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    Boa à trois bandes. Boa rosé ou Rosy boa

    Le boa à trois bandes (Lichanura trivirgata .Syn. Charina trivirgata) est un serpent actif la nuit. Ce boa, plutôt placide, fréquente le sud des États-Unis et une partie du Mexique. Inoffensif, il a pourtant été persécuté par les colons américains à coup de colt.

    Son nom le plus commun est rosy boa.

     


    Portrait du boa à trois bandes

    Vous trouvez ce boa sous deux noms scientifiques : Lichanura trivirgata et Charina trivirgata. La deuxième classification est la plus récente, mais ne fait pas l’unanimité.
    En effet, le boa à trois bandes fait partie de la sous-famille des Erycinae qui est assimilée aux boas des sables.
    Cette sous-famille compte trois genres : Charina (boa caoutchouc), Eryx et Gongylophis.

    C’est un petit boa au corps massif qui peut mesurer jusqu’à 1,10 m. Cependant sa taille moyenne est de 80 cm.
    La femelle est plus grande que le mâle.
    Son dos est beige ou rosé et son ventre tacheté de crème.
    En principe, sa livrée fait apparaître trois bandes dont la couleur diffère selon les sous-espèces.
    Il possède des ergots cloacaux proéminents et ses yeux ont un iris en forme d’ellipse.

    Rosy boa

    Charina (Lichanura) trivirgata trivirgata. By Melissa & Shane

    Il existe 5 sous-espèces :

    • Charina (Lichanura) trivirgata arizonae (Incertain)
    • Charina (Lichanura) trivirgata gracia
    • Charina (Lichanura) trivirgata roseofusca
    • Charina (Lichanura) trivirgata saslowi
    • Charina (Lichanura) trivirgata trivirgata

    Charina (Lichanura) trivirgata roseofusca albinos est la version albinos que l’on trouve souvent en captivité.

    Habitat et mode de vie

    Surtout nocturne, il vit dans les régions arides, du sud de la Californie, à l’est et au sud de l'Arizona ainsi qu'au nord-ouest du Mexique.
    Lorsqu’il est agressé, il s’enroule et protège sa tête avec ses anneaux.

    Lichanura trivirgata roseofusca occupe les zones côtières de Californie, mais dans les parties les plus sèches.

    Rosy boa. Lichanura trivirgata

    Boa à trois bandes. By entheos

    Ce serpent creuse des terriers et passe une grande partie de la journée, caché sous des rochers, particulièrement en période de grosse chaleur.

    Constricteur, il se nourrit de petits mammifères, de lézards et d’oiseaux. Mais, il est lui-même la proie des hiboux, des coyotes ou des renards.

    Reproduction

    La saison de la reproduction se situe en mai et juin. Ovovivipare, la femelle met au monde de 1 à 14 serpenteaux qui naissent en octobre ou novembre.
    La gestation dure de 103 à 143 jours.

    Dès leur naissance, les jeunes sont indépendants.

    Les femelles et les mâles atteignent leur maturité sexuelle entre 2 et 3 ans.

    Rosy boa en plein repas

    Rosy boa en plein repas. By Jason

    En captivité, le boa à trois bandes a une espérance de vie d’environ 20 ans. Certains spécimens ont vécu jusqu'à 30 ans.
    Dans son environnement naturel, sa longévité n'est pas connue.

    Rosy boa en terrarium

    Le boa à trois bandes est souvent conseillé aux débutants qui veulent se lancer dans la terrariophilie.
    Docile, c’est un serpent qui se laisse manipuler et s’adapte assez bien à la vie en captivité. Mais malgré sa petite taille, c’est un serpent actif qui a besoin de place et ne supporte pas d’être confiné dans un terrarium trop étroit.

    • 60 x 30 cm de type désertique
    • Placer des abris au sol et un bassin d'eau
    • Substrats d'éclats de bois
    • Éviter le sable
    • Éclairage : par lampe ou néon
    • Humidité : 50 % environ
    • Température : Jour : point chaud à 35 °C et point froid à 27 °C. Nuit : 24 °C environ
    • Nourriture : rats ou souriceaux fraîchement tués ou décongelés

    V.Battaglia (16.04.2007). M.à.J 06.2012

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    Boa arc-en-ciel

    Le boa arc-en-ciel (Epicrates cenchria) est sans doute le plus beau serpent du monde. On ne peut être qu’admiratif devant sa superbe livrée aux couleurs de l’arc-en-ciel d’où son nom (Rainbow boa). L’irisation de la peau de ce boa est tout à fait exceptionnelle.

