour les portages. «Mettez vos vêtements et votre sac de couchage dans des sacs étanches de compression en nylon, qui seront ensuite placés dans vos sacs ou barils. Arrivés au campement, s'il pleut, vous pourrez simplement et rapidement sortir ces sacs et les lancer dans la tente», conseille M. Radermaker. Les barils sont très solides et, en plus, ils servent de sièges et de tables au campement.

    Le sac de couchage

    La vieille règle voulant qu'on évite les sacs de duvet en canot-camping - parce qu'une fois mouillés, ils perdent leurs propriétés isolantes - ne tient plus. «Avec les tentes d'aujourd'hui et les sacs étanches, il n'y a plus de raison que votre duvet soit mouillé», indique M. Radermaker. De plus, il existe maintenant des duvets hydrophobes qui repoussent l'eau. Ils sont ultralégers et compacts, mais ils coûtent cher. Les sacs synthétiques sont plus abordables et restent chauds même mouillés, mais ils sont plus lourds et encombrants. Choisissez toujours un sac qui est coté de 5 à 7 °C de moins que la température attendue pour parer à toutes les situations.

    Les méthodes de cuisson

    La méthode la plus simple est de cuisiner sur un feu avec une simple grille. C'est plus long, mais ça évite d'avoir à traîner du carburant et, en plus, «la fumée aide à chasser les insectes piqueurs», souligne M. Radermaker. Si vous préférez un réchaud, toutes les options sont bonnes. Certains sont très compacts et s'imbriquent dans leurs propres gamelles. Les bonbonnes de propane ou de butane sont pratiques, compactes, mais elles fonctionnent moins bien par temps froid. Le naphte, quant à lui, convient surtout aux longues expéditions, puisqu'il est plus facile de trimballer des bidons de naphte qu'une grande quantité de petites bonbonnes.

    Rendre l'eau potable

    La méthode la plus simple pour rendre l'eau potable est de la faire bouillir une dizaine de minutes. Si vous utilisez plutôt des filtres, privilégiez un système sans pompage ni piles qui fonctionne par gravité. Ne puisez jamais votre eau là où elle est stagnante. Et ne la puisez pas trop près du rivage non plus. «Si vous êtes en rivière, l'idéal est de la puiser dans le bouillon blanc d'un rapide», précise M. Radermaker. Pour la recueillir, utilisez des contenants d'eau transparents qui permettent de voir s'il y a des matières en suspension dans l'eau. Dans ce cas, filtrez la avant de la faire bouillir.

    La tente

    N'importe quelle tente convient, mais procurez-vous une tente de qualité, avec un double toit qui descend près du sol. «Des vestibules sont très pratiques pour protéger l'équipement des intempéries», souligne M. Radermaker. Pour la même raison, prenez une tente un peu plus grande que vos besoins. Vous aurez ainsi plus de rangement et plus d'espace. Mettez toujours un tapis de sol sous la tente pour protéger le plancher des déchirures et des perforations.

    Bâche

    Prévoyez une bâche pour vous protéger des intempéries ou du soleil ou vous permettre de monter votre tente sous la pluie. Certaines, comme les bâches Backpacker d'Eureka (deux formats offerts), sont très légères et prennent moins de place qu'un sac de couchage. Ces bâches peuvent aussi être équipées d'une moustiquaire, ce qui les rend idéales durant la saison des moustiques et des mouches noires. Elles peuvent être attachées à des arbres ou montées avec des poteaux d'aluminium télescopiques. Et n'oubliez surtout pas de la cordelette, de type paracorde, en très grande quantité. Comme le souligne M. Radermaker, «de la cordelette, on s'en sert pour tout en camping: tendre une corde à linge, attacher son équipement, tendre une bâche, etc.»

     

    Partir À l'Aventure:  Le canot-camping, un passeport vers la sainte paix

    La province est un immense terrain de jeu qui offre aux amateurs de canot-camping une multitude de possibilités.

    PHOTO FOURNIE PAR LA SEPAQ

     

    Un immense terrain de jeu

    Avec près de 3,6 millions de plans d'eau douce et des millions de kilomètres de rivières, le Québec offre un éventail de possibilités quasi illimité pour pratiquer le canot-camping. Voici quelques pistes à explorer.

