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    MON CORPS À MA FAÇON

     

     

    Mon corps à ma façon

     

    Tout le monde a ses complexes physiques, et certains les acceptent mieux que d’autres. C’est notre choix de sérieusement considérer (ou non) la chirurgie, mais mieux vaut d’abord se renseigner quant aux autres possibilités avant de passer sous le bistouri.

    Régler ses bêtes noires

    Même en ayant de saines habitudes, en mangeant bien et en restant actif, le temps finit par nous rattraper… et c’est tout à fait naturel. Normal, donc, que notre ventre soit un peu plus mou, nos bras un peu moins toniques ou notre chevelure moins dense qu’il y a quelques années. Selon le trajet parcouru – grossesses, fluctuations de poids, maladie –, cette évolution peut grandement varier, d’autant plus que certains aspects sont génétiques. Travailler à s’aimer et à s’accepter est un bel objectif, mais lorsque nos petits «défauts» en viennent à prendre une importance disproportionnée dans notre vie, les corriger peut dans certains cas être bénéfique. Il existe une panoplie d’options et de traitements. «La chirurgie pour le corps la plus commune est la liposuccion, qui vient au quatrième rang des interventions esthétiques les plus fréquentes», affirme le Dr Jacques Haddad, chirurgien plastique et esthétique en clinique privée ainsi qu’au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. À partir de la cinquantaine, l’abdominoplastie et le redrapage des seins chez les femmes suivraient en termes de popularité. Du côté des technologies non invasives, la cryolipolyse (ou  «CoolSculpting»), qui sert à détruire le gras par le froid, est extrêmement populaire: «Cette technologie inventée par des scientifiques de l’Université Harvard rend les gens très satisfaits», déclare Marilyne Gagné, présidente et fondatrice des cliniques d’esthétique Dermapure. Un survol de différentes procédures s’impose si on pense passer à l’action. 

     

     

    Redrapage des seins

    C’est pour moi? Cette procédure s’adresse aux femmes avec un gros relâchement au niveau du buste. À la suite de la chirurgie, «on obtient des seins plus hauts avec une plus belle forme, qui sont plus stables dans les soutiens-gorge», observe le Dr Haddad. À noter: si on désire améliorer aussi le galbe et la fermeté de sa poitrine, on peut complémenter cette chirurgie par la pose d’implants.

    Bon à savoir Selon le Dr Haddad, cette chirurgie aurait un taux de satisfaction de 93 %! Ce serait aussi une procédure bien tolérée, dont la convalescence dure environ une semaine. Par contre, les cicatrices sont apparentes, surtout la première année. En matière de prix, on peut s’attendre à payer entre 5000 $ et 6500 $.

    Si je préfère éviter Du côté des technologies non invasives, il n’existe malheureusement pas d’alternative. Même si ces suggestions n’offrent en rien des résultats comparables à une chirurgie, un soutien-gorge ajusté ou des exercices ciblant les pectoraux peuvent donner un coup de main au niveau de la fermeté, tout comme les crèmes raffermissantes et lissantes.

     

    Gel concentré galbant cou Contour+, de Jouviance (75 $). 

    Crème rajeunissement du décolleté et des mains, de NIA24 (66,10 $).

    Gel cou et décolleté Dragon’s Blood, de Rodial (80 $).

    Crème galbante buste, d’Institut Esthederm (69 $).

     

    Abdominoplastie 

    C’est pour moi? L’abdominoplastie vient réduire l’excédent cutané au niveau du ventre. «Elle peut aussi être combinée avec une liposuccion pour améliorer le contour», explique le Dr Haddad. 

    Bon à savoir L’abdominoplastie a l’avantage d’avoir un très haut taux de satisfaction et d’offrir un beau contour abdominal. En revanche, c’est une procédure qui demande une convalescence de deux semaines et laisse des cicatrices, d’autant plus qu’elle nécessite une anesthésie générale et présente donc davantage de risques opératoires. Le candidat ou la candidate idéale aura un poids stable près de son poids santé et sera dans une bonne forme générale. Le prix commence à environ 8000 $.

    Si je préfère éviter Quand un relâchement de peau nous tracasse, on peut se tourner vers le Thermage, une technologie qui utilise la radiofréquence pour resserrer les tissus et stimuler la production de collagène. Selon Marilyne Gagné, cette technologie est souvent utilisée de pair avec le CoolSculpting pour d’abord enlever un peu de gras, puis raffermir la peau pour un résultat optimal. Ces traitements peuvent déjà faire une belle différence.

     

    Gel minceur-tenseur Slim Design, d’Elancyl (50 $, dès le 27 mars).

    Crème anti-âge pour le corps Black Tea, de Fresh (85 $).

    Crème exfoliante drainante pour le corps, de Lotus Aroma (34 $).

