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    Les Everglades
     
     

    Région marécageuse de 10 000 km², située à la pointe sud de la Floride, les Everglades étaient autrefois un paradis pour la faune et la flore tropicales.
    Alternant prairies et marais, les Everglades comptent une myriade de petites îles. Ce parc national est surtout connu pour son hôte peu accueillant : l’alligator du Mississippi. Bien qu’il ait failli disparaître, il reste le plus grand prédateur des Everglades.

     

     

     

    Présentation des Everglades

     

    Les tribus Miccosukee et Seminole, qui peuplaient la région, avaient baptisé leur terre Pa-may-okee « fleuve d’herbe ».

     

    « Il n’existe rien d’équivalent aux Everglades dans le monde », affirmait Marjory Stoneman Douglas en 1947, année de l’inauguration du site en tant que parc national.
    Dans son ouvrage The Everglades : River of Grass, elle décrit avec respect et tendresse ce remarquable phénomène du sud de la Floride, qui n’est pas un fleuve au vrai sens du terme.

     

    Everglades

    Une partie du Parc des Everglades. © Emme Interactive

     

    Le « Fleuve d’Herbe » est un cour d’eau peu profond qui s’écoule sur 200 km entre le lac Okeechobee et la baie de Floride. Il peut atteindre une largeur de 80 km et c’est l’unique écosystème tropical d’Amérique du Nord.
    Le Fleuve d’Herbe avance de 30 mètres par jour avec une profondeur maximum de 3 mètres au centre.

     

    Everglades

    Les Everglades possèdent un écosystème unique au monde. © dinosoria.com

     

    Cette région est riche d’une végétation tropicale où poussent palmiers, pins, chênes ainsi qu’un épais tapis de graminées pouvant atteindre 5 mètres de haut. L’ensemble forme un enchevêtrement inextricable.
    En bordure des Everglades se trouvent également de vastes mangroves, où les racines aériennes des arbres semblent sortir directement de la vase.

     

    Ces mangroves produisent de fantastiques masses de détritus organiques, près de 30 tonnes par an et par hectare, qui sont à la base d’un nombre important de chaînes alimentaires.


    De fait, la Floride abrite des milliers d’espèces animales et plus de 300 espèces d’oiseaux y ont déjà été observées.

     

    Les Everglades

    Plus de 300 espèces d'oiseaux habitent aux Everglades. By Mark A. Vargas . (CC BY-SA 3.0)

     

    Les Everglades abritent l’un des plus riches éventails d’animaux qui soient au monde. Certaines espèces, extrêmement rares, sont endémiques à cette région.

     

    Du centre d’accueil de Royal Palms, une promenade de passerelles en bois, connue sous le nom d’Anhinga Trail, traverse l’étendue herbeuse au-dessus de l’eau.
    Des poissons nagent autour des pierres, des alligators guettent les tortues d’eau douce et des hérons se tiennent à l’affût prêts à fondre sur les poissons.

     

    Jeune alligator du Mississippi

    Jeune alligator du Mississippi . © dinosoria.com

     

    Lors d’une excursion en bateau de Flamingo aux marécages de Whitewater Bay, on peut se frayer un passage à travers les racines enchevêtrées des palétuviers.
    La mangrove protège contre l’érosion et constitue une zone de frai. Sur chaque langue de plage, crocodiles et alligators paressent nonchalamment.

     

    Le déclin des Everglades

     

    Paradoxalement, le moment où l’on a reconnu l’importance des Everglades a coïncidé avec son inexorable déclin.
    En 1947, lors de la création du parc, le sud de la Floride comptait 500 000 habitants.

     

    Quand les autorités de l’Etat ont lancé un cri d’alarme en 1985, la région en comptait 6 millions et l’industrialisation avait déjà exercé des ravages.

     

    Les Everglades avaient alors réduit d’un cinquième, 14 espèces animales risquaient de s’éteindre et toute la faune aquatique était contaminée par le mercure.

     

    Everglades

    L'équilibre des Everglades est très fragile. © dinosoria.com

     

    L’inscription des Everglades sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1993 a permis d’allouer des dizaines de millions de dollars à l’un des plus grands projets de restauration écologique du monde.
    Cependant, la situation est toujours compromise.

     

    On rencontre encore environ 800 espèces animales, aquatiques et terrestres. C’est le destin des lamantins qui cause le plus de préoccupation.