    Le réseau des zec

    Les ZEC (zones d'exploitation contrôlée) sont facilement accessibles et très abordables. Plusieurs d'entre elles proposent des circuits balisés et entretenus, la location de canots et de pagaies ainsi que des services de navettes. Mais un des grands avantages des ZEC est que vous pouvez y créer votre propre parcours de canot-camping hors des circuits balisés et camper où vous voulez et quand vous voulez. C'est la solution idéale pour être isolé et fuir toutes contraintes. Si vous choisissez ce type d'expédition, informez-vous auprès du personnel de la ZEC que vous visiterez au sujet de l'état et de l'accessibilité du territoire que vous désirez explorer.

    www.reseauzec.com

     

    Parcs et réserves fauniques

    Le réseau de parcs et de réserves fauniques de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) de même que les parcs nationaux de Parcs Canada offrent de nombreuses possibilités pour le canot-camping. Vous y trouverez de superbes circuits balisés et des paysages à couper le souffle. Vous pourrez y louer canots, pagaies et vêtements de flottaison individuels (VFI), et vous y trouverez des services de navettes. Ici, contrairement aux ZEC, vous devrez vous en tenir exclusivement aux circuits et emplacements de camping prévus et réservés à l'avance, et respecter bon nombre de règlements destinés à assurer la quiétude de tous et la protection de l'environnement.

    SEPAQ, parcs nationaux et réserves fauniques: www.sepaq.com

    Parcs nationaux (Parcs Canada): www.pc.gc.ca/fr/pn-np

     

    Canot-camping La Vérendrye

    Issu d'un partenariat entre la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK) et la SEPAQ, Canot-camping La Vérendrye offre un réseau de plus de 800 km composé d'une vingtaine de circuits en lacs ou en rivières dans la réserve La Vérendrye. Un service de navette est offert sur tout le territoire. Des sorties d'initiation au canot-camping et des ateliers de canotage sont également proposés. La grande particularité de cette destination est que vous pouvez vous y rendre en autobus et louer tout l'équipement nécessaire pour votre expédition directement sur place. Difficile à battre comme accessibilité!

    www.canot-camping.ca/index.html

     

    Entreprises de tourisme d'aventure

    De nombreuses entreprises de tourisme d'aventure offrent des expéditions guidées ou autonomes aux quatre coins du Québec. La formule guidée, bien que plus chère, permet de s'initier ou de pratiquer le canot-camping en toute quiétude avec un minimum d'organisation, de connaissances et d'équipement, tout en bénéficiant du savoir-faire et des conseils d'un guide qualifié et expérimenté. Si vous préférez vous aventurer en totale autonomie, plusieurs de ces entreprises offrent la location de canots, de pagaies et de VFI, ainsi qu'un service de navette. Une simple recherche sur l'internet vous permettra d'en trouver une bonne quantité. En voici quelques-unes.

    > Aventuraid: Rivières Mistassini, Ouasiemsca et Mistassibi, www.aventuraid.qc.ca/index.html

    > Au Canot Volant: Rivière L'Assomption, www.canotvolant.ca/index.htm

    > CIME Aventures: Rivière Bonaventure, cimeaventures.com/

    > Aventure Vent et Rivière: Rivière Saint-Maurice, ventetriviere.com/excursions/

    > Aventure Quatre Saisons: Rivière Rouge, www.aventurequatresaisons.com/fr/laurentides/riviere-rouge/canot

     

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    Des montagnes pour s'évader au 

    New Hampshire

     

    Tout près du Québec, les montagnes Blanches, dans... (Photo Audrey Ruel-Manseau, La Presse)

     

    Tout près du Québec, les montagnes Blanches, dans le New Hamphire, constituent un magnifique terrain de jeu, tant pour les aventuriers aguerris que pour les simples amateurs de plein air.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     
     

    Pour quiconque aime les montagnes, le New Hampshire est une destination de prédilection. Avec 48 sommets de plus de 1200 m d'altitude, des points de vue à couper le souffle et des randonnées tant faciles que quasi insurmontables, même les plus aguerris trouveront leur compte dans les montagnes Blanches. Tour d'horizon pour un week-end loin des klaxons, à quelques heures de Montréal.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    Photo prise par Jean-Pierre Danvoye lors d'excursions dans les White Mountains.