    Roller Minceur rondeurs rebelles, de Puressentiel (29,99 $).

    Lotion corps lissante Smoothing + Coconut Coffee, d’OGX (8,99 $).

     

    Redrapage des bras

    C’est pour moi? Si on présente un gros excédent ou un relâchement de peau au niveau des bras, cette chirurgie s’avère une option. On peut s’attendre à de bons résultats, mais aussi à des cicatrices assez longues et quand même visibles, surtout la première année suivant la procédure. «On peut aussi avoir une certaine perte de sensibilité au niveau des avant-bras», estime le Dr Haddad. 

    Bon à savoir Cette procédure peut aussi être combinée avec une liposuccion, si nécessaire. En matière de convalescence, on parle d’une à deux semaines. On peut s’attendre à débourser à partir de 5600 $. 

    Si je préfère éviter La technologie Thermage pour resserrer la peau s’avère, ici aussi, une option. On peut aussi travailler notre musculature avec des exercices qui ciblent les bras: «Une personne musclée aura une apparence moins flasque que quelqu’un qui ne l’est pas», révèle la Dre Marie-Andrée LeBlanc, propriétaire de la clinique LeBlanc Médecine Esthétique. 

     

    Laser vaginal

    C’est pour moi? Assez nouveau comme traitement, le laser vaginal diVa traite certains inconforts auxquels font face bon nombre de femmes en préménopause ou ménopausées: le manque de lubrification lors de rapports sexuels et l’incontinence. «La moitié des femmes ménopausées ont un problème de sécheresse vaginale», avance la Dre LeBlanc. Selon elle, le sujet demeure assez tabou. Souvent, les femmes n’osent pas parler de leurs symptômes, alors que le laser serait un traitement efficace. «Nous avons le laser depuis le mois d’octobre, et jusqu’à maintenant, nous avons un taux de satisfaction de 100 % au niveau du traitement de la sécheresse et de l’incontinence.»

    Bon à savoir Chaque patiente est évaluée afin de cerner si elle est une candidate pour ce traitement. Son PAP test doit être à jour. La procédure elle-même dure environ trois minutes et ne requiert pas d’anesthésie. Selon la Dre LeBlanc, il n’y a pas de convalescence, mais on doit éviter les rapports sexuels, les bains tourbillon et les trempettes au spa pendant les 48 heures suivantes. Le traitement se fait en trois fois, avec un entretien une fois par année par la suite. Il coûte environ 3700 $ au total, puis 1200 $ pour cet entretien.

    Si je préfère éviter Avant de considérer le laser en cas de sécheresse, notre médecin peut commencer par nous prescrire un œstrogène vaginal sous forme de crème, de comprimé ou d’anneau, par exemple. En pharmacie, on peut aussi se procurer un lubrifiant ou un hydratant vaginal. Quant à l’incontinence, la physiothérapie périnéale peut être tentée, mais les résultats ne seraient pas aussi immédiats.

     

    Greffe capillaire

    C’est pour moi? «La greffe capillaire cible les hommes et les femmes souffrant d’alopécie androgénétique, donc héréditaire et hormonale», révèle le Dr Yves Hébert, omnipraticien expert en restauration capillaire. La perte de cheveux doit être légère à modérée, et notre chevelure, bien fournie à l’arrière de la tête: c’est à cet endroit que le chirurgien prélève les greffons transposés là où on recherche davantage d’épaisseur. 

    Bon à savoir Bien qu’il soit impossible d’obtenir la même densité de cheveux qu’auparavant, on peut tout de même retrouver un certain volume. La procédure laisse toutefois des traces: dans le cas d’une chirurgie classique par bandes, on aura une longue cicatrice linéaire à l’arrière de la tête. Dans une chirurgie par excision folliculaire, les greffons sont prélevés de manière plus dispersée sur le cuir chevelu à l’arrière de la tête. «Les désavantages résident surtout dans l’inconfort entourant le processus chirurgical et dans le retrait social de quelques jours nécessaires à la convalescence», indique le Dr Hébert. On devra débourser au minimum 4500 $ pour cette procédure.

    Si je préfère éviter Selon notre degré de calvitie, on peut recourir au finastéride, un médicament pris quotidiennement qui agit sur la cause hormonale de la condition, ou au minoxidil, une mousse appliquée deux fois par jour directement sur le cuir chevelu afin de stimuler la circulation sanguine et favoriser un meilleur apport nutritif aux follicules. Une autre alternative, le PRP («plasma riche en plaquettes»), consiste à injecter du plasma extrait de notre propre sang dans le cuir chevelu dans le but de régénérer le follicule pileux.

