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    Rubrique de Philippe:  Carnaval de Venise

     

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    Les Khazars

    La chute de l'empire

     

     

    Ce qui a fait la force des Khazars va cependant causer leur perte. S’ils réussissent à garder leur identité de peuple de la steppe, jusqu'à se convertir au judaïsme, ils conservent aussi un pouvoir essentiellement clanique, sans État. Au moindre signe de faiblesse, les clans et tribus qui leurs sont soumis sont tentés de se révolter. Après une période de troubles dans les années 830, le rapport de force se renverse dans la seconde moitié du IXe siècle et conduit à la chute de l’empire khazar.

    Thomas Tanase
     

    Combats autour de la steppe

    Un nouveau peuple, les Magyars, commence à prendre de l’importance. Ils ne sont pas turcophones ; leur langue est ougrienne et ils apparaissent dans les régions de l’Oural et de la Volga. Après s’être structurés sous l’autorité des Khazars, ils se répandent progressivement dans « l’Etelköz », la région entre le Dniepr et l’embouchure du Danube. Ils y ont sans doute été poussés par les Petchenègues, un peuple turcophone ennemi des Khazars, qui a lui-même franchi la Volga sous la pression des guerriers turcs Oghouz, établis du côté de la mer d’Aral.

    Les Magyars vont s’allier aux Khazars contre les Petchenègues, mais au IXe siècle, les Khazars peinent désormais à bloquer l’expansion arabe musulmane. C’est également au cours de ces années, de la fin du IXe siècle au début du Xe, que se rassemblent les populations slaves du Dniepr à la Volga autour d’un pouvoir d’origine viking, symbolisé par la figure du légendaire Rurik, puis du prince Oleg qui va notamment unir les « Ros » autour de Kiev.

     

    Solidus de Léon VI et Constantin VII Porphyrogennetos, 908-912

     

     

    Pendant ce temps, dans les Balkans, l’empire bulgare est à son apogée. Pour les contenir, l’empereur byzantin Léon VI (886-912) demande l’aide des Khazars ainsi que de leurs alliés magyars dirigés par Arpad. En retour, les Bulgares encouragent les Petchenègues à attaquer les Magyars et les Khazars sur leurs arrières. Une stratégie payante puisque les Magyars sont obligés de fuir en Pannonie vers 895. Ils sont accompagnés d’un groupe de rebelles khazars, les Kabars : ils formeront plus tard la Hongrie.

    Au Xe siècle, les Petchenègues contrôlent les rives de la mer Noire et les Byzantins entament une reconquête de la Crimée : le territoire khazar se réduit donc comme peau de chagrin. Cessant de soutenir ses alliés d’hier, Constantinople entre en relations avec les Petchenègues ou les Russes. Les Byzantins estiment les Khazars incapables de maîtriser la situation et les jugent d’autant moins utiles qu’ils se sont convertis au judaïsme.

    Mais c’est la principauté de Kiev qui va porter le coup de grâce aux Khazars. En 964, le prince Sviatoslav entame une longue guerre contre eux avec l’aide des Oghouz. Allié aux Byzantins, il descend vers le Danube pour combattre les Bulgares. Il reprend ensuite la guerre contre les Khazars en 968 et ravage leur capitale Atil.

    Puis les troupes du prince de Kiev se retirent, remplacées par les Oghouz. Le khanat des Khazars survit mais il ne peut plus peser sur les événements. Ce sont désormais les Ros, les Petchenègues et d’autres peuples issus du monde des Oghouz qui jouent les premiers rôles.

     

    Poursuite des guerriers de Sviatoslav par l'armée petchénègue, chronique de Jean Skylitzes, XIe-XIIe siècle, manuscrit de Madrid, Bibliothèque national d'Espagne.

