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    Boa des sables

    Eryx est un genre de serpents communément appelés boas des sables (sand boa en anglais). Il existe 9 espèces de boas des sables dans ce genre qui habitent des régions arides et semi-arides d’Afrique, du Proche-Orient,  d’Asie mais également de quelques zones d’Europe.

    Tous les boas du genre Eryx sont inoffensifs pour l’homme.

     

    Portrait du boa des sables

    Les boas des sables font partie de la famille des Boidae et de la sous-famille des Erycinae.

    Ce sont des boas de petite taille. C’est parmi le genre Eryx que l’on trouve les plus petits boïdés. Eryx miliaris mesure de 35 à 55 cm. La plus grande espèce mesure un peu plus d’un mètre.
    Ces boas fouisseurs présentent une petite tête compacte qui ne  se distingue pas du corps, un corps cylindrique et une queue courte. Les yeux sont petits.

    Eryx. Boa des sables

    Zoom sur la tête d'un boa des sables. Eryx sp. By Grande Illusion

    Ce sont des serpents inoffensifs et non venimeux. Ils tuent leurs proies par constriction. Ils fréquentent les régions arides et semi-désertiques.
    Ces serpents sont surtout actifs au crépuscule et la nuit.

    Sand boa

    Eryx sp. By Grande Illusion

    La journée, ils restent au frais sous les pierres, dans les terriers des petits mammifères ou dans les buissons. Ils s’enfouissent dans le sable ou les terres meubles.
    Ils utilisent leur tête comme outil de pénétration, poussée par les appuis du reste du corps.

    Sand boa. Eryx jaculus

    Eryx jaculus. By Divinorum

    Très rapides, ils peuvent fondre sur leur victime en jaillissant d’un seul coup du sable. Ils peuvent également évoluer dans des régions à sous-sol pierreux.
    Eryx jaculus s’embusque souvent sous les pierres plates.

    Leur livrée se fond très bien dans leur environnement. La couleur de fond est habituellement sable foncé, beige jaunâtre ou jaune brunâtre à rougeâtre.

    Boa des sables. Eryx sp

    Boa des sables. Eryx johnii probablement. By abhinav.s

    Ce sont d’excellents fouisseurs que l’on rencontre rarement à la surface. Leur menu se compose de lézards, de petits rongeurs, d’oisillons et même d’insectes ou de gastéropodes selon leur habitat.

    Selon leur zone géographique, ils peuvent hiberner. C’est le cas d’Eryx jaculus qui hiberne pendant 3 à 5 mois

    .Les 9 espèces :

    • Eryx borrii  qui n’a été décrit qu’en  2005
    • Eryx elegans
    • Eryx jaculus 
    • Eryx jayakari 
    • Eryx johnii  
    • Eryx miliaris  
    • Eryx somalicus 
    • Eryx tataricus 
    • Eryx whitakeri

    Trois espèces du genre Eryx ont été reclassées dans le genre Gongylophis :

    • Gongylophis colubrinus
    • Gongylophis conicus
    • Gongylophis muelleri

    Quelques espèces de boas des sables

    Gongylophis colubrinus  (Boa des sables d'Egypte)

    Taille : 50 à 70 cm. Corps trapu et court
    Livrée : Fond jaunâtre ou gris-jaune. Dessin dorsal et latéral composé de taches brun foncé et orangées. Ventre gris ou gris-jaune
    Reproduction : Ovovivipare. Accouplement en été. Jusqu’à 15 serpenteaux qui naissent en automne
    Aire de distribution : Egypte, Soudan, Ethiopie, Somalie, péninsule arabique, nord du Kenya

    Jeune eryx colubrinus

    Serpenteau. Gongylophis colubrinus. By Art Brom

    Note : ce boa est souvent présent dans les oasis et près des habitations.