     

    Photorajeunissement

    C’est pour moi? «Le meilleur traitement et le plus reconnu au monde pour les taches pigmentaires, c’est l’IPL, aussi appelé “lumière pulsée” ou “photorajeunissement”», assure Marilyne Gagné. Il mise sur une lumière qui décharge son énergie afin d’éliminer la tache, et s’utilise autant sur le visage que sur le décolleté ou les mains. 

    Bon à savoir Grâce à ce traitement, on peut s’attendre à une diminution des taches pigmentaires d’environ 50 à 100 %, selon l’experte. On fait en général un à trois traitements selon la quantité de taches à traiter et leur avancement. Mieux vaut procéder en hiver (ou au plus tard en juin), car on doit éviter l’exposition au soleil pendant au moins six semaines avant le traitement. La procédure même dure environ 30 minutes et coûte aux alentours de 300 $.

    Si je préfère éviter Il y a moyen d’estomper un peu les taches pigmentaires en utilisant les bons soins à la maison. «En matière d’ingrédients actifs, le rétinol, la vitamine C et l’acide glycolique viennent vraiment travailler les taches», poursuit Marilyne Gagné. On n’oublie pas que les sérums pour le visage conviennent tout aussi bien au décolleté et aux mains! Et porter un écran solaire au quotidien nous aidera à réduire grandement l’apparition de nouvelles taches.

     

    La Crème Main texture riche, de Chanel (70 $).

    Sérum éclaircissant anti-taches, de Reversa (49 $).

    Crème de secours mains Dark Spot Rescue, de Vaseline (àpd. 6,77 $).

    Vernis éclaircissant visage et corps au curcuma, de Volition (48 $).

     

     

    Se faire traiter à l’étranger?

    Le tourisme médical semble prendre de l’ampleur depuis quelques années; mais y a-t-il des avantages concrets à se faire traiter dans un autre pays? Si l’idée d’économiser sur notre chirurgie tout en combinant convalescence et vacances peut s’avérer alléchante, d’autres facteurs sont à considérer. «On ne peut pas toujours garantir ou contrôler la qualité des soins et des infrastructures», avertit le Dr Haddad. Lorsqu’il est question de santé et de beaux résultats, surtout dans le cas d’une chirurgie esthétique, c’est peut-être jouer avec le feu. «Il y a aussi la question du suivi après le traitement», soulève la Dre LeBlanc. En cas de complication, il faudra prévoir un vol de plusieurs heures pour retourner voir son chirurgien. Un pensez-y bien!

     

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    La nature comme médicament

     

     

    Un billet du médecin pour aller jouer dans le bois? De plus en plus de scientifiques croient que le contact avec l’air pur et les petits oiseaux est parfois aussi efficace qu’une pilule.


    Marie-Hélène Proulx du magazine Châtelaine

     

     

    Santé 3:  La nature comme médicament

     


    Faire du camping ne correspondait pas à la définition du bonheur de Jacinthe (prénom fictif), plus portée sur les draps en soie des quatre étoiles à Paris que sur les toilettes sèches. Ce sont pourtant les expéditions en roulotte qui l’ont sauvée, il y a huit ans. Ça, et charrier des roches, de l’engrais et encore des roches à travers les 13 acres de son lopin de terre situé au pied d’une montagne en Estrie.


    « Je ne vivrai jamais assez longtemps pour payer ma dette à la nature », confie-t-elle alors que nous arpentons sa propriété enclavée dans des vergers, escortées de Valentin, son guilleret pitou. De sa maison deux fois centenaire s’échappe une odeur de rôti de palette à corrompre une végétarienne. Des sources souterraines se déversent dans l’étang, des rectangles de bonne terre grasse attendent les semis et des scilles frondeuses percent le sol malgré le froid de canard. « Dans une couple de semaines, ça va faire un beau tapis bleu ! Faudra que tu reviennes. »


    Difficile d’imaginer que cette sexagénaire pétulante, cultivée et curieuse ait un jour avalé une dose potentiellement létale de morphine, dégoûtée qu’elle était de son quotidien miné par la dépression et l’alcoolisme. « Moi-même, je m’explique mal pourquoi je me suis rendue là. J’avais tout pour être heureuse – des gens qui m’aimaient, une belle carrière, une vie confortable… Une chose est sûre, c’est en m’en remettant à mon jardin et à la beauté sauvage des parcs nationaux que je suis peu à peu passée de la noirceur à la lumière. Ces paysages m’ont apaisée. Et je n’ai jamais rechuté. »