    Epicrates cenchria vit en Amérique du Sud.

     

    Portrait du boa arc-en-ciel

    C’est un boa de taille moyenne atteignant un peu plus de 2 mètres, pour la femelle, et environ 1,50 mètre pour le mâle.
    Son corps est assez fin puisque le diamètre ne dépasse pas les 10 cm environ.

    Sa peau d’un brun rouge (pour Epicrates cenchria cenchria) est ornée d’anneaux latéraux et de taches plus sombres.

    Epicrates cenchria

    Epicrates cenchria. By Bsmith 4815

    Les bordures microscopiques des écailles agissent comme des prismes et réfractent la lumière. Sa coloration diaprée est surtout vive au moment de la mue.

    Ces couleurs sont dues aux guanophores, aussi appelées iridocytes. Ce sont des cellules colorées situées dans la partie superficielle du derme.
    Elles contiennent de la guanine, une substance semi-cristalline.

    Ces particules constituent d’excellents réflecteurs de lumière.

    Habitat et mode de vie

    D'après The Reptile Database, 2 sous-espèces sont répertoriées :

    • Epicrates cenchria cenchria
    • Epicrates cenchria polylepis

    En 2008, les sous-espèces Epicrates cenchria maurus, E. c. crassus et E. c. assisi sont devenues des espèces à part entière.

    Distribution : Colombie, Vénézuéla, Pérou, Brésil, Bolivie, Argentine, Paraguay

    Le boa arc-en-ciel brésilien (Epicrates cenchria cenchria) est celui qui est le plus souvent gardé en captivité. On le nourrit avec des petits rongeurs (rat, gerbille…).

    Cette espèce vit également en Guyane. Sa détention est strictement interdite sur le territoire français.

    Boa arc-en-ciel en plein repas

    Boa arc-en-ciel en plein repas. By senkiwboo

    Comme tous les pythons (Pythoninae) et les boas (Boidae), ce splendide boa possède des vestiges de membres, ou ergots, situés à la base de la queue.

    Tous les boas sont constricteurs. Ils étouffent leur proie dans leurs puissants anneaux. Le boa arc-en-ciel se nourrit de petits mammifères et d’oiseaux.

    Boa arc en ciel

    Le boa arc-en-ciel est originaire d'Amérique du Sud. By Bsmith 4815

    C’est un boa avant tout terrestre et nocturne. Adulte, il est assez peu arboricole. Son habitat est varié : forêts, plaines boisées, marais…

    Vis-à-vis de l’homme, il est inoffensif. C’est un serpent plutôt placide. En captivité, les jeunes peuvent par contre se montrer agressifs.
    Ils ont des besoins alimentaires plus importants et doivent être souvent nourris (un souriceau tous les 3 ou 4 jours).

    Il peut vivre jusqu’à 25 ans en captivité.

    Reproduction du boa arc-en-ciel

    La femelle est ovovivipare. Les œufs demeurent à l’intérieur du corps de la femelle, qui donne naissance à des petits entièrement constitués.

    La maturité sexuelle est de 2 à 3 ans pour les femelles et de 1 à 2 ans pour les mâles. La saison des amours se déroule d’octobre à avril.
    Après une gestation d’environ 5 mois, la femelle met au monde environ 20 serpenteaux.

    Epicrates cenchria

    Epicrates cenchria. By SarahBethB1

    Chaque jeune est enveloppé dans une membrane translucide et il s’échappe de l’œuf à l’aide d’une minuscule dent.

    Les soins maternels s’arrêtent à la naissance. Les serpenteaux se dispersent à la recherche de nourriture et commencent leur vie indépendante.

    Classification : Animalia. Vertebrata. Reptilia. Squamata. Boidae. Boinae. Epicrates

    V.Battaglia (25.09.2006). M.à.J. 06.

