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    Tiffauges, l'antre de Barbe Bleue

     

    Par Détours en France
    source : Hors Série - Châteaux de légende, 2013, p.92
     

    Au coeur de la Vendée, ce château en ruine garde le souvenir d’un des personnages les plus controversés de notre Histoire, héros de guerre et criminel en série, alchimiste et compagnon de Jeanne d’Arc.

    Vue aérienneLe château de Tiffauges, dont il reste d’imposantes ruines entourées d’un océan de verdure, fut à partir de 1420 le repaire de Gilles de Rais, plus connu sous le nom de Barbe Bleue. Il y aurait commis la plupart de ses crimes

    Une presqu’île entre deux cours d’eau, des ruines imposantes, éparpillées dans la verdure : l’endroit est plutôt bucolique, surtout si vous le visitez par une belle journée. Difficile d’imaginer qu’il a abrité en ses murs un des plus grands serial-killers de toute l’Histoire : Gilles de Rais, plus connu des enfants sous le nom de Barbe bleue.

    Fantôme muet, abandonné, maudit, plein de résonances farouches.

    Gustave Flaubert

    Il devait pleuvoir le jour où Gustave Flaubert le vit pour la première fois en 1847.

    La légende perdure

    En franchissant la porterie romane surmontée du blason du baron Gilles, on ne peut s’empêcher de songer au destin de ce personnage si controversé. Héritier d’une puissante famille, il hérite de la forteresse de Tifauges par son mariage avec Catherine de Thouars. Une superfcie de 3 hectares, 700 mètres de remparts et 18 tours : le site est d’importance.
    Gilles de Rais va rehausser le donjon, le protéger par un châtelet, creuser des douves et faire bâtir un beau logis seigneurial.

    Arsenal et activitésLongtemps laissé à l’abandon, le château de Tiffauges abrite désormais un conservatoire de machines de guerre médiévales.

    Les guerres de religion, Richelieu et les outrages du temps sont passés par là : le Tifauges d’aujourd’hui n’est plus qu’un souvenir de la grandeur passée de Gilles de Rais. Mais les ruines sont belles et le conseil général de la Vendée, désormais propriétaire du site, multiplie les animations pour les faire vivre.

    Marché de NoëlChaque année, le château accueil le marché de noël. Non, la tour de siège n'est pas a vendre...

    Ne vous étonnez donc pas si, au cours de votre visite, vous croisez deux chevaliers en plein combat, un soldat manoeuvrant un trébuchet, ou Gilles de Rais en personne racontant son histoire !

    La tour du Vidame

    Les siècles se succèdent : donjon du XIIe siècle châtelet et son pont-levis du XVe, contemporains avec le logis seigneurial bâti par Gilles de Rais ; ici, une barbacane, là l’imposante tour du Vidame avec son chemin de ronde à mâchicoulis et sa salle de guet à l’acoustique exceptionnelle (XVIe).

    Tour du VidameSe dresse ici, la tour du Vidame, un lieu de mystère...

    C’est dans cette tour que vous découvrez la reconstitution du laboratoire de Gilles de Rais, qui se trouvait autrefois dans les salles basses du donjon : au milieu des cornues et des alambics, on se prend à imaginer le compagnon de Jeanne d’arc cherchant à percer le secret de la pierre philosophale.

    La chapelle Saint-Vincent

    Il est un lieu encore plus étonnant : la crypte de la chapelle Saint-Vincent, du XIIe siècle, remarquable pour son élégante colonnade et des chapiteaux très ouvragés. Est-ce là que Gilles de Rais invoquait les puissances infernales pour se procurer l’or dont il avait tant besoin ? A-t-il sacrifié ici même quelques-uns des 140 enfants qu’on l’accuse d’avoir tués ?

    Sainte ChapelleOn peut voir en premier plan le châtelet, tour carrée équipée d’un pont-levis qui permettait l’accès au château, devance les ruines de la chapelle Saint-Vincent, édifiée au XIIe siècle.

    On n’a pas retrouvé ici de restes de ses victimes, contrairement à Champtocé, une autre de ses forteresses. Mais, quoi qu’il en soit, l’imagination va bon train…

     

    Photos-Villes du Monde 2:  Tiffauges, l'antre de Barbe Bleue

     

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    Nantes, capitale verte de France

     

    Par Léa Billon et Clio Bayle
     

    Découvrez ou redécouvrez Nantes, l'une des premières villes vertes de France. Plus de 100 000 arbres et une centaine de parcs, jardins et squares ponctuent le territoire.