    Eryx jaculus (Boa javelot ou Boa des sables occidental)

    Taille : 40 à 60 cm et jusqu’à 80 cm. Corps gros et court

    Livrée : Fond beige jaunâtre, jaune brunâtre à rougeâtre. Bandes plus foncées qui partent de l’œil jusqu’à la commissure buccale. Taches plus foncées sur le dos et sur les flancs. Ventre plus clair. On trouve parfois des individus noirs ou argentés

    Sand Boa. Eryx jaculus

    Eryx jaculus. By Divinorum

    Reproduction : Ovovivipare. Accouplement en avril-mai et naissance en août-septembre de 3 à 12 serpenteaux

    Aire de distribution : Péninsule balkanique, sud de la Yougoslavie, sud de la Bulgarie, Turquie, Proche-Orient, Afrique du Nord, Afrique de l’Est

    3 sous-espèces :

    • Eryx jaculus jaculus 
    • Eryx jaculus familiaris 
    • Eryx jaculus turcicus

    Eryx miliaris (Boa des sables oriental ou nain)

    Taille : 35 à 55 cm

    Livrée : Fond jaune sable à brun foncé. Taches foncées sur le dos. Bande longitudinale latérale foncée de chaque côté de la queue

    Reproduction : Ovovivipare. Accouplement en avril-mai et naissance en août-septembre de 3 à 12 serpenteaux

    Aire de distribution : Nord-ouest de la mer Caspienne à l’Asie centrale

    2 sous-espèces :

    • Eryx miliaris nogaiorum
    • Eryx miliaris miliaris

    Note : les yeux sont placés très hauts sur la tête ce qui lui permet une excellente adaptation aux sables du désert.

    Elevage d'Eryx colubrinus

    Elevage de Gongylophis colubrinus. By Shoe the Linux Librarian

    Eryx elegans (Boa des sables d’Asie central)

    Taille : Jusqu’à 38 cm environ

    Livrée : Fond olive-brun clair. Taches brunes avec un contour noir sur le dos. Ventre clair avec des taches brunes

    Aire de répartition : Turkmenistan, Iran, Afghanistan et Pakistan

    Note : Ce serpent vit entre 800 et 2 500 m d’altitude. Espèce assez méconnue.

    Eryx sp

    Eryx sp. (espèce à confirmer). By By Grande Illusion

    Eryx jayakari (Boa des sables d’Arabie)

    Taille : Environ 40 cm

    Livrée : Fond orangé ou jaune. Taches irrégulières plus foncées qui forment parfois des bandes. Certains individus sont beaucoup plus foncés

    Reproduction : Ovipare. La femelle pond 3 à 5 oeufs

    Aire de distribution : Péninsule arabique

    Eryx johnii (Boa des sables Indien ou boa rouge des sables)

    Taille : Jusqu’à 1,20 m

    Livrée : Brun ou orangé uni. Les juvéniles possèdent des bandes sombres sur un fond orange

    Reproduction : Ovovivipare.  Jusqu’à 14 serpenteaux

    Boa des sables

    Eryx johnii. By Ash Lin

    Aire de distribution : Afghanistan, Pakistan,  Iran  et en Inde occidentale

    2 sous-espèces :

    • Eryx johnii johnii 
    • Eryx johnii persicus

    Note : L’une des rares espèces que l’on trouve en terrarium. A la réputation d’être assez docile.

    Eryx tataricus (Boa des sables de Tatarie)

    Taille: les femelles sont plus grandes que les mâles et peuvent atteindre 1 mètre, voire un peu plus . Les mâles ne dépassent pas 75 cm

    Livrée : L’espèce type possède une livrée au fond brun-beige avec des taches plus foncées brunes. Cependant, la livrée  diffère selon les sous-espèces. Brun foncé pour Eryx tataricus tataricus avec des taches grisâtres. Blanc à beige pour Eryx tataricus speciosus avec des taches grises ou marron

    Reproduction : Ovovivipare

    Distribution : Afghanistan, Ouest de la Chine, Nord de l'Iran, Est du Kazakhstan, Kirghizstan,
    Mongolie Intérieure, Sud de la Mongolie, Ouest du Pakistan, Tadjikistan, Est du
    Turkménistan, Ouzbékistan

    3 sous-espèces :

    • Eryx tataricus tataricus 
    • Eryx tataricus speciosus 
    • Eryx tataricus vittatus

    Note : Ce boa est maintenu en captivité bien qu’il ne soit pas très répandu sur le marché

