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    Accro à Internet et aux médias sociaux?

     

     

    On n’a jamais autant communiqué qu’aujourd’hui. Malheureusement, les heures passées sur Internet et les réseaux sociaux pourraient bien affecter la qualité de nos relations. Êtes-vous accro?

     

    Accro à Internet et aux médias sociaux?

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    Quand Christiane mange au resto, elle pose son téléphone intelligent sur la table afin de pouvoir le consulter et répondre à ses textos. Au grand dam de son amie France: «Si elle reçoit un message, elle peut s’arrêter en plein milieu d’une phrase pour pitonner sur son téléphone. Elle n’arrête pas de dire: “J’en ai juste pour une minute” et quand elle a terminé, elle me demande: “De quoi on parlait, déjà?” Ça me frustre! On perd le fil de la conversation, et j’ai l’impression d’être moins importante que ses contacts virtuels. Mince consolation, je sais qu’elle agit de la même façon avec tout le monde, pas juste avec moi et pas seulement au resto.»

     

    À l’instar de Christiane, les accros aux courriels, Facebook, Twitter et autres réseaux sont de plus en plus nombreux, incapables de se passer de ces avancées technologiques. Selon une enquête NETendances réalisée par le centre de recherches CEFRIO, plus de 8 internautes québécois sur 10 (85 %) utilisent les médias sociaux. Et plus question de se déplacer sans son cellulaire! On l’emploie partout et en tout temps. Les plus mordus vérifient même leurs courriels en pleine nuit!

     

    Pas de doute, Internet et les médias sociaux sont solidement ancrés dans nos vies. Ce qui n’est pas mauvais en soi: ils nous permettent de communiquer avec des gens éloignés, de reprendre contact avec des relations perdues de vue, d’échanger avec des personnes intéressantes, d’accroître nos connaissances et de nous informer sur le monde. Grâce à eux, on ne s’est jamais sentis aussi ouverts aux autres.

     

    Mais les nouvelles technologies, aussi extraordinaires soient-elles, peuvent nous éloigner des autres. Plusieurs études ont été menées sur le lien entre leur utilisation et l’isolement. Et si certaines ont établi qu'elles entraînent effectivement une certaine sociabilité et une ouverture sur le monde, d’autres ont montré qu’elles peuvent contribuer à isoler les plus accros de leur entourage et à réduire la taille de leur réseau de relations en limitant les contacts extérieurs. Et plus on est connecté, plus on risque de tomber dans le piège.

     

    «Pendant que les gens pianotent sur leur téléphone, ils n’écoutent pas et ne parlent pas à leur entourage, affirme Marie-Anne Sergerie, psychologue spécialisée en cyberdépendance. Ils s’enferment dans une bulle. Et combien de fois, au travail, voit-on des collègues se brancher sur leur cellulaire pendant les pauses au lieu de se parler? Parfois, les contacts humains ne sont même plus nécessaires: grâce au télétravail, par exemple, on peut être deux ou trois à collaborer aux mêmes dossiers pendant des mois sans jamais se rencontrer. 

     

    Même phénomène lorsque les gens s’isolent trop de temps devant leur ordi à la maison: ça peut, à la longue, provoquer de vives tensions, notamment chez les couples.» C’est ce qui arrive à Louis et Suzanne. Aussitôt la vaisselle terminée, Louis descend au sous-sol et se connecte à ses jeux ou à ses amis Facebook pour le reste de la soirée. «Ma femme aime regarder la télé, moi pas», se défend-il. Pourtant, Suzanne songe à lui lancer un ultimatum. «Je n’en peux plus de ces soirées en solitaire, avoue-t-elle. Je pense sérieusement à le laisser s’il ne réduit pas les heures qu'il passe devant son écran.»

     

    Il est vrai qu’on se sent rarement seul lorsqu’on est connecté à des dizaines, voire des centaines, d’amis virtuels. Sans compter les nombreux posts, textos et courriels que l’on envoie et reçoit en un temps record et qui font en sorte que la vie en ligne semble tellement plus animée que la réalité. Mais une vie sociale active ne se réduit pas aux heures passées devant l’écran. Pas plus que l’amitié véritable ne se mesure au nombre de messages reçus ou à la quantité d’amis sur Facebook. 

     

    Bien sûr, il arrive que des rencontres sur les réseaux se transforment en amitiés sincères et mènent à des contacts réels. Mais, selon Valérie Van Mourik, clinicienne chercheuse au Centre de réadaptation en dépendance de Montréal, les amitiés virtuelles restent généralement à l’état... virtuel. «Les réseaux sociaux ne sont pas le meilleur moyen de socialiser pour les personnes seules, avance-t-elle. Les relations qu’on y tisse sont souvent superficielles. Si on espère les voir déboucher sur un lien véritable, on risque d’être déçu.»

     

    Cela dit, les amitiés virtuelles sont loin d’être sans intérêt. «C’est agréable de pouvoir discuter sur un forum avec des gens qui partagent les mêmes affinités ou vivent les mêmes préoccupations que nous, souligne Marie-Anne Sergerie. Nos amis virtuels peuvent aussi nous fournir de bons contacts pour le travail, les rénovations ou les destinations voyage. Les heures passées avec eux peuvent être constructives. Bref, c'est une question d’équilibre. Notre vie relationnelle doit aussi être riche et satisfaisante en dehors des médias sociaux.»

     

    Valérie Van Mourik ne croit pas non plus que les nouvelles technologies aient, pour la majorité des gens, un effet antisocial. «Il ne faut pas dramatiser leur impact. Le fait de passer beaucoup de temps sur Internet ne crée pas forcément une dépendance. Ça devient problématique quand la Toile prend toute la place et constitue la principale façon de communiquer avec les autres. Il faut alors se questionner et réévaluer son utilisation.» Connectés, oui, mais pas au détriment des gens qu’on aime dans la vraie vie... Un juste milieu à trouver pour profiter au maximum des deux mondes, le virtuel et le réel!

     

    Si on attache moins d’importance à notre entourage qu’à nos amis virtuels, qu’on préfère échanger plusieurs heures en ligne avec des étrangers au lieu de discuter avec notre conjoint ou qu’on refuse des sorties pour passer la soirée devant notre écran, la cyberdépendance n’est pas loin. Pour y échapper, voici cinq gestes tout simples...

     

    1- On n'apporte pas notre téléphone à table. 

     

    Il y a rarement urgence, de toute façon. On prend le temps d’échanger avec les autres convives, qui sont suffisamment importants pour qu’on leur accorde toute notre attention.

     

     

    2- On éteint notre cellulaire au spectacle. 

     

    Au cinéma, au théâtre ou au concert. Fermer son téléphone permet de se concentrer sur le plaisir du moment. Au grand bonheur de nos voisins de siège: l’écran lumineux est extrêmement désagréable pour les personnes assises derrière et à côté d’un utilisateur.

     

     

    3- On partage nos découvertes.

     

    Lorsqu’on consulte Internet ou les réseaux sociaux, partager ce qu’on lit est un bon moyen d’ouvrir la discussion et de passer du temps de qualité avec notre entourage.

     

     

    4- On limite le temps passé devant l'écran.

     

    Mieux vaut se fixer une période en ligne à respecter quotidiennement… et profiter des heures à nouveau libres pour pratiquer ou découvrir des activités plaisantes.

     

     

    5- On protège notre chambre.

     

    Cette pièce est faite pour les câlins, les dodos et rien d’autre!

     

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