    Découvrez le tout nouveau miroir d’eau de Nantes

    À l’instar des Bordelais, les Nantais ont aussi leur miroir d’eau situé face au Château-Mercœur.

    miroir d'eau de Nantes

    Avec ses 1 300 m2, le nouveau miroir d’eau nantais a tout pour séduire les petits comme les grands, surtout quand le thermomètre grimpe. D’autant que ce parallélogramme dans lequel se reflète le château est muni d’une trentaine de jets d’eaux verticaux dont la hauteur peut atteindre jusqu’à 1 m 50. Le miroir sera également équipé d’une fonction brumisateur.

    Le point d’orgue de la transformation du secteur Château-Mercœur

    10-miroir_nantes-fortier_0.jpg
    La volonté du maire, Johanna Roland, est de créer un poumon vert au cœur de la ville. Plusieurs dizaines d’arbres ont ainsi déjà été plantés dans le secteur et davantage devraient être installés prochainement. En 2014,  une aire de jeu a également vu le jour à proximité dont l’attraction phare est un grand dragon de bois réalisé par l’artiste japonais Kinya Maruyama.

    Le Jardin des plantes

    La jardin des plantesLe Jardin des plantes nantais est devenu une référence dans le monde entier, notamment pour sa collection de camélias unique en France.Labellisé « Jardin remarquable », il figure parmi les quatre grands jardins botaniques de France. D’une superficie de 7 hectares, il recense plus de 10 000 espèces vivantes, 800 m2 de serres et plus de 50 000 fleurs plantées chaque saison. 

    Claude Ponti, de retour à Nantes

    Les œuvres de Claude Ponti s'installent de nouveau à Nantes ! En 2013 et en 2014 déjà, l'illustrateur et auteur de littérature jeunesse avait enchanté le Jardin des Plantes grâce à des œuvres imaginatives comme un poussin en art topiaire et un banc géant.

    L'une des villes les plus vertes d'Europe

    En 2013, Nantes est devenue la première ville de l'Hexagone à recevoir le titre de Capitale Verte de l’Europe. Du jardin botanique à "la petite Amazonie", la cité recèle un patrimoine végétal varié (lire aussi : Nantes, la cité océane).

    Les installations de Claude Ponti

    Massif du poussin endormi

    Le massif du poussin endormi - Claude Ponti 2015.

     

    DormanronDormanron - Claude Ponti 2015.

    Les installations de 2013

    Le Jardin des Plantes

    Le banc - Claude Ponti 2013.

    Poussin de Claude PontiLe massif du poussin endormi - Claude Ponti 2013.

    Le Parc du Grand Blottereau

    parc_du_grand_blottereau_jardin_corean_c_jean-dominique_billaudweb.jpgLe jardin coréen du Parc du Grand Blottereau a été inauguré en septembre 2006 lors de la XIXe édition de la Folie des plantes. Appelé le jardin de « la colline de Suncheon » qui, avec son emprise d’un hectare, est devenu le plus grand jardin coréen d’Europe.

    Avec une superficie de 37,5 ha pour l'ensemble de la propriété (le parc à lui seul mesure 25 ha), le Grand Blottereau est le plus grand parc de la Ville. LCet espace vert est une invitation au voyage avec son jardin à la française, sa bananeraie et son jardin coréen (photo). Mais c’est aussi un parc exotique avec ses serres d’agronomie tropicale centenaires (lire aussi : Le Grand Blottereau, le diamant vert de Nantes). Propriété de Thomas Dobrée, grand négociant et armateur de Nantes, le parc a été légué à la ville en 1905.

    Le Jardin japonais de l’île de Versailles

    ile_de_versailles_jardin_japonnaisInauguré en septembre 1987, le Jardin de l’île de Versailles offre une forme de dépaysement et d’exotisme à la mode japonaise. La conception s’inspire des réalisations des architectes nippons et reconstitue un paysage de nature. Les érables et les pins sylvestres taillés en arbres nuages structurent le jardin. Les massifs de bambous viennent compléter cette ambiance asiatique. La floraison des azalées, rhododendrons, cerisiers et merisiers au printemps fait écho à ce qu'il se passe au même moment au Japon.

