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    Avoir des rêves, une question de survie?

     

    Jeunes ou vieux, on a tous des rêves. Certains n’aboutiront jamais, d’autres oui. Des spécialistes expliquent comment se rapprocher de son idéal.


    Par Marie-Hélène Proulx du magazine Châtelaine

     

    Depuis quelques mois, la psychologue Jocelyne Bisaillon cultive un rêve : celui d’aider les jeunes à réaliser leurs propres rêves. Elle s’intéresse aussi aux membres de la génération X, désormais dans la fleur de l’âge, dont les déconvenues résonnent régulièrement entre les murs blancs de son bureau, à Montréal. Leur difficulté à se tailler une place à la hauteur de leurs désirs la touche tant qu’elle va y consacrer un livre, intitulé provisoirement EXit. Comme dans « Elle est où, la sortie vers mes idéaux ? »


    Parfois, ce sont les mauvais coups du sort qui entravent les rêves. Une crise économique, un contexte politique, un accident, une maladie. Des trucs contre lesquels on ne peut pas se battre. « Mais il arrive aussi que le blocage vienne de l’intérieur », observe-t-elle. On s’autocensure, on se résigne, on se rabaisse. On a peur.


    Encore les doutes ?


    « “Je ne suis pas capable” et “Je n’ai pas assez de talent” sont les phrases que j’ai le plus souvent entendues durant ma carrière d’enseignant à l’université », renchérit le philosophe français Michel Lacroix, auteur de plusieurs ouvrages sur la réalisation de soi, dont Se réaliser – Petite philosophie de l’épanouissement personnel (Éditions Robert Laffont).


    Certes, une pincée d’insécurité ne nuit pas à la sauce. « À entretenir une image idyllique de soi, on risque de s’asseoir sur ses lauriers, dit-il. Se poser des questions sur ses compétences pousse à aller de l’avant, histoire de se prouver sa valeur. »


    Même que la plupart des grands personnages doutaient énormément d’eux, estime le psychologue montréalais Hubert Van Gijseghem. « On le constate en lisant leurs biographies. L’ambition est -toujours basée davantage sur l’insécurité. Il n’y a rien de pire que ceux qui croient qu’ils l’ont, l’affaire. D’abord, ils sont exécrables. En plus, ils ne s’accomplissent pas ! Être repu supprime le goût de chasser. »

     

    Santé-Psycho 2:  Avoir des rêves, une question de survie?

     

    Mais il faut trouver le bon dosage. Car trop de doute démobilise, déprime, paralyse. L’antidote des antidotes contre ces séances d’autoflagellation ? « Les autres », pense Michel Lacroix. En autant qu’ils nous tirent vers le haut. Ça peut être des collègues, des copains, un prof. Un père, une amoureuse, une patronne. « Seul, on patauge. Personne ne se construit par lui-même. Il faut s’entourer de gens stimulants qui nous font confiance. Je crois beaucoup à l’entraînement mutuel des êtres. » (voir plus bas Donnant-donnant)


    Et puis, il faut réfléchir à son rêve. Est-ce bien le nôtre, ou celui que nos parents avaient conçu pour nous ? Est-ce qu’on le poursuit parce qu’on veut être aimé, admiré, glorifié ?


    « Un rêve, c’est très coûteux, explique Jocelyne Bisaillon. Sur le plan du temps. De l’énergie. Parfois même de l’argent. Pour le réaliser, quelque chose en soi doit se transformer, grandir. Alors, quand l’idéal ne tire pas son origine de l’intimité profonde, qu’il n’est pas porté par un élan naturel, tôt ou tard, les gens perdent le goût de s’y investir. »


    Consentir à l’effort


    En thérapie, la psychologue demande souvent à ses patients quelle sorte de « p’tits vieux » ils espèrent devenir. La question fait ressurgir les rêves qu’ils avaient fini par enterrer – sans trop s’en rendre compte d’ailleurs, aspirés qu’ils étaient par le vortex des responsabilités quotidiennes.