    La situation de nombreux échassiers est grave : leur population a diminué de 93% au cours des cinquante dernières années.

     

    Everglades

    La situation des Everglades est toujours compromise. By minds-eye . (CC BY-SA 3.0)

     

    La situation des reptiles et amphibiens est bien meilleure. Le roi incontesté des Everglades est bien sur l’alligator américain.


    Mais, en réalité, les touristes ont bien plus à craindre de l’assaut des 43 espèces de moustiques qui prolifèrent en pondant chaque été 100 000 œufs au mètre carré.
    Eux aussi sont protégés, au grand désespoir des visiteurs, car ils constituent un maillon fondamental de la chaîne alimentaire.

     

    Le puma de Floride

     

    Autrefois, d’importantes populations d’une sous-espèce spécifique de pumas, Felis concolor coryi, habitaient les Everglades.


    L’animal, baptisé « panthère de Floride » a été protégé à partir de 1958 et élevé au rang d’animal officiel de la Floride en 1982.


    Malheureusement, la protection est intervenue trop tard. Il ne reste qu’une petite population de 30 individus dont la moitié est munie de colliers émetteurs.

     

    Puma de Floride

    Puma de Floride . By Monica R. (CC BY-SA 3.0)

     

    Cette quasi extinction résulte pour une bonne part de la politique d’assèchement des marais développée au 20è siècle afin de favoriser le développement du tourisme et de l’agriculture. L’équilibre écologique de vastes zones semble avoir été irrémédiablement affecté.

     

    Aujourd’hui, plusieurs actions de repeuplement de pumas et de jaguarondis sont en cours, sans que les résultats soient réellement probants.

     

     

    Le lamantin de Floride

     

    Ce lamantin (Trichechus manatus latirostris) vit à proximité de la péninsule de Floride. Cette péninsule s’enfonce sur 800 km dans l’océan Atlantique qu’elle sépare du Golfe du Mexique. Sur la côte ouest de la péninsule, sur le Crystal river, s’est créé un refuge pour lamantins.

     

    Discret, le lamantin attend souvent la tombée de la nuit avant d’entamer son dîner. Le qualificatif de « vache marine » s’applique parfaitement aux lamantins.
    Herbivores presque exclusifs, ils broutent les fonds marins.

     

    Un lamantin en Floride. By Naufragio . (CC BY-SA 3.0)

     

    L’appétit vorace des lamantins a suggéré aux scientifiques un emploi : le nettoyage des fonds marins.
    Coopératifs et dociles, les lamantins pouvaient effectivement, en théorie, être employés au nettoyage des rivières envahis par la végétation.

     

    En Guyane, à partir des années 1950, près de 200 lamantins en semi-captivité ont démontré dans cette tache une réussite incontestée.

     

    S’inspirant de cette méthode, Mexique et Etats-Unis décidèrent d’utiliser les lamantins comme « désherbants » de voies d’eaux……sans guère de succès.
    Ils avaient surestimé les capacités de ces animaux à supporter des eaux trop froides.

     

    Lamantin

    Lamantin. By Smudgie's Ghost . (CC BY-SA 3.0)

     

    En Floride, la température de l’eau est toujours au-dessus de 17°C. Le froid ne s’installe qu’à partir de janvier jusqu’en avril environ.

     


    Les lamantins migrent alors vers des eaux plus clémentes.

     

    Le lamantin d’Amérique du Nord n’a jamais été chassé pour sa viande comme les trois autres espèces.

     

    Par contre, son habitat ne cesse de se restreindre. De plus, on compte plus de 700 000 licences de bateaux à moteur en Floride. Les lamantins vivent en eau peu profonde. Leur peau est couverte de cicatrices dues aux hélices de bateaux.


    Les collisions sont de loin la principale cause de mortalité chez le lamantin de Floride.

     

    Lamantin

    Lamantin. © dinosoria.com

     

    Malgré ces conditions précaires, cette espèce est la plus protégée. Il y a une mobilisation générale pour sauver ce frileux et paisible mammifère.

     

    Les responsables des centrales électriques déversent en continu des eaux artificiellement chauffées, créant ainsi des refuges thermiques.

     

    D’année en année, les lamantins ont ainsi pris l’habitude de migrer vers ces sites. Au cours d’hivers rigoureux, des rassemblements de 200 animaux ne sont pas rares.