     

     

    Vassalisés, les Khazars sont devenus tellement insignifiants que personne ne note plus leur présence, encore moins leur disparition. Peut-être des groupes se sont-ils maintenus jusqu’au passage des Mongols qui, vers 1240, détruisent tous les pouvoirs de la région. Mais la disparition des Khazars n’est mystérieuse qu’en apparence. Ils ont suivi la trajectoire de ces grandes confédérations de la steppe, capables un temps de réunir clans et tribus avant de se décomposer et d’être remplacées.

    Cela ne signifie pas pour autant que les Khazars n’aient laissé aucun héritage. Arthur Koestler a popularisé l’idée d’une « treizième tribu » d’Israël, postulant que les Khazars auraient été la véritable origine des populations ashkénazes, ces communautés juives d’Europe centrale et orientale.

    Les historiens ont plus que nuancé cette idée, qui repose sur une exagération manifeste. Ils ont parfois nié en bloc toute forme de lien, surtout si l’on estime que la conversion des Khazars n’a jamais concerné qu’une élite restreinte. Mais ce point de vue est lui-même aujourd’hui de plus en plus souvent nuancé.

    De fait, une part du peuple khazar s’est bien convertie au judaïsme. Il n’est donc pas impossible, même si cela fait toujours l’objet d’un débat, que des groupes d’origine khazare aient été intégrés dans les populations juives est-européennes ou russes. Mais il ne s’agirait alors que d’un élément parmi bien d’autres, sans doute limité, dans une formation qui s’inscrit sur le temps long.

    Les Turcs seldjoukides, appelés à une grande destinée, à l’origine lointaine de la Turquie moderne, sont issus de ces Oghouz qui ont côtoyé les Khazars ; on s’est parfois demandé, là aussi à titre d’hypothèse, si le fait que le fondateur de la dynastie, Seldjouk, ait appelé ses fils Mikhaïl (Michel), Yunus (Jonas), Musa (Moïse) et Israël ne témoigne pas d’une influence khazare.

     

    Miniature de l'arrivée des Hongrois dans le bassin des Carpates, Chronicon Pictum (chronique du Royaume de Hongrie), XIVe siècle.

     

     

     

    Les Hongrois se sont structurés au contact des Khazars et en portent une part d’héritage. La formation de la nation russe doit elle aussi quelque chose aux Khazars, même si c’est sur un mode antagoniste. C’est parce qu’ils ont ouvert un espace plus large, vers Constantinople, que les tribus slaves ont pu commencer à se développer.

    L’empire khazar se caractérisait par une ouverture vers les routes de l’Europe orientale, la mer Noire, l’axe de la Volga et la steppe. La Russie reprendra à son compte cette perspective. Les populations khazares ont aussi participé à la genèse du peuple russe, auxquelles elles ont été progressivement intégrées. Plus globalement, c’est sans doute grâce à cet empire défunt que l’orthodoxie doit d'avoir pu se diffuser parmi les peuples slaves. L’empire khazar a donc bien joué un rôle décisif dans l’Histoire du monde.

    Bibliographie

    J. Piatigorsky et J. Sapir (dir.), L’empire khazar, VIIe-XIe siècle. L’énigme d’un peuple cavalier, Paris, 2005,
    I. Lebedynsky, Les Nomades, Paris, 2003,
    D. M. Dunlop, The History of the Jewish Khazars, Princeton, 1954,
    P. B. Golden, H. Ben-Shammai et A. Róna-Tas (dir.), The World of the Khazars, Leiden, 2007.

     

    Histoire Moderne 2:  Les Khazars - La chute de l'empire

     

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    Guadeloupe: l'archipel fantastique

     

    La plage de Petite Anse dans l'île de... (Photo David Boily, La Presse)

     

    La plage de Petite Anse dans l'île de Basse-Terre, en Guadeloupe

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     
     
     

    Plages magnifiques, paysages sauvages à couper le souffle, gastronomie relevée et étonnante richesse culturelle... La Guadeloupe figure au plus récent palmarès des endroits à visiter selon National Geographic. En prime, comme l'archipel antillais se trouve en territoire français, pas besoin d'interprète!

