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    Cancer du sein : le dépistage réduit-il

    significativement les décès ?

     

    Deux études, parues simultanément cette semaine aux États-Unis et en Grande-Bretagne, remettent en cause l’intérêt du dépistage pour prévenir le cancer du sein. Elles viennent ainsi alimenter un débat qui prend de plus en plus d'ampleur entre spécialistes du monde entier.

     
     

    La mammographie consiste en une radiographie du sein. © National Cancer Institute, Wikipédia, DP

    La mammographie consiste en une radiographie du sein. © National Cancer Institute, Wikipédia, DP

     
     

    Une étude, menée par le professeur Philippe Autier de l'Institut of Global Public Health, en collaboration avec le professeur Peter Boyle de l’université de Strathclyde (Royaume-Uni) et l’Institut de Recherche et de Prévention International de Lyon, a été publiée dans le Journal of the Royal Society of Medicine.

     

    Lui et son équipe ont repris les résultats d’une célèbre étude, réalisée en Suède dans les années 1960 et 1970, qui avait servi de base aux mises en place des politiques de dépistage du cancer du sein dans plusieurs pays, dont l’Angleterre. Ces essais mettaient en évidence que l’on pouvait, grâce au dépistage, éviter 20 à 25 % des décès par cancer du sein.

     


    Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme : une femme sur 8 risque d'être atteinte au cours de sa vie. Le taux de guérison est aujourd'hui de l'ordre de 90 % pour les cancers du sein précoces, grâce aux progrès de la médecine et aux campagnes systématiques de dépistage. Dans ce film, nous suivons le parcours d'une femme atteinte d'un cancer du sein précoce, depuis la phase de diagnostic jusqu'à la phase de guérison, en présentant les différents traitements. © Hopitaux universitaires de Genève

     

    Des politiques de prévention à revoir

     

    Après analyse, les scientifiques ont déclaré qu’ils avaient trouvé des erreurs fondamentales dans l’analyse statistique. En fait, les essais montrent que l’avantage du dépistage était faible, moins de 10 %, très loin des 20 à 25 % annoncés. De fait, ils conseillent aujourd'hui aux pays qui s’étaient basés sur ces résultats de repenser leur politique de prévention en matière de dépistage du cancer du sein.

     

    Une prise de position qui, outre-Manche, n’a pas été partagée par tous. Notamment par le professeur Julietta Patnick, directrice des programmes de dépistage du cancer au sein du NHS (National Health Service, la Sécurité sociale britannique), qui a rappelé les résultats d'une étude de 2012 menée au Royaume-Uni. Elle avait mis en évidence que le dépistage chez des femmes de 50 à 70 ans avait réduit la mortalité de 20 %, épargnant ainsi 1.300 vies.

     

    Seize millions de femmes suivies

     

    La seconde étude a été menée par le professeur Richard Wilson de l’université Harvard à Cambridge (États-Unis). Avec son équipe, ils ont analysé les données sur le cancer issues du SEER (Surveillance, Epidemiology and End Results), impliquant plus de 16 millions de femmes âgées de 40 ans suivies de 2000 à 2010 dans 547 comtés des États-Unis.

     

    Les résultats, publiés dans la revue Jama Internal Medicine, confirment ceux de la première étude. « Une augmentation de 10 % des dépistages a été associée à une augmentation de 16 % des diagnostics des cancers du sein, analyse le professeur Wilson. Cependant, aucun lien entre dépistage et réduction du taux de décès dus au cancer n’a été trouvé. »

     

    Néanmoins, la prudence s’impose. En effet, si le débat s’anime entre les partisans du dépistage et les sceptiques, le nombre d’études penchant pour l'efficacité du dépistage est toujours supérieur.

     

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