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    Tortue d’Hermann

    La tortue d'Hermann est une tortue terrestre principalement végétarienne.

    On attribue à la tortue une lenteur légendaire. Pourtant, la tortue d’Hermann (Testudo hermanni) est capable de marcher rapidement et d’escalader des obstacles. Cette tortue de terre vit dans les terrains broussailleux du sud de l’Europe.
    Jadis, la tortue d'Hermann peuplait la moitié du sol français. La tortue d’Hermann ne survit plus aujourd’hui que dans deux départements.

     

    Classification et habitat

    La tortue d’Hermann fait partie de la famille des Testudinidae. Il existe deux sous-espèces :

    • Testudo hermanni hermanni qui vit essentiellement à l’ouest, forme occidentale
    • Testudo hermanni boettgeri qui vit à l’est, forme orientale

    Testudo hermanni hermanni est originaire du sud de l’Europe. C’est elle que l’on trouve dans le sud de la France. On la trouve également en Espagne et en Italie.

    Testudo hermanni boettgeri vit en Europe du Sud-Est : Croatie, Macédoine, Roumanie, Bulgarie, Grèce et Turquie.

    La destruction des forêts a obligé cette tortue à occuper le maquis méditerranéen.

    Caractéristiques de la tortue d’Hermann

    La tortue d’Hermann possède des écailles à la coloration jaune olive avec des régions noires. Le plastron est jaune marron clair avec des zones noires.

    Pour les deux sexes, on trouve sur la pointe de la queue une griffe cornée.

    Tortue d'Hermann

    Tortue d'Hermann. © Christine Letourneau

    Il existe une différence de taille entre les mâles et les femelles :

    • T. h. hermanni : mâles jusqu’à 14 cm et femelles jusqu’à 16,5 cm
    • T. h. boettgeri : mâles jusqu’à 19 cm et femelles jusqu’à 20 cm avec un maximum de 26 cm

    Le record de longueur appartient à une femelle de T. h. boettgeri que l’on a retrouvée en 1918 en Bulgarie et qui mesurait 30,3 cm.

    Le mâle possède un plastron légèrement concave alors qu’il est plat chez la femelle. En outre, le mâle possède une queue plus longue et plus grosse.

    Mode de vie

    La tortue d’Hermann aime la chaleur comme tous les reptiles et elle a besoin de maintenir la température de son corps entre 25° et 30°C.
    Cependant, en cas de sécheresse, elle peut mourir de déshydratation. Aussi, en été, cette tortue préfère-t-elle sortir aux heures les plus fraîches de l’aube ou du crépuscule.

    Elle entre en léthargie de novembre en avril.

    Les incendies de forêt, en région méditerranéenne, ainsi qu’un braconnage intensif font peser une grave menace sur l’une des seules tortues terrestres d’Europe.

    La tortue d’Hermann est strictement protégée. En France, son commerce et sa détention sont interdits.

    Tortue d'Hermann

    Tortue d'Hermann. © Christine Letourneau

    Dans les pays où elle est très abondante, comme l’Albanie, la tortue d’Hermann peut causer de sérieux dégâts dans les potagers.

    Cette tortue se déplace bruyamment dans son environnement. Elle peut marcher relativement vite et surtout très longtemps pour rechercher sa nourriture.
    Il arrive même qu’elle franchisse des obstacles impressionnants.

    Elle apprécie les pousses tendres des végétaux, les fruits mais s’accommode également à l’occasion d’escargots et de limaces.
    Cependant, c’est une tortue principalement végétarienne.

    La tortue d’Hermann boit très peu sauf lorsqu’il fait très chaud.

    En captivité, l’erreur la plus courante est de leur donner exclusivement de la salade et des tomates. C’est un menu très pauvre qui créé de graves problèmes de croissance.

    L’idéal est qu’elles puissent se nourrir d’herbes naturelles comme elles le font dans leur biotope d’origine.
    Il est très déconseillé de leur donner des protéines d’origine animale.

