• Partir à l'Aventure: Le champ de bataille de Verdun

     

    Le champ de bataille de Verdun

     

    Il n’y a pas d’itinéraires fixés à proprement parler sur le champ de bataille de Verdun. L’itinéraire proposé est une suggestion, permettant de découvrir les points cruciaux et de comprendre les évènements de 1916.

     
     
     
     
     
    Le champ de bataille de Verdun

    « À la vérité, ce n’est pas un ‘paysage’ qu’on vient chercher à Verdun, mais un ‘camp’. La nature semble rendre à dessein sévère un canton depuis tant de siècles voué à être champ de bataille. Bien avant 1914, tout y disait la guerre et ses combats : chaque colline avait son fort ou son ouvrage, chaque repli de terrain ses traquenards ; la forêt y était complice de la hauteur et au centre de ce cirque, voué à être le gigantesque Colisée de nos martyrs, la ville même se dressait, militaire et religieuse. »
    Louis Madelin, de l’Académie française, Verdun (1920)

     

    Pays : France
    Région : Lorraine
    Thématique générale du parcours : Découverte pédestre des Hauts-de-Meuse, au nord-est de Verdun, où se joua la bataille éponyme de février à décembre 1916.
    Mode de déplacement : À pied. Le site est clairement balisé, bien qu’il soit déconseillé de quitter les chemins. Le terrain n’est pas encore sûr, même plus de cent ans après les combats. Peu de personnes se déplacent à pied sur l’ancien champ de bataille, cela rend ce mode de déplacement propice au recueillement et à la méditation.
    Durée du parcours : D’une demi-journée à une journée complète. Plusieurs haltes à prévoir.
    Difficulté du parcours : Les Hauts-de-Meuse sont un petit massif de collines et de plateaux. Rien d’insurmontable.
    Période possible : Toute l’année, même si les hivers lorrains peuvent être rudes. Se renseigner au préalable sur les horaires de visite de certains lieux.

    Présentation géographique

    Les Hauts-de-Meuse, en rive droite du fleuve éponyme, sont un massif calcaire aux formes douces, dont les sillons sont appelés ici « ravins ». Cette barrière naturelle, séparant la plaine de Woëvre de celle de la Meuse, s’étend sur plus de 40 km sur un axe nord-ouest/sud-est pour une largeur moyenne de 5 à 8 km.

    C’est la partie centrale du massif, surplombant directement l’ancienne cité épiscopale de Verdun, qui nous intéresse.

     

    Cadre historique et culturel

    Lors de leurs avancées de l’été 1914, les troupes allemandes ne parviennent pas à prendre la place de Verdun et ses puissants forts de couverture. D’importantes batailles locales se déroulent en 1915 sur les ailes du secteur de Verdun, en Argonne et sur la crête des Éparges. Fin 2015, l’état-major allemand planifie, pour des raisons stratégiques, une grande offensive sur le front ouest. C’est le secteur de Verdun et la rive droite de la Meuse qui sont sélectionnés pour cette action d’envergure. L’attaque, terrible, est lancée le 21 février 1916. Ce sera l’amorce d’une bataille de 300 jours.
    Malgré la résistance héroïque des maigres troupes françaises sur des positions peu aménagées (la postérité retiendra les chasseurs à pied du colonel Driant, lui-même tué au combat), les forces allemandes parviennent à percer et s’approchent dangereusement de la Meuse et de la cité de Verdun. Le fort de Douaumont, qui surplombe la région, tombe le 25 février.
    Le commandement français doit prendre une décision : soit s’accrocher sur les Hauts-de-Meuse et couvrir Verdun, quitte à saigner l’armée entière à cette tâche, soit se replier derrière le fleuve. C’est le premier choix qui l’emporte.
    Le général Pétain est placé à la tête des unités qui se relaient sans cesse via la petite route reliant Bar-le-Duc à Verdun, la fameuse « Voie sacrée ». L’immense majorité des unités de l’armée française feront au moins un « tour » sur les champs de bataille de Verdun, voire deux et parfois plus. Les unités allemandes, quant à elles, ne tournent pas, mais sont mises sous perfusion permanente de renforts. La bataille s’enlise.