    La pilule verte

    Que les sceptiques se rhabillent : Jacinthe ne se raconte pas d’histoire. Des centaines d’études publiées dans les revues scientifiques les plus sérieuses démontrent que le contact avec la nature aide à prévenir certaines maladies mentales et physiques, et même à s’en rétablir. « Mais c’est méconnu et sous-utilisé, affirme François Reeves, cardiologue d’intervention au CHUM et auteur de Planète Cœur – Santé cardiaque et environnement (Éditions MultiMondes et du CHU Sainte-Justine, 2011). Quand je suis invité dans les facultés de médecine pour en parler, j’ai droit à une standing ovation. Sauf que les médecins n’ont pas encore intégré cette approche. Ils ont plutôt le réflexe d’envoyer leurs patients à la pharmacie. »


    La docteure Melissa Lem, de Vancouver, est l’une des rares au pays à prescrire des promenades en milieu naturel à titre de traitement, entre autres pour les troubles de l’humeur et de l’attention, l’anxiété et la dépression. « Lorsque j’ai commencé à proposer ça, il y a cinq ans, j’étais un peu inquiète de la réaction des gens, témoigne l’omnipraticienne. Mais ils ont été super réceptifs. Il semble que ça leur fait beaucoup de bien. » Bien sûr, ces « moments verts » s’accompagnent souvent d’une ordonnance pour des médicaments ou d’autres recommandations, comme faire davantage de sports ou modifier son alimentation. Bien malin qui saurait dire ce qui contribue le plus à remettre les gens sur le piton. « Chose certaine, des études prouvent que les gens sont plus portés à faire de l’exercice quand ça se passe au grand air qu’au gym, dit-elle. Aussi, des patients m’ont confié avoir vu leur niveau de stress augmenter à la suite d’un déménagement dans une ville moins verdoyante. »


    Cet état de bien-être en nature, on le doit beaucoup au bon air qu’on y respire, a constaté François Reeves, alors qu’il préparait un livre sur les facteurs de risque des maladies du cœur, il y a 10 ans. « Avant, si vous m’aviez demandé à quel point l’environnement a un impact sur la santé, j’aurais répondu : “Bof, peut-être un peu…” Jusqu’à ce que je réalise que la possibilité de subir une crise cardiaque ou un AVC peut être multipliée par 10 quand on habite un endroit où le béton a chassé le vert. »


    C’est que les particules en suspension crachées par les usines et les voitures ont des effets dévastateurs sur nos systèmes immunitaires et cardiovasculaires. Comme les arbres ont la faculté de purifier l’air de ces saletés, plus on en retrouve dans son milieu, mieux on se porte. D’ailleurs, une vaste enquête menée au début des années 2000 auprès de 40 millions de Britanniques a démontré que, peu importe son revenu, le fait de vivre dans un secteur vert – y compris en ville – réduit de 6 % le taux de mortalité prématurée. Et ce, même si on n’y pratique pas d’activités physiques. En plus de jouer les super purificateurs d’air, les arbres auraient le pouvoir de booster notre production de « cellules tueuses de cancer ». Ils permettraient aussi d’abaisser la tension artérielle et le niveau d’hormones du stress, grâce aux composés organiques volatils qu’ils émettent pour se protéger des insectes et des microbes. Ces molécules, dont certaines sont merveilleusement odorantes – pensons au parfum revigorant des pins, par exemple –, auraient un effet protecteur qui perdure une semaine après un séjour de trois jours dans la forêt.


    Du vert, svp !

    Plus de la moitié de la planète réside aujourd’hui en zone urbaine. Au Québec aussi, les régions métropolitaines se densifient. Or, une tonne d’études montrent que le trafic, le bruit et la pollution affectent gravement la santé mentale et physique. « D’où l’importance de ramener la nature en ville pour des raisons sanitaires », insiste le cardiologue François Reeves.


    Une saucette dans le bois

    Ce sont des Japonais qui ont fait cette découverte, eux qui croient depuis longtemps aux vertus thérapeutiques du contact avec la nature. On leur doit notamment le concept du shinrin-yoku ou « bain de forêt ». Des chercheurs nippons ont observé que passer 40 minutes au milieu des arbres deux fois par jour diminue la fatigue, l’anxiété, la déprime, la tension et la confusion. Une sorte de Prozac naturel, quoi. C’est tout à fait ce que ressent Anick Gaucher dès qu’elle sort du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine pour regagner sa vieille maison de bois au milieu des champs, à Saint-Antoine-sur-Richelieu. « Ma façon de respirer change au fur et à mesure que je me rapproche. C’est comme si je me déposais », raconte l’enseignante en psychologie au cégep Ahuntsic, à Montréal.