    La petite Amazonie

    petite_amazonie à NantesParticularité nantaise, la richesse du végétal ne se résume pas aux parcs et jardins. Au total 61 % du territoire métropolitain (52 336 ha) sont composés d’espaces naturels ou agricoles. Fait unique en zone urbaine, un marais de 17 ha, baptisé « la petite Amazonie » se trouve derrière la gare ferroviaire. Une flore et faune particulièrement diversifiées lui valent d’être classée zone naturelle « Natura 2000 ». Au total, les zones protégées à l’échelle européenne représentent 12,9 % du territoire Nantes Métropole.

    Les stations gourmandes

    stations_gourmandes à NantesDepuis 2012, chacun peut pique-niquer ou cueillir des fruits, légumes et herbes aromatiques dans ces vergers et potagers urbains. Les cultures agricoles, inattendues au cœur de la ville, incitent à redécouvrir les plantes qui nous nourrissent. Une invitation à s’installer sur une grande table pour faire une pause et déguster cerises, framboises, tomates ou prunes…

    Les lieux d’implantation des stations gourmandes

    • Station du verger : en centre-ville, à proximité directe de l’arrêt de tramway et Busway Duchesse Anne
    • Station Sous les pommiers: en centre-ville, dans la Cour du Château des ducs de Bretagne
    • Station Esplanade du Potager : en centre-ville, square Daviais
    • Station Mal’Alhambra : quartier Malakoff
    • Station Jamet : quartier Bellevue
    • Station La coulée fruitière : quartier Nantes Nord
    • Station Port-Boyer : quartier du Port-Boyer
    • Station Raimu : quartier du Breil
    • Station Vertais : quartier de l’Ile de Nantes, square Vertais
    • Station Confluence : quartier du Clos-Torreau.

    Le square château Mercoeur

    square_mercoeur_ville_de_nantesAvec l'installation au printemps 2014 d'un nouveau jardin de ville, l’espace château Mercoeur a connu une transformation complète : arbres remarquables, larges espaces engazonnés et massifs de plantes à fleurs. L’aire de jeu, à la fois ludique et poétique, accueille les enfants et leur famille. Kinya Maruyama, architecte et artiste japonais, y a fait naître un monstre marin libéré des sables : il a la tête d’un rhinocéros et le regard d’un dragon… Une invitation à l’imaginaire. À l'automne 2015, un miroir d’eau complètera ce nouvel espace urbain.

    Parc floral de la Beaujoire

    parc_floral_de_la_beaujoire_la_roseraieSitué sur la rive gauche de l’Erdre, rivière classée « grand site national » et plus belle rivière de France par François 1er, le Parc floral de la Beaujoire est accessible depuis le cœur de Nantes par une promenade au fil de l’eau de 6 km. Le Parc de la Beaujoire couvre une surface de 34 ha, dont 20 ha d’espaces verts pour le Parc des Expositions et 14 ha pour le Parc floral. Ce dernier comprend une magnifique roseraie (1600 variétés), plus de 400 Magnolias (370 variétés), un jardin d’iris, le jardin des bruyères, la rocaille de plantes vivaces, et des jeux pour enfants.

    Les jardins collectifs

    jardins_familiaux_du_clos_toreau_ville_de_nantesLa pratique citadine du jardinage est en vogue, et le succès des jardins partagés de Nantes fait écho à ce phénomène. Près d’un millier de parcelles sont actives aujourd’hui dans une vingtaine de sites. À Nantes, les jardins collectifs se caractérisent par leur situation, au cœur de la ville et dans tous les quartiers. 

    Opération "Ma rue en fleurs"

    operation_ma_rue_en_fleurs_ville_de_nantesNantes est passée d’une centaine de rues fleuries en 2013, à près de 900 en 2014.