    C’est là que le gros de l’ouvrage commence. D’abord en bannissant les fameux : « Bof, je n’ai pas le temps de me remettre à la mécanique automobile. Et puis, ça me donnerait quoi ? C’est trop tard. » Autant de beaux prétextes pour dissimuler la crainte d’échouer, estime Jocelyne Bisaillon. « Il faut pourtant s’y mettre. Faire de la place dans sa routine pour son idéal. Autrement, quelque chose en soi s’éteindra. »


    Elle le sait comme thérapeute, mais aussi à titre personnel. Avant d’entreprendre ses études en psycho, elle occupait un poste de documentaliste à Hydro-Québec. « Je m’ennuyais à mourir la bouche ouverte ! » Elle avait 36 ans, aucune garantie d’emploi une fois diplômée, plus de mari, un enfant à charge. Mais elle a fait le saut. Parce qu’elle avait enfin trouvé à quoi elle allait servir.


    La route vers un destin qui colle à ses aspirations peut être longue et sinueuse, prévient-elle. Le truc, c’est de faire régulièrement des petits gestes qui nous en rapprochent. « Mettre 10 $ de côté par semaine, ouvrir un dossier, passer un coup de fil à quelqu’un… Je jure que chaque mètre gravi apporte autant de satisfaction que d’arriver au sommet. »


    Peut-être même plus, estime le philosophe Michel Lacroix, pour qui vie accomplie rime avec action. De toute façon, il y aura toujours un décalage entre ce qu’on avait rêvé et la réalité. « Même chez les athlètes de la réalisation de soi, il reste une pat d’inachèvement, de regrets. C’est inévitable. »


    Et c’est tant mieux. Car si l’on réalisait ses rêves en entier, il ne resterait qu’à mourir, dit le psychologue Hubert Van Gijseghem. « Les humains sont programmés pour courir après quelque chose. Ce sont le sentiment d’incomplétude et l’impression de manque qui font qu’on veut vivre jusqu’à demain. On espère y trouver ce qu’on n’a pas aujourd’hui. Au fond, ce qui rend heureux, ce n’est pas tant la quantité de rêves qu’on a réalisés que la capacité d’accepter qu’on ne les accomplira pas tous. »


    À 70 ans, Jocelyne Bisaillon sait qu’elle n’aura jamais de fermette dans Charlevoix. Qu’elle n’aura pas le temps d’apprendre à travailler le bois. Qu’elle ne visitera pas le Portugal à pied, avec ses jambes qui la trahissent. Pas grave. Elle continue de fantasmer pareil. « Je crois que les rêves servent à faire lever qui l’on est. L’ima-gi-naire, la créativité, tout ce qu’on pourrait devenir. C’est une énergie qui, lorsqu’elle est mise au jour, nourrit tout le reste, au quotidien. En fait, c’est l’espoir. »


    Donnant-donnant


    La vocation d’une société, c’est de permettre au plus grand nombre de rêver, estime le philosophe Michel Lacroix. Et, réciproquement, plus les gens bénéficient de conditions gagnantes pour aller au bout de leurs idéaux – l’accès à l’école, les programmes de soutien à l’entrepreneuriat, une économie stable, par exemple –, plus la société y gagne.


    « Même si, au départ, les gens plongent dans leurs projets pour des raisons personnelles, la collectivité s’en ressent positivement. Il y a plus d’inventions, de culture, de travailleurs compétents », précise-t-il.


    Le philosophe pense aussi que c’est en donnant qu’on se réalise au maximum : « On s’enrichit surtout de la responsabilité qu’on accepte d’exercer auprès des autres. » Que ce soit à travers l’engagement associatif, l’accompagnement en soins palliatifs, le mentorat en milieu professionnel… Et au quotidien, auprès des enfants. « Sans céder sur les questions d’autorité, les encouragements bienveillants sont les meilleurs outils qu’on puisse leur fournir pour qu’ils réalisent leurs rêves à leur tour. »


    À ce titre, d’ailleurs, « et au risque de choquer ! » Michel Lacroix pense que les parents d’aujourd’hui sont de meilleurs éducateurs que ceux d’autrefois. « Ayant profité de notions de psychologie plus évoluées, ils écoutent mieux leurs enfants, sont plus attentifs à leur personnalité. Ce sont des atouts extraordinaires pour s’épanouir. Au bout du compte, c’est toute la société qui y gagnera.

     

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    4 signes pour reconnaître une dépression

     

    Personne n’est à l’abri de la dépression, mais c’est une maladie dont on peut guérir, à condition de la reconnaître et la traiter à temps. La psychiatre Valerie Taylor nous parle des signes à surveiller et des solutions qui s’offrent à nous lorsque le stress se fait détresse.