     

    Des plages pour tous les goûts

    On trouve dans les îles de Guadeloupe certaines des plus belles plages des Antilles. Un peu moins accessibles, celles des îles de Marie-Galante, de la Désirade et de Terre-de-Bas valent le détour pour leur beauté sauvage. Quant à celles de Grande-Terre et Basse-Terre, elles regorgent d'endroits magnifiques pour se prélasser au soleil.

     

    PLAGES DE GRANDE TERRE

    Plage de la Caravelle

    C'est la plage du Club Med. La zone la plus près du club est très calme, les eaux peu profondes sont parfaites pour les jeunes familles. Des chaises longues sont offertes en location auprès du Club Med pour 10 euros par jour. On offre aussi l'accès aux douches et une boisson non alcoolisée. La zone face à la mer est quant à elle propice aux sports nautiques, comme le kitesurf et la planche à voile. On peut en louer sur place. Depuis le stationnement, on doit marcher une dizaine de minutes pour se rendre à la zone familiale. Il y a quelques commerçants et cantines mobiles à proximité du stationnement.

     

    Plage de la Datcha

    Située au coeur de la ville de Gosier, cette plage est animée et très fréquentée par les gens du coin. Pour une expérience aux antipodes, on s'y rend après le coucher du soleil: la jolie plage est alors éclairée par de puissants projecteurs. L'ambiance est résolument à la fête, les jeunes jouent au soccer ou au volleyball, pendant que les plus vieux profitent des terrasses avec accès direct à la plage. Des camions de cuisine de rue s'installent dans le stationnement pour ajouter à l'offre de restauration.

     

    Plage du bourg de Sainte-Anne

    Jolie plage urbaine au coeur du village de Sainte-Anne. Très familiale, elle compte des jeux aquatiques gonflables ainsi qu'une piscine flottante amarrée près de la plage. Il ne faut pas manquer le marché public, ouvert tous les jours jusqu'à 17 h. C'est coloré et parfumé, merci aux nombreuses échoppes d'épices. On trouve aussi un grand choix de souvenirs, de même que plusieurs choix de jus maison - les vendeuses se gardent bien de révéler les secrets de leurs mélanges de goyave, ananas, banane, papaye, carambole ou corossol. Il y a aussi plusieurs restos avec des terrasses sur la plage.

     

    Plage de la Porte d'Enfer

    Un petit endroit tout simplement paradisiaque à l'extrémité nord de Grande-Terre, à quelques kilomètres de Pointe-de-la-Vigie. La plage est lovée au creux d'un lagon qui s'étend sur quelques centaines de mètres. L'eau turquoise est calme, très peu profonde, idéale pour les enfants. C'est ici que commence le sentier des Douaniers, randonnée de 4,8 km qui se rend à la pointe des Souffleurs en longeant les impressionnantes falaises de calcaire donnant sur l'océan Atlantique. À faire en matinée, quand le temps est plus frais, parce que l'endroit est exposé au soleil.

     

    PLAGES DE BASSE-TERRE

    La plage de Grande Anse

    Elle est considérée à juste titre comme l'une des plus belles plages de Guadeloupe. Elle s'étend sur plusieurs kilomètres, son sable est superbe, très propre, elle est profonde et offre de nombreux endroits à l'ombre. Elle profite aussi d'aménagements et de services (toilettes, douches, restaurants, boutiques, etc.). On peut aussi y louer pédalos, planches à pagaie ou kayaks pour partir dans la mangrove, qui s'arrête directement sur la plage. La plongée en apnée est aussi possible à partir de la plage; masques, tuba et palmes sont offerts en location.

     

    La plage Leroux

    Belle petite plage de sable doré parfait enclavée au creux de la côte escarpée. Le point de vue est superbe. La mer est généralement assez clémente, très propice à la baignade, on recommande même d'apporter masque et tuba pour y faire l'observation de poissons dans les coraux tout près. Hormis un restaurant situé près de la route, il n'y a pas de service sur la plage Leroux et le petit et étroit stationnement est très rapidement rempli au maximum de sa capacité. On trouve quelques zones à l'ombre, mais elles sont un peu en retrait de la plage.