    Reproduction et comportement

    Bien que peu agressive, la tortue d’Hermann manifeste parfois sa mauvaise humeur en soufflant avec force.
    A l’époque de la reproduction, à partir du mois d’avril, de violents combats s’engagent entre les mâles.
    Les fortes griffes que portent ces tortues à l’extrémité des pattes occasionnent parfois de graves blessures aux combattants.

    Pendant la parade nuptiale, le mâle poursuit la femelle en lui mordant les pattes et la tête. Cela peut d’ailleurs provoquer de graves lésions.

    Il utilise l’éperon corné de sa queue pour stimuler la femelle au niveau de la région cloacale.

    La femelle enfouit dans le sable, en mai et juin, ses œufs blanchâtres dont le diamètre est d’environ 35 mm.

    Testudo hermanni hermanni : 3 œufs en moyenne par couvée. Il peut y en avoir plusieurs dans l’année

    Testudo hermanni boettgeri : 5 à 8 œufs en moyenne

    Les jeunes voient le jour entre la fin août et début septembre. Selon la température de la terre dans laquelle les œufs ont été enfouis, il naîtra des mâles ou des femelles.

    Au-dessus de 31,5 °C : uniquement des femelles

    Au-dessous de 31,5°C : uniquement des mâles

    En captivité, cette tortue peut devenir centenaire mais la longévité moyenne est de 70 ans.

    Classification: Animalia.Chordata.Reptilia.Testudines.Testudinidae.Testudo

    V.Battaglia (07.03.2006)

    Contribution: Christine Letourneau

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    Caïman à lunettes

    Avec ses paupières saillantes reliées par une crête osseuse très nette, ce caïman semble posséder une paire de lunettes.
    Le caïman à lunettes ou caïman commun (Caiman crocodilus) est, parmi les caïmans et tous les crocodiliens du Nouveau Monde, celui dont l’aire de répartition est la plus vaste.

    Sous le ventre, la peau des caïmans est recouverte de plaques osseuses très développées, si bien qu’elle est inutilisable pour le tannage.
    De ce fait, les caïmans ont été moins chassés que les autres crocodiliens jusque dans les années 1950.

    Cependant, avec la diminution drastique à cause d’une chasse intensive de nombreuses espèces de crocodiles et d’alligators, les chasseurs se sont rabattus sur les caïmans.
    Abondant autrefois, le caïman à lunettes a disparu de certaines régions.

     

    Classification et aire de répartition

    Les spécialistes ne s’accordent pas sur le plan de la taxonomie. Selon les auteurs le nombre de sous-espèces varie.

    4 sous-espèces ont été décrites :

    • Caiman crocodilus fuscus
    • Caiman crocodilus apaporiensis
    • Caiman crocodilus crocodilus 
    • Caiman crocodilus chiapasius n'est pas accepté par tous les auteurs et serait synonyme de C. c. fuscus

    Caiman à lunettes

    Caiman crocodilus. Caïman à lunettes. By Three fingered lord

    L’aire de répartition du caïman à lunettes est très importante :

    • Brésil, Colombie, Costa Rica
    • Ecuador, Salvador, Guatemala, Honduras
    • Mexique, Nicaragua, Panama, Pérou
    • Surinam, Guyane
    • Ile de la Trinité
    • Venezuela, Bolivie

    L’espèce a également été introduite à Cuba, à Puerto Rico et en Floride.

    La forme nominale Caiman crocodilus crocodilus est présente dans la totalité des systèmes hydrographiques de l’Orénoque au Venezuela, et de l’Amazone, depuis la Colombie jusqu’au Pérou, au sud, en passant par le Brésil.

    Caiman a lunettes

    Caïmans à lunettes qui prennent un bain de soleil. By Kradlum

    Caiman crocodilus fuscus occupe une zone allant de l’Amérique centrale à l’Equateur et jusqu’à l’ouest du Venezuela.

    Caiman crocodilus apaporiensis occupe principalement une zone limitée au fleuve Apaporis en Colombie. De petites populations évoluent à travers la Colombie et au Venezuela.

    Portrait du caïman à lunettes

    Ce caïman mesure au maximum 2,60 m. Les mâles sont plus grands que les femelles qui mesurent en moyenne 1,40 m.
    Cette espèce grandit très vite et atteint sa taille adulte à partir de 4 ans. Les plus grands individus peuvent atteindre 3 m de long mais sont très rares.