    Par Flannery Dean, Châtelaine/ adaptation Annie Rousseau


    En cette période de l’année, bon nombre d’entre nous se sentent affectées par le manque de luminosité et la grisaille des longues journées d’hiver. Cafard, coup de blues, ennui, mélancolie, vague à l’âme… Quel que soit le nom qu’on lui donne, cette déprime passagère finit généralement par passer. Or, il arrive que cet état traduise une douleur plus profonde et durable; que nos bleus persistent et passent sournoisement au noir. Nous voilà en pleine dépression.


    Le suicide de Robin Williams en 2014 et, plus récemment, la sortie du film Nelly – retraçant le parcours de l’écrivaine Nelly Arcan – ne sont que deux des trop nombreux exemples qui nous rappellent que nul n’est à l’abri de la Grande Noirceur. Monument du rire, auteure prolifique, frères, mères, amis : la dépression frappe sans distinction et nous affectera tous, de près ou de loin, à un moment ou à un autre de notre vie.

     

    Santé-Psycho 2:   4 signes pour reconnaître une dépression

    Photo: iStock


    Pourquoi reconnaît-on si rarement la dépression ?


    À l’approche de la 27e Semaine nationale de prévention du suicide (qui se déroulera du 29 janvier au 4 février 2017), le moment est tout indiqué pour nous sensibiliser à la dépression et aux autres formes de maladie mentale, question d’être en mesure de mieux soutenir ceux qui en souffrent – à commencer par soi-même. Si votre premier réflexe devant un proche déprimé est de lui dire de se secouer ou de lui faire la morale, sachez que si cette personne est aux prises avec un épisode de dépression majeure, ces paroles teintées de jugement s’avéreront non seulement inutiles, mais contribueront à alourdir un fardeau de culpabilité déjà lourd à porter. Demandez-lui plutôt comment elle se sent, et soyez à l’écoute.


    Retournez-vous aussi la question et répondez-y le plus honnêtement possible. Selon Valerie Taylor, psychiatre en chef au Women’s College Hospital de Toronto, rares sont ceux – hélas – qui prennent le temps de faire le bilan de leur santé mentale. Conséquemment, explique-t-elle, « les gens ne savent pas reconnaître qu’ils commencent à aller moins bien, et ne prennent pas la pleine mesure de l’impact que peut avoir cette dégradation de leur santé mentale sur toutes les sphères de leur vie – de leurs relations interpersonnelles à leur emploi, en passant par leur capacité à prendre plaisir à leurs activités quotidiennes ».


    Manque de connaissances quant à la dépression ou aux troubles anxieux, peur d’être stigmatisé ou étiqueté négativement : plusieurs facteurs peuvent expliquer que nombreux sont ceux qui n’iront pas chercher l’aide dont ils ont besoin. Plutôt que d’admettre qu’ils sont déprimés, ils préféreront minimiser le problème en disant qu’ils sont simplement « stressés, fatigués ou épuisés », ajoute madame Taylor. Or, bien qu’ils puissent être liés, le stress et la dépression sont deux choses bien différentes.


    Voici quatre signes pouvant indiquer une détresse émotionnelle plus sérieuse, ainsi que quelques stratégies à appliquer afin d’améliorer votre bien-être émotif et psychologique.


    4 signes de dépression à surveiller


    Vous vous sentez dépassé par vos tâches quotidiennes
    Comment distingue-t-on le stress de la dépression? Généralement, les gens sont capables de continuer à performer même quand ils subissent un grand stress. Mais quand la pression devient dépression, on ressent souvent une grande apathie physique et mentale. La tâche la plus banale – comme se lever, prendre sa douche, aller travailler, manger ou voir des amis – nous semble alors un défi insurmontable. « La dépression altère notre fonctionnement », explique la psychiatre. Si votre humeur vous empêche d’accomplir vos activités habituelles ou d’y prendre plaisir, que ce soit dans votre vie personnelle ou professionnelle, cela pourrait fort bien indiquer que vous êtes déprimé.


    Vous avez du mal à dormir
    L’insomnie ou les troubles du sommeil sont aussi un symptôme à ne pas négliger. Assailli de pensées envahissantes, vous passez vos nuits à vous retourner dans votre lit : qu’elle soit due à un inconfort physique ou mental, cette incapacité à profiter d’une nuit de sommeil réparatrice ne fera qu’exacerber votre sentiment de fatigue et d’abattement, vous entraînant ainsi dans un cercle vicieux. Même si l’idée d’avaler un somnifère peut être tentante, celui-ci ne fera bien souvent que camoufler la manifestation d’un problème plus sérieux. « L’un des premiers symptômes qui affectent ceux qui entrent dans un état dépressif, c’est que la qualité de leur sommeil est perturbée », affirme madame Taylor.