    PHOTO FOURNIE PAR JEAN-PIERRE DANVOYE

     

    De la chambre noire aux montagnes blanches

    Népal, Argentine, Pakistan... Jean-Pierre Danvoye ne compte plus les étampes à son passeport. Le guide de montagne parcourt le monde pour ses plus hauts sommets. Même lorsqu'il rentre au pays, il n'y reste pas bien longtemps, son terrain de jeu se trouvant tout juste de l'autre côté de la frontière. Si l'on mettait bout à bout chacune des journées que le Québécois a passées dans les montagnes Blanches, il y a probablement vécu l'équivalent d'un an. Confidences d'un passionné. 

    «Je suis guide de montagne et j'amène des gens partout dans le monde. Mais les Whites, c'est là que je vais me promener et courir. J'aime qu'il n'y ait pas tellement de contraintes: pas de paiement, pas de restrictions d'heures. On a une grande liberté. On peut y aller la nuit, l'hiver, l'été...» 

     

    Jean-Pierre Danvoye habite un appartement de Saint-Bruno entouré d'arbres et situé non loin de la petite montagne, il va sans dire. Son quartier général, comme il l'appelle. Au salon, une armoire vitrée contient des souvenirs achetés ici et là, au fil des ans: des moulins à prières bouddhistes, un piolet antique en bois lourd comme une masse. 

     

    Le photographe 

    En face du divan, il n'y a pas de téléviseur, mais une bibliothèque pleine à craquer, essentiellement des livres sur les voyages. Des recueils de photos de Steve McCurry, d'Ella Maillart, A Short Walk in the Hindu Kush d'Eric Newby, quelques Guillaume Musso. 

    «Les livres me donnent beaucoup d'idées et d'énergie», lance l'aventurier de métier en regardant l'étalage de savoir qui se dresse devant lui. «Mon père me faisait lire pas mal. C'était un sportif de bibliothèque!» 

    Son paternel lui a offert sa première vraie lecture: Premier de cordée, de Roger Frison-Roche. «C'est un des premiers livres qu'il m'a donnés», dit le Belge d'origine en feuilletant le roman aux pages jaunies par le temps. «C'est l'histoire d'un grimpeur dans les Alpes. Ça doit être ça qui m'a fait aller vers la montagne...» 

    Quatre magnifiques photos habillent le mur principal du salon. Deux figent l'immensité de l'Himalaya, une troisième illustre la beauté d'une Népalaise, et la dernière montre la lumière au sommet du Kilimandjaro, en Tanzanie. Dans sa première vie, Jean-Pierre était photographe. Puis, son sujet est devenu son deuxième métier quand il a convergé vers l'organisation de voyages guidés en montagne dans les années 90. 

     

    L'appel des montagnes 

    «J'adore ça! J'aime les paysages, les montagnes. Même si je retourne plusieurs fois à la même place, c'est toujours avec des gens différents, et la température joue sur tout. C'est comme le mont Washington. Il n'y a pas une journée où c'est pareil», dit-il avant de regarder à nouveau la météo prévue au plus haut sommet du nord-est de l'Amérique pour le week-end. 

    C'est la veille du congé de la fête des Patriotes. Tout juste revenu d'Argentine, Jean-Pierre s'apprête à partir pour le New Hampshire avec ses deux adolescents et prépare ses essentiels. 

    «Il y a le massif du mont Washington et si tu ajoutes les neuf sommets, ça fait un chemin d'environ 35 km», explique-t-il en saisissant une carte sur laquelle son parcours favori est surligné en jaune et en rose. 

    «Là-dedans, on choisit les chemins qu'on veut. Il y a des centaines de sentiers là-bas. C'est mon terrain de jeu favori, dit-il, les yeux brillants. Oui, il y a le mont Washington. C'est comme si tu vas à Paris, tu vas aller à la tour Eiffel. Mais il y a plein d'autres sommets!» 

     

    La liberté

    Le randonneur expérimenté y est allé des dizaines et des dizaines de fois. Il se perd dans ses anecdotes. Comme cette fois, en hiver, lorsqu'une rafale d'une centaine de kilomètres/heure l'a soulevé à un mètre du sol sur une distance de cinq mètres entre les monts Monroe et Franklin. Une expérimentation de l'effet Venturi qu'il admet avoir trouvé «un peu dangereuse», mais qui ne freinera pas ses ardeurs pour autant. 

    «Pour moi, la montagne, c'est la liberté. On ne veut pas de contraintes de largeur de route, de longueur de trottoir... Et en même temps, ça nous apprend à nous rendre responsables. On ne peut pas, quand ça ne va plus, appeler les secours en pleurant», raconte Jean-Pierre, avant de s'agenouiller près de son sac d'où il sort une trousse de premiers soins. 

