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    Trop dangereux, le contraceptif hormonal

    pour hommes?

     


    On vient d’apprendre que des essais cliniques du contraceptif hormonal pour hommes ont été interrompus en raison d’effets indésirables. Notre chroniqueuse Marianne Prairie se demande si les femmes ne se font pas avoir quand il est question de contraception.


    Marianne Prairie du magazine Châtelaine

     

     

    Groupe, j’ai besoin de votre aide. Je me questionne à propos des résultats d’un essai clinique d’une injection hormonale qui bloque temporairement la production de spermatozoïdes. Dans un article paru à la fin du mois d’octobre dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, on apprend que cette méthode contraceptive est efficace à 96 %, mais que les tests ont été interrompus à cause d’un taux d’effets indésirables trop élevés chez les participants.


    En effet, parmi les désagréments les plus souvent observés, il y a la dépression, les problèmes d’humeur, les douleurs musculaires, l’acné et une libido accrue. Sur les 320 hommes âgés de 18 à 45 ans qui ont pris part à cette étude, 20 volontaires ont abandonné en cours de route, car ils étaient trop incommodés par les injections d’hormones. Toutefois, selon les chercheurs, 39 % de tous les malaises rapportés pendant l’essai clinique n’avaient aucun lien avec la prise du médicament.

     

     

    Santé 2:  Trop dangereux, le contraceptif hormonal pour hommes?

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    Je comprends le besoin d’avoir des méthodes de contraception sécuritaires et diversifiées pour les hommes. Parce qu’à part le condom et la vasectomie… Un entre-deux serait apprécié, non? Je trouve que la responsabilité de la contraception pourrait être plus équitablement partagée dans les couples. D’ailleurs, plus des trois quarts des participants à l’étude souhaitaient utiliser cette méthode de contraception à la fin de l’essai. Mais ce ne sera pas pour tout de suite, semble-t-il, car ce médicament ne satisfait pas les standards pharmaceutiques.


    Je comprends tout ça. Mais il y a aussi plein d’autres choses que je ne comprends pas :


    C’est moi qui hallucine ou les effets indésirables expérimentés par les participants sont les mêmes que ceux décrits par une foule de femmes qui prennent des anovulants ou portent un stérilet hormonal en ce moment même?

    Est-on en présence de « l’effet secondaire d’homme », un concept semblable à « la grippe d’homme »?

    Pourquoi a-t-on arrêté les essais cliniques pour retourner améliorer ces médicaments pour messieurs en laboratoire, mais qu’on continue de prescrire ceux pour dames malgré des risques connus d’embolie pulmonaire, d’AVC ou de thrombose?

    Comment se fait-il que les effets indésirables des contraceptifs oraux pour femmes me paraissent plus dangereux que la pire chose qui soit arrivée pendant les tests des injections hormonales pour hommes, soit ne pas retrouver sa pleine fertilité une fois le traitement arrêté?

    Quel était le standard pharmaceutique lorsque les femmes ont testé la pilule contraceptive au cours des essais cliniques des dernières décennies?

    Est-ce que les hommes participant à l’étude ont été ridiculisés et infantilisés à cause de leurs sautes d’humeur provoquées par les hormones?

    Pourquoi la première étude de fond établissant des liens entre la dépression et la pilule contraceptive vient tout juste d’être publiée, il y a à peine un mois?

    Pourquoi les malaises physiques des hommes sont-ils pris plus au sérieux que ceux des femmes?

    Pourquoi cette nouvelle me donne-t-elle l’impression qu’on se fait solidement avoir, en tant que femmes?

    C’est à n’y rien comprendre. Vous avez des réponses pour moi?

     

     

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    Émotions et cancer: des liens?


    Non, les émotions ne provoquent pas le cancer. Le stress non plus. Explications.


    Louise Gendron du magazine Châtelaine

     

    Santé 2:  Émotions et cancer: des liens?

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    « Reste dans la colère, ça donne le cancer. » Dans un épisode de la télésérie québécoise Ruptures diffusée l’an dernier, un personnage servait cette réplique assassine à son ennemi juré. Savoureux exemple du lien qu’on fait souvent entre cancer et émotions.