    Son amoureux n’en revient pas encore de voir son ex-citadine de blonde revêtir des guenilles pour ramasser des feuilles et corder du bois, elle qui était plutôt escarpins, rouge à lèvres et tailleur chic. Mais ce n’est pas la métamorphose la plus étonnante à laquelle il a assisté. « Ça faisait 20 ans que je prenais des médicaments pour contrôler mon trouble d’anxiété généralisée, dit-elle. Avant qu’on déménage ici, il y a huit ans, je faisais deux ou trois attaques de panique par jour. Mon chum ne savait plus quoi faire pour m’aider. Mais depuis quatre ans, c’est fini. J’ai cessé toute médication. »


    Son quotidien n’est pas dénué de stress pour autant. Mais elle trouve désormais en elle les ressources pour le maîtriser. Les heures de voyagement entre le cégep et sa campagne valent le coup, juge-t-elle. « Je suis sortie de la bulle artificielle dans laquelle je vivais pour me reconnecter au rythme des saisons. Là, tu vois, les bernaches sont arrivées. En face de la maison, il y a un boisé où je peux observer l’évolution des feuilles. À côté, mon voisin va bientôt semer… Assister à tout cela aux premières loges me calme. » Au-delà des bénéfices qu’apporte l’air pur produit par les arbres, le spectacle de la nature permet aussi au cerveau de se remettre de l’attention soutenue qu’on exige de lui pour résoudre des problèmes au travail et effectuer de multiples tâches.

     

    Santé 3:  La nature comme médicament

     

    Photo : Jean-Philippe Sirois


    Côté jardin

    Les centres-villes, aussi admirables soient-ils pour leur architecture, n’ont pas cette action restauratrice – les rues grouillantes de monde, les klaxons, les feux de circulation, les façades des boutiques sollicitent nos sens à l’extrême. Tandis qu’observer le fourmillement des insectes, le débit d’une rivière ou le vent dans les arbres exerce une fascination douce qui, en plus de tirer peu de jus, nous divertit de nos ruminations. Au terme de ce répit mental, on raisonne mieux, on est moins anxieux, et peut-être même plus altruiste, selon des recherches coréennes.


    Il y a longtemps d’ailleurs que les hôpitaux psychiatriques ont compris ça. « Ce n’est pas un hasard si la plupart ont été construits à la campagne, explique Rob Whitley, spécialiste de la psychiatrie sociale au centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal. À l’époque, la décision de s’y établir s’appuyait surtout sur des croyances folkloriques quant aux propriétés curatives de la nature mais, aujourd’hui, les preuves scientifiques s’accumulent. »


    C’est pour cette raison que Douglas tient tant à son programme de thérapie par l’horticulture. L’établissement, qui opérait une ferme au temps où l’arrondissement Verdun était rural, possède toujours deux vieilles serres bien entretenues et des ­jardins extérieurs.

     

    Santé 3:  La nature comme médicament


    Photo: iStock

     

    On y est à peine depuis quelques secondes que déjà les épaules se relâchent. Effet ­combiné de l’odeur du terreau, de Chopin à la radio et des sourires bienveillants de Marielle Contant et Jacques St-Hilaire, horticulteurs en résidence. Sous leur supervision, des groupes de personnes souffrant de problèmes de santé mentale se succèdent pour bichonner les plantes. Aujourd’hui, des filles aux prises avec des troubles alimentaires viennent préparer 150 boutures de coléus. D’autres s’activent à monter de ravissantes jardinières en papotant.


    Cela fait plus de 20 ans que Marielle et Jacques travaillent aux serres et jamais ils n’ont eu de « code blanc », cet appel d’urgence lancé à la sécurité quand un patient devient trop agressif. Une situation tout à fait exceptionnelle, selon leur patronne Christianne Bourgie, chef du rétablissement et de l’intégration sociale. « Ça arrive régulièrement à l’hôpital, et à l’occasion dans les autres ateliers qu’on offre, dit-elle. C’est dire à quel point l’environnement ici est apaisant. » Assez pour faire baisser la tension artérielle, améliorer la concentration et rendre plus tolérant au stress, selon les tests effectués.


    « Beaucoup nous disent que le fait de repiquer, désherber, arroser, ça chasse leurs idées noires, dit Jacques St-Hilaire. Il faut voir leur fierté à la fin de l’été, quand leurs efforts se matérialisent en belles grosses tomates ! » Certains ne les mangent même pas, trop heureux d’avoir enfin l’occasion d’en faire cadeau aux autres, eux qui ont souvent bien peu de moyens. « J’ai travaillé longtemps comme préposé aux bénéficiaires en psychiatrie avant d’aboutir aux serres, ajoute-t-il, et je peux affirmer que je n’ai jamais vu autant d’entraide entre les patients. » C’est le contact étroit avec la vie qui leur fait tant de bien, estiment ses collègues. « Il y a quelque chose de magique dans le fait de planter une graine, qui n’a l’air de rien au début, puis de la voir croître et donner des fruits, avance Christianne Bourgie. Ça tient du miracle. Et ça suscite de l’espoir. L’espoir qu’on peut croître, nous aussi. »