     

    La plage de Grande Anse

    Elle porte le même nom que la grande plage de Deshaies, mais celle-ci est située à l'ouest de Trois-Rivières, à la pointe sud de Basse-Terre. Belle plage de sable noir fin, elle fait plus de 1 km de long. On y croise plusieurs sportifs qui viennent s'y entraîner en matinée. Près du stationnement se trouvent quelques abris avec des tables de pique-nique. La mer y est plus agitée, mais la baignade est surveillée, ce qui n'est pas nécessairement commun en Guadeloupe. Pour la restauration et l'hébergement, la zone portuaire de Trois-Rivières est à une dizaine de minutes de la plage de Grande Anse. Le Fetou Kreyol ne paye pas de mine, mais ça vaut le détour.

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    Une partie des frais de voyage de ce reportage a été payée par le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe au Canada.

     


    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

    Les chutes du Carbet dans le parc national de la Guadeloupe

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    Un pays de contrastes

    On peut très bien se contenter de faire le farniente sur la plage. Mais si on a envie de bouger, la Guadeloupe a beaucoup à offrir, notamment des randonnées où les paysages sont à couper le souffle. Découvertes.

     

    La Soufrière

    Si l'île de Basse-Terre est si différente de celle de Grande-Terre, c'est la faute de la «Vieille dame». Le volcan La Soufrière est le plus haut sommet des Petites Antilles. Ses 1467 m d'altitude bloquent l'alizé soufflant du sud, les nuages s'accrochent ainsi au sommet, qui reçoit en moyenne 10 m de pluie par année. Les montagnes de Basse-Terre sont donc couvertes d'une riche forêt tropicale, entrecoupée de 55 cours d'eau permanents, qui se gonflent allègrement quand les pluies sont particulièrement intenses. Regroupé dans le parc national de la Guadeloupe, l'endroit figure au sein de la réserve de la biosphère mondiale de l'UNESCO depuis 1992.

     

    Les chutes du Carbet

    Le Grand Carbet dévale la pente orientale de La Soufrière en faisant trois sauts vertigineux, dont un premier de près de 115 m. La deuxième chute, avec ses 110 m de haut, est non moins spectaculaire, mais elle a l'avantage d'être la plus accessible. Une petite randonnée de près de 750 m permet d'atteindre la zone d'observation, un peu en retrait de la base pour des raisons sécuritaires. Si on veut aller voir la première chute de plus près, il faut savoir qu'il s'agit d'une randonnée de 4,7 km avec des sections relativement escarpées.

     

    Le bassin Paradise

    En revenant des chutes du Carbet, il faut s'arrêter au bassin Paradise, surtout par temps chaud. L'accès n'est pas indiqué, mais il se trouve quelques centaines de mètres avant le stationnement du pavillon d'accueil, à la hauteur du passage piétonnier. Il faut prévoir une quinzaine de minutes pour atteindre le bassin d'eau limpide formé par les cascades de la rivière Grosse Corde. Attention, l'escalier de bois est abrupt et les marches peuvent être glissantes dans les heures suivant une averse.

     

    Cascade aux Écrevisses

    Un autre endroit qui autorise la baignade - avec prudence, il va sans dire, car l'endroit n'est pas plus surveillé que le bassin Paradise - est la cascade aux Écrevisses. À seulement 10 minutes du stationnement situé en bordure de la D23 - seule route qui traverse l'île de Basse-Terre -, la cascade est très facile d'accès, même pour les personnes à mobilité réduite. Le coup d'oeil vaut à lui seul le petit détour.