    Une rancœur refoulée donnerait le cancer ; le stress aussi. Un divorce mal géré ou une déception professionnelle pourraient causer une tumeur, croit-on. « C’est une légende urbaine, dit le radio-oncologue Jean-Pierre Guay. Les émotions ne provoquent pas le cancer. Le stress non plus. Cela dit, le stress chronique joue sur la santé immunitaire et s’attaque davantage à nos systèmes les plus faibles. »

    Et la maladie, elle, donne beaucoup d’émotions! L’état d’esprit a un effet considérable sur le déroulement du traitement, poursuit le spécialiste. D’où l’importance de fournir au patient tous les outils susceptibles de l’aider à vivre le mieux possible cette période difficile.

    Est-ce à dire que la pensée positive guérit le cancer ? « Non, martèle le cancérologue Christian Boukaram. La chirurgie, la radio et la chimio s’attaquent à la maladie. Tout le reste – la méditation, la massothérapie, la psychologie – soigne la personne et augmente sa qualité de vie. Ce qui est déjà énorme. » Les psychologues spécialisés dans l’aide aux cancéreux parlent même de tyrannie de la pensée positive. Cette croyance, disent-ils, entraîne un sentiment de culpabilité chez les patients en leur donnant l’impression que c’est par leur faute qu’ils sont malades. Et que s’ils ne réussissent pas à guérir, c’est aussi leur faute.

     

     

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    Arthrite : Oui, on peut agir!

     

    Jamais facile de vivre avec l’arthrite... Mais grâce à des gestes ciblés, on peut la freiner et soulager efficacement ses symptômes.

     

    Arthrite : Oui, on peut agir!

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    Souffrir d’arthrite n’est malheureusement pas une exception... Plus de 4,6 millions d’adultes canadiens en sont atteints. On prévoit même que ce chiffre passera à 7,5 millions d’ici l’an 2036, soit un adulte sur cinq. Selon Bjillian MacKinnon, spécialiste du développement à la Société de l’arthrite, le terme «arthrite» désigne en réalité plus d’une centaine d’affections différentes touchant les articulations, dont les deux principales formes sont l’arthrose et l’arthrite inflammatoire. Bien malin, toutefois, celui qui pourrait prédire qui en sera atteint: l’arthrite frappe sans distinction d’âge, de condition physique ou d’origine ethnique. Et elle affecte n’importe quelle articulation du corps, provoquant de la douleur, de la raideur et de l’enflure dans la zone touchée.

    «L’arthrite peut causer des incapacités importantes et nuire grandement à la qualité de vie des personnes atteintes, ajoute Mme MacKinnon. Même les tâches les plus simples, comme se coiffer, s’habiller ou ouvrir un bocal, représentent un véritable défi. La fatigue qui accompagne les symptômes complique aussi les choses. D’où l’importance d’agir tôt pour empêcher la progression de la maladie.»

    Comment prévenir?

    Pour l’instant, l’arthrite ne se guérit pas. En revanche, elle se soigne: il est possible de freiner son apparition et de contrôler son évolution. On commence à mieux comprendre les facteurs qui contribuent à son développement. L’arthrite inflammatoire est une maladie d’origine auto-immune ou héréditaire. L’arthrose, quant à elle, est dégénérative, avec une usure graduelle du cartilage recouvrant et protégeant les os. Ce second type d’arthrite est, entre autres, lié à l’âge, à l’obésité, à des blessures aux articulations ou à l’utilisation répétée d’une articulation dans la pratique d’un sport ou au travail. On peut donc la tenir à distance, notamment en protégeant nos articulations. 