     

    Santé 3:  La nature comme médicament

     


    La géographie du bonheur

    Où se trouve-t-on précisément lorsqu’on se sent le mieux ? C’est ce que deux chercheurs anglais ont entrepris de découvrir grâce à l’application pour téléphone intelligent mappiness (une contraction des mots map et happiness). Les gens qui la téléchargent doivent communiquer leur état d’esprit, ce qu’ils font et avec qui ils sont au moment où ils reçoivent une notification du système. Un GPS détermine leurs coordonnées géographiques. À ce jour, l’analyse des données fournies par 20 000 participants indique que c’est lorsqu’ils sont en pleine nature que les gens sont le plus heureux.

     

    Santé 3:  La nature comme médicament

     

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    Les probiotiques sont-ils à la hauteur de leur réputation?

     

     

    Ils se sont hissés au rang de produit phare grâce à leur prétendue faculté de renouveler le microbiote intestinal. Toutefois, beaucoup de recherches restent à faire.

     


    de Christina Vardanis du magazine Châtelaine

     

    Santé 3:  Les probiotiques sont-ils à la hauteur de leur réputation?

     

    Illustration: Flo Leung

     


    Alors que les études ne cessent de confirmer l’importance d’un intestin en santé et son rôle dans les multiples aspects du bien-être, les suppléments de probiotiques continuent de jouir d’une énorme publicité. Qui rapporte gros. On parle de revenus de l’ordre de 66 milliards de dollars d’ici 2024, générés sur la base des nouvelles qui établissent un lien entre les bactéries de l’intestin et de nombreuses affections, de la dépression à l’obésité, en passant par la migraine et la maladie de Parkinson.

     

    Les probiotiques auraient le pouvoir de coloniser le microbiote intestinal avec de «bonnes bactéries» lorsque celui-ci est mis en déséquilibre, soit à cause de la prolifération de «mauvaises bactéries» qui accompagne souvent une alimentation déficiente, soit par suite d’un traitement antibiotique ayant tué tant les bonnes bactéries que celles responsables de l’infection.

     

    Bien que la plupart des experts reconnaissent le potentiel favorable à la santé des probiotiques, les preuves cliniques de tels bienfaits manquent le plus souvent à l’appel. Les probiotiques étant classés et régis comme des suppléments alimentaires et non comme des médicaments, ils sont soumis à des contrôles moins stricts. Qui plus est, on trouve sur le marché un grand nombre de produits, qui contiennent des souches de bactéries très diverses.

     

    Dans une étude récente, on a cherché à vérifier si les individus ayant un bon état de santé général pouvaient retirer un bienfait des probiotiques. Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue scientifique Cell par le docteur Eran Elinav, de l’Institut des sciences Weizmann, à Tel-Aviv, démontraient que chez 50 % des sujets en santé ayant pris les suppléments, ces derniers n’ont fait que passer tout droit dans leur microbiote intestinal, sans s’y attarder pour le coloniser. En termes prosaïques: ils entraient à un bout et ressortaient par l’autre.

     

    Cette étude avait également pour but de valider l’un des effets les plus vantés des probiotiques, soit leur capacité de restaurer rapidement la flore intestinale après un traitement aux antibiotiques. Le groupe qui a pris des probiotiques après le traitement aux antibiotiques a mis plus de temps à retrouver un microbiote normal que le groupe témoin n’en ayant pas pris: le délai allait jusqu’à six mois pour le premier groupe, comparativement à trois semaines pour le second.

     

    Comme l’a expliqué le docteur Elinav sur le site Medical Daily, ces résultats laissent entrevoir que des microbes personnalisés, ciblés, pourraient être plus efficaces que des probiotiques génériques pour rétablir la flore intestinale après la prise d’antibiotiques. (Étant donné que les femmes de 35 à 54 ans se voient prescrire 40 % plus d’antibiotiques que les hommes du même groupe d’âge, on peut penser que ces données rejailliront particulièrement sur la santé des femmes.)

     

    Est-ce à dire que la popularité des probiotiques n’aura été qu’un feu de paille? Aurait-on exagéré leurs vertus? Selon Brett Finlay, microbiologiste à l’Université de Colombie-Britannique et coauteur du livre The Whole-Body Microbiome, il reste encore beaucoup à découvrir pour savoir quels probiotiques sont efficaces et à quelles fins.

     

    «En fait, certains probiotiques sont efficaces pour certains problèmes, dans certaines conditions, pour certaines personnes», dit-il. Même si la recherche du docteur Elinav soulève une inquiétude en indiquant que les probiotiques pourraient retarder le rétablissement du microbiote après la prise d’antibiotiques, «plusieurs études cliniques démontrent que certains probiotiques sont efficaces à cette fin, en particulier dans les cas où l’antibiotique a causé de la diarrhée», ajoute le professeur Finlay.