    Vous êtes incapable de lâcher prise
    Vous vous surprenez à ressasser encore et encore votre dernière discussion houleuse avec votre mère, un collègue ou un ami? Même en compagnie d’autres gens, vous n’arrivez pas à passer à autre chose? Vous ne pouvez vous empêcher d’alimenter les affres de votre amertume et de votre colère, qui prennent alors des proportions démesurées? Il pourrait bien s’agir là d’un signe que vous avez affaire à plus qu’une simple déprime passagère, selon la psychiatre. Ces pensées obsessives – ou ruminations – peuvent mener à la dépression ou indiquer que celle-ci a déjà commencé à faire son nid. Si votre incapacité à faire taire ce discours interne négatif affecte vos relations personnelles, vous devriez aller chercher de l’aide sans tarder.


    Vous n’arrivez pas à travailler
    Pas étonnant que certaines entreprises offrent maintenant des « congés de santé mentale » à leurs employés. Nombreux sont ceux qui, aux prises avec un épisode de dépression, sont incapables de se présenter au travail ou prétendent être malades afin d’échapper à leurs obligations professionnelles. D’autres iront travailler, mais manifesteront leur profond mal-être par une baisse draconienne de productivité. « On parle alors de présentéisme » par opposition à l’absentéisme, explique madame Taylor.


    Des pistes de solution pour surmonter une dépression

    Apprenez à mettre un frein aux ruminations

    Si vous êtes envahi de pensées négatives ou obsessives, certains principes de thérapie cognitivocomportementale pourraient vous aider à reconnaître et à transformer les émotions et déclencheurs à l’origine de vos comportements destructeurs. L’une des techniques de TCC les plus efficaces pour réfréner les pensées négatives consiste à les confronter à un raisonnement rationnel. « Les gens souffrant de dépression voient souvent tout en noir et blanc, ou perçoivent les situations à travers une lentille déformante », explique la psychiatre. Pour combattre ce symptôme, prenez l’une de vos perceptions négatives et tentez de prouver que celle-ci est fondée. Vous avez l’impression d’être seul et de n’avoir personne sur qui compter? Efforcez-vous de le prouver. Demandez-vous : « Suis-je réellement seul au monde? N’y a-t-il vraiment personne vers qui je peux me tourner? » Le but de cet exercice intellectuel est d’entraîner les gens à « appuyer leurs réflexions sur des faits concrets », ajoute-t-elle. La plupart du temps, ça leur permet de prendre conscience que celles-ci ne sont pas nécessairement justifiées.


    Apportez des changements dans votre mode de vie

    La dernière chose qu’une personne déprimée a envie d’entendre, c’est bien : « Sors donc te dégourdir les jambes et prendre l’air, un peu! » Or, aussi peu tentant que puisse vous sembler ce conseil, il pourrait vous faire le plus grand bien. En effet, plusieurs études ont établi un lien entre la pratique d’une activité physique régulière et le bien-être émotionnel. Certains experts recommandent aussi l’exercice physique en tant que thérapie complémentaire pour les gens souffrant de dépression mineure ou modérée. Apporter quelques changements à votre alimentation peut aussi avoir un énorme impact sur votre vie. La diète méditerranéenne, par exemple, a notamment été associée à une diminution du risque de dépression.


    Allez chercher de l’aide

    « La plupart des employeurs offrent des ressources confidentielles en santé mentale par l’entremise de programmes d’aide aux employés », explique madame Taylor, qui recommande vivement à ceux qui y ont accès de profiter pleinement de ce service privé. Sinon, parlez de ce que vous ressentez à votre médecin de famille. Renseignez-vous aussi sur les différents traitements offerts sur le marché. Il existe une foule d’approches, comme la thérapie cognitivocomportementale ou l’acupuncture, pouvant contribuer à votre mieux-être à long terme. De plus, n’hésitez pas à en parler à vos proches. Ayez confiance qu’ils seront là pour vous, tout comme vous seriez là pour eux. Et surtout, rappelez-vous que chaque jour des gens guérissent de la dépression et que vous avez – en vous et autour de vous – toutes les ressources nécessaires pour vous en sortir. Le plus difficile est bien souvent de faire le premier pas.