     

    La population de lamantins en Floride est estimée à environ 1 200 individus.

     

     L’alligator du Mississippi (Alligator mississippiensis)

     

    Cet alligator, également appelé alligator américain, est le crocodilien le mieux connu. C’est aussi un animal dont la préservation à l’état sauvage est une véritable réussite.
    Depuis que le braconnage et la chasse, où plutôt un massacre pour sa peau ont cessé, les effectifs ont remonté.

     

    Le record de longueur dépasse 5,80 m. Toutefois, aujourd’hui, les mâles atteignent rarement 4,30 m.

     

    Nouveau-né alligator du Mississippi

    Nouveau-né alligator du Mississippi. © dinosoria.com

     

    En Floride et en Louisiane, on trouve des fermes et des ranchs d’alligators à vocation commerciale. La peausserie qui est contrôlée génère plus de 10 millions de dollars de chiffre d’affaires par an.

     

    On peut contester cette pratique. Cependant, ces revenus importants sont la principale motivation pour préserver l’habitat de ces animaux, et à tolérer leur présence dans des zones habitées.

     

    Sans l’exploitation commerciale, l’alligator du Mississippi ne serait probablement plus là, tant la tuerie qui a culminé après la guerre de Sécession (1865) pour perdurer jusqu’au début du XXe siècle a été intensive.

     

    Alligator du Mississippi

    L'alligator est essentiel à l'équilibre des Everglades. © dinosoria.com

     

    L’alligator est essentiel à l’équilibre des Everglades. Lors de la saison sèche, il creuse dans la boue des marais des dépressions avec sa queue, son museau et ses pattes.

     

    Ces trous deviennent de petites mares pouvant avoir plus de 6 m de diamètre. Bientôt, avec le pourrissement de la végétation, les trous favorisent la croissance d’une végétation luxuriante. Avec le temps, le trou d’alligator devient le centre d’une île entourée d’arbres.

     

    Il offre un sanctuaire pour l’alligator et pour de nombreux animaux aquatiques, qui sans lui, risqueraient de mourir.
    La chaîne alimentaire, malgré la sécheresse, peut ainsi perdurer. Dès que la pluie revient, cette vie préservée, va pouvoir repeupler les marécages.

     

    C’est pour cela que l’alligator du Mississippi a été qualifié de gardien des Everglades.

     

    Les Everglades en sursis

     

    Les Américains revendiquent à juste titre un rôle de pionnier dans la politique de protection du patrimoine naturel.


    Les Everglades sont un poids sur leur conscience. Cette région extraordinaire n’a suscité leur intérêt que très tardivement.


    A leurs yeux, il s’agissait d’une région inhospitalière envahie de moustiques et de reptiles dangereux.

     

    Les Everglades

    Tourisme dans les Everglades. By turtlemom4bacon . (CC BY-SA 3.0)

     

    Aujourd’hui, la prise de conscience est réelle et le désir de sauver l’écosystème de ce parc de 600 000 hectares sincère.

     


    Cependant, c’est un écosystème fragile et malgré tous les efforts fournis, la situation est toujours préoccupante.

     

    V.Battaglia (30.03.2006)

     

    Références

    Les Sites naturels, éditions Gründ 2003. Sanctuaires sauvages, éditions Artémis 2002. Le Lamantin, collection Marshall Cavendish. Le Puma, collection Marshall Cavendish. Crocodiles et Alligators de John et Deborah Behler, éditions Nathan.

     

     

     

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    Désert du Grand Bassin et désert de

    Chihuahua

     

     

    Le désert du Grand Bassin (Great Basin Desert) est la plus vaste étendue désertique des États-Unis. Sa superficie est de 409 000 km².
    Il est situé pour l’essentiel dans le Nevada et l’Utah c’est-à-dire l’ouest de l’Amérique du Nord.

     

    Le désert de Chihuahua se situe dans le sud de l’Amérique du Nord et est à cheval entre le Mexique et les États-Unis.

     

     

    Caractéristiques du Grand Bassin

     

    Les précipitations moyennes annuelles sont de 250 mm. C’est un désert de type sableux et caillouteux.

     

    Il est classé dans la catégorie des déserts froids en raison de son altitude assez élevée. Les températures vont de 38 °C à -7 °C.

     

    Grand Bassin situé entre 900 et 1980 m au-dessus du niveau de la mer. Sur ce plateau, de larges vallées et d’anciens lacs desséchés se succèdent.