    Terrarium Eryx colubrinus

    • Terrarium en bois de 60 x 30 x 40 cm pour un couple
    • Type désertique avec un milieu sec et bien ventilé. Mettez des abris au sol, un bassin d'eau ainsi qu'un substrat d'éclats de bois ou de sable
    • Humidité: 60% environ
    • Eclairage: par lampe ou néon
    • Température: Jour: point chaud à 30°C et point froid à 25°C. Nuit: 21°C environ
    • Alimentation: petits rongeurs

    Classification : Animalia. Chordata . Vertebrata. Reptilia. Squamata. Serpentes . Boidae. Erycinae

    V.Battaglia (28.05.2008)

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    Tortue géante des Seychelles

    Deux espèces de tortues géantes vivent aujourd’hui sur terre. La première est la tortue géante des Galápagos (Geochelone nigra), dans l’océan Pacifique. La deuxième est la tortue géante des Seychelles (Geochelone gigantea), au nord de Madagascar, dans l’océan indien.
    L’une et l’autre ne doivent leur survie qu’à la protection totale dont elles bénéficient aujourd’hui.

     

    Portrait de la tortue géante des Seychelles

    Très proche parente de la tortue géante des Galápagos, la tortue des Seychelles a failli être décimée par les marins autrefois.
    En effet, elle était chassée pour servir de stock de nourriture sur les navires.

    Tortue geante des Seychelles

    Tortue géante des Seychelles. By Camera Eye

    Aujourd’hui, la tortue géante des Seychelles ne vit plus que sur l’île d’Aldabra. Autrefois, elle peuplait toutes les îles des Seychelles et Madagascar.

    Toutefois à Aldabra, grâce aux mesures de protection, cette espèce vit encore en assez grand nombre.
    C’est avec plaisir que pour une fois, je peux dire que cette tortue n’est plus menacée d’extinction.

    Son impressionnante carapace semble aussi dure et solide que du roc. Mais il n’en est rien. N’ayant aucun ennemi naturel, la tortue a vu, au fil des siècles, sa carapace dure se muer en une sorte de bouclier de cuir très épais.
    Aussi, peut-on la blesser quand on la transporte après une capture. L’animal peut se blesser également lui-même.

    Tortue géante des Seychelles

    Geochelone gigantea. By tiarescott

    La carapace d’une tortue n’est pas une simple armure inerte posée sur son dos. Elle est connectée à ses centres nerveux. Si on touche la carapace, la tortue réagit.

    Cependant, si la moelle épinière et la colonne vertébrale ne sont pas atteintes, la tortue ne souffre pas outre mesure, car sa carapace se régénère rapidement.

    Qu’elles soient marines, terrestres ou d’eau douce, les tortues ont toutes un point commun : les dents de leurs ancêtres ont été remplacées par un bec corné.

    Tortue géante des Seychelles

    Geochelone gigantea. By tiarescott

    On considère que l’espérance de vie moyenne d’une tortue se situe aux alentours de 50 ans. Différents records de longévité ont été enregistrés pour la tortue géante des Seychelles : 137 ans, 189 ans et même 200 ans.
    Mais, ces records sont assez rares.

    Reproduction

    La tortue géante des Seychelles devient adulte très tôt. Cela compense une ponte assez modeste, composée de 10 à 20 œufs.
    Les œufs ont une taille respectable de 5 à 7 cm de diamètre et pèsent entre 65 et 80 grammes chacun.

    Tortue géante des Seychelles

    Tortue géante des Seychelles en plein repas. By tiarescott

    Une tortue adulte pèse jusqu’à 300 kg pour une longueur d’1,25 mètre environ.

    La saison des amours est la seule période de l’année durant laquelle les tortues recherchent la compagnie de leurs semblables.
    Cependant, quand les conditions l’exigent, elles savent développer une vie de groupe. Sur l’Atoll d’Aldabra, les tortues géantes partagent les mêmes rituels, mangent et se reposent en groupe.

    Tortue géante des Seychelles

    Zoom sur une patte de Geochelone gigantea. By Jon Inghram

    On retrouve la même vie collective sur les îles Galápagos avec l’autre espèce de tortue géante.

    Les pontes collectives sont une autre preuve que la vie en groupe existe chez les tortues.

