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    Bahamas: les couleurs de l'archipel

     

    Une femme se balade sur la plage de... (Photo Yannick Fleury, La Presse)

     

    Une femme se balade sur la plage de Ten Bay, à Eleuthera.

    PHOTO YANNICK FLEURY, LA PRESSE

     
     

    On croit connaître les Bahamas, et pourtant... Avec 700 îles, dont 17 seulement sont habitées, l'archipel présente des visages beaucoup plus variés qu'on pourrait le penser. Visite de quatre îles aux ambiances nettement distinctes.

     

    NEW PROVIDENCE ET PARADISE ISLAND: DE TOUTES LES COULEURS

    L'île de New Providence et sa petite voisine, la chic Paradise Island, abritent les deux tiers des Bahamiens. Ici, le paysage est un mélange hétéroclite de boutiques de luxe et de restos populaires, de plages animées et d'anses sablonneuses peu fréquentées. Ces îles ont beaucoup plus à offrir que la seule capitale, Nassau, avec ses casinos et ses mégacomplexes hôteliers. La preuve... en couleur!

    Or

     

    Par endroits, le sable des plages est si fin qu'on croirait en effet de la poudre d'or. La côte nord de l'île est une enfilade de plages, certaines privées, d'autres publiques. Junkanoo Beach, à Nassau, attire ceux qui carburent au boom-boom musical, aux cocktails colorés et à la faune festive. À Love Beach, plus à l'ouest, il est possible de marcher de longues minutes sans rencontrer âme qui vive. Quelques résidants y promènent leurs chiens, des apnéistes viennent profiter des récifs. Mais il n'y a aucun vendeur pour offrir des piñas coladas ou vendre des souvenirs de pacotille.

    La plus belle plage du lot demeure toutefois Cabbage Beach, dans le nord de Paradise Island. Les habitants l'adorent, les touristes et les croisiéristes aussi. Plusieurs grands hôtels y installent des chaises longues à la seule disposition de leurs clients, mais une entrée publique permet à tous de profiter du sable fin et des vagues, plus imposantes qu'ailleurs. Ici, les visiteurs de passage peuvent acheter des cocktails multicolores prémélangés servis à même de grandes cruches de plastique, ou s'offrir de l'eau de coco qu'ils boiront à la paille, à même la noix.

     

    Blanc

    Les Bahamiens servent sa chair blanche en salade, en chili, dans un court-bouillon ou enrobée de panure... La conque (conch, en anglais, mais prononcez «konk» à la bahamienne) est sans conteste le plat national du pays. Chaque jour, des pêcheurs vont cueillir un par un, sur le lit marin, les précieux coquillages aux lèvres ourlées de rose.

    Souvent en après-midi chez Dino's, à 15 km à l'ouest de Nassau, deux hommes s'affairent sur un étal de fortune à extraire le mollusque de sa cachette. L'un fracasse la coquille à coup de marteau, le second extirpe la chair blanche et tarabiscotée. Du muscle pur, qui doit être attendri pour ne pas trop rebondir sous la dent. Dino's sert, dit-on, la meilleure salade de conque du pays, et c'est à lui que revient la paternité de la salade tropicale, où concombres et poivrons rouges côtoient pommes et ananas.

    Dans ce stand alimentaire de bord de rue, tout concept de productivité a été évacué. Chaque salade est faite à l'unité, les légumes et les fruits frais sont coupés à la demande, qui est incessante. Pourquoi se presser?

    Les tabourets (de simples caisses de lait renversées) étant tous occupés, peu importe l'heure de la journée, il faut s'attendre à... attendre. Qu'importe, la bière locale, la Kalik, est servie bien fraîche, et les Sky Juices (un cocktail fait de gin, de lait condensé, de chair de coco écrasée et d'une pincée de muscade) font délicieusement tourner les têtes. On est à l'heure des Caraïbes, après tout, et le stress n'a pas sa place ici.

    Les viandes grillées sur le barbecue et les poissons frits sont les autres spécialités bahamiennes à découvrir. Tous les soirs, au Fish Fry d'Arawak Cay (à l'ouest de Nassau), la population locale et les touristes s'installent côte à côte pour déguster des plats traditionnels. 