    Son départ est imminent. Il vérifie le reste du contenu de son sac: lampe frontale, passeport, souliers imperméables, doudoune, chandails à manches longues et à manches courtes, crème solaire «pour éviter la peau de crocodile», canif, bâtons de marche... 

    «Je ne suis pas encore blasé. Je ne vais jamais aux montagnes Blanches pour travailler. Si j'y vais, c'est pour moi ou avec des amis. J'aime me promener dans le bois. Les épinettes, oui, ça sent bon, c'est beau, mais ça me prend la vue, admet-il. Quand on dépasse la ligne des arbres et qu'on a la vue, l'horizon, le panorama, c'est un grand sentiment de liberté.»

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    La fin de semaine, le sommet, partagé avec une station de ski, peut devenir très achalandé puisqu'un tramway aérien permet aux visiteurs d'y accéder en quelques minutes.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     

    Bottines, bâtons et ascension

    La frontière américaine est à peine franchie que le paysage devient de plus en plus vert, touffu, sauvage. Les villages sont espacés, et le signal radio perd de sa netteté. 

    On sort à peine du Vermont que les pics commencent à apparaître et annoncent le début du New Hampshire. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour finir son café, elles se dressent de part et d'autre de l'Interstate 93 dans toute leur immensité. Bienvenue aux montagnes Blanches, mieux connues sous leur appellation anglophone: les White Mountains.

    C'est le début de la Franconia Notch, un col de montagnes dominé par les 1600 m du mont Lafayette à l'est et les 1240 m du mont Cannon à l'ouest. En haute saison, les voitures commencent à apparaître sur la 93, garées en bordure de l'autoroute, alors que le stationnement du mont Lafayette ne contient pas les véhicules des randonneurs, trop nombreux. Aujourd'hui, on prend à droite: direction le lac Lonesome et le sommet du mont Cannon.

    Les deux premiers kilomètres du sentier Hi-Cannon s'étaient parcourus jusqu'alors au son des mésanges, le vent venant de temps à autre traverser les branches des érables et des bouleaux pour souffler jusqu'aux oreilles des randonneurs. Jusqu'à ce que des rires se rapprochent en sens inverse.

    Au beau milieu de l'ascension du mont Cannon, un groupe d'adolescents surgit du sentier luxuriant. La vigueur des jeunes de 13 ans ne laisse en rien transparaître le niveau de difficulté élevé de cette section de parcours abrupte et glissante un lendemain de pluies abondantes. Un adulte mène la marche, fermée par deux autres chaperons. Trois parents accompagnent la classe verte de 13 élèves du Meadowbrook Waldorf School, au Rhode Island. Le groupe a atteint le sommet plus tôt en journée et redescend, alors qu'un couple dans la cinquantaine faisant le chemin inverse le croise. 

    «Gang, collez-vous! Faites de la place pour les gens qui passent», avertit le meneur, Dan Crocker, avant de saluer le couple. «C'est encore loin avant le sommet?», lui demande l'homme. «Environ 0,6 mile. Ça devient bientôt plus plat et plus facile, vous verrez!», leur assure-t-il. C'est que la randonnée n'est pas de tout repos. Le jeune Asher Henry, au sourire flanqué de broches bleu royal, lance sans hésiter que «c'est la randonnée la plus difficile qu'il ait faite!», mais aussi «la plus l'fun», ajoute sans tarder son ami Adrien Kranz.

    «Comment est l'échelle?», demande au couple le papa bénévole, sachant qu'il vient à peine de traverser l'obstacle emblème de cette randonnée. «Les jeunes ont vraiment hâte! Ça fait six heures qu'ils en parlent!» 

    «Pas si pire, répond la femme. Vous arrivez bientôt!» 

     

    La randonnée 

    La randonnée s'amorce dans le camping du mont Lafayette. Le sentier est large, sablonneux, un brin rocailleux. La première section est à peine inclinée, et la traversée de deux petits ponts enjambant un ruisseau donne le ton au parcours bucolique pénétrant cette forêt sempervirente. Après 500 m, une première fourche impose un choix entre les deux options de parcours: la version, disons, de plaisance et la version sportive!  