     

    Desert du Grand Bassin

    Désert du Grand Bassin. © Steve Ming

     

    60 % des précipitations ont lieu en hiver et sous forme de neige.

     

    Les playas, des lacs temporaires, sont caractéristiques de la région. Leur lit salé permet la croissance d’une végétation dominée par les arroches (Atriplex canescens).

     

    Faune animale du Grand Bassin

     

    L’animal le plus étrange est un amphibien : le pied-en-bêche de Couch (Scaphiopus couchii) . Ce crapaud peut survivre à la sécheresse en se réfugiant sous terre.
    Il y reste en attendant patiemment une averse pour sortir. C’est le martèlement de la pluie sur le sol qui le prévient que le moment attendu est arrivé.

     

    Pied-en-bêche de Couch

    Pied-en-bêche de Couch . By TomSpinker

     

    Il sort aussitôt et se dirige vers une mare temporaire où il s’accouple. Les têtards deviendront crapelets en dix jours seulement.

     

    Parmi les autres espèces locales, on trouve le lièvre-antilope (Lepus alleni) qui creuse des terriers afin d’éviter les fortes chaleurs.

     

    Lievre antilope

    Lièvre-antilope. © dinosoria.com

     

    Il est pourvu d’oreilles longues de 20 cm. Les animaux pourvus de grandes oreilles bénéficient, grâce à celles-ci, d’une climatisation intégrée. C’est également le cas du fennec.

     

    Parmi les reptiles, on trouve les crotales du Grand Bassin et les lézards cornus du désert.

     

    Crotale dans le désert

    Crotale (Crotalus scutulatus) en position de défense. By Guillermo S.

     

    Le crotale cornu (Crotalus cerastes) est célèbre pour son mode de locomotion. Son corps ne touche le sol brûlant du désert qu’en un minimum de points à la fois.

     

    Crotale cornu

    Crotale cornu. © dinosoria.com

     

    Il passe la journée, caché dans un terrier et ne sort que la nuit. Venimeux, il mange des lézards ou des rats-kangourous.

     

    Le crapaud cornu également appelé crapaud du Texas, n’a du crapaud, que la corpulence, car c’est un vrai lézard. On compte environ une douzaine de lézards-crapauds répartis dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Ces lézards ne fréquentent que les zones arides et désertiques, parfois jusqu’à 3000 m d’altitude.


    Le crapaud cornu du Texas (Phrynosoma cornutum) possède une véritable armure d’écailles épineuses qui décourage les nombreux prédateurs.

     

    Crapaud cornu du Texas

    Crapaud cornu du Texas. By TomSpinker

     

    Elle sert également de camouflage. Ce lézard se confond admirablement avec le sable et les pierres du désert.

     

    Désert de Chihuahua

     

    Portant le même nom que la province centrale du Mexique, le Chihuahua est un désert d’altitude. Ce désert se situe entre les montagnes de la sierra Madre, au Mexique, et déborde au nord sur les États-Unis.

     

    Chihuahua Desert

    Le Chihuahua est un désert d’altitude. By cnkimpel

     

    C’est un désert de type sableux et pierreux. Les précipitations annuelles moyennes sont de 250 mm.


    Les températures varient de 40 °C à – 30 °C.

     

    Sa superficie est de 518 000 km².

     

    L’essentiel de ce désert se trouve entre 1000 et 1500 m d’altitude. C’est le plus vaste désert d’Amérique du Nord.

     

    Chihuahua desert

    Le Chihuahua est un désert de type sableux et pierreux. By Jose Felix Garcia

     

    Bassin de Tularosa. Les dunes de gypse de cette vallée du nord de Chihuahua couvrent une superficie de 712 km²

     

    Enclavé entre les montagnes mexicaines de la sierra Madre, il s’étend sur le Nouveau-Mexique, le Texas et l’Arizona.

     

    Le peu de pluviosité tombe en été, quand les précipitations sont les moins profitables.

     

    Malgré des températures extrêmes, la diversité des biotopes permet au Chihuahua d’abriter une faune variée, notamment des chauves-souris et des tarentules.

     

    V.Battaglia (22.02.2006)

    Références principales

    Planète Terre .Edition Gallimard; Les animaux du désert. Editions Atlas.