     

    Le parc des Mamelles

    Peu de temps après s'être rafraîchi à la cascade aux Écrevisses, on arrive au Zoo de Guadeloupe, au parc des Mamelles, situé dans le parc national de la Guadeloupe. Le parc s'étend sur quatre hectares, en pleine forêt tropicale. On y trouve 450 animaux appartenant à 85 espèces de la Caraïbe et de la Guyane, répartis dans de vastes enclos qui se fondent à l'environnement immédiat. Fort d'un investissement récent de 2,5 millions d'euros, le parc des Mamelles s'est taillé une place au sein de l'Association européenne des zoos et aquariums, le plus grand regroupement professionnel de zoos dans le monde.


    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    Créatures marines

    La Guadeloupe, c'est aussi d'impressionnantes côtes escarpées, de riches fonds marins ou une vaste mangrove formant un véritable labyrinthe naturel. Voilà autant de raisons de découvrir un panorama maritime étonnant, mais aussi très accessible.

     

    La Réserve naturelle Cousteau

    Sur la côte ouest de Basse-Terre, à quelques kilomètres du parc des Mamelles, se trouve la commune de Bouillante, dont le petit havre naturel de Malendure est la base des expéditions de plongée de la Réserve naturelle Cousteau. Faisant partie intégrante du parc national de la Guadeloupe, la réserve est constituée de 1000 hectares de fonds marins protégés avec en son coeur les îlots Pigeon, explorés pour la première fois en 1959 par le commandant Jacques-Yves Cousteau. Dès le premier mètre de profondeur, on peut y observer coraux, poissons tropicaux et tortues. L'endroit est d'ailleurs idéal pour y vivre son baptême de plongée sous-marine: les prix sont concurrentiels et le site est magnifique, à l'abri des vagues. Pour les plus expérimentés, il est aussi possible d'explorer trois épaves qui ont été coulées à proximité.

     

    La pointe des Châteaux

    De retour sur Grande-Terre, il faut voir les oeuvres que la mer a sculptées dans le calcaire. Complètement à l'est, la pointe des Châteaux vaut le détour. On accède au sommet de la pointe par un sentier bien aménagé. Comme il faut gravir une centaine de marches en pierre, mieux vaut être prudent par grande chaleur. Par beau temps, on distingue clairement l'île de la Désirade, à l'est, alors que l'on aperçoit un peu plus au sud les plages blanches de Petite-Terre.

     

    La Douche

    Avant d'arriver à la pointe des Châteaux, 7 km après avoir quitté Saint-François, on s'arrête à la Douche, accessible à partir d'un court sentier qui pénètre dans les palétuviers. Lors de notre passage, un camion de crème glacée apparemment garé au beau milieu de nulle part indiquait clairement l'entrée. La Douche est en fait un tout petit bassin formé par les éclats d'eau qui jaillissent en frappant les rochers en contrebas. On s'assoit et on s'amuse à se faire doucher par l'eau de mer. On peut aussi se prélasser sur la plage d'une petite anse située juste à côté, mais on ne peut pas s'y baigner, le fond de l'eau étant peu profond et particulièrement rocailleux.

     

    Pointe de la Vigie

    Point le plus septentrional de la Guadeloupe, la pointe de la Vigie offre un panorama exceptionnel, même s'il est moins spectaculaire que celui de la pointe des Châteaux. C'est l'endroit idéal où voir les immenses falaises formées par l'érosion du calcaire, particulièrement du côté est, où les falaises sont visibles à perte de vue.

     

    En kayak dans le Cul-de-sac marin

    Réserve naturelle sous la juridiction du parc national de la Guadeloupe, le Grand Cul-de-sac marin est au creux des deux ailes de papillon que forment Grande-Terre et Basse-Terre. La zone est protégée derrière un récif corallien de 39 km, le plus long des Petites Antilles. Au total, la baie s'étend sur 24 500 hectares, elle est bordée par des mangroves, des forêts marécageuses et des marais herbacés. On peut découvrir une partie de cet habitat remarquable en kayak, guidé par Pascal de l'entreprise Yalodé. La balade qui se termine avec un conte au coucher de soleil vaut certainement le coup, mais on aurait aimé être davantage informé sur cette forêt qui s'étend sur plus de 5000 hectares et qui prend des allures de labyrinthe maritime.