     

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    Chassez la mauvaise humeur

     

    Bien sûr, ça arrive à tout le monde d’être de mauvais poil. Mais si vos sautes d’humeur sont fréquentes, elles risquent de nuire à votre bonheur et à vos relations avec autrui. Vivement des solutions pour chasser la mauvaise humeur.

    Chassez la mauvaise humeur

    iStockphoto.com

     

     

    La mauvaise humeur dont on veut parler ici n’est pas celle qui est induite par un grand bouleversement émotif, tel un deuil ou une rupture, ou un problème de santé mentale. On pense plutôt aux petits moments du quotidien qui, sans que vous en soyez toujours conscient, révèlent votre côté grognon. En voici quelques-uns.

     

     

    Je me réveille souvent de mauvaise humeur

    Les yeux à peine ouverts, vous bougonnez. Vous n’avez aucune envie de sortir du lit et encore moins de prononcer un mot avant d’avoir bu un premier café. Ce scénario se répète chaque matin, ou presque, au grand désespoir de votre partenaire qui, lui ou elle, est plutôt aimable dès le lever. En fait, il existe plusieurs explications à la mauvaise humeur matinale. 

     

     

    Le manque de sommeil en est une. Si vous êtes insomniaque ou couche-tard, il est normal que vous ayez du mal à émerger du sommeil. Il se peut aussi que vous ayez naturellement besoin de dormir plus que la moyenne des gens. En adoptant de meilleures habitudes de sommeil et en respectant votre horloge biologique, vous vous assurerez des réveils plus agréables. 

     

     

    Autre cause possible: le stress du matin. Vous détestez être bousculé au réveil. Par conséquent, la seule idée d’être projeté au milieu des autres dès le saut du lit suffit à vous mettre de mauvaise humeur. La solution: vous lever 30 minutes avant votre tribu. Cette période vous permettra d’être dans votre bulle et de penser à vous avant de vous lancer dans la mêlée. Vous serez ensuite plus en mesure d’accueillir votre entourage et d’entreprendre votre routine. 

     

     

    Vous avez du mal à converser au petit-déjeuner? Dites-le au lieu de grommeler des réponses qui exaspèrent vos proches. Sans compter que leurs commentaires risquent d’exacerber votre mauvaise humeur. Et cherchez des compromis. Par exemple, vous pourriez décider d’un commun accord de limiter les discussions durant l’heure suivant le réveil. 

     

     

    Votre mauvaise humeur matinale peut aussi être liée à la perspective de la journée qui vous attend. La sonnerie du réveil vous ramène brusquement à la réalité. Et plus vite encore si, avant que le sommeil vous gagne, vous pensiez à vos soucis ou aux tâches à accomplir. La bonne idée: essayez de ne pas mettre en branle la machine à penser dès la sortie de la nuit. Réveillez-vous en douceur en songeant plutôt à un moment agréable qui ponctuera la journée, comme un repas avec un ami, l’anniversaire d’un proche ou la fermeture d’un dossier au travail. Un mauvais réveil peut aussi être l’indice que c’est le moment de réviser votre emploi du temps et vos tâches afin d’alléger vos journées. 

     

     

    C’est plutôt l’idée d’aller travailler qui vous met de mauvais poil? Il faudrait peut-être envisager un autre boulot ou, pourquoi pas, la retraite. Impossible? Alors, marchez pour vous rendre au bureau. Cela vous aidera à évacuer votre mauvaise humeur du matin. L’exercice stimule les endorphines, aussi connues sous le nom d’hormones du bonheur. Et essayez d’aborder la journée de façon positive. Identifiez ce qui vous déplaît et tentez d’y remédier. Réorganisez votre travail. Par exemple, divisez votre tâche en blocs afin de diminuer votre niveau de stress. 

     

    Vous avez la mèche courte. Un rien vous énerve. Il suffit pour cela d’une circulation routière au ralenti, d’une longue attente à la caisse du supermarché ou encore de la maladresse d’un proche. En raison de vos fréquentes sautes d’humeur, les autres ne savent pas trop comment vous aborder. 