    Réserves Naturelles:  Désert du Grand Bassin et désert de Chihuahua

     

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    L’Alaska

     

    Forage pétrolier dans une réserve protégée

     

    L’Artic National Wildlife Refuge (ANWR) est une réserve protégée depuis 1960 en Alaska. Or, le Président George W.Bush est décidé à effectuer un forage pétrolier sur la plaine côtière.

     

    L’Alaska a été acheté aux Russes par les États-Unis en 1867. Cette grande presqu’île est devenue le 49e état en 1958.


    Situé à l’extrémité nord-ouest du continent américain, l’Alaska couvre 1 518 775 km². Les ressources minières y sont importantes : or, argent, cuivre, houille.
    Les gisements de pétrole et de gaz naturel, considérables, ont été exploités de façon accrue et très onéreuse à partir de 1968.
    On est nombreux à avoir encore en mémoire la catastrophique marée noire de 1989.

     

    Une faune massacrée pour quelques barils de pétrole

    Le Sénat américain s’est déclaré favorable aux forages pétroliers dans la réserve naturelle. Le Président américain a appuyé sa demande en affirmant que cette nouvelle ressource de pétrole permettrait à son pays de renforcer son indépendance énergétique.
    Depuis, quelques années, la Chine achète énormément de pétrole. Cette demande accrue a fait monter le prix du baril.

     

    C'est tout l'Alaska qui a besoin d'être protégé de l'activité industrielle humaine.

     

    Alaska

    Oléoduc qui achemine le pétrole. By Rickz

     

    En 1994, un pipeline sibérien s'est rompu, déversant des milliers de tonnes de pétrole brut dans les rivières qui se jettent dans la mer de Barents. Cette catastrophe écologique risque de se reproduire, car le réseau de pipelines russe est dans un état de délabrement avancé

     

    Il faut souligner que depuis 1991 déjà, le parti républicain, largement soutenu par l’industrie pétrolière, tente de soulever l’interdiction dans la réserve de l’ANWR pour en exploiter les gisements pétroliers.

     

    Alaska

    Alaska. By B.Mully

     

    Jusqu’à présent, les sénateurs démocrates et certains républicains, avaient réussi à bloquer ce projet.


    Face à l’opposition des organisations de défense de l’environnement, M.Bush a assuré : « Le forage se limitera à un “petit coin” de quelques hectares au milieu des 200 000 hectares protégés ».


    Or, on sait très bien qu’une telle activité industrielle est une source de pollution supplémentaire et perturbera gravement la faune locale.

     

    Oleoduc en Alaska

    Pour acheminer pétrole et gaz, d'immenses oléoducs franchissent les hautes montagnes de l'Alaska. Ces oléoducs font obstacles à la migration de la faune. By Rickz

     

    Cette mesure a été introduite dans le projet de budget 2005-2006. Elle nécessitera pour passer 51 voix contre 60.


    Les débats budgétaires doivent durer plusieurs mois. L’incertitude est donc grande quant à l’avenir de cette réserve naturelle.

     

    La faune à protéger

    La seule présence humaine dans cette zone située au nord du cercle polaire est une population de 210 Esquimaux du village de Kaktovik. Ils vivent essentiellement de pêche et de chasse.

     

    Cette réserve abrite une faune qui est déjà menacée par le réchauffement de la planète.

     

    Alaska

    L'Alaska vu du ciel. By Jack French

     

    Sur la surface immaculée de la banquise, l’ours polaire est parfaitement adapté à l’environnement hostile de l’arctique. Pourra-t-il encore longtemps sillonner nonchalamment son domaine ?

     

    Un ours polaire se déplace sur de grandes distances. Toute activité humaine est une menace pour cette espèce.

     

    Ours polaire

    Ours polaire. © dinosoria.com

     

    L’extrême arctique est un désert blanc recouvert de calotte glaciaire. Elle abrite une faune très spécifique et très fragile à tout changement, notamment climatique.

    Loup

    Canis lupus. © dinosoria.com

     

    Le loup, le renard arctique et l’hermine sont les principaux prédateurs terrestres avec, au sommet de la chaîne alimentaire, l’ours polaire qui se nourrit presque exclusivement

     

    Renard polaire

    Le renard polaire .By Izzie.whizzie

     

    L’avifaune est très variée. La sterne arctique est un migrateur au « long cours ». De l’arctique, il migre en Antarctique puis revient.
    On y trouve également le Harfang des neiges qui se nourrit principalement de lemmings. On peut également citer la mouette blanche qui, elle, vit en permanence dans l’antarctique. Elle se nourrit des restes de phoques laissés par l’ours polaire.