    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

    La Guadeloupe ne figure pas sur la liste des destinations qui offrent des forfaits tout compris, il faut donc faire un peu plus d'efforts pour y séjourner. Mais le jeu en vaut franchement la chandelle, d'autant plus qu'avec un peu de préparation, l'expérience s'avère plutôt simple.

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

     

    Guide pratique

    La Guadeloupe ne figure pas sur la liste des destinations qui offrent des forfaits tout compris, il faut donc faire un peu plus d'efforts pour y séjourner. Mais le jeu en vaut franchement la chandelle, d'autant plus qu'avec un peu de préparation, l'expérience s'avère plutôt simple. Conseils.

     

    Vol

    À partir de Montréal, seul Air Canada offre une liaison directe avec Pointe-à-Pitre pendant toute l'année. On parle généralement de deux vols par semaine, la fréquence passe à trois de janvier à mars ainsi qu'en été. Il n'y a toutefois qu'un seul vol hebdomadaire de la mi-septembre à la fin d'octobre. De son côté, Air Transat propose deux vols directs par semaine, de la fin de décembre au début d'avril. Il est bon de savoir que le transporteur au rabais Norwegian Airlines assure aussi la liaison avec l'aéroport John F. Kennedy de décembre à mars, mais il faut d'abord se rendre à New York.

     

    Hébergement

    La diversité de l'archipel guadeloupéen invite à la découverte. Ne cherchez pas un hôtel en formule tout compris (sauf pour le Club Med). Air Transat propose des forfaits vol et hôtel, mais la plupart sont en plan européen (les repas ne sont pas inclus). Sinon, il existe plusieurs petits établissements charmants, mais il faut y mettre le prix, d'autant plus que la facture est en euros. Une option plus économique est d'explorer des sites de location (par exemple, Airbnb), qui offrent un choix fort convenable. Nos hôtes nous ont même reçus avec un délicieux jus maison accompagné de mangues fraîchement cueillies!

     

    Transport

    La découverte de la Guadeloupe se fait en voiture, c'est inévitable. Heureusement, toutes les principales entreprises de location ont des bureaux à l'aéroport international de Pointe-à-Pitre, à Goyave. On peut trouver une sous-compacte pour moins de 300 $ pour la semaine. Quant au stationnement, ce n'est généralement pas un problème, c'est gratuit à peu près partout sauf quand il faut garer la voiture pour une période prolongée, notamment quand on monte à bord des navettes maritimes qui assurent la liaison avec les Saintes, la Désirade et Marie-Galante.

     

    Nourriture

    Grâce à son statut de territoire outre-mer de la France, la Guadeloupe bénéficie de l'appui de la mère patrie. Pas d'inquiétude à avoir question nourriture ou eau potable. On mange bien, et on n'hésite pas à goûter aux spécialités locales: les bokits, pitas frits garnis à souhait, les agoulous, sandwichs plats au poisson ou au poulet, les acras de poisson ou les ouassous, des écrevisses d'eau douce grillées. Bien sûr, on arrose le tout avec un fameux Ti-Punch ou un cocktail maison aromatisé - chaque restaurateur a sa propre recette, ou presque!

     

    Voyager en Images 4:  Guadeloupe: l'archipel fantastique

     

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    Rubrique de Philippe - Calendrier 2018 avec des images du Carnaval de Venise

     

     

    Rubrique de Philippe - Calendrier 2018

     

    Rubrique de Philippe - Calendrier 2018

     

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    Les Khazars

    Juifs de la steppe

     

     

    Alliés de l’empire byzantin orthodoxe et en butte aux volontés expansionnistes des Arabes musulmans, les chefs khazars vont se convertir à la religion des tribus d’Israël. Un choix pour le moins surprenant de la part de ces redoutables nomades de la steppe, mais rationnel d'un point de vue géopolitique...