     

    Bleu

    C'est aux Bahamas qu'on trouve la troisième barrière de corail du monde en matière de taille, après celles de l'Australie et du Belize. Plus encore, la météo est propice à la plongée 12 mois par année, ce qui explique la grande popularité de l'archipel auprès des plongeurs et apnéistes.

    Au sud de l'île de New Providence, l'entreprise Stuart Cove's s'est fait connaître grâce à ses plongées au milieu des requins.

    Au cours de notre après-midi en mer, nous avons fait la première de nos trois escales près d'une île qui a servi au tournage du film Pirates des Caraïbes. Beaucoup de poissons colorés entourent le bateau, habitués d'être nourris par le capitaine. Le deuxième arrêt est plus émouvant : on peut nager près d'une immense sculpture sous-marine représentant une femme accroupie, paume ouverte vers le ciel, comme si elle portait la mer dans sa main.

    L'ultime plongée a lieu dans l'Arène des requins. Flottant à l'horizontale le long d'un câble, nous avons vu tournoyer sous nos palmes une quinzaine de requins de récifs, attirés par un leurre lesté qui pendait plusieurs mètres sous le bateau. Les requins de récifs sont charognards, ils ne chassent pas les autres créatures marines (et encore moins les humains), mais les femelles peuvent être agressives. Et la plus grande fait près de deux mètres... D'où la prudence excessive du guide qui nous accompagnait dans l'eau. Une plongée magique.

     

    Arc-en-ciel

    Plusieurs îles des Antilles ont été peuplées par des esclaves venus d'Afrique. C'est vrai aussi pour les Bahamas. Sauf qu'ici plus qu'ailleurs, on a gardé bien vivante une tradition qui remonte à l'époque de l'esclavage: le Junkanoo.

    Depuis plus de 200 ans, ce carnaval est présenté en pleine nuit, le 26 décembre et le 1er janvier. Les participants portent de lourds costumes multicolores faits de papier crêpé et dansent jusqu'aux aurores dans les rues. Partout, tout n'est que bruits de tambours et de cloches à vache, roulements de sifflets, chants et bans.

    «Le Junkanoo célèbre aujourd'hui l'émancipation des Bahamiens», explique Arlene Nash Ferguson, double gagnante nationale du meilleur costume et directrice d'un musée consacré à ces festivités, à Nassau. «Les esclaves de l'Empire britannique avaient droit à trois jours de congé à Noël et en ont profité pour recréer un festival inspiré des rituels de leur Afrique natale. Il faut une année de travail pour faire un costume de Junkanoo ; il y a eu des divorces à cause du Junkanoo, tellement l'investissement en temps est grand. Mais qu'importe, c'est la célébration ultime de notre identité nationale.»

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    Une partie des frais de ce voyage a été payée par le ministère du Tourisme et de l'Aviation des Bahamas, qui n'a exercé aucun droit de regard sur le contenu du reportage.

     


    Voyager en Images 4:  Bahamas: les couleurs de l'archipel

    À la plage de Ten Bay, dans l'île d'Eleuthera, de simples pins servent de parasols.

    PHOTO YANNICK FLEURY, LA PRESSE

     

    ELEUTHERA: 150 PLAGES POUR SOI

    Un trou, une bosse, un trou, une bosse... Il faut avoir la foi pour croire qu'une plage se cache au bout de cette route de bout du monde, faite de terre mille fois battue, au coeur de l'île d'Eleuthera.

    Or, non seulement la route mène à une plage, mais cette dernière, nommée Ten Bay Beach, possède tous les attributs pour figurer dans le top 10 des paradis sur terre. Du moins pour qui rêve de paix et d'intimité.

    Voyez : des pins pour simples parasols, du sable blond ou délicatement rosé sous les pieds, le clapotis des vagues comme seule musique. Dix humains au maximum dans les environs et un couple de pélicans pour représenter la faune ailée. On est loin des plages endiablées à la Copacabana... mais étonnamment près de Nassau. En effet, Eleuthera est situé à 96 km à vol d'oiseau de la capitale bahamienne. Vingt minutes de vol et on y est.

     

    Couper l'hiver en deux

    C'est cette tranquillité qui attire depuis quatre ans les Québécois Philippe Béha et Denise Labrie dans cette île. Chaque année depuis 2015, le couple coupe l'hiver en deux avec un séjour d'un mois à Eleuthera. Et pour l'an prochain, la maison est déjà louée... Restera l'automobile, essentielle ici, à réserver.