     

    Hermine

    Hermine . By Law Keven

     

    Aujourd’hui, les atteintes à l’environnement arctique se multiplient : pollutions industrielles, déversement de déchets radioactifs, marées noires et pluies acides.
    Toutes ces agressions constituent une véritable menace pour l’avenir de la faune.

    L’ours polaire souffre particulièrement des déchets toxiques. Certains ours sont atteints de rachitisme. Un ours adulte recueilli par un chercheur ne pesait plus que 90 kg !

     

    Réchauffement climatique : Danger !

    Le réchauffement de la planète est une menace à moyen terme pour la faune polaire, mais également pour l’homme.


    Un réchauffement, même minime, ferait fondre les glaces des pôles, fractionnant les territoires. Ce fractionnement perturbera le cycle de reproduction des espèces déjà fragilisées.

     

    Grizzli

    La réserve abrite également le grizzli . By Chascar

     

    De plus, les immenses masses glacées assureront moins bien leur fonction de « réfrigérateur » terrestre. Cela accélèrera encore plus le réchauffement planétaire.
    Ces phénomènes doivent être pris très au sérieux si on ne veut pas que d’ici moins de 50 ans, la jeune génération actuelle vive dans une fournaise.

     

    L’arctique doit être absolument protégé pour l’homme comme pour la faune. Il est aberrant que dans le contexte actuel où la menace d’un changement climatique se précise, un pays comme les États-Unis puisse prendre une décision aussi inconsciente.

    V. Battaglia (03.03. 2005)

     

     

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    Chutes du Niagara

     

    En dévalant une falaise entre les lacs Erié et Ontario, le Niagara crée de fantastiques chutes d’eau (Niagara Falls) dont la majesté attire chaque année environ 12 millions de touristes.
    Les chutes du Niagara ne sont pas exceptionnelles par leur hauteur, 52 m, mais par leur ampleur et surtout la puissance phénoménale de l’eau qui s’y engouffre.
    L’île américaine de Goat Island divise la rivière en deux bras. A l’Est, se situent les chutes américaines, larges de 300 m, et à l’Ouest les chutes canadiennes, Horseshoe Falls, en forme de fer à cheval.
    Rainbow bridge permet de passer du Canada aux Etats-Unis tout en admirant les chutes du Niagara.

     

     

    Géographie

     

    Les chutes du Niagara se situent à la frontière entre les Etats-Unis, Etat  de New York et le Canada, dans l’Ontario. Sur la rive américaine de la rivière se trouve la ville industrielle de Niagara Falls tandis que  la rive canadienne est consacrée au tourisme.

     

    Chutes du Niagara

    Chutes du Niagara. By Derek Purdy

     

    Il ne s’agit pas en fait d’une chute mais d’un ensemble de chutes :

    • Horseshoe Falls « fer à cheval » qui correspondent aux chutes canadiennes
    • American Falls qui correspondent aux chutes américaines
    • Bridal Veil Falls « voile de la mariée », du côté américain qui sont des chutes beaucoup moins importantes

    Horseshoe falls

    Horseshoe Falls. By Christopher Chan

     

    La fougue des chutes du Niagara est unique avec un débit estimé à plus de 2 800 m³ par seconde.

    A la dernière époque glaciaire, le Niagara rongeait les roches schisteuses à la base de la falaise puis sapait la couche de calcaire dure du sommet.

     

    American falls

    American falls. By Christopher Chan

     

    L’érosion a depuis fait reculer la chute de 11 km, creusant la gorge que nous pouvons admirer aujourd’hui.
    Cette érosion continue aujourd’hui et la conservation des chutes demandent des moyens gigantesques. Les techniciens peuvent ralentir l’érosion mais pas la stopper. Les chutes du Niagara vont donc continuer tout doucement à reculer.

     

    Chutes du Niagara

    Chutes du Niagara. By Scott Kinmartin

     

    Actuellement, les aménagements captent, en amont des chutes, jusqu’à 75% des eaux de la rivière pour alimenter les centrales hydroélectriques américaines et canadiennes.

     

    Anecdotes

     

    Le premier témoignage de l’existence des chutes nous vient du père Louis Hennepin, un récollet qui, en 1678, accompagnait l’explorateur Cavelier de La Salle sur le lac Ontario.