    L’opération « Ma rue en fleurs » a d’abord été expérimentée en 2011 dans les quartiers Doulon-Bottière. Il s’agit, pour tous ceux qui le souhaitent, de contribuer au fleurissement et à l’embellissement de la ville en semant des graines près de chez eux. Plébiscitée par les habitants, elle a ensuite été généralisée à l’échelle de la ville en 2013. Les 2000 sachets de graines prévus en 2013 ont été distribués en une journée seulement et un réapprovisionnement a été nécessaire. Face à cet engouement, la ville de Nantes a décidé d’en faire une opération récurrente et d’augmenter la quantité de sachets de graines distribués. En 2015, la municipalité a fourni gratuitement 3000 sachets de graines aux Nantais qui souhaitaient participer.

    Parc de la Gaudinière

    parc_de_la_gaudiniere à NantesCe parc de 12,5 hectares est l’ancienne propriété d’une famille d’armateurs, les Chaurand. La conception paysagère de ce site remonte au XIXe siècle. Il a été réaménagé dans sa partie haute dans les années 1990. Aujourd’hui, il restitue une ambiance montagnarde et dégage une telle harmonie naturelle que les arbres exotiques présents (cyprès chauves, douglas, séquoias, chênes rouges d’Amérique...) paraissent appartenir à notre flore.

    A découvrir aussi

    L’arboretum du cimetière parc, le parc des Oblates, le parc de la Chantrerie, le parc de Procé,...

     

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    Escal’Atlantic, à Saint-Nazaire,

    l’aventure des paquebots de ligne

     

    Par Joël Chaboureau
    source : Détours en France
     

    Avec Escal’Atlantic, la ville de Saint-Nazaire propose de revivre l’épopée des grands paquebots de ligne : « l’Ile-de-France » ou « le Normandie », ces géants des mers qui sont les plus beaux fleurons d’une flotte qui était le seul moyen, dans les années 1920 et 1930, de rejoindre le continent américain.

    escal'atlantique saint-nazaire grand-large

    Au départ de Saint-Nazaire vers l’Amérique Centrale, de Cherbourg ou du Havre, vers l’Amérique du Nord, ou encore de Marseille vers l’Extrême-Orient – avec débarquement à Alexandrie avant le percement du canal de Suez –, les grands paquebots assuraient les lignes régulières avec, pour les plus célèbres, un luxe inouï pour les passagers de première classe. Qui a oublié la salle à manger du « France » ou le pont-promenade du « Normandie » sur lequel évoluaient toutes les sommités d’Europe durant les cinq jours de traversée vers le Nouveau Monde ?

    Une plongée dans l’univers des liners

    cabine France Escal'AtlantiqueUn espace présentant du mobilier de cabines du France (1962).

    Installé dans l’ancienne base sous-marine, Escal’Atlantic propose de revivre cette aventure le long d’un parcours immersif, depuis la passerelle d’embarquement jusqu’aux cabines en passant par le pont promenade et la salle à manger.

    escal'atlantique saint-nazaire grand salonDans le « Grand salon » (ci-dessus) et le « Hall d’embarquement » (ci-dessous) : des œuvres décoratives de Normandie (1935), des panneaux de verre gravés et peints de Jean Dupas, et des panneaux de laque de Jean Dunant, provenant de salons 1re classe.

    escal'atlantique saint-nazaire hall d'embarquement

    L’exposition n’oublie pas non plus l’expérience bien différente qu’ont vécue les émigrants qui voyageaient dans l’entrepont dans des conditions de confort beaucoup plus précaires avec dans le ventre l’inquiétude d’un monde nouveau, mais aussi le formidable espoir d’une vie meilleure dans un pays qui n’attendait qu’eux pour se bâtir.

    Quitter la terre ferme

    escal'atlantique saint-nazaire salle à mangerLa « Salle à manger » : dans les vitrines, des objets d’arts de la table provenant de Normandie (1935) ;  et sur le mur de droite un ensemble de dalles de verre d’Auguste Labouret, également de Normandie (1935), salle à manger 1re classe.

    Lors de votre visite, vous allez d’abord très concrètement « quitter la terre ferme » : il faut franchir la passerelle d’embarquement qui vous conduit devant la coque du « navire », percée de hublots. Et une fois « à bord », la magie opère ! A votre rythme, vous allez parcourir 25 espaces scénographiés, évoquant les intérieurs des paquebots transatlantiques, que ce soit des espaces dédiés aux passagers ou la face cachée du navire. Avec de multiples dispositifs interactifs et multimédias, la visite réinventée vous fera vivre une expérience dynamique, au cœur de cet univers passionnant des paquebots. Un conseil : laissez-vous guider tout simplement par votre curiosité.