    Classification: Animalia. Vertebrata. Reptilia. Testudines. Testudinidae. Geochelone

    V.Battaglia (07.03.2006). M.à.J 04.2008

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    Agame des colons

    Agama agama est un lézard appelé communément agame des colons ou margouillat. On le surnomme également lézard arc-en-ciel car le mâle peut arborer une tête rouge vif avec un large collier bleu.
    Très commun en Afrique, l’agame des colons s’est installé dans les villes et les villages. Cet agamidé est en effet très adaptable dans son milieu naturel. Par contre, il est plus difficile à maintenir en captivité.
    Ce lézard est vraiment réservé aux terrariophiles confirmés.

     

    Portrait de l’agame des colons

    La coloration varie selon la température, l’humeur et l’origine géographique de chaque individu.
    Normalement, le corps est gris. Une zone rougeâtre apparaît au milieu de la queue dont le fond est noir.
    Les mâles, surtout dominants, peuvent présenter une vive coloration. Selon les individus, la tête est alors rouge, orange ou jaune. Le collier est bleu vif tandis que le corps, la queue et les pattes sont bleus plus pâles.

    Agama agama. Male agame des colons

    Agama agama. Mâle agame des colons. By Tambako The Jaguar

    Les mâles subordonnés, les femelles et les immatures passent plus inaperçus avec une coloration verdâtre.

    Le dos du mâle est surmonté d’une crête avec une rangée de courtes épines. Celle-ci se redresse grâce à des vaisseaux sanguins qui se dilatent quand l’agame se veut menaçant.

    La longueur totale varie de 22 à 37 cm (queue comprise). Le mâle est plus long que la femelle.

    Agama agama. Agame des colons

    Agame des colons. By Wwarby

    Comme tous les Agamidés, ce lézard possède une dentition de type acrodonte. Contrairement aux Iguanidés, les dents sont fixées au sommet des maxillaires, et non sur la face interne.

    Agama agama possède cinq doigts à chaque patte. Il n’émet aucune vocalise.

    Mode de vie

    Agama agama possède une aire de répartition qui comprend l’Afrique de l’Ouest et centrale. Il vit dans toutes les régions subsahariennes à tropicales.
    Ce lézard a su s’adapter à l’activité humaine en s‘installant près des hommes. Des groupes de plusieurs dizaines d’individus « squattent » les maisons. Ils grimpent le long des murs, montent sur les toits et profitent ainsi des nombreux abris ainsi que des insectes.

    Agama agama

    Comme tous les lézards, l'agame des colons est un excellent grimpeur. By Mikee Showbiz

    Dès le lever du soleil, l’agame des colons s’active à la recherche d’insectes, surtout de fourmis et de sauterelles.
    Débordant de vivacité, il bondit et court inlassablement à la poursuite de ses proies. Pour les attraper, il projette hors de sa gueule sa langue fine et gluante à l’extrémité.

    Le menu est également composé de termites et de scarabées. Opportuniste, il peut à l’occasion se régaler de petits mammifères, de petits reptiles et de quelques végétaux ou fruits.

    Agame des colons ou margouillat

    L'agame des colons est également appelé margouillat. By Jackol

    L’après-midi, il se repose à l’ombre en attendant la fraicheur du soir.

    Les mâles possèdent un territoire qu’ils défendent avec âpreté. Avec de grands mouvements de la tête et du corps, ils cherchent à intimider les intrus.
    Si l’intimidation ne suffit pas, le combat s’engage et la robe change de couleur en signe de menace.

    Combat entre deux agames des colons

    Combat entre deux mâles. By Jason Pratt

    Les combats entre mâles sont fréquents et la plupart des mâles perdent une partie de leur queue.
    Cette amputation ne les gêne nullement et cela ne les empêchera pas de se battre à nouveau, surtout au moment de la reproduction.

    Reproduction

    Les femelles atteignent la maturité sexuelle entre quatorze et dix-huit mois et les mâles à deux ans.
    Agama agama se reproduit pendant la saison des pluies bien qu'il soit capable de se reproduire tout au long de l'année dans les zones humides.

    Gros plan sur Agama agama

    Zoom sur la tête d'un agame des colons mâle. By Wwarby

    Le mâle s’approche de la femelle et s'incline devant elle. Si elle accepte l’accouplement,  elle arque son dos et relève la tête.
    Le mâle saisit son cou et met sa patte sur le dos de la femelle afin de la faire pivoter  pour que les cloaques entrent en contact.
    L’accouplement dure habituellement une à deux minutes et chacun repart ensuite de son côté.