     

     

    Il se pourrait bien que cette caractéristique soit directement liée à votre tempérament. En effet, certaines personnes sont naturellement plus irascibles et plus impatientes que d’autres. Si ce trait affecte également un de vos parents, c’est qu’il y a eu transmission intergénérationnelle. Et cette tendance est probablement ce qui cause votre humeur en dents de scie. Toutefois, cela ne signifie pas que vous ne pouvez rien y faire. Par exemple, lorsque vous sentez votre humeur changer, prenez un temps d’arrêt pour respirer profondément et vous calmer. Tentez de comprendre ce qui se passe. Qu’est-ce qui provoque ce soudain revirement de votre humeur? 

     

     

    Une aide supplémentaire: notez dans un calepin les événements qui font passer votre humeur d’un extrême à l’autre. Le soir venu, revoyez-les au ralenti et décortiquez-les pour tenter de comprendre vos réactions et vos émotions afin de mieux les gérer. 

     

     

    Et faites un grand ménage dans la maison! Des études ont en effet démontré que vivre dans un espace rangé et propre influe de façon positive sur l’état d’esprit et diminue la mauvaise humeur. La musique également. 

     

     

    Vous attendez dans une longue file d’attente? Plutôt que de laisser votre humeur se gâter, occupez-vous à quelque chose d’agréable, comme planifier en pensée un projet excitant ou poursuivre la lecture de ce bouquin que vous traînez toujours avec vous. 

     

     

    Les fluctuations d’humeur s’expliquent aussi parfois par des facteurs physiologiques, comme la fatigue, le manque de sommeil, les problèmes thyroïdiens, la ménopause et l’andropause. Une visite chez le médecin permettra de déterminer s’ils en sont la cause. Ces variations peuvent également être associées à une faible tolérance à la frustration et aux irritants. C’est le cas? Il y a sans doute lieu de vous interroger. Vivez-vous des moments difficiles? Avez-vous tendance à voir l’aspect négatif des choses plutôt que le côté positif? Êtes-vous heureux? Quand les instants de bonheur sont peu nombreux par rapport aux épisodes de frustration, le risque de vivre des sautes d’humeur augmente. Un professionnel pourrait vous aider à y voir clair. 

     

     

    C’est peut-être aussi le signe que vous en avez simplement plein les bras. Se sentir submergé par les tâches est une source importante de frustration. Une réorganisation de votre charge de travail – où il y a place pour des petits plaisirs quotidiens – pourrait vous soulager et vous redonner le sourire. 

     

    Vous arrivez au travail le coeur léger. Mais qu’un collègue vous fasse une réflexion sur votre air fatigué ou votre travail gâche illico votre belle humeur. Votre journée est fichue. Rien ne réussira à vous redonner le sourire. 

     

     

    Au fond, c’est donner beaucoup de pouvoir aux remarques des autres. Même si celles-ci les touchent, la plupart des gens finissent par passer à autre chose. Plusieurs s’en serviront même pour s’améliorer, si les commentaires s’avèrent pertinents. Une réaction excessive aux paroles désagréables est souvent l’indice d’une faible estime de soi. Si elles vous affectent autant, c’est peut-être qu’elles touchent un point sensible. Il y a lieu d’en chercher la cause. 

     

     

    Par ailleurs, lorsque cela se produit, utilisez l’humour pour rire de la situation et désamorcer les tensions. Simple, mais toujours efficace. 

      

    Et assurez-vous de dormir suffisamment. On est souvent susceptible lorsqu’on est fatigué. 

     

    Enfin, nuancez vos émotions. Admettez que votre réaction est disproportionnée par rapport à l’événement. Ne vous laissez pas envahir par une remarque futile et sans conséquence. En revanche, si le commentaire est franchement blessant, dites-le sans tarder à celui qui vous l’adresse. Établissez clairement vos limites pour prévenir les récidives. En agissant ainsi, vous libérerez votre esprit et pourrez ensuite passer à autre chose. 

     

    Au bureau, vous êtes actif, efficace et apprécié. Vous aimez discuter avec vos collègues. Bref, vous ne voyez pas les heures filer. Mais dès que vous quittez le boulot, vous devenez maussade. Le retour à la maison vous rend grognon.

     

    À moins d’être workaholic, ce changement d’humeur est assurément lié à la perspective de ce qui vous attend chez vous. Si vous y vivez des conflits ou si vous devez y abattre plusieurs tâches, votre réaction n’est guère surprenante. Dans ce cas, réglez au plus vite les conflits et réduisez au minimum votre routine du soir ou, encore, partagez les tâches avec votre partenaire. Au besoin, offrez-vous de l’aide ménagère. 