     

    Le Niagara

    Le Niagara. By Diego 3336

     

     A la fin du 19e siècle, des aventuriers venaient jusqu’aux chutes pour défier la mort. En 1859, le funambule Blondin, transporta son impresario sur ses épaules, suspendu sur un fil au-dessus des chutes.

     

    Chutes du Niagara

    Chutes du Niagara. By Mishiru

     

    D’autres tentèrent le même exploit devant un public avide de sensationnel et beaucoup se noyèrent. Certains essayèrent même de descendre les chutes dans des embarcations.

     

    Tourisme

     

    Les chutes du Niagara sont un spectacle inoubliable et notamment la nuit, grâce aux lumières multicolores qui rendent le spectacle féerique.

     

    Horseshoe Falls la nuit

    Horseshoe falls. Spectacle féerique nocturne. By Old Shoe Woman

     

    Des bus font une vingtaine d’arrêts le long de Niagara Parkway et emmènent les touristes jusqu’au parc Queenston Heights.

     

    Niagara glen

    Niagara Glen. Un sentier descend jusqu'au bord de l'eau tumultueuse. By Pbeens

     

    La promenade de Rainbow Bridge à Table Rock est à faire absolument. Le trajet qui dure un peu moins de 2 km permet d’admirer Queen Victoria Park puis de se retrouver face aux chutes américaines.
    On continue ensuite sur Table Rock qui borde la chute canadienne.

     

    Rainbow bridge

    Rainbow bridge qui relie les Etats-Unis au Canada. By Ricmcarthur

     

    Si le temps le permet, il ne faut pas rater la ballade en bateau qui longe la chute américaine et s’immobilise devant la chute canadienne.

     

    Ballade en bateau sur le Niagara

    Ballade sur les eaux tumultueuses du Niagara. By Joesflickr

     

    Les frissons sont garantis au milieu du tourbillonnement furieux des eaux. Prévoyants, les organisateurs prêtent des imperméables.

     

    Chutes du Niagara

    White Water Boardwalk. Un ascenseur mène au fond de la gorge puis on accède à l'eau tumultueuse par une passerelle. By Geff Rossi

     

    Si vous voulez avoir un point de vue unique sur les chutes, il faut vous rendre sur la tour Skylon, à 236 m au-dessus de la rivière.
    La vue panoramique est vraiment splendide.

     

    Chutes du Niagara

    Les chutes canadiennes en forme de fer à cheval. By Mjb84

     

    Parmi les autres attractions à ne pas manquer, citons la nacelle  qui vous amène au-dessus des impressionnants tourbillons.

     

    V.Battaglia (11.06.2008)

     

    Plusieurs adresses pour visiter les chutes du Niagara

    Niagara falls. Site officiel
    Office de tourisme
    Niagara Parks Commission

    Les chutes du Niagara en écran de veille

     

    Crédit photographique

    Toutes les photos, sauf mention contraire, étaient sous Licence creative commons Attribution-Non Commercial-No Derivs 3.0 Unported au moment de la mise en ligne de ce dossier et proviennent du site FlickR

    Réserves Naturelles:  Chutes du Niagara

     

     

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    Terre-Neuve
     
     

    On pense que l’île de Terre-Neuve a été le premier point atteint par les Vikings dans le Nouveau Monde. Depuis 1973, le Parc National du Gros-Morne est un espace protégé. Situés sur la côte occidentale de Terre-Neuve, les 180 000 hectares du parc offrent l’un des paysages les plus extraordinaires du Canada.

     

     

     

    Histoire de Terre-Neuve et dérive des continents

     

    Les archéologues ont réussi à faire la preuve d’une présence viking dans l’Est canadien au XIe siècle. Jusqu’à maintenant, l’Anse aux Meadows est le seul site authentifié d’un établissement nordique en Amérique du Nord. Les fouilles archéologiques ont révélé que le site servait de base pour l’exploration de régions plus lointaines.

    L’Anse aux Meadows

    L’Anse aux Meadows. By Jon W

     

    Il y a 600 millions d’années, l’Europe et l’Amérique du Nord, jusqu’alors soudées, ont commencé à se séparer. Des mouvements tectoniques très importants ont créé de profondes fissures.