    «Divers moyens diminuent le risque de souffrir d’arthrite dégénérative, explique Bjillian MacKinnon. Adopter une bonne posture en tout temps en est un, de même que l’utilisation d’orthèses, si nécessaire.» Selon la Société de l’arthrite, maintenir un poids santé constitue un autre incontournable, tant de la prévention que de la prise en charge de la douleur arthritique. Un surplus de poids ajoute un fardeau supplémentaire sur les articulations portantes (dos, hanches, genoux, chevilles, pieds). Un surpoids de 4,5 kg (10 lb) suffit par exemple à accroître le risque de souffrir d’arthrose du genou. À l’inverse, perdre seulement 4,5 kg de poids en trop réduit la pression exercée sur les genoux de 18 kg (40 lb)! Autre moyen de contre-attaquer: faire régulièrement de l’activité physique pour préserver la souplesse et la flexibilité des articulations. 

    Comment soulager?

    Heureusement, bon nombre de médicaments atténuent la douleur arthritique. Mais on peut également prendre notre douleur en charge et espacer les crises en modifiant nos habitudes de vie et en recourant à certaines thérapies complémentaires. 

    -> Les produits naturels

    «Combinés au traitement médicamenteux, ils procurent de réels bienfaits aux personnes arthritiques, affirme Jean-Yves Dionne, pharmacien expert en produits naturels. Ils aident, entre autres, à diminuer l’inflammation, à soulager la douleur et à préserver la santé articulaire. Cela dit, les produits de santé naturels ne s’équivalent pas – la qualité peut varier d’une compagnie à l’autre – et certains ingrédients actifs agissent mieux sur certaines formes d’arthrite que d’autres. Ainsi, la glucosamine, le chondroïtine, le méthylsulfonylméthane (MSM) et la membrane de coquille d’œuf (NEM) sont bénéfiques contre l’arthrose, mais moins efficaces contre l’arthrite inflammatoire. Les oméga-3, la vitamine D et le magnésium auront davantage d’impact sur cette dernière. D’où l’importance de s’informer auprès d’un professionnel.» Attention: à l’instar des médicaments, les produits naturels ne guérissent pas l’arthrite, et il peut aussi y avoir des contre-indications et des interactions avec les médicaments.

    -> La nutrition

    Ce que l’on met dans notre assiette a indéniablement des répercussions sur l’arthrite. «Bien qu’il n’existe pas de régime alimentaire anti-arthrite comme tel, certains aliments contribuent à augmenter l’inflammation, alors que d’autres concourent à la diminuer en neutralisant certaines substances de l’organisme qui la provoquent», précise la nutritionniste Kim Arrey. Pour réduire l’inflammation, on s’inspire du régime méditerranéen en intégrant à notre menu des poissons gras riches en oméga-3, des légumineuses, des fruits et des légumes, des noix et des grains entiers, des produits laitiers (fromage et yogourt) et de l’huile d’olive. On ajoute aussi des fines herbes et des épices, dont du curcuma et du gingembre. Pour s’assurer d’avoir tous les nutriments essentiels – et en bonne quantité –, on se fie aux recommandations du Guide alimentaire canadien. Et on limite les aliments et les boissons riches en sucre et en matières grasses saturées, qui exacerbent l’inflammation. L’important, selon Kim Arrey, c’est de modifier son alimentation graduellement. «En faisant des changements trop radicaux, on risque de se décourager et d’abandonner.»

    -> L’activité physique

    C’est prouvé: la pratique d’activités physiques adaptées à sa condition atténue la douleur et la raideur, améliore la souplesse, préserve la qualité et la mobilité des articulations, augmente la masse musculaire et retarde la progression de la maladie. Afin d’améliorer la vie des personnes arthritiques, la kinésiologue Naomi Ban, elle-même atteinte de spondylarthrite ankylosante, conçoit des programmes personnalisés pouvant être exécutés à la maison. «Pour obtenir des bienfaits, il faut bouger, idéalement tous les jours, même si on ressent de la douleur, déclare-t-elle. Toutefois, je préconise un ou deux petits entraînements quotidiens de 15 à 20 minutes plutôt qu’un entraînement vigoureux d’une heure deux ou trois fois par semaine. L’activité physique n’a pas besoin d’être intense pour être bénéfique aux personnes arthritiques. Au contraire, elles doivent s’exercer en douceur et écouter leur corps. Au besoin, il est possible de diviser sa période d’activités en courtes séances réparties dans la journée.»