      

    Vous donnez toute votre énergie au boulot. Mais dès que vous relâchez la tension, vous ressentez immédiatement un grand épuisement, d’où votre humeur changeante? C’est le temps de revoir la gestion de vos tâches, au travail et à la maison, mais aussi votre alimentation. Un régime alimentaire équilibré et une bonne répartition des aliments énergisants vous aideront à conserver votre vitalité tout au long de la journée. 

     

     

    Il se peut aussi que votre mauvaise humeur provienne du fait que vous vivez seul et ressentez une grande solitude. Votre vie est pleine au travail, mais vide à la maison. La solution: vous créer un réseau social. Fréquentez un gym, inscrivez-vous à un cours ou à une activité de loisir, participez à un club de marche, etc. La vie à l’extérieur du bureau vous paraîtra beaucoup plus belle. 

     

    Merci à Brigitte Hénault et à Stéphanie Léonard, psychologues, pour leur collaboration.

     

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    Père Noël : faut-il faire croire aux enfants qu'il existe ?

     

    Nathalie Mayer, Futura-Sciences

    Lorsqu’on évoque le mythe du Père Noël, les avis – tant ceux des spécialistes de l’enfance que ceux des parents – divergent. Alors, devons-nous faire croire aux enfants que le Père Noël existe ? Petit pêle-mêle des différents points de vue…

     

    Non, le Père Noël n'existe pas ! Faire croire le contraire à nos enfants, pas de doute, c'est un mensonge. Un mensonge honteux pour certains, notamment pour les parents qui gardent un souvenir douloureux de la révélation. Ceux-ci, parfois, refusent de perpétuer le mythe.

    Toutefois, pour la plupart des gens, le Père Noël fait figure de bien joli mensonge. Un mensonge teinté de magie et de mystère. D'ailleurs, de l'avis de pédopsychiatres, le Père Noël fait partie de ces rites qui aident les enfants à grandir. Au sortir de l'enfance, arrêter de croire au Père Noël ne serait alors ni plus ni moins que faire l'expérience de la réalité.

     

    Le Père Noël, ce gros mensonge

    Pourtant, selon une étude menée par des psychologues de l'université d’Exeter(Royaume-Uni), mentir à nos enfants au sujet du Père Noël pourrait sérieusement entamer la confiance que nos petites têtes blondes nous accordent naturellement. Encore plus si ce mensonge est motivé par notre désir de revivre notre propre enfance plutôt que par celui de plonger nos petits dans un univers merveilleux, transformant ce mignon petit mensonge en « exercice moralement ambigu ».

    L'étude pose également la question de l'insécurité qui peut naître dans les jeunes esprits à l'idée de ce personnage tout puissant amené à décerner chaque année les bons et les mauvais points. Les psychologues concluent qu'il n'est pas conseillé d'utiliser le Père Noël comme un « outil de contrôle » sur nos enfants.



    C’est au sortir de l’enfance, généralement avant 10 ans, que nos petites têtes blondes découvrent le pot aux roses concernant le Père Noël. © Luis Medina, Flickr, CC by 2,0

    Croire au Père Noël : jusqu’à quel âge ?

    Généralement, c'est entre 6 et 10 ans que les enfants cessent de croire au Père Noël, l'âge auquel ils quittent doucement leur imaginaire d'enfant pour entrer dans un monde plus réel. Cependant, certains peuvent avoir envie de prolonger la magie un peu plus longtemps. Il peut alors être opportun de se demander pourquoi, car continuer de croire au Père Noël au-delà de cet âge peut être révélateur d'un enfant qui cherche à nier la réalité. Peut-être est-il alors souhaitable de l'amener à réfléchir à la question... avant que ses camarades de classe ne s'en chargent à votre place et de manière sans doute plus brutale.

    Ceci étant posé, et si l'on se penche de plus près sur les lettres envoyées chaque année au vieux monsieur à la barbe blanche, il semblerait bien que les adultes qui continuent de « croire » en lui ne sont pas si rares que ça...

     

    Comment dire que le Père Noël n’existe pas ?

    Voici enfin un point sur lequel tout le monde semble à peu près s'accorder : lorsqu'un enfant commence à douter de l'existence du Père Noël, le mieux est de l'accompagner dans son cheminement vers la vérité. Certains spécialistes de l'enfance conseillent de souligner que la générosité et l'amour qu'il incarne, eux, sont bien réels. De quoi permettre aux enfants de mieux accepter la disparition, tout de même soudaine, du bienveillant vieillard.

