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    États-Nations : une exception historique

     

     

    Au cours du dernier millénaire, les empires se sont imposés dans toutes les régions du monde qui ont dépassé le stade de la tribu ou de la cité-État !... Toutes ? Non, une ou deux régions ont échappé à la fatalité impériale.

    Ces régions sont en premier lieu l’Europe occidentale et ses ramifications du Nouveau Monde, en second lieu le Japon.

    Certes, ce dernier a toujours eu à sa tête un souverain qualifié d’empereur en français (Tenno en japonais) mais, comme les États-Nations occidentaux, il n'a rien à voir avec notre définition d’un empire : un État multiculturel ou multinational reposant sur la force militaire.

    André Larané
     

    Rome : mort et résurrection

    Gabriel Martinez-Gros a emprunté à l'historien Ibn Khaldoun une interprétation très éclairante de la façon dont naissent et meurent les empires. Elle s'applique à l'empire romain comme à la Chine impériale.

    L'empire romain a sombré quand, ayant confié sa défense à des recrues venues des périphéries barbares, il n'a plus été en mesure de résister à leurs exigences. Dès le Ve siècle, sa partie occidentale a été envahie par les Germains et divisée entre plusieurs royaumes barbares, Wisigoths et Suèves en Ibérie, Ostrogoths puis Lombards en Italie, Francs en Gaule et Rhénanie.

     

    Une vision très contemporaine et allemande des Migrations de peuples germains (DR)

    Contrairement à ce dont voudraient aujourd’hui nous persuader des historiens bien intentionnés, ces « Grandes Invasions » ou « Migration des peuples » (Völkerwanderung) n’ont eu rien de paisible ! L’archéologue Bryan Ward-Perkins souligne en effet la profonde dégradation des conditions de vie au tournant du Ve siècle, après l’Antiquité tardive des IIIe et IVe siècles, aux couleurs de l’automne.

    Selon le schéma khaldounien : un empire meurt, un autre naît !, les Francs tentent de réunifier sous leur autorité l'ancien empire d'Occident. Leur chef Clovis fonde sa capitale dans une bourgade installée autour d’une île de la Seine, Paris ! Il établit son pouvoir sur un vaste territoire qui inclut une bonne partie de l'Allemagne et de la France actuelles, le Regnum francorum ou « Royaume des Francs ».

    Mais à vrai dire, ni lui ni ses descendants, les rois mérovingiens, ne vont réussir à enrayer la ruine de l’Occident.

    Il faut attendre près de trois siècles avant qu'une nouvelle famille franque essaie de relever l'empire. Ce sont les Pippinides, issus d’un certain Pépin de Herstal. Ils émergent avec Charles Martel et atteignent leur apogée avec le petit-fils de ce dernier, qui reçoit du pape le titre d’empereur d’Occident en 800. On le connaît aujourd’hui sous le nom de Charlemagne.

     

    La chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle, résidence de Charlemagne

    Son empire amorce une timide « renaissance » de l’administration et de la vie intellectuelle. Mais il survit à peine plus d’un siècle à la mort de son fondateur, victime des guerres intestines, de la pression des nouveaux barbares : Vikings, Sarrasins et Hongrois, et de la pauvreté générale.

    Cet empire carolingien est constitué, il est vrai, de la partie la plus déshéritée de l’ancien empire romain, lequel a laissé place à deux autres empires autrement plus riches, l’empire byzantin, centré sur Constantinople, et l’empire arabo-persan centré sur Bagdad. Qui plus est, les musulmans, en s’installant sur les rivages méditerranéens, ont pratiquement ruiné le commerce maritime entre l'Occident et l'Orient, selon la thèse développée par l’historien Henri Pirenne (Mahomet et Charlemagne, 1922).

     

    Deuxième restauration impériale

    L'empereur Otton II le Roux avec son épouse Theophano et leur fils, futur Otton III, au pied du Christ (ivoire, vers 980)

    Les barons allemands s’étant débarrassés des piètres descendants de Charlemagne, le Saxon Otton se fait couronner roi de Germanie à Aix-la-Chapelle, la capitale du grand empereur. Ayant ensuite vaincu les Hongrois, il met en 955 un terme définitif aux invasions barbares.