     

    L'option grand public 

    En prenant à gauche, les randonneurs s'engagent dans le sentier du lac Lonesome. Un parcours aller-retour de cinq kilomètres idéal pour l'initiation à la randonnée - juste assez incliné pour faire augmenter les pulsations cardiaques - qui mène les marcheurs autour du lac. Au bout de l'étendue d'eau se trouve une hutte aux diverses vocations gérée par l'Appalachian Mountain Club (AMC). À la fois un gîte et un centre d'interprétation, elle offre surtout un point de vue unique sur le mont Lafayette. Une belle option pour admirer la populaire montagne autrement que par la route, d'où le coup d'oeil ne rend pas justice à sa portée. De là, les randonneurs plus expérimentés peuvent aussi poursuivre leur chemin jusqu'au sommet par un sentier à l'inclinaison très prononcée. 

     

    L'option intense 

    L'embranchement à droite, lui, mène vers le sommet en gardant la section la plus à pic pour la descente. L'ascension reste quand même sportive. Le sentier Hi-Cannon, classé intermédiaire en comparaison du niveau de difficulté des autres sentiers du parc national, est honnêtement difficile. Il gagne rapidement en étroitesse et en inclinaison. Le sol rocailleux laisse place à des cailloux, puis à des roches de plus en plus imposantes. De randonnée, les marcheurs passent pratiquement au scrambling, un mélange de randonnée et d'escalade: c'est-à-dire qu'ils doivent souvent s'aider de leurs mains pour gagner du terrain. À preuve, après environ une heure et demie de montée, le sentier se scinde en deux et est relié par la fameuse échelle de bois. 

     

    Mi-parcours 

    L'échelle marque une transition intéressante puisque le terrain offre par la suite quelques points de vue à flanc de montagne donnant un avant-goût de ce que le sommet réserve. Mais ce n'est pas encore gagné. La montée comporte ensuite des sections plus techniques, et le sentier incliné est traversé par de larges roches planes sur lesquelles de nombreuses rayures ont été laissées par le glissement de bâtons de randonnée et de crampons. L'odeur des pins blancs et le chant des parulines aident à mettre l'accent sur autre chose que les brûlures qui engourdissent les cuisses, alors que la montée d'environ un kilomètre et demi tire à sa fin avec le sentier de la crête Kinsman. 

     

    Le sommet 

    Puis, 718 m plus haut: la récompense. Déjà qu'on est à bout de souffle, la vue au sommet coupe le peu qu'il en reste. Par une journée dégagée, les monts Lafayette, Kinsman, Liberté et Flume habillent le paysage, truffé d'autres montagnes à perte de vue. Du côté ouest de la boucle qui ceinture la cime, le spectacle s'admire parfaitement à partir d'un plateau de roche où il fait bon prendre une pause dîner et savourer l'accomplissement de la montée. Le point culminant s'atteint en gagnant la tour d'observation qui offre un panorama à 360 degrés. La fin de semaine, le sommet, partagé avec une station de ski, peut devenir très achalandé puisqu'un tramway aérien permet aux visiteurs d'y accéder en quelques minutes. Il s'agit toutefois d'une bonne option pour donner rendez-vous à quelqu'un aux aptitudes sportives moins développées en mi-journée. 

     

    La descente 

    Le ventre rempli, c'est le temps de redescendre. Par le sentier de la crête Kinsman puis celui du lac Lonesome, la descente est agressive - sans compter quelques plaques de glace encore présentes à la fin de mai. Le paysage reste magnifique. Ici, la mousse recouvre le roc imposant, là, les champignons prolifèrent du pied à la cime d'un arbre. La forêt est verdoyante, et les randonneurs la traversent en suivant la rivière jusqu'au lac, puis finalement jusqu'au camping, où ils rentrent avec huit kilomètres dans les jambes, les hanches et les fesses.

     

    Le retour au bercail 

    Certains dormiront sur place, d'autres, dans les gîtes avoisinants ou, encore, rentreront au bercail. Dans le stationnement, les plaques d'immatriculation de partout au pays - et beaucoup du Québec - témoignent de la popularité des montagnes Blanches. Scott Menefee est venu d'aussi loin que le Texas pour quelques jours de randonnée. 

    «Je suis surpris de la taille des montagnes ici. Ça donne l'impression d'être dans les Rocheuses, constate l'Américain, qui a visité l'ouest du pays l'an dernier. Ironiquement, c'est beaucoup plus rocheux ici, par exemple! Mais on a l'esprit tranquille parce qu'on n'a pas à se soucier des grizzlys», compare-t-il. 