     

    Ce qui apparaît clairement, c’est que «les probiotiques semblent agir différemment selon les individus, une conséquence logique compte tenu de la diversité des microbiotes». (Selon une récente enquête de la BBC, on ne retrouverait que de 10 % à 20 % des mêmes bactéries intestinales d’un individu à l’autre.)

     

    Comment savoir quels probiotiques sont les plus susceptibles d’améliorer son microbiote? Le professeur Finlay recommande de consulter le guide en ligne probioticchart.ca, qui dresse la liste de tous les probiotiques commercialisés au pays et les évalue en fonction des données cliniques compilées à leur sujet dans le traitement de problèmes de santé précis. Il compare cette recherche au choix de nouvelles chaussures de course: «Dans les boutiques spécialisées, on trouve des baskets pour tous les jours, des chaussures de jogging, de squash, de vélo… Elles ne sont pas toutes pareilles. Elles ont des utilités différentes. Je crois qu’il faut voir les probiotiques un peu de la même manière.»

     

    Le professeur Finlay souligne que de toutes nouvelles recherches sont en cours pour développer les probiotiques de la prochaine génération: des capsules qui contiendraient un petit nombre de microbes aux propriétés déterminées pouvant cibler des problèmes spécifiques. «C’est un champ vivant!» dit-il. (Brett Finlay est cofondateur de Vedanta Biosciences, l’une des quelques entreprises qui se consacrent à ce domaine de recherche.) «Je pense que nous allons voir apparaître une gamme entièrement nouvelle et très prometteuse de véritables probiotiques, qui seront classés comme médicaments.»

     

    Santé 3:  Les probiotiques sont-ils à la hauteur de leur réputation?

     

     

     

     

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    6 façons d’améliorer sa concentration

     

     

    En cette ère de distractions incessantes, des moyens existent pour nous aider à apaiser nos cerveaux hyper sollicités.

     

    de Carol Toller du magazine Châtelaine

     

    Santé 3:  6 façons d’améliorer sa concentration

     

    Photo: Rodolfo Sanches/Unsplash

     


    Sans cesse, notre attention est happée par un bip ou autre message qui s’affiche sur l’écran du téléphone. Le flot ininterrompu de données, de mots et d’images auquel nous sommes soumis chaque jour équivaudrait au contenu de 174 journaux, selon une étude menée en 2011. (Et depuis, le problème ne fait que s’amplifier!) Heureusement, il existe des façons d’apaiser nos cerveaux surexcités.

     


    Préciser ses objectif

    Des résolutions comme «aller au gym» sont faciles à reporter. Mieux vaut donc se promettre, par exemple, d’«aller au gym après le lunch». Ce sera plus aisé de respecter son engagement.

     


    Échanger les téléphones

    Mettre de côté son téléphone peut être ardu quand on sort avec des amis… Plutôt que d’avoir la tentation de le consulter à tout moment, pourquoi ne pas l’échanger avec celui de sa copine? Si on a vraiment besoin de faire un appel, on aura le sien à portée de main.

     


    Faire court

    La gestion des courriels est un défi de tous les instants. Pas la peine d’y perdre trop de temps ou de son attention en y consacrant plus d’énergie mentale que nécessaire. On résume sa pensée et on dit ce qu’on a à dire en cinq phrases au plus.

     


    Prendre le temps de respirer

    Pratiquée de façon régulière, la méditation, qui consiste simplement à fermer les yeux et à se concentrer sur son souffle, peut avoir un effet profond sur le cerveau et l’aider à se concentrer de manière plus efficace par la suite. Selon une étude, les participants qui méditaient régulièrement ont obtenu des résultats de tests 16 % supérieurs aux autres.

     


    En garder un peu pour demain

    Parfois, on aime prendre de l’avance dans une tâche. C’est bien. Mais si on y trouve de la stimulation, on peut justement la laisser de côté. On sera plus motivée à y revenir la prochaine fois qu’on devra rester hyper concentrée.

     


    Laisser voguer

    On doit résister au réflexe de regarder son téléphone pendant qu’on fait la file à la caisse. Ces rares petits moments de liberté sont d’excellentes occasions de laisser vagabonder son esprit. Donner un peu de répit à son cerveau au lieu de lui infliger plus de demandes, c’est non seulement salutaire, mais nécessaire!

     

    Santé 3:  6 façons d’améliorer sa concentration

     

     

     

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    Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

     

    L’alcool, les analgésiques et le dysfonctionnement de la glande thyroïde peuvent diminuer la qualité de notre vie sexuelle à notre insu.