    Il est reconnaissable à ses paupières épaisses et saillantes qui lui couvrent les yeux,, un peu comme des lunettes.
    De plus, la crête osseuse qui relie ses paupières renforce cette impression.

    Caiman

    Le caïman est réputé pour son mauvais caractère. By Three fingered lord

    La couleur habituelle des adultes est vert-olive. Il existe des variantes selon les sous-espèces.

    Le caïman à lunettes est un animal très peu spécialisé. Il vit aussi bien dans les cours d’eau que dans les marécages, les lacs ou les bras morts de rivières.
    Il peut également tolérer un degré raisonnable de salinité. Chaque fois qu’une autre espèce de crocodilien a disparu, à cause de la chasse, le caïman à lunettes s’approprie ce nouveau domaine.
    Il a par exemple profité de la disparition dans certaines zones du crocodile américain ou du caïman noir.

    Dans la région de Miami, en Floride, où de jeunes caïmans qui avaient été élevés comme animaux de compagnie ont été relâchés, ils se sont établis dans des fossés de retenue d’eau et des terriers dont ils ont expulsé les alligators.

    Caiman. Caiman crocodilus

    Caiman crocodilus. Caiman commun. © dinosoria.com

    Le caïman à lunettes est habile et rapide sur la terre ferme aussi bien que dans l’eau. C’est là qu’il chasse poissons, crustacés et amphibiens.
    Il plonge brusquement et réapparaît sur l’autre rive pour happer un oiseau ou un mammifère en train de boire.
    Il traîne alors sa proie dans l’eau pour la noyer.

    Caimans

    Caimans à lunettes se régalant de piranhas au Venezuela. © dinosoria.com

    En période sèche, des groupes de caïmans s’attaquent au bétail domestique ce qui leur vaut une extermination en règle de la part des éleveurs.
    Dans ces périodes difficiles où les points d’eau et la nourriture se font rares, le cannibalisme a été observé.

    C’est d’ailleurs cette adaptabilité et cet opportunisme qui permettent à ce caïman de prospérer malgré l’hostilité de l’homme.

    Reproduction

    Les femelles deviennent matures entre 4 et 7 ans. Les individus dominants se reproduisent plus jeunes que les autres.

    La période de reproduction s’effectue généralement entre mai et août. La femelle pond ses œufs, de 15 à 40, pendant la saison des pluies annuelle dans un monticule de végétation construit sur la terre ferme.
    Certains nids peuvent être partagés par plusieurs femelles. Elles sont réputées pour être très agressives car elles protègent avec acharnement le nid contre les prédateurs.

    Bebe caiman à lunettes

    Bébé caïman qui sort de son oeuf. © dinosoria.com

    Les petits naissent 90 jours plus tard environ. Ils restent près de leur mère ou d’autres femelles selon un système de « garderie ».

    Les juvéniles sont jaunes avec des taches et des bandes noires sur le corps et la queue. Ils se nourrissent d’invertébrés aquatiques, insectes, mollusques et crustacés.
    Au fur et à mesure qu’ils grandissent, ils incorporent dans leur menu des vertébrés.

    Le caïman à lunettes et l’homme

    Autrefois, les chasseurs de peau considéraient les caïmans comme des animaux de seconde catégorie.
    De ce fait, l’exploitation commerciale n’a pas démarré avant que les populations d’autres crocodiliens plus recherchés ne fassent l’objet d’une chasse excessive débouchant sur une protection légale.

    Le caïman à lunettes se reproduit vite et bénéficie de couvées importantes. Malgré la chasse illégale et la dégradation de son habitat, les effectifs globaux augmentent. Dans certaines régions, il a pu se réimplanter de manière assez satisfaisante.

    Jeunes caimans a lunettes

    Les jeunes caïmans restent près de leur mère. © dinosoria.com

    Par contre dans d’autres régions, notamment au nord du Brésil, les caïmans disparaissent à un rythme alarmant.
    Cette chute de la population s’explique par un abattage pour la chair de l’animal qui est appréciée et les conséquences toxiques du plomb et du mercure provenant de l’orpaillage et des déchets industriels.