     

    En mars, les Allemands attaquent également sur la rive gauche de la Meuse. Leur but est de faire taire l’artillerie française qui les pilonne depuis cette berge. Là aussi, les combats sont acharnés. La bataille se poursuit ainsi jusqu’à l’été. Les coups de boutoir allemands s’enchaînent, mais viennent échouer aux pieds des forts de Froideterre et de Souville, malgré la prise du fort de Vaux.

    En juillet 1916, une grande offensive franco-britannique est lancée sur la Somme. Les Allemands doivent dégarnir leur corps de bataille devant Verdun et se mettent sur la défensive. C’est au tour des Français de prendre l’initiative et de reconquérir le terrain perdu. Le mois d’octobre voit la reprise du fort de Douaumont, clé du champ de bataille. La bataille de Verdun prend officiellement fin le 21 décembre 1916.

    Cette bataille, devenue à certains égards la « mère des batailles », fera près de 700.000 victimes, dont 300.000 morts, Français et Allemands confondus. Les lieux où se déroulèrent ces évènements sont à considérer comme des sites cruciaux pour la mémoire européenne, tant pour évoquer l’héroïsme des combattants des deux camps, que pour se souvenir de cet immense naufrage européen que fut le premier conflit mondial.

    Description de l’itinéraire

    Il n’y a pas d’itinéraires fixés à proprement parler sur le champ de bataille de Verdun. L’itinéraire proposé est une suggestion, permettant de découvrir les points cruciaux et de comprendre les événements de 1916.

     

    Accès en automobile

    La route qui monte au champ de bataille serpente doucement le long des pentes de Belleville, vers les Hauts-de-Meuse. On pénètre dans la forêt domaniale de Verdun. En prenant le temps d’observer le sol longeant la route, dans les sous-bois, on constatera les effets terribles des 60 millions d’obus tirés sur ce petit coin de Lorraine.

    On laissera courir sur la droite l’accès au fort de Souville puis l’imposant monument dédié à André Maginot pour arriver au carrefour de la chapelle Saint-Fine. Nombreux panneaux indicateurs donnant la direction de monuments et d’ouvrages militaires. En ce lieu, une statue représentant un musculeux lion terrassé : c’est aux alentours de ce carrefour que fut stoppée l’extrême avancée allemande, en juillet 1916. Prendre à gauche, en direction du Mémorial de Verdun et de l’Ossuaire.

    Le Mémorial de Verdun se trouve sur la gauche, environ 400 mètres après le carrefour. Parking gratuit.

     

    Itinéraire pédestre

    Stationnez sur le parking du Mémorial, que vous pouvez visiter (voir plus loin). Cheminez le long de la D913 en direction du nord-est. Après 500 m, vous arrivez sur le site du village de Fleury-devant-Douaumont, commune morte pour la France. Ce village, de plus de 400 âmes à la veille du conflit, fut complètement nivelé par les obus lors de la grande bataille de 1916, ne laissant aucune fondation visible. Sa population fut évacuée dès le 21 février, premier jour des combats. La bourgade fut l’objet d’une lutte âpre tout au long de l’été, pris et repris à plusieurs reprises, parfois au cours d’une même journée. Un arrêt devant la chapelle dédiée à Notre-Dame de l’Europe s’impose. Aux alentours, un réseau de sentiers. Des plaques indiquent les positions des anciennes bâtisses du bourg. Serpentant entre les sapins noirs, vous arrivez devant un tronc sculpté à l’effigie d’un poilu montant la garde. À ses abords immédiats furent trouvées en 2013 les dépouilles de 26 soldats français. Le terrain, comme mû par une force invisible, fait régulièrement remonter à la surface artefacts et dépouilles centenaires.

    Quittez Fleury en traversant la D913. Obliquez plein est. Il faut pénétrer le bois à cet endroit. Ici, il n’y a pas de sentiers. Il faudra être vigilant pour choisir la bonne coulée et ainsi éviter de tomber dans un trou d’obus. Le sol est partout défoncé. Cette traversée sauvage dure moins de 100 m. Vous tombez alors sur un large chemin empierré qui suit le tracé d’une ancienne voie de chemin de fer. Prenez à gauche, sur le chemin, en direction du nord-ouest, sur environ 200 m. Le sous-bois offre une ouverture sur la droite. Il s’agit de l’amorce d’un chemin filant en ligne droite à travers la forêt. La zone traversée était couverte de prés et non de forêts en 1914. La grande forêt domaniale couvrant l’ensemble du champ de bataille fut plantée dans les années 1920. Après 400 m de marche en légère pente descendante, vous arrivez dans une vaste clairière quadrangulaire. Au loin vers le nord-ouest, la lanterne des morts de l’Ossuaire de Douaumont.