    Un bon programme doit combiner des exercices de souplesse et de contrôle articulaire, de renforcement musculaire et d’endurance. «Pour la souplesse, on mise sur des exercices d’amplitude et des étirements, tels la rotation des épaules, l’extension des bras, l’étirement de la poitrine et l’élévation des talons et des orteils, tout en stimulant le contrôle articulaire dans ces amplitudes, explique Naomi Ban. Lors des premières phases de l’entraînement, les exercices de renforcement de la force musculaire ciblent, eux, la stabilisation des articulations douloureuses pour ensuite augmenter progressivement la capacité de production de force dans de plus grandes amplitudes.» On se choisit aussi des activités favorisant l’endurance, comme la marche, les sports aquatiques et le vélo. 

    -> Les thérapies non médicamenteuses

    La fatigue, l’anxiété et le stress augmentent la perception de la douleur. Yoga, tai chi, méditation, techniques de relaxation, massothérapie peuvent alors nous aider… Non seulement ces techniques aident-elles à diminuer le niveau de stress et à détendre les muscles, mais elles permettent également de réduire la douleur et la raideur, d’améliorer la mobilité et de faciliter le sommeil. 

    -> La thermothérapie

    L’application de chaleur ou de froid calme temporairement les articulations douloureuses. «La chaleur est recommandée lorsque les muscles sont douloureux et tendus, note Bjillian MacKinnon. Le froid, lui, convient en période d’inflammation aiguë.» 

    -> Les autres stratégies

    Il faudrait réorganiser nos activités quotidiennes en fonction de notre état, en se réservant, par exemple, des pauses pour relaxer ou faire une sieste. On accomplit les tâches les plus difficiles au moment de la journée où on se sent le plus en forme, en adoptant la technique dite de «distraction», qui consiste à se concentrer sur une tâche ou une activité précise. Comme l’esprit a du mal à focaliser sur plusieurs choses à la fois, cela permet de détourner l’attention de la douleur. On adapte aussi notre environnement à nos besoins. Et on choisit des objets et appareils qui diminuent le stress exercé sur les articulations en minimisant la douleur et les efforts, comme des accessoires munis de grosses poignées faciles à agripper et de longs manches.

    Pour en savoir plus: Société de l’arthrite, arthrite.ca.

    Santé 2:  Arthrite : Oui, on peut agir!

     

     

     

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    Médicaments: l'importance du dosage

     

     

    Les médicaments soulagent et guérissent. Ils peuvent néanmoins aussi générer des problèmes importants s’ils ne sont pas bien adaptés à notre cas. On fait le point. 

     

    Médicaments: l'importance du dosage

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    En 2013, en un peu moins de 10 ans, la vente de médicaments au Canada avait augmenté de 7 milliards de dollars, atteignant les 22 milliards. «Le vieillissement de la population est une des explications», estime Caroline Sirois, pharmacienne et professeure à l’UQAR. Également chercheuse au Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec, Caroline Sirois se penche depuis quelques années sur la polypharmacie, soit la prise de plusieurs médicaments simultanément. Au Québec, les deux tiers des personnes de 65 ans et plus prennent 5 médicaments ou davantage. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, deux personnes sur trois, dans les CHSLD, consomment au moins 10 médicaments sur une base quotidienne. «Plus le nombre de médicaments pris est élevé, plus les risques d’interactions ou de surmédication causant des effets indésirables augmentent», souligne la pharmacienne. On prend deux médicaments différents? Le risque d’interaction néfaste est d’environ 10 %. On en consomme cinq ou plus? Ce chiffre passe alors à 80 %. Et 10 % des hospitalisations à plus de 65 ans seraient dues à cette situation.