    Par ailleurs, les petits caïmans sont souvent tués, puis naturalisés, pour être vendus aux touristes.
    La mode des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) a eu pour conséquence le prélèvement important dans la nature de nouveau-nés.
    Mais, le caïman à lunettes est réputé pour son agressivité et les maîtres s’en débarrassent quand ils grandissent.

    Caiman a lunette

    Zoom sur un bébé caïman. © dinosoria.com

    Au Venezuela, les populations sont stables. Caiman crocodilus apaporiensis est par contre en très fort déclin en Colombie.

    Depuis les années 50, les caïmans fournissent la plus grande part du marché de peau. Le caïman à lunettes est l’une des espèces les plus visées.
    Il n’y a pas de statistiques précises sur les différentes populations.

    Plusieurs pays ont engagé des programmes de protection comme le Venezuela, la Colombie ou la Guyane.
    Des fermes d’élevage ont été créées afin de préserver les populations dans leur habitat naturel. Les exportations de peau ont été réduites et sont très contrôlées.

    Le braconnage à grande échelle reste cependant une préoccupation. Seule une coordination entre les pays demandeurs et les pays d’Amérique latine pourra réduire, voire supprimer cette chasse illégale.

    Classification: Animalia. Chordata. Vertebrata. Reptilia. Crocodilia. Alligatoridae. Caiman

    V.Battaglia (21.03.2008)

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    Alligator du Mississippi

    L’alligator du Mississippi (Alligator mississippiensis) est aujourd’hui le seigneur des mangroves. Cet alligator règne sur les Everglades après avoir frôlé l’extinction.

    L'alligator du Mississippi est également appelé alligator américain. C'est le crocodilen le mieux connu.

    Cet alligator a bénéficié d'une préservation à l'état sauvage qui a été une véritable réussite.

     

    Portrait de l'alligator américain

    Excellent nageur, l’alligator est un parfait amphibien qui peut également marcher, ramper et même galoper.

    Le record de longueur dépasse 5,80 m et date du 19e siècle. Aujourd'hui, les mâles atteignent rarement 4,30 m. La femelle mesure au maximum entre 2,70 et 3 m.

    Ne vous fiez pas à sa démarche maladroite, il peut surprendre oiseaux et mammifères.

    Alligator americain

    Alligator américain en position de marche. © dinosoria.com

    L'alligator américain est le meilleur marcheur de tous les crocodiliens. Il peut parcourir de longues distances pour trouver un plan d'eau.

    Ses puissantes mâchoires peuvent venir à bout de n’importe quelle proie. Chaque dent a une durée de vie limitée et est périodiquement remplacée.
    Sa queue lui sert à équilibrer sa nage et à renforcer la puissance de ses attaques.

    L’alligator possède une solide armure constituée d’écailles cornées et de plaques osseuses. Cette carapace le rend quasiment invulnérable.

    L’alligator possède un autre atout : il possède la maîtrise de son rythme cardiaque.

    Alligator americain

    Alligator américain. © dinosoria.com

    Les crocodiliens sont doués d'un système vocal complexe. Ce sont les plus bavards de tous les reptiles. Tous les sons traduisent des messages sociaux auxquels sont attachés des sens bien précis. Par exemple, le beuglement est un rugissement guttural répété plusieurs fois. Il constitue un signal pouvant être entendu à plus de 150 mètres. Il est souvent utilisé pour prévenir d'un danger ou pour attirer les femelles à la saison des amours.

    Vidéo Alligator (Beuglement. Préliminaires amoureux et claquement d'un mâle dominant)

    D’une certaine manière, on peut dire que ses armes sont disproportionnées par rapport à son régime alimentaire.
    L’alligator d’Amérique se nourrit surtout de tortues, poissons, oiseaux et de temps en temps de mammifères sauvages.

    Alligator mississippiensis

    Alligator du Mississippi .© dinosoria.com

    L’alligator mange sous l’eau. Un palais secondaire ossifié isole totalement le système respiratoire.
    Il possède un garde-manger sous-marin ce qui permet à la chair de ses proies de se ramollir.

    En liberté, un alligator vit en moyenne une cinquantaine d’années.