     

    Reprenez la marche en quittant la surface enherbée par l’angle nord. Le terrain continue sa descente en forêt avant de remonter plus sèchement, dans le Ravin du Bois Triangulaire. Vous retrouvez au prochain croisement le chemin empierré que vous aviez emprunté précédemment. Prenez par la droite sur environ 200 m, puis prenez un chemin enherbé montant dru sur la gauche. Longue ligne droite d’1 km de long, tout en montées et descentes. Vous arrivez dans le secteur dit de La Caillette. Une nouvelle intersection. En faisant un crochet de quelques mètres sur la droite, vous pourrez découvrir l’abri de combat DV1, dont la façade a été défoncée par les effets de l’artillerie. Il s’agit d’une structure d’intervalle bâtie en 1905 et devant servir de protection à l’infanterie couvrant les forts. Lors de la bataille, l’ouvrage fut occupé par les Allemands et massivement bombardé par l’artillerie française. Faites demi-tour et empruntez le chemin montant. Prenez à gauche à l’embranchement. Sans le savoir, vous n’êtes qu’à quelques mètres de la clé de la bataille : le fort de Douaumont.

    Prenez à droite à l’embranchement avec une route asphaltée. Le chemin se dégage largement pour aboutir à une sorte de vaste esplanade (parking du fort). Le fort représente le point le plus haut de notre pérégrination. Pour la visite, voir plus bas.

    En quittant le fort, redescendez en longeant la D913. Sur le bas-côté de la route, à gauche, vous devinez les vestiges presque fantomatiques d’une tranchée : le boyau de Londres, creusé après la bataille, pour ravitailler le fort repris par les armes françaises en amont. Lors des combats terribles de 1916, les rares tranchées existantes furent sans cesse retournées par les obus. Les hommes se battirent essentiellement dans un terrain lunaire, quelque peu éloigné des images d’Épinal liées à la Grande Guerre. Plus de réseaux de barbelés, plus de tranchées, seulement quelques positions aménagées à la va-vite en reliant à la pelle des trous boueux ou poussiéreux, en fonction des conditions climatiques.

    En continuant votre descente, vous pourrez observer sur la droite, dans la futaie de sapins noirs qui s’étale en montant, des positions en maçonnerie bouleversées. Ces ouvrages ressemblent à des décors en style rocaille. Il s’agit des abris de combat TD2 Adalbert et TD3. Ces éléments de fortification connurent le même destin que l’abri DV1, observé précédemment. L’artillerie française les a ruinés alors qu’ils étaient occupés par les forces allemandes. En effet, ces positions aménagées avant 1914 afin de protéger la place de Verdun étaient conçues pour faire face à l’invasion allemande. Leurs façades d’entrée s’ouvrant vers la ville n’étaient pas conçues pour résister à des tirs provenant de ce côté-ci. Poursuivez la marche le long de la route. 100 m après avoir dépassé l’abri TD2, sur la droite, vous découvrez une nouvelle amorce de chemin enherbé. La saignée monte en pente douce sur environ 120 m pour aboutir sur une nouvelle route asphaltée.

    Prenez à gauche pour aboutir sur un espace tout en contraste par rapport aux zones forestières traversées précédemment. Une esplanade goudronnée, un monument aux morts, des habitations. Il s’agit du « bourg » de Thiaumont, bâti sur le site d’une ancienne ferme éponyme rasée durant les combats. Ces bâtiments servent d’annexes à l’Ossuaire, qui se trouve à moins de 400 m vers l’ouest. Vous pouvez faire une halte à « L’Abri des pèlerins », afin de déguster une bière locale ou une part de quiche lorraine. Cet endroit a servi tout au long du XXesiècle à recevoir des réunions d’anciens combattants et aussi les dépouilles des combattants qui remontent régulièrement en surface avant leur transfert à la nécropole voisine.