    Le prestige acquis par cette victoire lui vaut d’être couronné « empereur et Auguste » par le pape en 962. Ainsi naît ce qui deviendra le Saint Empire romain germanique.

    La chrétienté occidentale connaît un bel épanouissement dans les trois siècles suivants que les historiens conviennent d’appeler « beau Moyen Âge » : triplement de la population, essor de l’artisanat, du commerce et des villes, émergence du style gothique…

    L'élan ralentit dans la deuxième moitié du XIIIe siècle. Puis, la guerre de Cent Ans, à partir de 1337, et surtout la Grande Peste, dix ans plus tard, ravagent l’Europe… Celle-ci se remet de ses épreuves et en sort transformée.  

     

    Rome et la Chine : même combat !

    De façon a priori surprenante, la Chine suit un parcours très similaire à celui de l’empire romain.

    L'empire Han, né deux siècles av. J.-C., s’effondre deux siècles après J.-C., victime comme Rome de dissensions civiles et d’agressions barbares. Ce n'est pas tout à fait une coïncidence : au début de notre ère, semble-t-il, un refroidissement climatique a contraint les Huns qui nomadisaient au coeur de l'Asie à chercher d'autres paturages pour leurs troupeaux. Ce faisant, ils ont poussé à l'Ouest les Germains à chercher refuge dans l'empire romain, à l'Est les Turcs, Ouigours et autres nomades à attaquer la Chine. 

    Après une longue période de ténèbres, voilà qu’en Chine, un jeune notable ambitieux accède au pouvoir avec le concours des Turcs. Sous le nom de règne de Taizong, le « Charlemagne chinois » fonde en 626 la dynastie des Tang.

    Un siècle plus tard, en 755, la Chine est frappée par l'insurrection la plus meurtrière qu’elle ait jamais connue : c’est la révolte d’An Lushan, fomentée par un général d’origine turque. Elle cause sans doute plus d’une dizaine de millions de morts sur une cinquantaine de millions d'habitants. La dynastie Tang ne s’en remettra pas.

     

    L'empereur Song Taizu  (21 mars 927 - 14 novembre 976), musée national de Taipeh (Taiwan)

    À l’issue d’une nouvelle période d’anarchie, en 960 (deux ans avant le sacre d'Otton !), les chefs militaires portent sur le trône impérial l’un des leurs sous le nom de Taizu. Il fonde la dynastie des Song. La Chine va alors connaître pendant près de trois siècles une insolente prospérité et une civilisation florissante : forte croissance démographique, apparition de l’imprimerie, de la poudre, du papier-monnaie etc.

    Les meilleures choses ont une fin : de la steppe surgissent cette fois les Mongols de Gengis Khan. Ils ravagent l'empire et s'emparent pour finir de Canton en 1278.

    Selon la sempiternelle « loi des empires », ils fondent à leur tour une dynastie, les Yuan. Très vite sinisée et très vite affadie, elle est renversée en 1368 par une bande de rebelles bouddhistes venus du sud. Leur chef devient empereur sous le nom de Hongwu et fonde la dynastie des Ming.

    On observe la même « loi des empires » en Orient : l'empire byzantin se réduit comme peau de chagrin sous la pression des Ottomans ; les Mongols de la Horde d'Or soumettent et pressurent le monde russe ; d'autres Mongols et Turco-Mongols anéantissent ce qui reste de l'empire de Bagdad et lui substituent leur propre violence ; en Inde du Nord, enfin, se succèdent les envahisseurs venus du nord-ouest.

      Empire romain Chine
    -203
    -146
     
    Rome devient un « empire »
    Gaozu fonde l'empire Han
     
    221
    476
     
    fin de l'empire d'Occident
    fin de l'empire Han
     
    618
    800
     
    couronnement de Charlemagne
    avènement de Tang Taizong
     
    960
    962
     
    Otton fonde le Saint Empire
    Hongwu fonde l'empire Song
     
    1252
    1268
     
    mort de Frédéric II
    conquête mongole
     

     

    Les nations contre l’Empire

    En Europe occidentale toutefois, l'Histoire prend un tournant qui échappe à l’historien Ibn Khaldoun, contemporain de cette époque.