     

    Une médication adaptée

    «Depuis une dizaine d’années, la médication gériatrique se fait de façon un peu plus adéquate et personnalisée, note la Dre Cara Tannenbaum, professeure à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université de Montréal et chercheuse à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Cela dit, il reste encore beaucoup de chemin à faire.» De fait, les Instituts de recherche en santé du Canada estiment qu’environ 25 % des Canadiens âgés consomment au moins un médicament considéré comme inutile, voire nocif pour eux. Par exemple, les benzodiazépines, des somnifères, leur sont déconseillés, car ils augmentent de 50 % le risque de chute et sont associés à un risque accru de démence. Pourtant, au Québec, environ 30 % des aînées en consommeraient. Autre exemple: environ 25 % des résidents en établissement de soins de longue durée (SLD) prendraient des antipsychotiques. Ce médicament, habituellement prescrit pour les troubles bipolaires et la schizophrénie, serait utilisé pour traiter l’agressivité et l’agitation associées à la démence. Plusieurs études ont pourtant démontré que les antipsychotiques ne sont pas vraiment efficaces pour traiter ces symptômes et augmentent même les complications. Une étude de la Fondation canadienne pour l’amélioration des soins de santé a même établi que la réduction et la suppression des antipsychotiques chez les résidents des CHSLD avaient réduit de 20 % le risque de chutes et de 50 % celui de violence verbale et physique.

     

    Pas les mêmes effets

    Outre les maladies en tant que telles, le facteur vieillissement proprement dit a un impact sur la façon dont notre corps métabolise les médicaments. Un médicament qui fonctionnait très bien sur nous il y a sept ans peut perdre de son efficacité ou engendrer plus d’effets secondaires aujourd’hui, parce que notre masse musculaire diminue alors que notre taux de gras augmente, par exemple. Cette situation peut avoir un impact sur la «distribution» des médicaments dans notre organisme. «De plus, au fil des années, notre corps est bien moins hydraté, plus sec, et notre foie et nos reins fonctionnent souvent moins bien, rappelle la Dre Tannenbaum. On ne réagit donc parfois plus de la même façon aux médicaments. Il importe de s’assurer que ces derniers sont adaptés à notre situation.» Selon Caroline Sirois, «une des conséquences du fait que nos reins et notre foie fonctionnent moins bien est aussi que les médicaments s’éliminent plus difficilement». Résultat, on risque la surmédication, d’autant qu’on vit plus longtemps à notre époque et qu’on cumule dès lors parfois plusieurs maladies chroniques (diabète, arthrite, maladie cardiaque). Les médicaments s’additionnent, tout comme les risques d’interactions indésirables.

     

    Poser les bonnes questions

    Comment savoir si on consomme trop de médicaments ou si ces derniers ne nous sont pas adaptés? «Ce n’est pas évident, admet Caroline Sirois. Une grande fatigue et de la faiblesse surviennent fréquemment dans ce cas, mais on n’associera pas nécessairement ces signes à un problème de médication.» De plus, les symptômes différeront souvent selon les médicaments pris, sans compter que certains effets néfastes ne seront véritablement détectés qu’avec un examen sanguin, par exemple.

    Bien entendu, dès qu’on sent que quelque chose ne va pas avec nos médicaments, on en avise notre médecin. Mais mieux vaut ne pas attendre que notre corps nous signale un problème et miser sur la prévention. «Il est important de se questionner et d’adopter un esprit critique à l’égard de la médication», insiste la Dre Tannenbaum. Tel ou tel médicament est-il vraiment nécessaire? Son dosage est-il encore adéquat? Tel médicament interfère-t-il avec tel autre? Bien sûr, on aura besoin d’aide pour répondre avec justesse à ces questions et, très important, on ne cesse jamais de prendre un médicament par nous-mêmes! «Si on prend plusieurs médicaments, incluant certains dits naturels et ceux en vente libre, on commence par prendre rendez-vous avec un pharmacien et passer en revue avec lui toute notre pharmacie, suggère la Dre Tannenbaum. Les pharmaciens sont les mieux placés pour nous aider à y voir clair et nous conseiller.» Lors de notre prochain rendez-vous avec notre médecin, on n’hésite pas non plus à lui poser des questions et à lui rappeler tous les médicaments pris. «Cela évitera les cascades médicamenteuses, c’est-à-dire des effets secondaires causés par des médicaments et traités avec d’autres médicaments», précise la médecin.