     

    Prenez la route qui part en descendant vers le nord, en direction de Stenay et de Bras. La forêt vous environne à nouveau. À gauche, une petite fontaine d’où coule une eau potable et fraîche. La route fait un virage à gauche, puis vous arrivez devant l’imposant portail de la Tranchée des Baïonnettes. Le monument, massif et austère, a été édifié en 1920 grâce à des fonds offerts par un banquier américain. Le mythe veut que des hommes du 137e RI, principalement des Vendéens, se soient retrouvés ensevelis vivants par des tirs d’obus lourds. Leurs fusils émergeant du sol resteraient les témoins de leur garde éternelle et vigilante. Plus vraisemblablement, il s’agirait du site d’une fosse commune aménagée à la va-vite. Le lieu est propice au recueillement et à la méditation. Remontez par la route empruntée pour rejoindre Thiaumont.

    Dépassez le hameau et le monument aux morts pour rejoindre un carrefour. Prenez à droite pour rejoindre l’Ossuaire. Ce dernier n’est qu’à quelques pas. Passez devant l’immense étendue truffée de croix. Alignement au cordeau. 16 142 sépultures. Les fosses de l’Ossuaire en lui-même contiennent les restes de près de 130 000 soldats. La construction rappelle la coque d’un navire renversée. Sa lanterne lui donne des airs de gare de province. Le monument n’en est pas moins impressionnant. Il ne faudra pas hésiter à gravir les marches permettant d’accéder au sommet de la lanterne, près d’une cinquantaine de mètres au-dessus du sol (entrée payante, petit film et objets).

    Quittez l’Ossuaire en direction du sud-ouest. N’hésitez pas à traverser la zone des sépultures, à jeter un œil sur les identités inscrites sur les croix. Après 500 m, niveau d’un carrefour, suivez les panneaux en direction de Fleury et du Mémorial. Il faut alors longer la route sur environ 1400 m pour retrouver le Mémorial de Verdun et le parking où se trouve le véhicule.

    À voir aussi

    • Le Mémorial de Verdun : à visiter en guise d’introduction. Le musée présente des fonds exceptionnels ; les vues depuis la terrasse permettent d’embrasser du regard l’ensemble du terrain arpenté par la suite. memorial-verdun.fr
    • Visite du fort de Douaumont : comptez environ une heure.
    • L’Ossuaire de Douaumont : verdun-douaumont.com
    • Sur le champ de bataille de Verdun, mais ne figurant pas sur le parcours pédestre, le fort de Vaux, accessible en véhicule motorisé.
    • Modalités de visite des forts de Douaumont et de Vaux : verdun-meuse.fr
    • Dans la ville de Verdun proprement dite : cathédrale Notre-Dame de Verdun, édifiée à partir du Xe siècle ; Monument de la Victoire (visite gratuite) ; Citadelle.

    Cartographie

    En 2016, l’IGN a édité pour le centenaire de la bataille une superbe carte au 1:75 000. Cette dernière, plus précise que l’IGN « classique » du secteur, met en avant les monuments et autres lieux d’intérêt sur le champ de bataille.

    Bibliographie

    • La Bataille de Verdun – Philippe Pétain
    • Verdun 1916 – Antoine Prost / Gerd Krumeich
    • Les 300 jours de Verdun – Jean-Pierre Turbergue, préface du général (er) Elrick Irastorza, direction scientifique : Philippe Conrad.

    Accès

    En véhicule, depuis le centre-ville de Verdun, suivre la route d’Étain en direction du « Champ de bataille de Verdun », prendre à gauche à l’embranchement de la rue du 30ème Corps et de la rue de Tavannes. Il s’agit de la route d’accès principale au champ de bataille.

    Matériel spécifique

    Paquetage standard pour une randonnée à la journée et chaussures adaptées au terrain forestier.

    Art de vivre

    Quiche lorraine, spécialités à la mirabelle et des bières brassées localement.

    Liens

    • Site du centenaire de la bataille de Verdun : verdun2016.centenaire.org
    • Site de la « Mission du Centenaire », organisme public chargé des commémorations liées à la Première Guerre mondiale : centenaire.org

    Année où cet itinéraire a été parcouru

    Novembre 2016

    Christophe — Promotion Don Juan d’Autriche

     

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