    Les successeurs d'Otton à la tête du Saint Empire n'arrivent pas à s'imposer face aux forces montantes : féodaux, Église et papauté, républiques urbaines, royaumes nationaux. La mort misérable de Frédéric II en 1252 inaugure un Grand Interrègne à l’issue duquel Rodolphe de Habsbourg est élu en 1273 à la tête de l'Empire. Une élection sans grande conséquence : lui-même et ses successeurs n’auront plus qu’un titre honorifique.

    L'empire est évanescent mais l'on ne voit poindre à l'horizon aucun chef barbare, aucun sang neuf susceptible de le renouveler !

    Les territoires de l'ancien empire carolingien, entre l’Èbre (Barcelone), l’Elbe (Hambourg) et le Tibre (Rome), auquel il faudrait ajouter l’Angleterre, commencent à se distinguer du reste du monde. De là va surgir la civilisation européenne dont nous sommes les héritiers, avec l’État de droit, la démocratie et la révolution industrielle...

     

    Histoire Moderne 2:  États-Nations : une exception historique

     

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    États-Nations : la divergence européenne

     

     

    Au milieu du XIIIe siècle, le monde civilisé se partage entre de grands empires, les uns en pleine croissance comme les empires mongols, les autres en déliquescence comme l'empire byzantin.

     

     

    Le château-fort de Cautrenon, en Auvergne, dessin de Guillaume Revel dans l'Armorial du duc de Bourbon (XV° siècle), BNF

    Tous suivent une « loi » entrevue par l'historien Ibn Khaldoun, selon laquelle les empires sont voués à périr sous les coups des barbares de leurs frontières et renaître à l'initiative de ces mêmes barbares.

    L'Europe occidentale constitue l'exception la plus notable avec l'émergence d'États-Nations appelés à durer jusqu'à nos jours. Que s’est-il passé pour qu’après l’An Mil, elle diverge et s’écarte de la loi commune ? La naissance improbable des États-Nations invaliderait-elle la thèse d’Ibn Khaldoun ?

     

    Le bréviaire d'Alaric, code de lois wisigoth publié en 506 : on  voit ici le roi, un évêque, un duc et un comte (miniature d'une copie du IXe siècle, BNF)

    L’État de droit, enfant de la ruralité

    Avec la quasi-disparition du commerce en Occident, au temps des Carolingiens, on a vu que les puissants n’avaient plus d’autres richesses que les réserves de leurs domaines ruraux. Comtes et ducs, évêques et abbés étaient donc attachés à ceux-ci.

     

    Calendrier des travaux agricoles (1306, extrait du Rustican, Pietro de' Crescenzi, Musée Condé, Chantilly)

    Leurs liens avec la terre se renforcent quand, pour s’assurer de la fidélité de ses compagnons de combat, un petit-fils de Charlemagne leur concède un droit héréditaire sur leurs fiefs. Ainsi va se développer un solide maillage de seigneuries et autant de villages qui assurent leur entretien.

    Après les bouleversements démographiques des siècles précédents, la population se stabilise et s'enracine. Bénéficiant d'une paix relative et aussi d'un radoucissement du climat, les campagnes dégagent des surplus qui alimentent les échanges et génèrent des villes industrieuses et commerçantes.

    Chaque région cultive son parler, ses usages et ses coutumes. Celles-ci, avec le temps, acquièrent force de loi. Les Anglais les désignent sous le nom de « common law », par opposition à la loi édictée par le pouvoir. Elles vont s'imposer aux puissants comme aux humbles et devenir le socle des États en gestation.

    Cette conception du droit est inédite et propre à l'Occident médiéval. Privilégiant l'attachement à la terre et à la communauté villageoise, elle exclut naturellement l'esclavage, lequel se retrouve partout ailleurs et en particulier dans les empires. Le roi de France Louis X le Hutin publie le 3 juillet 1315 un édit qui affirme que « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». Officiellement, depuis cette date, « le sol de France affranchit l'esclave qui le touche ».