    La femelle gravide présente des traits rougeâtres sur les flancs. Ovipare, elle dépose entre cinq et sept œufs dans un trou qu’elle creuse avec ses griffes.
    Elle choisit un emplacement sablonneux avec un sol humide, exposé à la lumière du soleil mais protégé par des herbes ou du feuillage.

    Agama agama

    Agama agama est principalement insectivore. By Stig Nygaard

    A 29°C, la couvée ne comportera que des mâles et uniquement des femelles si la température varie de 26 à 27°C.

    Les jeunes sortent au bout de 8 à 10 semaines. Ils mesurent moins de 4 cm. Dès leur sortie, les nouveau-nés se mettent à la recherche de nourriture.
    Ils vivent en solitaire pendant environ 2 mois.
    Ensuite, ils intègrent un groupe mené par un mâle dominant accompagné de plusieurs femelles et quelques mâles immatures ou subordonnés.

    Si l’un des jeunes veut s’accoupler, il lui faudra vaincre le mâle dominant ou créer son propre territoire.

    Agama agama et l’homme

    Cette espèce n’est pas menacée. Elle est déconseillée aux terrariophiles débutants car ce lézard supporte très mal la captivité.
    Les spécimens vendus ont été prélevés dans la nature. Ils ont dû supporter un voyage éprouvant et arrivent dans un piètre état chez le vendeur.
    Nerveux, déboussolé, l’agame se montre agressif et peu maniable.

    Agama agama

    Agama agama est difficile à maintenir en captivité. By Stig Nygaard

    C’est donc une espèce qu’il vaut mieux éviter.

    Cependant, si vous craquez quand même pour ce lézard, sachez qu’il lui faut un vaste terrarium semi-arboricole.
    Il a besoin de nombreuses cachettes aussi bien en hauteur qu’au sol pour le rassurer.

    Points de repères

    Température : Jour 35°C (point chaud) et 32°C (point froid). Nuit 26°C (point chaud) et 23°C (point froid)
    Humidité : 60 à 70%
    UVB et UVA indispensables

    Classification: Animalia. Reptilia. Squamata. Iguania. Agamidae. Agama

    V. Battaglia (12.01.2009

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  • Agame barbu

    L’agame Barbu (Pogona vitticeps) est un grand lézard qui vit en Australie. Cet agamidé est répandu en captivité. Très familier, l’agame barbu est conseillé aux terrariophiles débutants car son comportement docile permet les manipulations.
    Il est plutôt rare qu’un reptile apprécie le contact humain. Il est vrai que dans son environnement naturel, cet agame vit en groupes hiérarchisés. Sa vie sociale complexe explique peut-être ce besoin d’interactions.

    Portrait de l’agame barbu

    L’agame barbu occupe une gamme étendue d’habitats désertiques et semi-désertiques en Australie. Il est présent en Australie orientale et centrale ainsi que dans les territoires du Nord. Semi-arboricole, il est souvent observé en train de prendre un bain de soleil sur une branche ou un poteau.

    Il évolue dans les déserts, les prairies et la savane.

    Agame barbu

    L'Agame barbu est un lézard curieux. © dinosoria.com

    Adulte, ce lézard peut mesurer jusqu’à 60 cm. La taille moyenne est de 40 cm. Son corps est recouvert d’écailles épineuses et il possède sous le menton une poche qu’il peut gonfler pour impressionner ses adversaires ou séduire une partenaire.

    Quand la poche est gonflée, les épines qui la couvrent se hérissent et forment une sorte de barbe hirsute d’où son nom commun.

    Les écailles épineuses peuvent mortellement blesser un prédateur.   

    Agame barbu                

    L'agame barbu (Pogona vitticeps) gonfle sa poche pour paraître plus impressionnant. By Xavier Fargas

    La couleur de sa robe est en principe beige. Cependant, en captivité, on trouve des agames barbus jaune doré (Golden) ou orange vif (Sandfire).

    Dans son environnement naturel, la robe varie en fonction de l’habitat. Selon le sol, la couleur varie du  brun au bronze.

    La couleur varie également en fonction de son état émotif, de son état de santé et de la saison.

