• Santé 3: Ménopause: mieux vaut en rire… avec Guylaine Guay

     

    Ménopause: mieux vaut en rire…

    avec Guylaine Guay

     

     

    À part quelques clichés de bouffées de chaleur, on parle bien peu de la ménopause. L’animatrice et auteure Guylaine Guay a décidé de briser ce tabou à grands coups d’autodérision dans son livre Dame Mature, afin d’aider les femmes à envisager leur «ménopocalypse» sous un jour moins dramatique.


    Rencontre avec cette «périménopausée velue et moite» qui s’assume.

     

    Propos recueillis par Andréanne Moreau de la revue Châtelaine

     

    Santé 3:  Ménopause: mieux vaut en rire… avec Guylaine Guay


    Photo: Andréanne Gauthier


    C’est arrivé d’un bloc, à 43 ans. Tout allait super bien, puis PAF! Mal aux genoux, anxiété, insomnie, prise de poids. J’avais même de la difficulté à apprendre mes textes, moi qui ai une mémoire incroyable. Je me demandais si j’étais en train de virer su’l top.

    Le pire, c’était de ne pas savoir. J’étais vraiment inquiète. Moi qui avais toujours été très en forme, pif paf!, boboum!, bang!, ça se mettait à péter de partout! Je suis chef de famille, mère de deux enfants autistes, et je pensais que je me préparais une angine. Après une prise de sang, le diagnostic est tombé: périménopause.

    Le problème, c’est que personne ne m’avait jamais prévenue que ça pouvait se manifester aussi jeune. Je pensais que la ménopause arrivait à la fin de la cinquantaine, alors ça m’a vraiment déstabilisée.

    On va se le dire, les symptômes sont aussi nombreux que désagréables. Le pire, pour moi, c’est la pilosité faciale. C’est venu comme un coup de pelle dans la face, littéralement. J’ai toujours été blonde, alors quand je me suis mise à voir pousser des poils drus et foncés sur mon visage, ça m’a vraiment déstabilisée.

    Mais le plus tabou, c’est la faiblesse du plancher pelvien. Je suis certaine que je ne suis pas la seule à me demander s’il y a un déluge dans mes culottes chaque fois que j’éternue, mais c’est pas le genre de sujet qu’on aborde dans un party de bureau, disons. Et que personne ne vienne me dire que j’ai juste à faire des exercices de Kegel! J’en fais tous les soirs, pis ça ne m’empêche pas de fuiter à la moindre occasion.

    La prise de poids non plus, c’est pas évident à vivre. On prend toutes quelques livres pendant la périménopause (pré/post/pendant la ménopause). Et c’est du poids qui se perd difficilement, puisque c’est lié aux hormones. Personnellement, je suis en surpoids depuis ma naissance, alors ça n’a pas vraiment été un clash. J’ai appris à vivre avec ça depuis longtemps. Mais il y a des femmes que ça déprime littéralement, qui ne se reconnaissent plus du tout, et je comprends le désarroi. Le poids, ça affecte l’image qu’on a de nous, notre libido, c’est lourd!

    Ultimement, il faut juste apprendre à dealer avec tout ça. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais à force d’essais et erreurs, on y arrive. Maintenant, quand je me réveille en me sentant irritable, je vais faire 30 minutes d’elliptique au gym. Ça me calme le volcan intérieur. Il y a également la méditation, les tisanes (pas trop, à cause du plancher pelvien), on s’adapte!

    Au-delà des symptômes physiques, il y a aussi tout un aspect psychologique et philosophique. Admettre qu’on est en ménopause, c’est comme avouer au monde entier qu’on n’est plus jeune. Dans notre société qui glorifie la jeunesse, c’est pas facile, mais ça l’est encore moins de se mettre constamment la pression d’être aussi belle et performante qu’on l’était à 20 ans. Vieillir, c’est la vie. Et la vie, c’est maintenant!

    Ça peut avoir l’air quétaine, mais vieillir est aussi un privilège. Il ne faut pas l’oublier. Je le réalise encore plus depuis le décès de ma sœur, il y a un an et demi. Je suis sûre qu’elle aurait beaucoup aimé avoir l’opportunité de se plaindre de ses bouffées de chaleur, elle aussi.

    Je vois plutôt cette période comme un tremplin vers le dernier stretch du relais de la vie. C’est une occasion de me retrouver en tant que femme, de me remettre en question, de m’écouter – surtout maintenant que mes enfants sont grands. C’est pas juste la décrépitude totale!

    Je me sens puissante, maintenant. Plus libre, affranchie de la pression de la perfection et du regard des autres. Même si je ne me suis jamais vraiment inquiétée de ce que les gens pensaient de moi, c’est encore plus vrai aujourd’hui.

    Ceci dit, je ne suis pas une boule de positivisme constant, là. Je pense qu’on a le droit de dire que c’est plate, qu’on ne se sent pas bien. Je revendique le droit d’être puckée! Je veux qu’on puisse parler de ménopause, avec ses bons comme ses mauvais côtés, et qu’on soit capables aussi de la voir avec un peu de joie, de sérénité et d’humour. Après tout, c’est quand même un peu drôle de se faire faire une jambette par ses propres hormones!

     

    Santé 3:  Ménopause: mieux vaut en rire… avec Guylaine Guay

     

    Dame mature – Réflexion comico-dramatique d’une périménopausée velue et moite, par Guylaine Guay, Libre Expression, 184 pages, 22,95 $

     

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