    Renseignements :

    Saint-Nazaire Tourisme & Patrimoine 02 28 54 06 40 et www.saint-nazaire-tourisme.com.

     

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    Compostelle : Aubrac, le « vertige

    l’horizontal »

     

    Par Hugues Dérouard
    source : Hors-série Compostelle
     

    Traversé obligatoirement pour le pèlerin venu du Puy, ce plateau fut longtemps synonyme de grand danger. Histoire, fleurs et faune remarquables... Dans les pas d'un pèlerin.

    Le lac de Saint-Andéol près de Marchastel.

    À cheval sur les départements de la Lozère, du Cantal et de l’Aveyron, le gigantesque plateau de l’Aubrac tire son nom de l’expression occitane alto braco, qui signifie « lieu élevé ». Ce plateau se présente comme une grande table basaltique dressée à 1 200 mètres d’altitude, et culmine à 1470 mètres au signal de Maillebiau. Jusqu’aux alentours de l’an 1100, il était couvert de forêts.

    Les brigands s’y cachaient et détroussaient les pèlerins sans aucune pitié. La rudesse du climat et l’insécurité de la traversée des lieux conduisirent un certain Adalard, comte d’origine flamande, à fonder une abbaye pour protéger les pèlerins : la dômerie d’Aubrac, dont la cloche, Maria, orientait les « vagabonds de Dieu » perdus, fut édifiée par des moines en 1120. Il reste de cet ancien monastère quelques vestiges : l’église romane, un bâtiment du XVe siècle, une tour carrée qui aurait été bâtie vers 1350 pour protéger la dômerie des attaques des Anglais.

    Tapis au creux des forêts de l'Aubrac du XIe siècle, les brigands détroussaient les « vagabonds de Dieu »

    On raconte que les moines pendirent les brigands et défrichèrent le plateau. Ces espaces étaient trop élevés en altitude pour cultiver rentablement des céréales, mais l’herbe y poussait merveilleusement bien. C’est ainsi que l’élevage a commencé et qu’est née la race rustique et très résistante d’Aubrac. Tapissé de pâturages à perte de vue, le territoire de l’Aubrac est divisé en quelque trois cents « montagnes », issues des grandes exploitations monastiques de l’Aubrac du XIIe siècle. Cette immense mer sauvage et mystérieuse, entrecoupée de murets de pierre, abrite une flore et une faune tout à fait remarquables.

    FLORE D'AUBRAC
    Le thé d'Aubrac. C'est une spécialité locale. Appelé aussi calament, il se reconnait à ses feuilles argentées, ses grappes de fleurs roses et son odeur suave. Ses fleurs, recueillies en été pour être séchées, produisent une infusion reconnue pour ses qualités sédatives, digestives et toniques.
    La gentiane. Portant haut ses fleurs jaunes, elle égaie de sa couleur vive les versants les plus sauvages de l'Aubrac. Il faut attendre une trentaine d'années pour que ses racines fourchues puissent être utilisées. Le gentianaire, à l'aide d'une pioche, les arrache. Elles sont appréciées pour leurs vertus toniques et fébrifuges. Elles entrent aussi dans la composition d'apéritifs.
    Les narcisses. Ils sont si abondants au moment de la floraison - fin mai, début juin - que les prés semblent couverts de neige ! Ils sont ramassés au peigne sur l'Aubrac pour être expédiés à Grasse qui les utilise en parfumerie.
    Lest jonquilles. Elles sont certes très répandues en France, mais vous n'en verrez rarement autant que dans l'Aubrac.
    Et aussi, la digitale, l'armoise, l'arnica, la menthe sauvage.

     

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    Compostelle : d'Aumont-Aubrac à Nasbinals

     

    Par Hugues Dérouard
    source : Hors-série Compostelle
     

    Sur le chemin de Compostelle, d'Aumont-Aubrac à Nasbinals. Etape redoutable, étape redoutée... Témoignage. Dans les pas d'un pèlerin.

    Sur les plateaux de l'Aubrac, chaos granitique parcouru par La FolleDans l'Aubrac, chaos granitique parcouru par la Folle.