     

    Traiter la maladie par des pilules est un réflexe encore profondément enraciné. Toutefois, de plus en plus de voix s’élèvent contre la prescription à outrance, comme celles des experts alliés au Réseau pancanadien de déprescription. Cette organisation, qui a vu le jour il y a deux ans, a mis en place un plan d’action pour établir de nouvelles stratégies visant une prescription médicamenteuse plus sécuritaire et adaptée. Selon la pharmacienne Caroline Sirois, les gens sont prêts à de telles initiatives. «Une étude que j’ai menée récemment sur la déprescription a montré que les aînés étaient tout à fait ouverts à l’idée de prendre moins de médicaments. Ce qui était le plus important pour eux, finalement, c'était d’être en meilleure santé possible, quel que soit le moyen!»

     

    Plus d’infos, on consulte l’Ordre des pharmaciens du Québec: opq.org ou 1 800 363-0324.

     

     

     

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    Une vie sexuelle épanouie après 50 ans

     

    Ménopause, sécheresse vaginale, panne de désir, plaisir fluctuant... il peut en arriver des choses sous la couette une fois passée la cinquantaine! Comment garder une vie sexuelle épanouie après 50 ans? Des problèmes, des solutions!

     

    Une vie sexuelle épanouie après 50 ans

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    Selon de nombreux sexologues, on consulte généralement à cause d’une baisse de désir. La preuve que, même si le coeur n’y est plus, la bagatelle continue d’attiser notre curiosité. L’Américaine Barbara Grufferman, auteure du best-seller The Best of Everything After 50 (Le Meilleur de tout après 50 ans), dit d’ailleurs que «s’ouvrir à une vie sexuelle épanouissante, c’est s’ouvrir à la vie tout court». Il n’en tient qu’à nous, assure-t-elle, de surmonter les obstacles à la jouissance en utilisant nos alliées les plus sûres: la confiance en soi et la franchise.

     

     

    1. Notre corps vieillit

    Si nos fesses moins rondes qu’autrefois et nos seins tombants nous mettent en tête des idées du genre: «Ça y est, j’ai cessé de plaire», pas étonnant qu’on ait perdu l’envie de faire des galipettes. «Peu importe son âge, aucune femme ne devrait jamais avoir honte de son corps, affirme Mme Grufferman, qui est également experte en vieillissement positif associée à Always Discreet. Le vieillissement du corps est tout à fait normal et naturel.» L’auteure reconnaît néanmoins qu’il n’est pas facile de se sentir belle et désirable dans une société qui nous renvoie constamment l’image de la jeune fille nubile comme étant le fantasme ultime des hommes de tous âges. «Heureusement, à ce sujet, les mentalités évoluent, se réjouit-elle. Lentement, mais sûrement!»

     

    La solution? On ne la trouvera pas du côté des soutiens-gorge osés et des talons aiguilles! Selon Mme Grufferman, pour se sentir attirante, il suffit d’afficher une belle assurance. Et ça allumera notre partenaire, garanti. «Quand on se sent bien dans sa peau, ça saute aux yeux de l’autre. Une démarche fière, un sourire contagieux, voilà nos armes de séduction indispensables!» Le vieillissement de sa conjointe n’empêchera jamais un homme d’accepter ses avances. «La célèbre sexologue et thérapeute conjugale américaine Esther Perrel a d’ailleurs dit que ni elle ni aucun de ses confrères n’ont jamais entendu un homme affirmer qu’il ne voulait pas faire l’amour à sa femme sous prétexte qu’elle avait vieilli ou pris du poids!»