     

    Calendrier des travaux agricoles (1306, extrait du Rustican, Pietro de' Crescenzi, Musée Condé, Chantilly)

    L'attachement des Occidentaux aux règles juridiques surprend les Arabes en contact avec les Francs ainsi que le note l'écrivain Amin Maalouf dans son essai sur Les croisades vues par les Arabes (J'ai Lu, 1988) : «  Oussama a remarqué, lors d'une visite au royaume de Jérusalem, que "lorsque les chevaliers rendent une sentence, celle-ci ne peut être modifiée ni cassée par le roi". Encore plus significatif est ce témoignage d'Ibn Jobair : "Nous avons traversé une suite ininterrompue de fermes et de villages aux terres efficacement exploitées. Leurs habitants sont tous musulmans, mais ils vivent dans le bien-être avec les Franj [Francs ou croisés]. Leurs habitations leur appartiennent et tous leurs biens leur sont laissés. Or le doute pénètre dans le coeur d'un grand nombre de ces hommes quand ils comparent leur sort à celui de leurs frères qui vivent en territoire musulman. Ces derniers souffrent, en effet, de l'injustice de leurs coreligionnaires alors que les Franj agissent avec équité  ».

    Le lien avec la terre natale fait qu'au XIIe siècle, on commence à employer le mot « nation » (du latin nascere, « naître »), mais c'est pour qualifier les étudiants de même origine dans les universités de Bologne et Paris. Il y a ainsi la nation picarde, la nation normande...

    Le sentiment d'appartenance nationale se révèle à la fameuse bataille de Bouvines, en 1214, quand les milices bourgeoises prêtent main forte à l'armée féodale pour repousser une coalition en guerre contre le roi de France.

    Dans ce contexte, que devient l'empire d'Otton ? Il dépérit.

    Le titulaire du Saint Empire a les plus grandes difficultés à prélever l'impôt et manque d'autorité sur les seigneuries laïques et ecclésiastiques ainsi que sur les républiques urbaines. Pour imposer sa volonté, il n'a d'autre moyen que de faire appel au bon vouloir de ses vassaux, les barons d'Allemagne, lesquels ont d'autres priorités en tête.

     

    Combattants mongols en Chine

    Les barbares, chance et malédiction des empires

    Voilà ce qui fait la différence - capitale - entre l'empereur d'Occident et son homologue chinois. Celui-ci, conformément au schéma d'Ibn Khaldoun, peut recruter des mercenaires et des alliés parmi les barbares qui nomadisent aux confins de l'empire, Turcs, Ouigours, Mongols, Tibétains...

    Ces combattants étrangers sans attache locale n'ont aucun scrupule à réprimer les Chinois qui s'opposent à l'empereur. Ils empêchent aussi la formation d'une féodalité chinoise qui ferait obstacle à son autorité. Tout va pour le mieux jusqu'au moment où des barbares se lassent d'obéir à l'empereur ou envahissent le pays : s'ouvre alors un nouveau cycle avec période de troubles et nouvelle dynastie.

    Ce qui est bon pour l'empereur et pour l'intégrité de la Chine ne l'est pas pour la justice et l'équité. L'arbitraire est le lot commun. Si les habitants de la capitale, l'entourage de l'empereur et ses troupes vivent dans l'opulence grâce aux impôts dont sont accablés les paysans, il n'en va pas de même de ces derniers qui, dans l'incertitude du lendemain, n'osent épargner et investir.

    On peut voir dans cet arbitraire la raison qui va conduire les empires du IIe millénaire, la Chine, mais aussi Byzance, la Russie et les différents empires musulmans, à stagner tandis que s'épanouiront les États-Nations occidentaux.

    Amin Maalouf, cité plus haut, a entrevu le phénomène en auscultant les chroniques arabes des Croisades : «  Les Franj, dès leur arrivée en Orient, ont réussi à créer de véritables États. À Jérusalem, la succession se passait généralement sans heurts ; un conseil du royaume exerçait un contrôle effectif sur la politique du monarque et le clergé avait un rôle reconnu dans le jeu du pouvoir. Dans les États musulmans, rien de tel. Toute monarchie était menacée à la mort du monarque, toute transmission du pouvoir provoquait une guerre civile. Faut-il rejeter l'entière responsabilité de ce phénomène sur les invasions successives, qui remettaient constamment en cause l'existence même des États ? Faut-il incriminer les origines nomades des peuples qui ont dominé cette région, qu'il s'agisse des Arabes eux-mêmes, des Turcs ou des Mongols ?  ».