    Il est déçu, toutefois, de ne pas avoir croisé d'orignal. «Tu sais, pour moi, ç'aurait été vraiment impressionnant de voir cette bête-là!», de dire le Texan de 48 ans, non sans avoir apprécié son épopée en Nouvelle-Angleterre.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    Vue des White Mountains depuis la boucle de la crête de Franconia.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     

    Cinq randonnées à essayer

    Que ce soit pour quelques heures en famille ou une fin de semaine d'aventure, il y en a pour tous les types de randonneurs au New Hampshire. Le site internet et l'application AllTrails vous aideront à évaluer vos options parmi les centaines de kilomètres de sentiers des montagnes Blanches. En voici cinq classées parmi les plus populaires par les utilisateurs de la plateforme

     

    Mont Lafayette et Boucle de la crête Franconia

    Classée difficile

    Distance: 13,6 km 

    Gain d'altitude: 1159 m 

    Ce parcours deux en un permet d'admirer le New Hampshire à partir de l'un de ses plus hauts sommets, le mont Lafayette, puis de traverser par la crête Franconia pour la possibilité de suivre un trajet circulaire sans revenir sur ses pas. Il s'agit d'une magnifique randonnée d'une journée, conseillée aux randonneurs expérimentés.

     

    Chutes Arethusa et Falaise Frankenstein 

    Classée difficile 

    Distance: 6,7 km 

    Gain d'altitude: 468 m

    Cette randonnée se divise aisément en deux, selon le niveau des randonneurs. La première partie du trajet - un peu plus de 2 km - est relativement facile et progressive. Le sentier, peu accidenté, longe la rivière plus ou moins bruyante selon la saison et vous mène jusqu'aux somptueuses chutes Arethusa.

     

    Boucle Welch et Dickey

    Classée intermédiaire

    Distance: 6,3 km

    Gain d'altitude: 534 m

    Cette randonnée plaira à plusieurs types d'amoureux du plein air: randonneurs, marcheurs, contemplateurs, ornithologues amateurs, etc. Durant la randonnée d'environ trois heures, portez une attention particulière aux nombreuses fleurs sauvages. Le niveau de difficulté varie selon le temps de l'année et certains passages, lorsqu'ils sont glacés, peuvent représenter un petit défi.

     

    Chutes Champney

    Classée intermédiaire 

    Distance: 5 km 

    Gain d'altitude: 207 m 

    Les débutants peuvent accomplir sans trop de difficulté la randonnée des chutes Champney, bien qu'elle soit classée intermédiaire, car le sentier est bien identifié et entretenu. Les chutes offrent un paysage bucolique et sont évidemment plus puissantes au printemps et au début de l'été, ou après de fortes pluies. Une option pour s'éloigner de la foule parfois nombreuse: la boucle du mont Chocorua.

     

    Les bains de Diana

    Classée facile

    Distance: 2 km

    Gain d'altitude: 34 m

    Randonnée facile, parfaite pour les enfants, les débutants ou les lendemains plus difficiles lors d'une fin de semaine au chalet. Situé près de North Conway, ce parcours simple n'en est pas moins enchanteur pour autant. Les chutes et les bains naturels ont de quoi ravir les randonneurs. Pensez apporter une serviette, si la température permet une saucette! Stationnement payant.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

    Les montagnes Blanches, qui font partie des Appalaches, recouvrent près du quart du New Hampshire et s'étendent en partie jusqu'au Maine et au Québec. On y trouve 48 pics de plus de 1200 m d'altitude.

    PHOTO AUDREY RUEL-MANSEAU, LA PRESSE

     

    Carnet de notes

    Comment s'y rendre? 

    Le chemin le plus simple et le plus rapide pour se rendre dans les montagnes Blanches est d'emprunter l'autoroute 55, en Estrie, et de traverser la frontière au poste de Stanstead. Une fois aux États-Unis, il suffit de continuer sur l'Interstate 91, puis sur l'Interstate 93 à partir de Saint-Johnsbury jusqu'au village Littleton. De là, votre itinéraire dépend de votre destination finale: soit vous prenez la route 302 pour aller vers la chaîne des Présidents et le mont Washington, soit vous restez sur l'I93 pour aller vers la chaîne Franconia et le mont Lafayette.