     

    2. La ménopause nous chamboule

    Bouffées de chaleur, fatigue, sécheresse intime et articulations douloureuses, les troubles physiologiques induits par la ménopause peuvent nous inciter à mettre notre sexualité en veilleuse. À cette liste s’ajoute l’atrophie vaginale, une affection chronique taboue qui touche près de 60% des femmes postménopausées, rapporte Michèle Moreau, médecin généraliste associée à l’Hôpital Notre-Dame du CHUM et spécialiste de la santé des femmes: «Beaucoup ne font pas le lien entre leurs problèmes et la chute d’oestrogènes qui survient à la ménopause. Elles souffrent donc en silence, croyant que les pannes de désir et les baisses de libido sont des conséquences naturelles du vieillissement.» Or, le recours aux hormones de remplacement pourrait pourtant résoudre tous ces maux. On peut discuter de ce traitement avec son médecin. Et si ce dernier n’est pas à l’aise avec le sujet, il ne faut pas hésiter à lui demander de nous référer à un collègue qui s’y connaît.

     

    Par ailleurs, chez celles qui ont toujours plus ou moins eu la libido dans les chaussettes, la ménopause accentue les troubles déjà existants, comme des relations sexuelles moins agréables ou peu fréquentes, ou encore la difficulté à communiquer avec son partenaire et à exprimer ses besoins. «Je constate dans ma pratique que la majorité des femmes vont éprouver avec l’âge une baisse de désir normale, et la ménopause joue encore davantage là-dessus», affirme la Dre Moreau. Elle peut aussi entraîner d’autres problèmes, comme la dépression ou la détresse. Chose certaine, pour la sexologue et psychothérapeute Maggy Brunelle, «la façon dont le couple s’adaptera aux changements induits par la ménopause et parviendra à en parler ouvertement jouera un rôle déterminant dans l’amélioration de sa vie sexuelle».

     

    3. S.O.S., sécheresse vaginale

    Avec la chute d’oestrogènes qui accompagne la ménopause, nos parties intimes peuvent ressembler au désert de Gobi, ce qui ôte toute envie de jouer les courtisanes sulfureuses. «Chez celles qui éprouvent une sécheresse vaginale, la pénétration procure moins de plaisir et peut même parfois être douloureuse», note Barbara Grufferman. Pour rendre les relations plus agréables, les experts recommandent l’utilisation d’une crème ou d’un gel lubrifiant. «Si le problème est plus important, on mise sur des ovules lubrifiants qui, insérés dans le vagin sur une base hebdomadaire, contribuent à l’hydrater et à apaiser l’irritation», explique Maggy Brunelle. La ménopause nous a aussi donné une peau de crocodile? Dans ce cas, on la rend invitante aux caresses en y appliquant une crème de soin. On peut même profiter de l’occasion pour érotiser notre corps. «En le parcourant ainsi avec nos mains, on entretient une relation d’intimité avec lui et on devient plus apte à accepter les changements qu’il subit», ajoute la sexologue. Et on poursuit le jeu avec son partenaire, pour prolonger les préliminaires!

     

    4. Incontinence urinaire: quand la vessie nous trahit

    Une petite fuite et voilà l’envie partie! Sans compter qu’elle nous plonge dans l’embarras... Selon une enquête menée par le Canadian Urinary Bladder Survey, 33% des femmes de plus de 40 ans présentent des symptômes d’incontinence urinaire. Parmi elles, seulement 26% ont avoué la chose à leur médecin. C’est pourtant le premier geste à poser en cas de pertes urinaires répétées: consulter! Barbara Grufferman suggère également de pratiquer la gymnastique du plancher pelvien (dont les muscles tendent à se relâcher pendant la ménopause). «Elle est non seulement très efficace, mais elle augmente aussi le plaisir sexuel.»

     

    5. Dysfonction érectile: si une panne survient

    Cadeau de l’andropause (version soft de la ménopause, mais quand même), manque de désir ou effet des médicaments, notre homme peut se retrouver aux prises avec une dysfonction érectile. Du coup, il perd pied et n’est plus à la hauteur de nos attentes. La dernière chose à faire dans ce cas, met en garde Yvon Dallaire, psychologue, thérapeute conjugal et sexologue, est de lui dire que ce n’est pas grave. «Comme sa virilité est indissociable de sa génitalité, il considère au contraire que c’est très grave.» La solution? Outre le viagra ou l’hormonothérapie de remplacement pour les hommes, la transformation de la sexualité génitale du couple en sexualité sensuelle peut donner des résultats... explosifs. «Si Madame est plus active dans les caresses, cela peut certainement compenser, assure le psychologue. Et elle sera ainsi assurée que c’est grâce à elle si son partenaire réussit à avoir une érection, ce qui n’était pas le cas à 30 ans!»