    Wendy Glauser de la revue Châtelaine

     

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

    Les relations sexuelles semblent-elles parfois une corvée? Les baisses et les hausses de libido sont normales, mais si on a l’impression que l’appétit sexuel est en berne depuis trop longtemps, «ça vaut le coup de consulter», conseille la Dre Lori Brotto, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé sexuelle chez les femmes et directrice du laboratoire de santé sexuelle à l’Université de la Colombie-Britannique. La sexualité constitue une façon unique pour les partenaires d’entrer en relation, et les études laissent entendre qu’une vie sexuelle épanouie représente un aspect important de notre état de santé physique général.


    Plusieurs facteurs peuvent affecter la libido. Certains sont évidents, comme la fatigue et le stress. Mais d’autres sont moins connus, même s’ils sont courants. Voici trois suspects qu’il faut surveiller.

     

    L’alcool

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    Pris avec modération, l’alcool peut avoir un effet désinhibiteur et aphrodisiaque, d’après la Dre Brotto. Mais en plus grande quantité, il a l’effet contraire. «L’alcool influe sur la dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui rend l’irrigation des organes génitaux difficile», précise-t-elle. L’excitation et l’orgasme demandent également une interaction complexe entre le cerveau et le corps, qui implique le système nerveux, divers mécanismes de libération d’hormones, ainsi qu’un processus cognitif. À cause de l’effet de l’alcool sur le cerveau, «il se peut que vous en ayez envie, mais que le cerveau ne soit pas en mesure de capter les signaux du corps qui ressent l’excitation, donc il ne peut transmettre à son tour plus de messages d’excitation au corps», explique la Dre Brotto.


    Que considère-t-on comme une trop grande quantité d’alcool? Tout dépend de sa tolérance, de son poids et d’autres facteurs, selon la spécialiste. On se sent ivre? Il est certain que l’alcool nuira à l’excitation plus qu’il ne la favorisera.

     

    Les analgésiques

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

    Les gabapentinoïdes sont une famille de médicaments de plus en plus souvent prescrits pour soulager les douleurs chroniques chez les femmes – d’une part parce que les douleurs chroniques sont en augmentation, et d’autre part parce que les médecins les préfèrent aux opioïdes, qui sont potentiellement dangereux. Or, on sait que les médicaments de cette famille, qui comprennent la gabapentine et la prégabaline, exercent un effet sur le cerveau et peuvent souvent diminuer la libido. La façon précise dont ces substances agissent sur les mécanismes d’excitation dans le cerveau n’est pas encore connue, mais «il est important de savoir que, lorsqu’on prend des médicaments qui ont un effet sur le cerveau, la fonction sexuelle peut s’en trouver diminuée», souligne la Dre Brotto.


    Bien sûr, il n’est pas vraiment envisageable de laisser la douleur chronique sans traitement. «La douleur elle-même peut être débilitante et affecter directement le désir», dit la Dre Brotto. Tout en concédant qu’il n’y a pas de «réponse facile» quand il s’agit de peser le pour et le contre d’un médicament, elle recommande d’obtenir l’avis de professionnels de la santé. Ça peut valoir le coup d’essayer des options non pharmaceutiques, comme la physiothérapie, ou de se renseigner auprès de son médecin sur les analgésiques (antidouleurs) qui n’agissent pas sur le cerveau.

     

    Le dysfonctionnement de la thyroïde

    Santé 3:   Baisse de libido? En voici (peut-être) la cause

     

    Un problème de glande thyroïde non diagnostiqué peut avoir d’importants effets négatifs sur le niveau d’énergie, l’humeur et la vie sexuelle d’une personne, car les hormones que sécrète la glande thyroïde «ont un effet en cascade sur le reste du système endocrinien», explique la Dre Brotto.


    Avec l’hyperthyroïdie, «le corps fonctionne constamment à plein régime», ce qui peut entraîner une réaction quasi perpétuelle «de lutte ou de fuite», ajoute-t-elle. L’organisme transforme alors la progestérone en cortisol – l’hormone de stress – plutôt qu’en testostérone, qui joue un rôle clé dans la stimulation du désir, tant chez la femme que chez l’homme. À l’inverse, avec l’hypothyroïdie, ce sont les symptômes de la maladie, comme la fatigue et le manque général d’entrain, qui affectent la libido.

    En cas de doute, on doit consulter un médecin afin de faire effectuer des analyses de sang. Si un problème de thyroïde est diagnostiqué, un omnipraticien ou un endocrinologue pourra nous prescrire des hormones afin de le traiter. Mais il peut falloir du temps et certains ajustements avant d’arriver à régulariser la production d’hormones. C’est pourquoi la Dre Brotto conseille aux femmes qui se trouvent dans cette situation de consulter en sexothérapie entre-temps.

     

     

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