    Agame barbu

    L'agame barbu est un omnivore. © dinosoria.com

    La tête triangulaire est imposante. Bon coureur, ce lézard se dresse sur ses pattes postérieures et réalise de grandes enjambées. Cette manière de courir rappelle celle des petits théropodes préhistoriques.

    Il n’est pas facile de distinguer le mâle de la femelle. Le mâle possède un renflement plus marqué à la base de la queue.
    Les deux sexes possèdent une « barbe » mais les mâles gonflent beaucoup plus souvent la leur pour attirer des partenaires. La barbe devient alors plus sombre voire noire.

    Mode de vie

    Ce lézard est un omnivore opportuniste. Il vit souvent dans des secteurs inhospitaliers où la nourriture est peu abondante.
    De ce fait, il ne se montre pas difficile. Son menu se compose d’insectes, de tous types d’invertébrés, de petits rongeurs, d’autres lézards et de végétaux.

    Agame barbu en train de manger

    Agame barbu en plein repas. Attention à ne pas donner de proies trop importantes. By Leguan 001

    Pendant les heures les plus chaudes, il se met à l’ombre et sort en fin de journée pour emmagasiner de la chaleur.
    Le matin, il se réchauffe puis part chasser.

    Les groupes sont hiérarchisés. Les mâles dominants veillent à ce que les autres mâles ne puissent accéder aux femelles.
    On a pu observer des rituels de soumission.

    Agame barbu

    Agame barbu qui dévore une araignée. © dinosoria.com

    Les femelles peuvent également se montrer agressives pour se préserver des mâles.

    En captivité, il est fortement déconseillé de mettre plusieurs mâles dans un même terrarium.

    Reproduction

    Ces lézards atteignent leur maturité sexuelle entre un et deux ans. La période de reproduction se situe de septembre à mars.
    En captivité, la reproduction peut avoir lieu toute l’année.

    Lors de la parade nuptiale, le mâle exécute une danse paré de ses plus belles couleurs. Il gonfle sa barbe et ouvre sa bouche.

    Les femelles creusent un nid dans le sable pour y mettre leurs œufs. La ponte peut comporter jusqu’à 24 œufs en liberté et jusqu’à 40 en captivité.
    Le sable est légèrement humide pour que l’incubation puisse se faire.

    Couple d'agames barbus

    Couple d'agames barbus. By Joachim S.Müller

    Une femelle peut avoir jusqu’à 9 pontes par an. Elle peut stocker le sperme. En captivité, les jeunes naissent au bout de 55 à 75 jours à une température de 28,9°C.
    Ils mesurent environ 10 cm et grandissent très vite.

    Ils peuvent espérer vivre environ 10 ans.

    L’agame barbu et l’homme

    Ces lézards ont fait l’objet de recherches scientifiques. Ils sont très appréciés en captivité car ils sont dociles et se reproduisent sans difficulté.

    Curieux, ils deviennent rapidement très familiers avec leur propriétaire.

    Agame barbu

    L'agame barbu est protégé. © dinosoria.com

    Suite aux prélèvements dans la nature trop importants, l’Australie a interdit l’exportation. Les individus qui sont vendus en animalerie proviennent d’élevages.

    Les éleveurs sélectionnent les spécimens afin d’obtenir une plus grande variété de couleurs : phase rouge ou phase or.

    Terrarium

    Type : 100 x 50 x 50 cm minimum. De type désertique avec des cachettes et des perchoirs. Humidité : 40% environ.
    Eclairage : par tube UV
    Température : jour : point chaud à 40°C et point froid à 26°C. Nuit : 20 à 22°C
    Nourriture : Insectes, invertébrés, souriceaux  et beaucoup de végétaux avec un supplément de vitamines et de minéraux..
    Les juvéniles doivent bénéficier de deux repas par jour et d’un point d’eau.

    Classification: Animalia. Vertebrata. Reptilia. Squamata. Iguania. Agamidae. Pogona

    V. Battaglia & J. Parker (14.09.2008)

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    Tortue charbonnière

    La tortue charbonnière, Geochelone carbonaria, vit au plus profond des forêts tropicales d’Amérique du Sud.
    On a baptisé cette tortue terrestre, tortue charbonnière à pattes rouges, afin de la différencier d’une espèce très proche, Geochelone denticulata ou tortue charbonnière à pattes jaunes qui vit également en Amérique du Sud.