     

    Bienfaits de l'isolement

    De fait, ce qui distingue fondamentalement l'Europe occidentale des autres aires de civilisation, c'est qu'elle n'a connu aucune invasion à partir de 955 et de la victoire d'Otton sur les Hongrois. Les Mongols eux-mêmes se sont arrêtés en Hongrie sans émouvoir d'aucune façon les Occidentaux. Faute de barbares en périphérie, l'empereur d'Occident, à la différence de ses homologue chinois, arabe ou moghol, n'a jamais pu recruter des barbares qui auraient pu désarmer ses sujets et les pressurer à loisir.

    Ainsi, à l'abri de toute immixtion étrangère, des États de droit ont pu s'épanouir et durer dans l'ancien empire carolingien (entre Èbre, Elbe et Tibre) ainsi qu'en Angleterre. Ces États de droit ont inventé la démocratie et la liberté d'entreprendre, avec au bout du chemin la révolution industrielle.

    Une seule autre région du monde peut se féliciter de n'avoir connu aucune invasion ni vague migratoire au cours du dernier millénaire : l'archipel nippon. Est-ce un hasard si le Japon est aussi, en-dehors de la chrétienté médiévale, la seule autre région du monde à avoir connu une forme de féodalité ? Et le premier pays non-occidental à avoir adopté les recettes de la modernité : État de droit, éducation de masse, liberté d'entreprendre... ?

    La démonstration est belle. Soyons-en reconnaissants au vieil Ibn Khaldoun et à l'historien Gabriel Martinez-Gros qui a compris et mis en lumière sa pensée.

    André Larané

     

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    Prendre son temps à Lyon

     

    Photos-Villes du Monde 3:  Prendre son temps à Lyon

     

    Lyon a été élue l'année dernière meilleure destination d'Europe pour une escapade d'un week-end.

    PHOTO TRISTAN DESCHAMPS, FOURNIE PAR ONLY LYON

     

     

    On y passe parfois en coup de vent, entre deux destinations ou à l'arrivée en France. Lyon mérite toutefois qu'on s'y attarde: la ville a été élue l'année dernière meilleure destination d'Europe pour une escapade d'un week-end. Conseils pour découvrir cette ville magnifique, même en peu de temps.

     

    Une étape à la Presqu'île

    Entre la Saône et le Rhône, les quartiers qui donnent vie à la Presqu'île de Lyon sont le portrait tout craché de la belle France des films: il y a des cafés, des restos, de la vie partout; une succession de places publiques splendides. Idéal pour une première étape à la découverte de la ville.

    L'année dernière, Lyon a été nommée meilleure ville européenne pour passer un week-end de vacances par les World Travel Awards. Devant Barcelone ou Copenhague.

     

    «C'est une ville qui favorise le tourisme court. Quelques jours, un week-end prolongé», dit Patrick Mathon, qui conseille de découvrir la ville à pied pour traverser «les entre-deux», d'un quartier à l'autre. L'homme prêche pour sa paroisse: il est fondateur du Lyon City Treck, qui propose des excursions urbaines. «C'est une ville qui a des quartiers très différents, poursuit-il. En quelques jours, on peut faire une balade, aller au musée, aller voir un spectacle et, bien sûr, il y a son côté gastronomique.»

    L'année dernière, Lyon a accueilli 6 millions de touristes. Les 3 millions qui s'y sont rendus pour la Fête des Lumières, au début du mois de décembre, ne sont pas compris dans cette statistique, puisqu'il s'agit largement de tourisme régional. Aussi magique soit l'événement, si vous n'aimez pas les bains de foule, planifiez votre escapade lyonnaise à n'importe quel autre moment de l'année. Nous y étions à la fin du mois de novembre, mois gris pour le climat et creux pour le tourisme, mais la ville était superbe, lumineuse. Car la Fête des Lumières laisse un leg pour l'année. Les plans d'éclairage des édifices mettent en scène l'architecture Renaissance d'une manière si magistrale qu'on ne sait plus où regarder.