     

    Un sommet en voiture

    Il est possible d'accéder au sommet du mont Washington en voiture. La route est tortueuse et parfois vertigineuse, mais le coup d'oeil vaut absolument le détour si vous ne voulez pas monter les 6288 pi à pied. Il en coûte 31 $US par véhicule (chauffeur inclus) et 9 $US par adulte supplémentaire. Le prix inclut un accès au modeste musée situé au sommet, où se trouvent aussi l'observatoire, une boutique et un restaurant. Monter prend une trentaine de minutes. La route, très étroite, a une inclinaison moyenne de 12 %. Assurez-vous que votre véhicule soit en bon état, surtout les freins et la transmission pour la descente!

    https://mtwashingtonautoroad.com/

     

    Cinq États 

    Les journées où le ciel est complètement dégagé au sommet du mont Washington - la plus haute montagne du nord-est de l'Amérique - sont rares; le sommet se retrouve dans le brouillard en moyenne 300 jours par année. Mais quand l'horizon est sans nuages, les visiteurs peuvent voir, littéralement, à plus de 100 milles à la ronde, où l'on remarque cinq États différents, en plus du Québec! Les montagnes Blanches recouvrent près du quart du New Hampshire et s'étendent en partie jusqu'au Maine et même jusqu'au Québec, avec le mont Gosford. Pas moins de 48 pics de plus de 1200 m d'altitude constituent la chaîne de montagnes, partie prenante des Appalaches.

     

    La météo l'été 

    Même si c'est l'été, on a parfois l'impression de traverser trois saisons entre le pied et le sommet d'une montagne de la hauteur de celles du New Hampshire. La température moyenne au sommet du mont Washington, l'été, est de 12 ºC le jour et 5,5 ºC la nuit. Il n'est pas rare que le mercure tombe sous le point de congélation. Prévoyez vous habiller en pelures d'oignon, avec un bon coupe-vent pour le sommet.

     

    Gare aux vents 

    Le plus fort vent jamais enregistré dans l'hémisphère Nord l'a été au sommet du mont Washington - qui est aussi un observatoire météorologique. En pleine tempête, le 12 avril 1934, les instruments ont capté un vent de 372 km/h! Ce moment précis est exceptionnel, mais n'empêche, les vents au sommet surpassent en puissance ceux d'un ouragan 104 jours par année. Ils ont tout de même de quoi nous décoiffer avec une moyenne de 40 km/h en été. D'ailleurs, certains sentiers sont à éviter lorsque le vent souffle trop, notamment ceux en crête de montagne. Par ailleurs, si vous montez au sommet du mont Washington en voiture, vérifiez la force du vent par une fenêtre avant d'ouvrir une portière, au risque qu'elle soit arrachée.

     

    Bon à savoir 

    Même avec un forfait de téléphonie mobile pour les États-Unis, le réseau cellulaire est capricieux dans les montagnes et risque d'être inaccessible lors de vos randonnées. Planifiez votre itinéraire et imprimez ou téléchargez à l'avance la carte de votre parcours dans votre téléphone. Même sans réseau, la version gratuite de l'application mobile AllTrails permet d'ouvrir une carte préalablement téléchargée et de suivre son positionnement GPS sur son téléphone durant l'excursion. Aussi, les randonneurs n'ont pas à s'inscrire à une guérite, alors mieux vaut informer vos proches de vos intentions. La vaste majorité des stationnements est gratuite, tout comme l'accès aux sentiers.

     

    Partir à l'Aventure:  Des montagnes pour s'évader au New Hampshire

     

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    La Normandie des Impressionnistes

     

    Par Hughes Derouard
     
    source : Détours en France n°158, p. 24
     
     

    La Normandie et la Seine de la « banlieue » parisienne ont attiré nombre de grands noms de l'impressionnisme hors de leurs ateliers, chevalets et boîtes de couleurs sur le dos. La raison de l'inspiration.

     

    Giverny : une œuvre globale

     

    Maison de Giverny
     
     

    « En dehors de la peinture et du jardinage, je ne suis bon à rien ! », disait Monet. Aujourd’hui, des milliers de visiteurs viennent découvrir les jardins féeriques de sa propriété de Giverny, comme on vient admirer un tableau. Et pourtant ce lieu époustouflant, source d’inspiration majeure pour le peintre, marque une rupture avec la tradition impressionniste. « L’apparente spontanéité laisse place à un travail beaucoup plus médité et complexe », analysait Marina Ferretti-Bocquillon, conservatrice du musée des Impressionnismes de Giverny, à l’occasion d’une exposition. Après avoir été l’initiateur de l’impressionnisme au XIXe, Monet devient un des plus grands peintres français du XXe siècle et le jardin de Giverny est au cœur de cette évolution. En inventant un motif qu’il peindra par la suite, l’artiste inverse la démarche traditionnelle du peintre paysagiste. » Sur son domaine, le patriarche explore l’art abstrait. Il vécut ici jusqu’à sa mort en 1926, après avoir provoqué dans ce village normand une véritable colonisation d’artistes, américains pour la plupart. Le « génie de Giverny » repose dans le cimetière de l’église Sainte-Radegonde.