    Geochelone carbonaria est un animal légendaire pour les Indiens qui la surnomment « jabouti » ou « jabuti ».
    Ayant voulu s’envoler sur le dos d’un vautour pour aller jouer de la flûte à l’occasion d’une fête, la tortue est tombée des airs. Sa carapace bosselée est le résultat de cette chute.
    La tortue charbonnière n’est pas très répandue en captivité, du moins en Europe, car elle est délicate à élever dans de bonnes conditions.

    Geochelone denticulata a un mode de vie identique. Les conseils pour l'élevage en captivité sont les mêmes que pour Geochelone carbonaria.

    Morphologie de la tortue charbonnière

    C’est une tortue dont la taille varie de 25 à  40 cm environ. Certains spécimens peuvent être plus grands ; le record de longueur est de 51 cm.
    La carapace est lisse et allongée, d’une couleur souvent sombre agrémentée d'aréoles jaunes ou orange.
    Le plastron est presque entièrement jaune avec des parties noirâtres.
    La tête, la queue et les pattes sont noires avec des taches jaunes, orange et rouges.

    Tortue charbonniere

    Tortue charbonnière à pattes jaunes, Geochelone denticulata. © dinosoria.com

    La coloration peut varier en fonction de leur région d’origine. Certaines populations ont par exemple la tête essentiellement jaune ou presque rouge.

    L’autre espèce très proche est la tortue charbonnière à pattes jaunes, Geochelone denticulata,  qui est d’ailleurs la plus grande tortue d’Amérique du Sud.

    Sa taille moyenne varie de 40 à 50 cm mais certains spécimens peuvent être beaucoup plus grands.

    Classification: Animalia. Chordata. Reptilia. Testudines. Cryptodira. Testudinidae. Geochelone

    Dimorphisme sexuel

    Le dimorphisme sexuel est marqué. Dans la plupart des cas, le mâle présente un rétrécissement en forme de sablier de la carapace et un plastron fortement concave.  Celui de la femelle est plat.

    Tortue charbonniere

    Geochelone denticulata . © dinosoria.com

    Le mâle possède une queue plus longue et plus large pour la plupart des spécimens. Le mâle est généralement plus grand que la femelle.

    Mode de vie de la tortue charbonnière

    Cette tortue se montre active le matin  et le soir. Elle vit dans la savane humide et les forêts tropicales couvertes. L’aire de répartition comprend Panama, l’Argentine, le Brésil, la Colombie, le Venezuela, la Bolivie, le Paraguay et certaines îles des Caraïbes.

    Tortue charbonniere

    La tortue charbonnière a besoin de chaleur et d'humidité. © dinosoria.com

    Elle est difficile à observer dans son milieu naturel car elle préfère rester dans l’épaisseur des forêts.

    Elle a besoin d’un milieu chaud et humide. Elle craint le soleil direct et reste à l’ombre une bonne partie de la journée.

    C’est une tortue surtout herbivore qui chaque matin se met en quête de végétaux et de fruits juteux dont elle se nourrit essentiellement en liberté (80% de son alimentation).

    Bebes tortues charbonnieres

    Bébés Geochelone carbonaria de quelques semaines. © Béatrice SCHMITZ

    Elle complète son menu avec des insectes, des champignons et des invertébrés ainsi que quelques charognes si elle en a l’occasion. Elle ne rechigne pas non plus sur les fèces d’autres animaux.

    Solitaire, elle ne rencontre ses congénères que pour la reproduction.

    Reproduction de Geochelone carbonaria

    Il ne semble pas y avoir de période de reproduction très marquée en liberté. Les accouplements s’effectuent toute l’année.
    Les mâles, comme c’est souvent le cas chez les tortues, peuvent se battre pour avoir le droit de s’accoupler.
    La femelle pond ses œufs dans un nid creusé et camouflé par de la végétation. Le nombre d’œufs est très variable, 2 à 12.
    La litière végétale en décomposition favorise l’incubation des œufs.

    Tortue charbonniere et ses petits

    Bébés Geochelone carbonaria de quelques semaines. © Béatrice SCHMITZ

    La durée moyenne d’incubation est de 150 jours. Les bébés, à la naissance, mesurent un peu moins de 5 cm pour un poids moyen de 28 grammes.
    Leur croissance est très rapide les deux premiers mois puis se ralentit.