    Thomas Tanase
     

    Expédition menée par Ibn Fadlan sur la Volga, illustration extraite de l'ouvrage : Les plus anciennes nouvelles arabes sur les Bulgares de la Volga, Ch. M. Fraehn, 1823.

    La conversion au judaïsme

    D’après les sources arabes, la religion des Khazars était à l’origine tout à fait représentative des pratiques religieuses des peuples de la steppe. Ils vénéraient le Tengri, la divinité supérieure assimilée à la voûte céleste, le tout sans doute accompagné d’un culte des esprits et de pratiques chamaniques.

     

    Les ruines de la forteresse de Sarkel (située sur la rive droite du Don inférieur, dans l'actuel oblast de Rostov, au sud-ouest de la Russie) fut édifiée par les Khazars vers 830. L'agrandissement montre des prisonnières travaillant sur les fouilles, dans l'expédition archéologique du professeur Artamonova dans les années 1949-1951.

    Les dignitaires étaient enterrés avec toutes leurs richesses, y compris leurs chevaux, pour les accompagner dans l’autre monde. Au Xe siècle, le voyageur arabe Ibn Fadlan note aussi des sacrifices d’esclaves lors de leurs funérailles, selon une pratique venue de la steppe.

    Il semble que l'autorité était partagée chez les Khazars entre deux personnes : le pouvoir royal supérieur était exercé par un khan dépositaire du qut, la force magique qui lui permettait de régner ; le pouvoir politique effectif était quant à lui confié à un bek.

    Le khan vivait à l’écart avec ses concubines. On ne pouvait donc entrer en contact avec lui qu’avec le respect le plus insigne. Mais en cas de catastrophes ou de défaites, il pouvait être exécuté. De même, après quarante ans de règne, il était mis à mort de manière rituelle, à savoir étranglé afin que son sang ne soit pas versé.

     

    Artefacts extraits des fouilles de Sarkel, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg, Russie, B.R. Long, DR.

    Des marchands chrétiens et musulmans se sont rapidement installés le long des voies commerciales qui animaient l’empire khazar. Les fourrures, le miel et la cire venus des terres slaves transitaient des ports de Crimée vers Constantinople ou empruntaient la Volga pour accéder au monde musulman à travers le Caucase.

    Les esclaves capturés à la guerre nourrissaient aussi les flux commerciaux vers le Moyen-Orient et la Méditerranée. Les taxes sur ces échanges ont procuré aux Khazars tissus et produits de luxe.

    Progressivement, ils se sont sédentarisés et ont développé une économie urbaine. De petites communautés juives se sont aussi installée le long des axes commerciaux. C’est dans ce contexte qu’est intervenu la conversion du peuple khazar au judaïsme. Les sources arabes du IXe siècle la datent du califat d’Haroun al-Rachid, aux environs de l’an 800, mais elle a dû se faire progressivement à partir des années 730.

     

    Artefacts extraits des fouilles de Sarkel, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg, Russie, B. R. Long, DR.

    En 737, une victoire momentanée des troupes musulmanes dans le Caucase aurait obligé un khan khazar à se convertir à l’islam mais cette conversion n'a pas été suivie d’effet, ledit khan ayant été rapidement mis à mort.

    Se convertir au judaïsme présentait pour les Khazars un intérêt évident : préserver leur indépendance tout en entrant dans le monde des religions monothéistes et des grands empires sédentaires ! En effet, s’ils avaient adopté la foi chrétienne, ils seraient entrés dans la sphère d’influence byzantine. Devenir musulmans était une option encore moins envisageable puisque le califat était un ennemi de toujours. 

    Dans un premier temps, seul le clan dirigeant a dû se convertir. La diffusion du judaïsme a dû s’élargir ensuite, au cours des IXe et Xe siècles, à des couches plus larges de la population, même si elle est restée globalement minoritaire. D’autres Khazars sont tout de même aussi devenus chrétiens ou musulmans, sans oublier ceux qui ont choisi de conserver leur foi traditionnelle.