     

    Photos-Villes du Monde 3:  Prendre son temps à Lyon

     

    Le Musée des beaux-arts de Lyon

    PHOTO FOURNIE PAR LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS

     

    D'une place à l'autre

    Des Jacobins, Terreaux, Bellecour, de la République... les places parsèment la ville, offrant autant d'occasions de faire une pause sous le soleil. On pourrait visiter la Presqu'île en ne passant que de l'une à l'autre, à condition de ne pas se perdre dans les détours et passages couverts, où se cachent des adresses presque secrètes et des pâtisseries qui retiennent les gourmands.

    Bellecour d'abord, qui a eu droit à une cure de jouvence il y a quatre ans. C'est la plus grande place publique de Lyon. Henri IV en a fait une place publique, au début du XVIIe siècle, après qu'elle a connu de multiples usages, parfois botaniques. Elle est immense, tant et si bien qu'on la traverse plus qu'on s'y attarde. À la fin de l'année, à temps pour la Fête des Lumières et la période de Noël, on y installe une grande roue, avec des soucoupes ouvertes qui se balancent si vous bougez trop. C'est certainement quétaine et incroyablement touristique, mais offrez-vous un tour de manège. Hormis le fait que c'est absolument romantique, la vue du haut sur la Presqu'île - et sur tout Lyon - est à couper le souffle.

    Bon à savoir: on retrouve aussi sur la place Bellecour le bureau de l'Office de tourisme de Lyon, où l'on peut notamment se procurer des cartes qui donnent des rabais pour les transports en commun et les musées.

     

    Photos-Villes du Monde 3:  Prendre son temps à Lyon

    Auguste et Cocotte

    PHOTO FOURNIE PAR AUGUSTE ET COCOTTE

     

    La rue Auguste-Comte

    Les rues de la Presqu'île sont remplies de boutiques : les grands noms de la mode internationale et française y sont tous. Dans ce labyrinthe marchand, la rue Auguste-Comte se démarque. On y trouve quelques antiquaires, des galeries, des boutiques de design indépendantes et des «concept stores» qui regroupent sous le même toit des cuillères de cuisine, des jolis bijoux et de la poterie locale.

    Dans cette catégorie, deux belles adresses à visiter. D'abord, Auguste et Cocotte (16, rue Auguste-Comte), ouvert par une mère et sa fille, où les objets de déco et quelques vêtements ont été choisis avec soin. À voir: la belle céramique blanche de l'artiste française Justine Lacoste. Tout près, la boutique du célèbre designer de souliers de toile Serge Bensimon propose aussi quelques pièces de mobilier, des vêtements et d'autres objets essentiels au bonheur. Et on retrouve aussi dans son Home autour du monde (8, rue Auguste-Comte) quelques espadrilles, évidemment!

     

    Pousser vers le nord

    En balade à la Presqu'île, il ne faut pas s'en tenir au 2e arrondissement, même si on pourrait facilement y passer la journée, surtout si l'activité shopping est au coeur de votre escapade. Plus au nord, dans le 1er arrondissement, se trouvent la place des Terreaux et sa grande fontaine baroque. Elle est bordée de prestigieux bâtiments, dont l'hôtel de ville et le Musée des beaux-arts de Lyon, installé dans une ancienne abbaye. Calculez plusieurs heures pour une visite de ce musée, car on s'attarde facilement dans les collections d'art égyptien ou les galeries qui présentent les peintres français du XXe siècle. Vous n'avez pas ce temps? Faites tout de même le détour par la jolie cour intérieure où vous pouvez flâner un peu, à l'ombre d'une sculpture de Rodin, ou casser la croûte sur la terrasse, l'été.

     

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    Le musée des Confluences

    PHOTO DUCCIO MALAGAMBA, THE NEW YORK TIMES

     

    Confluences

    Amateurs d'architecture, poussez votre visite, à l'inverse, vers la pointe sud de la Presqu'île pour admirer celui dont tout le monde parle, le spectaculaire musée des Confluences, quai Perrache. Depuis une douzaine d'années, ce quartier a été un véritable terrain de jeux d'architectes qui ont travaillé à partir des édifices industriels qui s'y trouvaient. Le musée, lui, est tout neuf (2014), signé par les Autrichiens de Coop Himmelb(l)au. Si votre visite s'étire, on dit beaucoup de bien de sa brasserie.

     

    Quoi et où manger?