    Les bébés n’atteindront leur taille adulte que vers 18-20 ans. Leur longévité est d’environ 50 ans.

    La tortue charbonnière et l’homme

    En Amérique du Sud, Geochelone carbonaria est appréciée pour sa chair. La chasse est d'ailleurs excessive. De plus, la destruction de l’habitat a fortement fait diminuer les populations.
    Cette tortue est cependant protégée. Elle est incluse dans l’Annexe II CITES.

    La tortue charbonnière en captivité

    En captivité, cette espèce est délicate à maintenir dans de bonnes conditions. Elle est réservée aux éleveurs expérimentés.

    C’est une espèce très sensible aux changements de température car elle est habituée, dans son milieu naturel, à une température chaude et une atmosphère humide toute l’année.
    Elle est bien sûr très sensible au froid qu’elle ne supporte absolument pas.

    Elle supporte également très mal le soleil direct.

    Geochelone carbonaria

    Geochelone carbonaria est très sensible aux changements de température. © Béatrice SCHMITZ

    L’idéal est une zone dont la température varie de 24° à 29°C le jour et 21° à 23°C la nuit. Il lui faut beaucoup d’espace et de grandes zones d’ombre si elle peut être maintenue en plein air.
    Le niveau d’humidité doit être élevé.

    Autant dire que ce n’est pas une tortue qui peut être achetée sur un coup de tête. Renseignez-vous auprès d’un éleveur spécialisé avant toute acquisition.

    Quand des bébés tortues s'invitent sans prévenir

    Une jolie histoire qui nous est contée par Béatrice SCHMITZ:

    " Je suis belge mais je vis au Venezuela depuis 7 ans. J'ai hérité en plusieurs fois de tortues, je sais maintenant grâce à vous que ce sont des charbonnières.

    J'ai donc deux femelles et un mâle et à notre retour de vacances d'Europe nous avons découvert avec surprise des bébés."

    Bebe tortue charbonniere

    Bébé tortue charbonnière. © Béatrice SCHMITZ

    "J'ignore comment m'en occuper, si vous pouvez m'aider. Mes adultes vivent dans le jardin de 3000 m2 depuis 5 ans.
    Il y a des mangues, des bananes, des avocats, des mandarines selon les saisons et j'avoue qu'elles aiment aussi les défections de mon chien !"

    Les soins à apporter aux bébés :

    Pour les bébés, il est indispensable d’éviter la déshydratation. Le mieux est de les baigner dans de l’eau tiède chaque jour.

    Laissez les coquilles vides à leur disposition car elles contiennent du calcium.

    Tortue charbonnière

    Les coquilles des tortues contiennent du calcium. © Béatrice SCHMITZ

    Votre habitez dans un environnement idéal au niveau de la température donc inutile de placer les bébés dans un terrarium. Ils seront beaucoup mieux en plein air.
    Leur alimentation est la même que celle des adultes sauf qu’il est mieux qu’elle soit coupée en petits morceaux.
    Vous pouvez leur donner un complément minéral et vitaminique ainsi qu’un supplément de carbonate de calcium.

    Ce qui est important c’est que le taux d’humidité reste stable avec des bains quotidiens.

    "Nos bébés se portent bien !

    De tout cœur un grand merci pour votre réponse pleine de bons conseils.
    Mes bébés tortues vont bien, dévorent la salade et les fruits que je leur donne, adorent être mouillés et grossissent à vue d'œil.

    Mon mari leur a fait un enclos dans le jardin à même la pelouse. Un quart est couvert pour qu'elles puissent se protéger du soleil et le tout est recouvert d'un grillage pour les protéger des prédateurs: rats, iguanes, espèces de vautours."

    Enclos pour bébés tortues

    Enclos de protection pour les bébés. © Béatrice SCHMITZ

    "Les trois adultes viennent parfois autour de l'enclos mais ils sont surtout attirés par la nourriture que j'amène plutôt que par les bébés!

    Je ne manquerais pas de vous tenir au courant de leur évolution."

    V. Battaglia (05.10.2008). M.à.J 09.2009

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