    À l’instar des autres empires de la steppe, le pouvoir khazar a laissé cohabiter les différents cultes. En 860, l’empereur byzantin Michel III et le patriarche Photios ont bien tenté de rebattre les cartes en envoyant saint Cyrille, le futur apôtre des peuples slaves, en mission. Mais le judaïsme était manifestement déjà bien installé et les résultats de cet apostolat furent modestes.

     

    Un fragment de brique avec des symboles juifs, menorah (chandelier), lulav (branche de palmier) et etrog (cédrat), retrouvé sur le site funéraire de Čipska šuma, embouchure du Danube, près de Čelarevo (Bačka, Voïvodine), D.R.

     
    Des sources concordantes

    La nouvelle de la conversion des Khazars parut si inouïe qu’elle est arrivée jusqu’en Andalousie (al-Andalus), l’Espagne sous domination musulmane.

     

    Hasdaï ibn Shaprut, ministre d'Abd al-Rahman III. L'agrandissement montre un aperçu de l'intérieur de Ben Ezra, la synagogue la plus ancienne du Caire.

    C'est ainsi que vers 950, Hasdaï ibn Shaprut, ministre juif du grand Abd al-Rahman III, essaye depuis Cordoue d’en savoir plus et envoie ses émissaires auprès des Khazars. Plusieurs documents ont été retrouvés, parmi lesquels une longue lettre écrite, semble-t-il, par Hasdaï pour présenter l’émirat de Cordoue aux Khazars.

    Ses émissaires semblent cependant avoir été bloqués à Constantinople, où un informateur juif aurait rédigé un rapport pour Hasdaï : ce serait l’origine d’un texte anonyme retrouvé dans la genizah de la synagogue du Caire (la pièce où l'on déposait les textes que l’on voulait conserver).

    Cependant, un roi khazar nommé Joseph a bien écrit une lettre sous deux formes - une longue et une abrégée - destinée au ministre juif Hasdaï ibn Shaprut vivant dans l’émirat de Cordoue. Un émissaire de Hasdaï a donc probablement réussi à entrer dans le royaume khazar pour rapporter cette réponse. Selon les écrits de ce roi, ce serait un bekconverti, Boulan, qui aurait contribué vers l’an 730 à diffuser le judaïsme.

     

    Notons que la genizah du Caire a aussi conservé une lettre de recommandation pour un voyageur, sans doute écrite au Xe siècle, qui mentionne une communauté juive à Kiev, exactement au moment où cette ville commence à apparaître sur la scène historique. 

    Enfin, il existe aussi un dialogue fictif écrit par Juda Halevi, le fameux poète et philosophe juif ibérique du XIIe siècle, qui explicite les raisons de la conversion au judaïsme des Khazars.

    La conversion des Khazars est aussi le signe de l’accélération des échanges sur un espace géographique élargi, depuis la Méditerranée jusqu’à la Volga et la mer Baltique. C’est l’époque où le chef des services de la poste (et du renseignement) des califes de Bagdad, ibn Khordadhbeh, décrit un réseau de marchands juifs, les Radhanites, qui circulent de la péninsule ibérique jusqu’à la Chine en traversant l’Égypte, ou bien gagnent Constantinople, puis l’empire khazar et les régions slaves.

    Pendant ce temps, des Vikings descendent les fleuves russes depuis la Baltique jusqu’à Constantinople tandis que, dans le sens inverse, des caravanes de plusieurs milliers d’hommes partent de Bagdad pour rejoindre les Bulgares de la haute Volga. La prise de contact entre les Khazars et le ministre juif andalou d’Abd al-Rahman III n’est finalement que l’un des effets les plus surprenants de cet élargissement du monde.

    L'arrivée des Magyars va rebattre les cartes dans la steppe et conduire à la disparition des Khazars et l'oubli de leur singulière judéité...

     

    Abd-al-Rahman III reçoit des émissaires, Dionisio Baixeras Verdaguer, 1885, université de Barcelone.

     

    Histoire Moderne 2:  Les Khazars - Juifs de la steppe

     

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