     

    Les Nymphéas. Depuis toujours, Monet est fasciné par les reflets inversés que renvoient les miroirs d’eau. Il détourne le cours du Ru, petit bras de l’Epte, pour façonner son « jardin d’eau » et y plante des nénuphars de toutes
les variétés. Des plantes aquatiques vivaces estivales qui lui inspireront une série d’environ 250 grandes toiles à l’huile. Elles expriment, aux confins de l’abstraction, des vibrations de couleur faisant appel à un monde de sensations et d’émotions.
     
     
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    Auvers-sur-Oise : Vincent, Paul, Camille, et les autres…

     

    l'Auberge Ravoux à Auvers-sur-Oise
     
     

    Sans le sou, Van Gogh trouve gîte et couvert dans une chambrette de l’auberge Ravoux. Dans sa correspondance avec son frère Théo, il écrit : « Le spleen n’est pas dans l’air d’ici », traduisant la ferveur créatrice qui l’anime. Acheté par Dominique-Charles Jansens, l’auberge permet de visiter la chambre 5 qu’occupait l’artiste malheureux.

    Vincent Van Gogh s’éteint le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise. Il est âgé de 37 ans. Il vient de séjourner 70 jours dans ce petit bourg des bords de l’Oise, et y a peint 70 tableaux ! Une productivité qu’il n’a jamais connue ailleurs. Enterré au cimetière d’Auvers, il sera rejoint par son frère Théo à peine six mois plus tard. « À son arrivée, rien ne préfigure son suicide, note Peter Knapp, spécialiste de Van Gogh. Bien au contraire, sa découverte émerveillée du village annonce l’exploration enthousiaste d’un territoire nouveau, à fouiller. (...) Van Gogh vit son séjour auverois comme un retour vers la lumière du Nord. » Cependant, après une brève visite à son frère, à Paris, l’état mental du peintre se détériore subitement. Le 27 juillet, il se tire une balle au-dessous du cœur. Blessé, il retourne à l’auberge et gagne sa chambre. Le docteur Gachet ne peut rien faire, Van Gogh meurt deux jours plus tard dans son lit, dans les bras de son frère à qui il aurait, dans un dernier souffle, glissé : « La tristesse durera toute la vie. »

    Affluent de la Seine, dans la boucle de Saint-Germain-en-Laye, l’Oise fut aussi fréquentée par les paysagistes et les impressionnistes. Auvers-sur-Oise n’a pas conservé que le souvenir tragique de Van Gogh. Daubigny, Cézanne, Pissarro ou Corot y peignirent de grandes toiles.

     

    Vétheuil : un décor pour impressionniste

     

    Vétheuil
     
     

    Coquet village du Vexin français, adossé à la Normandie, Vétheuil conquit Monet qui y traquera la lumière avec un incroyable acharnement. Renoir y fera également escale et Gustave Caillebotte y eu une « période » très créative. Haut lieu de l’impressionnisme, la ville reste méconnu, comme si les habitants, jaloux de leur tranquillité, n’avaient jamais cherché à prendre la vague impressionniste... Tant mieux pour nous, visiteurs, car le village de 900 habitants a gardé un aspect authentique, avec ses rues pentues et ses maisons en pierre blanche.

    Claude Monet résida à Vétheuil et y peignit près de 150 toiles, dont une soixantaine pour la seule église Notre-Dame (XIIe et XIIIe siècles). Il se déplace alors sur son bateau-atelier, s’installe sur une île au milieu du fleuve, ou sur la rive opposée à Lavacourt, d’où il peint d’innombrables vues sur le village, à toutes les heures de la journée, sous toutes les lumières possibles. Il décrit : « C’est une palette chatoyante entre terre, eau et ciel, alliant mille couleurs, du blanc de la craie des falaises au turquoise étincelant du fleuve en passant par tous les bleus du ciel. »

     

    Partir à l'Aventure:  La Normandie des Impressionnistes

     

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