• Photos-Villes du Monde: Barfleur, une vigie à l'extrême du Cotentin

     

    Barfleur, une vigie à l'extrême

    du Cotentin

     

    Par Détours en France
    source : Hors Série - Les plus beaux villages de nos régions 2012, p.72
     
     
     

    Dans le Val de Saire, Barfleur, est devenu un havre de charme face à une Manche des plus toniques. Ce bourg a épousé la mer avec ses côtes, jalonnées de ports.

     

    Barfleur

    Morte-eau dans le port d’échouage. Les bateaux de pêche professionnels reposent sur leurs béquilles, tandis que les plus petites unités sont couchées sur le flanc.

    Le poète et romancier cherbourgeois Michel Besnier tire le portrait de Barfleur en une caravane de mots simples et aux senteurs maritimes : « Filets plein d’histoires / Qui fleurent le bar / Casiers de mémoire / Flotteurs de rêve/Chants des filins / Palabre des mouettes / Humeurs de mer / Et mots du ciel / Barfleur sans fin raconte. » Découvrez le village en lui faisant face. Pour cela, rendez-vous de l’autre coté du bassin, au pied du phare miniature tout blanc du Krako.

     

    Un pays de pêche

    À Barfleur, le quai Henri-Chardon est à l’image du port d’échouage qu’il borde : il se vide et se remplit au rythme métronomique de la marée. La fin d’après-midi s’étire sur le port, le bassin commence à se vider, les chalutiers, dans quelques dizaines de minutes, seront sur le flanc (ou sur de frêles béquilles), ressemblant alors à des cétacés colorés échoués dans la vase plutôt qu’à d’alertes bateaux défiant la houle mauvaise et les courants traîtres du raz de Barfleur.

     

    Port

     

    Le comptoir du Café de France vibre des commentaires de la « débarque ». La marée ne semble pas avoir été mauvaise, les mominettes, les cosaques et les blancs limés donnent de la voix aux marins pêcheurs. Pascal et Stéphane, deux patrons pêcheurs barfleurais, ont une spécialité : ils draguent la « blonde… de Barfleur », moule sauvage, uniquement, quand certains de leurs collègues s’intéressent plus aux « demoiselles de Cherbourg », petit homard goûteux.

     

    Port

    Le bivalve provient de gisements sauvages, une petite moule iodée à la chair jaune safranée, « supérieure à la bouchot », a-t-on l’habitude d’entendre. Jérôme, photographe de mer, est venu en voisin, passant à l’improviste, à l’heure de l’apéro. Sa galerie, Lumières marines, est juste à côté.

     

    Pêcheurs et plaisanciers se croisent

    Jadis havre prisé des Romains, puis des Vikings, avant de devenir le plus important port du Cotentin au Moyen Âge – grâce aux ducs de Normandie, alors possesseurs du royaume d’Angleterre –, Barfleur se partage aujourd’hui entre une activité touristique et une vocation de pêche. Les « mouliers » et les caseyeurs voisinent avec les plaisanciers.

    Une lande qui inspire

    Paul Signac, peintre impressionniste et père du pointillisme, séjourna ici, fasciné par le flux et le reflux de marées souvent spectaculaires. Les ciels, réinventant sont cesse les couleurs de la pierre, réjouissaient également cet artiste anticonformiste et assoiffé d’évasion.

     

    Plage

     

    Du passé médiéval ne demeure presque rien, excepté des pierres d’un ancien sanctuaire roman réutilisées dans la maçonnerie de l’ensemble des bâtiments constituant la cour Sainte-Catherine (XVIe siècle). Cette placette offre des vestiges disparates : fenêtres à meneaux, entrée cochère en arc surbaissé, linteaux ornés, escalier extérieur. Poursuivez jusqu’à la rue Saint-Thomas en longeant les murs arrière de l’hôtel Le Conquérant, bel exemple d’hôtel particulier du XVIIIe siècle.

     

    Baie

     

    Dédiée à saint Thomas Becket, l’archevêque de Cantorbéry, l’artère principale du bourg est bordée de maisons anciennes formant une élégante unité architecturale. L’alignement des façades en granit, le rythme des toits couverts de schiste bleuté ou d’épaisses ardoises grises dessinent une belle perspective fuyant vers le port. Le couvent des Augustins, accessible par la cour de la mairie, est, avec ses bâtiments conventuels de 1739, un point fort de cette rue Saint-Thomas.

     

    Son architecture

    Canalisé par de massifs quais construits sous Napoléon III, le quartier situé sur la pointe de Barfleur épouse, tout en courbe douce, le rivage. Ici, le schiste et le granit de chaque maison révèlent un jeu de construction recherché, tempérant la rigueur des physionomies. Soyez attentif aux toitures, elles dévoilent une richesse aussi discrète qu’originale : lauses lustrées, épis avec godrons, abouts de faîteau ornés d’oiseaux, « taffêtes » (tuiles de faîtage) ornées de boutons ou de dentelle, signature des potiers de Sauxemesnil (Val de Saire), très productifs jusque dans les années 1920.

     

    Eglise Saint-Nicolas

    L'église Saint-Nicolas est l'archétype du bâtiment médiéval, ses pierres et son "donjon" font son charme inconditionné.

     

    Figure de proue du promontoire que forme le village, l’église Saint-Nicolas (débutée au XVIIe siècle et achevée au XIXe siècle), à l’austérité presque militaire, veille sur son cimetière marin d’un côté et sur le bassin d’échouage de l’autre. Son plan cruciforme et sa tour clocher dénuée de flèche lui confèrent un aspect fortifié qui s’intègre au site.

     

    Panorama du bourg

    Pour bénéficier d’une vue large sur Barfleur, vous avez deux possibilités. Soit imiter Paul Signac, célèbre peintre paysagiste inventeur du pointillisme qui habita de 1932 à 1935 une solide maison de pays dans la petite rue Saint-Nicolas, et prendre le chemin de la Masse menant vers la pointe de Barfleur et le phare de Gatteville.

     

    Phare

     

    Soit partir de l’autre côté du bassin, rue Julie-Postel, pour rejoindre le phare miniature tout blanc du Krako. En arpentant le môle qui est dans son prolongement, on découvre le village, comme suspendu entre le bleu du ciel et l’outremer de la mer.

     

    Sauveteurs des mers

    Au bout du quai Henri-Chardon, au pied de la croix ancienne du cimetière, se trouve la première station de sauvetage en mer du littoral français. Créée en 1865 sur le modèle anglais, elle avait pour mission de secourir les marins en difficulté. Parmi les naufrages ayant marqué les esprits, celui de la Blanche-Nef en 1120, où périrent 193 personnes dont Guillaume Adelin, fils légitime du roi Henri Ier et héritier de la couronne d’Angleterre, a tissé la légende du raz de Barfleur.

     

    Barfleurs

     

    Si aujourd’hui, les canots sont modernes et dotés de puissants moteurs, tel l’Amiral de Tourville, les premiers étaient à rames et lancés à l’eau depuis les quais ! À l’intérieur de la station, l’ancien canot, le Crestey et Sauvé, est entouré de ses états de service : des dizaines de marins sauvés des eaux.

     

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