    Reproduction

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les préliminaires entre mâle et femelle sont très tendres. Le mâle beugle pour attirer des partenaires. Seule la femelle choisira celui avec qui elle s'accouplera.

    Vidéo préliminaires amoureux

    Chez l'alligator du Mississippi, la maturité sexuelle dépend de l'âge et de la taille. Les femelles l'atteignent entre 6 et 10 ans, quand elles mesurent environ 2 m de long.

    Cri Alligator (beuglement MP3)

    Elles font alors l'objet d'une cour et s'accouplent en avril ou mai.

    Mâle et femelle communiquent par le biais de claquements de mâchoires et de vagissements. Ils émettent également des sons de gorge qui sont trop graves pour que l'oreille humaine puisse les distinguer, mais dont l'intensité agite l'eau autour des alligators.

    Alligator du Mississippi

    L’alligator du Mississippi est un excellent amphibien. © dinosoria.com

    Cette agitation aquatique a été surnommée la « danse aquatique ».

    Avant de s'accoupler, les deux partenaires se touchent et se « combattent » dans un rituel amoureux.

    En juin ou juillet, la femelle construit un monticule constitué de végétaux pour y pondre ses oeufs. Elle les recouvre ensuite pour l'incubation qui dure environ 65 jours.

    Elle reste à proximité du nid pour protéger les 30 à 50 oeufs des ratons laveurs et autres prédateurs.

    Dès que les nouveau-nés émettent des cris, elle les délivre et les transporte jusqu'à l'eau dans sa gueule.

    Ces jeunes peuvent rester près de leur mère 2 ou 3 ans si personne ne vient les déranger.

    Nouveau-né alligator américain

    Un nouveau-né sort de l'oeuf. © dinosoria.com

    Les soins attentifs prodigués aux jeunes expliquent le très faible taux de mortalité infantile. Les juvéniles sont généralement noirs, avec des bandes transversales de teinte crème ou jaunâtre, qui s'estompent durant la croissance.

    Jeune alligator americain

    Jeune alligator américain. © dinosoria.com

    Cet instinct maternel très développé a permis à l’espèce d’éviter l’extinction dans les années 50.
    Extrêmement turbulents, les petits ne cessent de bouger, de se sauver et de grimper sur la tête de leur mère. De plus, ils font un véritable remue-ménage. Ils piaillent à tue-tête et grognent sans répit.

    L'alligator américain et l'homme

    Au début de la colonisation du sud-est des États-Unis, les alligators du Mississippi étaient abondants dans les rivières ou les marécages. Ils furent ensuite victimes de tueries destinées à prélever leur peau, qui servait à la fabrication de sacs, de ceintures ou de bottes.

    Vidéo claquement agressif d'un alligator

    Ces massacres culminèrent après la guerre de Sécession (1865), et se poursuivirent jusqu'au début du 20e siècle.

    Jeune alligator avec sa mere

    Ce jeune alligator trouve protection sur le dos de sa mère. © dinosoria.com

    Dans les années 1950 et au début des années 1960, les tanneries durent s'approvisionner avec d'autres espèces de crocodiliens tant les effectifs avaient diminué.

    Des mesures de protection nationales et internationales entrées en vigueur à la fin des années 1960 et pendant la décennie suivante permirent à l'espèce de voir ses effectifs remonter rapidement.

    Crane d'alligator

    Crâne d'un alligator américain. By Secret Pilgrim

    Aujourd'hui, l'alligator américain se porte très bien, si bien que dans certaines zones, sa population doit être régulée. On a comptabilisé jusqu'à 800 000 individus.

    En Floride et en Louisiane, il y a des fermes d'alligators dont l'objet est leur exploitation commerciale. La peausserie, bien contrôlée, génère des millions de dollars de chiffre d'affaires par an. Cette économie lucrative incite l'homme à préserver l'alligator dans son environnement naturel.

    Aujourd’hui, les Everglades sont un sanctuaire où l’alligator prolifère librement.

    Classification: Animalia. Chordata. Sauropsida. Crocodilia. Alligatoridae. Alligator

    V.Battaglia (24.03.2008). M.à.J 09.2009

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