    Force est de constater que, finalement, la plupart des enfants acceptent bien la découverte de la non-existence du Père Noël. D'autant qu'une fois la vérité connue, l'enfant pourra se sentir comme mis dans la confidence. Il sera alors « un grand » !

     

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    A-t-on le droit de manger de la malbouffe en

    public quand on est grosse?

     

     

    «Elle aurait dû commander une salade, elle!» Pourquoi, mais pourquoi discrimine-t-on les grosses qui mangent de la malbouffe en public, se demande Joanie Pietracupa.


    Joanie Pietracupa du magazine Châtelaine

     

     

    Faites-vous de l’embonpoint? Vous sentez-vous mal de manger de la malbouffe en public? Moi oui. C’est plutôt récent d’ailleurs. Ça date d’environ deux ans, quand j’ai acheté une grosse poutine au casse-croûte du coin et qu’une fille qui faisait la file derrière moi m’a regardé d’un air un peu dégoûté avant de chuchoter à son amie : «Elle aurait dû commander une salade, elle!» Ah, ce bon vieux fat shaming…

     

    Santé-Psycho 2:  A-t-on le droit de manger de la malbouffe en public quand on est grosse?

    Photo: iStock


    Depuis, j’ai vu et entendu toutes sortes d’affaires. Des gens qui roulent les yeux en me voyant engouffrer une palette de chocolat dans l’autobus, des amis ou des proches qui me demandent, l’air étonné, si j’ai vraiment encore faim tandis que je me sers une deuxième part de gâteau, un serveur qui me lance tout bonnement : «Tu sais, c’est déjà une très grosse portion que tu as commandé, je ne pense pas que tu aies besoin de l’extra bacon!» Merci, mais… non merci, comme on dit. Je pense que je suis assez grande et mature pour évaluer ma faim et la quantité de bouffe que je suis capable d’ingérer. Et, surtout, je suis à même de bien régir mon alimentation et de m’assurer de manger beaucoup de fruits et de légumes chaque jour, tout en me permettant de bouffer une poutine, une palette de chocolat, du gâteau ou du bacon à l’occasion, comme tout le monde.


    J’ai envie de crier à toutes ces personnes qui m’ont regardée de travers ou critiquée au fil des années que j’ai une alimentation saine, équilibrée et diversifiée. Que je fais du sport. Tous. Les. Jours. Que je suis en parfaite santé d’après mon médecin de famille : pas d’hypertension artérielle, pas de diabète, pas de maladie du cœur. Sauf que ça me fâche trop de devoir justifier pourquoi moi aussi j’ai le droit de manger de la malbouffe de temps à autre.

     

    En faisant des recherches sur le sujet pour voir si j’étais la seule à me sentir comme ça, je suis tombée sur ce billet de blogue publié sur le site de Ton Petit Look. J’y ai appris, entre autres, que «plusieurs personnes bénéficient en fait du thin privilege : le privilège de pouvoir manger tout ce que l’on veut sans craindre le regard des autres, ou encore celui de ne pas se faire subtilement suggérer de prendre des plus petites portions.» (Elisabeth Gagnon) Ça m’a fait penser à toutes mes amies minces et élancées qui engouffrent des quantités astronomiques de malbouffe chaque semaine sans prendre de poids et, surtout, sans se faire juger. Ça m’a aussi fait réaliser que c’est vrai qu’on trouve ça tellement drôle, cool ou adorable, une fille filiforme qui est ultra-gourmande. Il suffit de penser aux Gilmore Girls (qui s’empiffrent de junk food tous les soirs), à Jennifer Lawrence (qui fait l’éloge des frites sur les tapis rouges du monde entier) ou à Maripier Morin (qui a avoué à plus d’une reprise manger du beurre à la cuillère) pour prendre conscience que le thin privilege règne en ce moment.


    Je ne dis pas qu’il faut condamner les filles minces accros aux Big Mac et célébrer les grosses qui raffolent de la poutine. En réalité, la malbouffe est malsaine pour tout le monde, sans exception. Mai,s bon, que celle qui n’a jamais eu envie de manger ses émotions lance la première pointe de pizza! Le message que j’essaie de passer est plutôt le suivant : et si on se mêlait de ses oignons et qu’on arrêtait de juger ou de critiquer ce que les autres engouffrent?

     

     

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