    Des pralines

    C'est une signature lyonnaise, les belles pralines roses se savourent en tartes, en pains, en brioches ou juste comme ça. Faites un saut à l'une des belles boulangeries chocolateries Pralus. Il y en a deux à Lyon, dont l'une rue de Brest, en plein quartier commerçant de la Presqu'île. Le samedi, vous devrez faire la file pour mettre la main sur un pain brioché aux pralines, la Praluline! Délicieux.

     

    Paul Bocuse

    Lyon, c'est Bocuse. Sa grande table, l'Auberge du Pont de Collonges, se trouve un peu à l'extérieur de la ville. Nous avons donc plutôt choisi l'une de ses brasseries, le Nord, malgré les commentaires assassins que l'on trouve en ligne à propos du service. Nous nous attendions au pire, nous avons eu le mieux: service impeccable, gentil et pas snob du tout. Menu classique et abordable, 27 euros pour trois services.

     

    Bouchon des Cordeliers

    Adorable découverte, caché dans une petite rue près du Rhône, le Bouchon des Cordeliers a été ouvert en 2015 par des jeunes désireux d'offrir des classiques (quenelles de brochets, tête de veau, andouillettes), mais faits d'ingrédients frais. Menu trois services pour 26,50 euros.

     

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    Un manchot géant au pays des

    dinosaures

     

     

    Animaux Préhistoriques:   Un manchot géant au pays des dinosaures


     

    L'illustration d'un artiste des manchots géants.

    CHRIS GASKIN, GEOLOGY MUSEUM UNIVERSITY OF OTAGO, AFP

     
    Agence France-Presse
    Paris
     

    La découverte d'un fossile de manchot géant, vieux de 61 millions d'années, ouvre la voie à une image étonnante : les tous premiers représentants de ces oiseaux marins à la démarche chaloupée auraient côtoyé les dinosaures.

    Le fossile découvert sur l'Ile du sud de Nouvelle-Zélande par un collectionneur amateur représente « l'un des plus anciens fossiles de manchot au monde », selon l'étude parue jeudi dans la revue scientifique The Science of Nature.

    Selon les conclusions d'une équipe de chercheurs allemand et néo-zélandais, l'animal aurait foulé la glace il y a 61 millions d'années, au Paléocène.

    Mais ce n'est finalement pas son grand âge qui interpelle les scientifiques, c'est plutôt son squelette. Très grand, il diffère énormément des autres fossiles de manchots datant approximativement de la même époque.

     

    Car un autre manchot appelé « Waimanu manneringi » avait également été découvert le long de la même rivière Waipara dans la région de Canterbury. On avait déjà estimé qu'il devait avoir environ 61 millions d'années.

    Mais « les deux manchots, provenant exactement de la même localité, sont morphologiquement très différents », explique à l'AFP Gerald Mayr du Forschungsinstitut Senckenberg, le musée d'histoire naturelle de Francfort (Allemagne), coauteur de l'étude.

    Haut de 1,50 mètre, le nouveau venu, baptisé le « manchot géant waipara », mesure près de 30 cm de plus que le manchot empereur, le plus grand et le plus lourd représentant actuel de cette famille d'oiseaux marins.

    « Les os des pattes que nous avons étudiés montrent que ce manchot était significativement plus grand que son congénère précédemment découvert », explique Gerald Mayr.

    Or si une espèce est très diversifiée au Paléocène, cela implique qu'un ancêtre commun aux différents descendants les a précédés, « cinq à dix millions d'années plus tôt », précise l'ornithologue.

    Et cinq à dix millions d'années avant le Paléocène c'était... l'ère des dinosaures ! Les monstres préhistoriques ont peuplé la planète jusqu'à il y a 65 millions d'années et leur extinction totale.

    « Cette diversité indique que les premiers représentants des manchots existaient déjà à l'âge des dinosaures, il y plus de 65 millions d'années », conclut Gerald Mayr.

    En outre, selon l'équipe de chercheurs, les grands pieds du « manchot géant waipara » indiquent qu'il avait certainement déjà acquis la station verticale et sa démarche dandinante si caractéristique.

     

    Animaux Préhistoriques:   Un manchot géant au pays des dinosaures

     

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    Voyager en Images 3:  Top 10 des destinations les moins chères en 2017

     

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