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    Doigts de sorcière…

     

    Poésie:  Doigts de sorcière....

     

    Doigts de sorcière…
    Doigts de sorcière dans le sable,
    fleurs écloses dès le matin
    avec un petit air carmin…

    Les deux tourterelles grappillent
    les graines déposées au nichoir
    Elles savent bien que la vie s’éparpille
    comme les serments et le hasard…

    De petits flocons duveteux
    flottent dans l’air printanier

    Le soleil se pose sur nos yeux
    comme un papillon malicieux

    Un faux bourdon cherche sa voie
    au milieu de l’ancien fuchsia

    Les bambous le montrent du doigt,
    sentinelles qui font feu de tout bois,
    envahisseurs du fond du jardin

    Nos désirs restent suspendus
    sur la corde à songes du temps
    qui semble immobile à présent

    Tout à l’heure, nous prendrons le sentier
    qui descend au bord de l’étang

    Nous marcherons paisiblement
    en écoutant chanter le vent
    qui balance les blés dans le champ

    Nous cheminerons jusqu’aux portes du soir
    heureux simplement d’être ensemble
    et nous sèmerons, près du tremble,
    de petites graines d’espoir…

    ( Copyright Alain Biaux )

     

    Poésie:  Doigts de sorcière....

     

     

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  • Poésie:  5 poèmes

     

    Poésie:  5 poèmes

     

    Poésie:  5 poèmes

     

    Poésie:  5 poèmes

     

    Poésie:  5 poèmes

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    L’aigrette garzette

    Marchant à pas comptés dans les ondes limpides,
    Elle fixe le lac d’un regard attentif.
    Accélérant soudain, elle avance intrépide
    Vers la zone profonde en un geste instinctif.

    Un poisson argenté glisse sous la surface.
    En déployant son cou d’un mouvement brutal,
    Elle plonge son bec vers le reflet fugace,
    Le transperce aussitôt, coup de poignard fatal!

    D’une rare élégance arpentant son domaine,
    Son image racée accompagne ses tours.
    Dans le miroir des eaux son double se promène,
    Copiant à satiété l’éclat de ses atours.

    Le blanc immaculé de ses plumes si fines,
    En volutes neigeux danse autour de son corps.
    Elle ne bouge pas, mais la brise mutine
    Soulève son manteau, dérangeant le décor.

    L’aigrette qui la coiffe est tellement légère,
    Qu’au moindre courant d’air elle s’agite un peu.
    Et l’oiseau trace ainsi un sillon éphémère
    Mélangeant les couleurs des flots et du ciel bleu.

    En longeant les roseaux, elle gagne la rive,
    Et monte sur le sable, évitant les graviers.
    Nos yeux suivent longtemps cette ébauche furtive
    S’enfonçant doucement dans les buissons côtiers.

    En plein cœur des marais sa frêle silhouette
    Dont les duvets soyeux animent les contours,
    Disparaît lentement, et l’aigrette garzette
    Va rejoindre les siens quand s’alanguit le jour...

    Nicole Bouglouan - Le 7 Juin 1999

     

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  •                                                            

    Le nettoyeur des champs

    Vous le verrez souvent tout au bord de la route   
    Ramassant les débris et se gavant de riens.
    Je pourrais me tromper, mais je crois sans nul doute,
    Que s’il n’existait pas, il nous manquerait bien!

    Pesamment il sautille, et son corps noir d’ébène
    Se faufile aisément derrière le talus.
    D’un coup d’aile puissant il s’élève sans peine,
    Car les cieux resteront sa vie et son salut.

    Figure de statue, il règne sur la plaine
    Quand parfois il se pose en haut d’un arbre mort
    Apercevant de loin les meilleures aubaines,
    Il descend lentement, ménageant son effort. 

    Il survole un instant l’attirante charogne,
    Afin de s’assurer que personne alentour
    Ne vise justement identique besogne,
    Et sûr de sa quiétude, il se change en  vautour...

    Arrachant des lambeaux de la pauvre carcasse,
    Il se nourrit très vite, avalant goulûment.
    Il doit se dépêcher car plus tard les rapaces
    Réclameront leur part de ce festin gourmand!

    Mais ce gros passereau n’est pas bien difficile,
    Un grand champ de maïs peut aussi convenir.
    C’est alors tout un vol de ces noirs volatiles
    Qui s’abat sur la manne offerte à leur désir!

    Tels des éclats de jais jetés dans la verdure,
    Ils avancent en ligne au gré des longs sillons.
    Les hommes n’aiment pas les voir dans leurs cultures,
    Et se font prédateurs en vastes rébellions.

    Ils s’échappent soudain, croassant à tue-tête,
    Sachant que chaque jour les cadavres exquis
    Des animaux plus faibles, souffrant de disette,
    Seront là pour combler leur énorme appétit.

    Leur plumage luisant dans l’aurore naissante
    Se couvre de rosée; ils deviennent joyaux,
    Perchés deci-delà, sur des branches cassantes.
    Bientôt va s’allonger l’ombre des grands oiseaux.

    Nicole Bouglouan
     Le 27 Août 1998

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