    Côte escarpée de Terre-Neuve

    Côte escarpée de Terre-Neuve. By Zanna Lyon

     

    Au fil des ères géologiques, le fossé s’est élargi pour former une mer. Parallèlement, la dérive des continents faisait émerger la chaîne des Appalaches sur le continent américain.

    Terre-Neuve

    Vue aérienne d'une partie de Terre-Neuve. By Rosino

     

    Les bouleversements géologiques se lisent parfaitement dans le parc national du Gros-Morne. Cette réserve naturelle suit les Long Range Mountains, une chaîne montagneuse dont la stratification nous offre un très beau catalogue de l’évolution.
    Ses roches renferment des fossiles datés du précambrien, du cambrien et du paléozoïque.

     

     

    Le parc du Gros-Morne

     

    Ce site naturel donne sur le détroit de Belle-Isle qui sépare Terre-Neuve du Labrador et également sur le golfe du Saint-Laurent.
    Les Longs Range Mountains sont parsemées de lacs, de cascades, de vallées escarpées. En allant vers la mer, on rencontre des falaises, des fjords et de vastes zones sablonneuses caractérisées par la présence de marais d’eau saumâtre et de dunes qui peuvent atteindre 30 m de haut.

    Gros-Morne

    Gros-Morne. By Jon W

     

    La raréfaction de la faune est due à la chasse pratiquée depuis des siècles par les communautés indiennes de la côte et par les Inuits, ainsi qu’à l’exploitation des ressources ou de la salaison de la morue.

    Depuis la création du parc, les habitants ont du abandonner leurs villages pour s’installer à Rocky Harbour, transformé en centre d’accueil pour les touristes.

    Parc du Gros-Morne

    By Jurek d

     

    C’est à cet endroit qu’en 1497, Jean Cabot, premier européen, accosta à Terre-Neuve. C’est sans doute à lui que l’on doit l’expression « peau-rouge ».
    En effet, les autochtones qui vinrent à sa rencontre avaient le visage enduit d’un onguent rituel à base de graisse et de sang de phoque.

    La faune du parc du Gros-Morne

    La faune terrestre est beaucoup plus limitée que sur le continent. Cependant, on y rencontre des espèces très intéressantes ou rares comme le lynx.

    Lynx

    Lynx. By Andreas Solberg

     

    Dans les vallées, on peut croiser le caribou mais également le bœuf musqué. Cet imposant animal, répandu de l’Alaska à la Sibérie, doit son nom à la forte odeur de musc que dégage son épaisse toison.

    Dans les montagnes, quelques ours bruns pêchent le saumon dans les torrents.

    Au large de cette partie de Terre-Neuve, on peut observer la baleine à bosse et ses plongeons spectaculaires.

    Baleine à bosse

    Baleine à bosse en plein saut. © dinosoria.com

     

    On peut également admirer le globicéphale noir qui remonte à la surface et éjecte son souffle à
    Ce dernier, plutôt curieux, n’hésite pas à venir examiner les bateaux. C’est une chance car d’habitude, il est plutôt difficile à observer.
    Très rapide, il peut atteindre 30 km/h. Gracieux et profilé, il est malheureusement chassé en masse par la Norvège et le Japon.

    Globicéphale

    Globicéphale. By Ahisgett

     

    Par contre, l’avifaune est très importante. Elle compte au moins 235 espèces, arctiques, boréales et pélagiques.

    Une espèce particulièrement plaisante à observer est le macareux moine. Il passe l’hiver en haute mer mais revient sur les côtes au printemps pour la saison des amours. Malgré son habit noir et blanc, cet oiseau fait plus penser à un clown qu’à un moine.

    Macareux moine

    Macareux moine. © dinosoria.com

     

    Emblème des Etats-Unis depuis 1798, Le Pygargue à tête blanche ou « Bald Eagle » nidifie dans le parc.

    Pygargue à tête blanche

    Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus). By Chuqui

     

    On peut l’admirer alors qu’il chasse en vol au-dessus de l’eau prêt à saisir dans ses serres épineuses ses proies.

     

    V.Battaglia (02.2005)

     

    Références

    Les sites naturels, éditions Gründ 2003
    Les secrets de la Terre, Sélection du Reader's Digest 2004

    Toutes les photos, sauf mention contraire, étaient sous Licence creative commons Attribution-Non Commercial-No Derivs 3.0 Unported au moment de la mise en ligne de ce dossier et proviennent du site FlickR

    Réserves Naturelles:

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