     

    6. Dur de se mettre dans l’ambiance?

    Perte de sensibilité au niveau des organes génitaux, jouissance de moins en moins intense, réactions sexuelles plus lentes: au détour de la cinquantaine, la nature ne nous réserverait-elle que des orgasmes avec un petit o? «À cette étape de notre existence, où l’on n’a pas à s’inquiéter d’une grossesse non désirée ou de la planification d’une famille, on devrait, au contraire, jouir d’une sexualité épanouissante, dit Mme Grufferman. En plus, avec les enfants qui ont grandi et quitté la maison, on peut se concentrer sur notre couple et connaître ainsi les joies du bonheur charnel.» 

     

    Secret d’alcôve: le succès d’une séance érotique satisfaisante réside dans sa planification. L’auteure maintient que le sexe spontané (qui baisse avec l’âge et... la durée de la relation, nous informe Michèle Moreau) n’arrive pas à la cheville d’une oeuvre de chair longuement mûrie: «En utilisant ce qui fonctionne pour nous, on se met dans l’ambiance et on aide ainsi notre partenaire à devenir aussi émoustillé que nous.»

     

    7. Toujours de mise, le condom

    Même à nos âges respectables, on ne se protège pas assez. La preuve: le taux d’incidence des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), y compris le VIH chez les plus de 50 ans, a augmenté au cours des dernières années, selon l’Agence de la santé publique du Canada. Une nouvelle qui n’est pas réjouissante, même si cela laisse supposer que notre sexualité est loin d’être morte et enterrée. Des tests de dépistage plus sophistiqués et une espérance de vie plus longue expliquent en partie ce phénomène. La hausse des taux de divorce et de séparation est aussi un facteur à considérer. Et qui signifie que nous sommes nombreux à, disons, jouir pleinement de notre statut de célibataires. 

     

    «Les femmes ayant eu des relations sexuelles plutôt conservatrices tout au long de leur union se découvrent une âme d’exploratrice une fois qu’elles redeviennent libres, constate Barbara Grufferman. Elles assouvissent tous leurs fantasmes en essayant différentes techniques et positions. Et c’est tant mieux!» s’exclame l’auteure. Pourvu qu’elles encouragent leur partenaire à porter un condom et à se faire tester (tout comme elles-mêmes) dans le cas d’une nouvelle relation.

     

    8. Se dire les vraies affaires

    Qu’on se le dise: les confessions sur l’oreiller sont essentielles pour raviver la flamme. «Si, par pudeur, on ne s’ouvre pas à notre partenaire, il ne pourra pas deviner ce qui se passe ni savoir comment nous aider, affirme Mme Grufferman. Le même scénario peut se produire à l’inverse: s’il est aux prises avec un problème sexuel et qu’on n’en sait rien, on pourrait croire que son manque d’enthousiasme découle du fait qu’il n’éprouve plus d’attirance pour nous. Alors qu’en réalité, c’est la gêne qui le retient.» D’où l’intérêt de nous exposer au grand jour et d’encourager notre homme à faire de même. «En devenant complètement vulnérable, on parvient à renforcer l’intimité de notre couple, ce qui aura un impact positif sur notre vie sexuelle.»

     

    Pour en savoir plus

    À lire: Pour que l’amour et la sexualité ne meurent pas, d’Yvon Dallaire, et Cures de rajeunissement pour vos relations sexuelles, de Danie Beaulieu, tous deux aux éditions Québec-Livres. Également: Réveiller sa vie sexuelle, de Sylviane Larose, aux Éditeurs réunis.

     

    À visiter: Le site de la Fondation d’aide aux personnes incontinentes offre des conseils et des ressources, ainsi qu’une liste de médecins spécialisés dans le traitement de l’incontinence urinaire selon les régions. 

     

    Santé 2:  Une vie sexuelle épanouie après 50 ans

     

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