    Le plateau de l’Aubrac. Voici l’étape que l’on redoute mais que l’on espère toujours ! «Dans ces lieux d’horreur et de vaste solitude, les jacquets souffriront mille morts», avertissait Aymeri Picaud dans son guide, au XIIe siècle. Depuis près de mille ans, les récits des pèlerins ont en fait un véritable mythe. Aujourd’hui encore, lorsque l’on demande aux marcheurs l’étape qui les a le plus marqués, ils citent bien souvent l’Aubrac…


    À partir du gros bourg d’Aumont-Aubrac, recroquevillé au pied du plateau, le GR65 chemine durant de longs kilomètres à travers des forêts de pins que l’on a déjà longuement côtoyées les jours précédents…Il faudra attendre le carrefour des Quatre-Chemins, quelques kilomètres plus loin, pour avoir l’impression de se lancer dans l’aventure. Ici, une dernière halte s’impose «Chez Régine», bistrot-institution, ultime oasis avant d’attaquer le désert de l’Aubrac.

    Plateau de l'Aubrac sur le chemin de CompostelleSur les hauts-plateaux de l'Aubrac

    «Alors, on va dans la pampa?», lance, moqueur, un paysan du coin à des marcheurs. Le chemin s’élève ensuite vers les prairies. Nous empruntons les drailles, ces sentes bordées de murets de pierres sèches tracées au cours des siècles par les troupeauxde moutons, venant paître pendant l’estive.

    Aujourd’hui, vaches et taureaux aubrac les ont remplacés, matant de leur regard andalou – «de grands yeux charbonneux de mauvaise femme», disait l’écrivain Henri Pourrat – les improbables visiteurs. Les kilomètres qui vont suivre seront beaux mais désolés, solitaires, hostiles.


    Les étés sont brefs, les hivers rudes et longs sur cette grande table basaltique de l’Aubrac, qui s’étire sur quarante kilomètres et découpée en montagnes. Bientôt, il n’y aura plus aucun arbre à l’horizon, mais une prairie infinie, à l’herbe jaunie balayée par les vents. Les clôtures se confondent avec les roches et, quand le brouillard s’en mêle, les chaos granitiques deviennent fantomatiques, réveillent les légendes.

    Surtout, ne quittez pas le chemin sur la ligne de crête… si le brouillard persiste, nous glissait la veille l’hôtelier.

    Jadis, les pèlerins devaient ici se garder des loups – quelques-uns ont été aperçus récemment, venant d’Italie et rejoignant probablement les Pyrénées –, des aubergistes malhonnêtes, des bandits prêts à détrousser ceux qui s’égaraient dans la nuit, le brouillard ou la neige.

    Pelerins sur les routes de l'AubracPélerins sur les routes de l'Aubrac. Ici, à Saint-Chély-d'Aubrac, le pont sur la Boralde.


    Le marcheur ne compte plus les kilomètres. Son regard cherche à s’accrocher à quelque chose. En vain. Les hameaux sont rares et seuls quelques burons rappellent la présence de l’homme. L’immensité saisit la gorge. Un «morceau de continent chauve», écrivait Julien Gracq. Mais le paysage est splendide. Impossible de s’en lasser. Julien Gracq, encore : « Sur ces hauts plateaux déployés où la pesanteur semble se réduire comme sur une mer de la Lune, un vertige horizontal se déclenche en moi qui, comme l’autre à tomber, m’incite à courir, à perte de vue, à perdre haleine.»

    Sur cette grande table basaltique de l’Aubrac, l’immensité est saisissante. Un «morceau de continent chauve», disait Julien Gracq, mais les paysages sont splendides.

    Nasbinals, près du toit de l’Aubrac à 1470 mètres d’altitude, est d’un premier secours pour les marcheurs avec son église romane, typiquement auvergnate aux murs de basalte brun et au toit de schiste. Épuisés et heureux, ils profitent ici d’une halte bien méritée. Demain, les derniers pas sur le plateau de l’Aubrac ne seront pas les moindres.

    Le village de Saint-Chély-d'Aubrac, étape sur le chemin de CompostelleSaint-Chély-d'Aubrac, halte sur le chemin de Compostelle.

     

    Photos-Villes du Monde 2:  Compostelle : d'Aumont-Aubrac à Nasbinals

     

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