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    Château de Cormatin : un trésor en Bourgogne

    Par Détours en France
    source : Hors Série - Châteaux de légende, 2013, p.56
    Publié le 22/04/2016

    Comment imaginer que Cormatin cache derrière sa façade sobre, presque militaire, un décor Louis XIII exceptionnel, dans la tradition des hôtels particuliers du Marais aujourd’hui disparus ?

    CormatinImpressionnant : c’est le premier mot qui vient à l’esprit en contemplant les deux ailes aux lignes rigoureuses, montées sur de hauts soubassements et la façade presque austère, qui se mire dans les larges douves.

    Antoine du Blé, marquis d’Huxelles, fait bâtir Cormatin en 1605 pour témoigner du prestige de sa famille au sortir des guerres de religion. Il choisit un plan en « u », à la mode de Paris, et fait disparaître les remparts et le pont-levis du précédent château.

    L'amour du château

    Aujourd’hui, vous emprunterez un simple petit pont de bois pour accéder à la cour d’honneur : les larges douves sont toujours là, mais le plan en « u » a disparu, une aile s’étant effondrée en 1815. Les beaux appartements se situent dans l’aile nord. On y accède par un escalier monumental à volées droites qui tourne autour d’un vide central : directement inspiré de ceux du palais du Luxembourg, c’est une prouesse à l’époque.

    CormatinUn petit pont de bois permet aujourd’hui de traverser les larges douves et de rejoindre la cour d’honneur de cet édifice, jadis en « U », à la façade toute rigoureuse. Au fond à droite, le labyrinthe de buis.

    Jacques du Blé, qui le fit construire, était un proche de Marie de Médicis. C’est aussi lui qui a fait aménager les appartements de Louis XIII dans un style alors très en vogue dans les salons parisiens et aujourd’hui rarissime. Un témoignage d’autant plus précieux qu’il a bien failli ne pas nous parvenir en entier, découvert tout à fait par hasard par les propriétaires actuels (lire encadré en bas d'article).

    Histoire d’une renaissance 

    Cormatin neigeCormatin c’est aussi un pari fou, celui de trois amis qui, par amour du beau et de l’histoire, décident, en 1980, de s’acheter un château pour 1 million de francs de l’époque. Anne-Marie Joly, Pierre Almendros et Marc Simonet-Lenglart vont patiemment redonner vie à Cormatin et à son superbe décor peint.
    « Son existence était connue, mais il avait en grande partie disparu, aime raconter Marc Lenglart. La police croyait même qu’il avait été volé ! » Non, juste disparu sous des couches de moisissure blanche. 60 000 visiteurs par an, c’est une belle réussite. Une autre aventure est venue s’y greffer en 1982, théâtrale celle-là : « Les Rendez-vous de Cormatin ». 

    La chambre de la Marquise est remarquable pour son plafond à la française bleu de lapis-lazuli et or, son antichambre pour les lambris rouge cramoisi. Mais le plus exceptionnel est le cabinet de sainte-cécile, lui aussi voué au bleu et agrémenté de fleurs et de fruits délicatement peints, sans doute par des artistes flamands.

    EscalierUn petit pont de bois permet aujourd’hui de traverser les larges douves et de rejoindre la cour d’honneur de cet édifice, jadis en « U », à la façade toute rigoureuse. Au fond à droite, le labyrinthe de buis.

    Les amateurs d’insolite auront un petit faible pour la salle des Miroirs, un cabinet de curiosités comme on en raffolait au XVIIe siècle : on y trouve pêlemêle coquillages rares, alligators empaillés, bronzes et objets étranges, le tout sous un plafond décoré de symboles alchimiques.

    Salle des mirroirsLa salle des Miroirs renferme l’un de ces cabinets de curiosités prisés au XVIIe siècle. Soit un enchevêtrement d’objets hétéroclites, prélevés aussi bien dans les règnes animal et végétal, que dans la décoration !

    Regardez au centre cet enfant qui effeuille des roses à l’aurore : un clin d’oeil à la rose, représentation de la connaissance des mystères du Grand OEuvre, et à la rosée céleste, indispensable au processus qui mène à la pierre philosophale.

    SAlle

    Des jardins magnifiques

    Il est temps maintenant de découvrir les jardins, superbement redessinés en 1992 dans l’esprit des jardins baroques : 11 hectares de parterres, bosquets et même un labyrinthe de buis qui mène à une charmante volière.

    Jardins

    Des parterres à la française et des topiaires

    Jardins

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