    «Au début, on a eu le coup de foudre pour la configuration étroite de l'île, raconte Denise Labrie. Le matin, on peut aller marcher ou courir du côté atlantique, c'est extrêmement vivifiant. Puis, en moins de 10 minutes, on peut se retrouver de l'autre côté, où c'est calme et zen. Il y a peu d'endroits dans le monde où on trouverait ces deux ambiances à si courte distance. C'est idéal.»

    En effet, dans cette île longue de 177 km, mais large d'à peine quelques mètres à son plus étroit, toutes les plages - on en compte plus de 150 ! - donnent soit sur l'Atlantique, soit sur le détroit d'Exumas. Les premières sont battues par une mer plus houleuse; l'eau y est d'un bleu profond. Les secondes baignent dans des eaux tranquilles flirtant avec le turquoise. Certaines sont vastes, d'autres juste assez grandes pour y étendre deux serviettes de plage...

    Toutes, en revanche, sont gardées à l'état sauvage, ce qui séduit Denise Labrie.

    «Il y a des plages pour tout : pour nager, pour ramasser des coquillages, pour marcher, pour faire de l'apnée. Par contre, il ne faut pas avoir peur de partir à la découverte, car la majorité des plages ne sont pas indiquées et peuvent être difficiles à trouver.»

    En effet, la signalisation et l'aménagement des plages frôlent souvent le zéro absolu. Parfois, on a simplement dégagé un petit espace de stationnement près des dunes. Dans de rares cas, des tables de pique-nique avec parasols en coco y sont installées. Mais on n'y trouvera jamais de vendeurs itinérants, de stands alimentaires ou de chaises longues à louer à la journée. Et aucune clôture n'est plantée pour interdire l'accès à telle ou telle parcelle.

    Dans une île de 11 000 habitants où l'on a l'impression que tout le monde connaît tout le monde, pareille mesure de sécurité n'est pas nécessaire. Sauf peut-être autour de la demeure du musicien Lenny Kravitz. Et encore. Ici, les simples quidams et les vedettes cohabitent dans la plus saine des indifférences. La légende veut que certains soirs, au bar Elvina de Gregory Town, on puisse voir Mariah Carey, Kid Rock, The Black Crowes ou Lenny Kravitz en personne se présenter au micro. Sans tambour ni trompette. Et sans provoquer d'émeute.

     

    Au jour le jour

    Eleuthera est l'île des vacances non organisées, qu'on planifie à la journée dans une résidence louée à des particuliers, comme le font Denise Labrie et son conjoint. De toute façon, on a trop de doigts dans une seule main pour compter le nombre d'hôtels dans cette île au profil effilé. Ce n'est pas le genre de la maison. Eleuthera est un mot grec qui signifie «liberté»; il n'y a pas de hasard. Les voyageurs viennent ici pour la beauté et la tranquillité des plages, pour les restos sans prétention qui servent du poisson frais grillé. Le mérou à la cajun (et la Key Lime Pie) de Tippy's, à Governor's Harbour, attire d'ailleurs les foules...

    Haldore Russell et ses ananas dorés et sucrés méritent aussi d'être célébrés. Ex-employé des douanes, M. Russell veille sur 90 000 plants d'ananas (et quelques arbres fruitiers) dans sa plantation d'Hatchet Bay. «Eleuthera était célèbre pour la culture des ananas au XIXe siècle, mais l'avènement de la société américaine Dole puis le passage de certains ouragans ont découragé plusieurs cultivateurs.» Il faut dire que la charge de travail est colossale: il faut 18 mois pour produire un seul ananas à partir d'une bouture. Et chaque plan ne donne qu'un fruit dans sa vie.

    Autre visite éducative: celle de la Leon Levy Native Plan Preserve, à Governor's Harbour. Une randonnée permet de traverser plusieurs écosystèmes différents, depuis la forêt de mangrove jusqu'aux milieux humides. Des jardins présentent des plantes médicinales ou vénéneuses, des arbres endémiques et des espèces venues d'ailleurs. À partir de la tour d'observation, on voit se dérouler sous nos pieds un gigantesque tapis vert qui ondule jusqu'à la mer.

    Eleuthera a le coeur vert et les pieds qui baignent dans le bleu.

     

    Voyager en Images 4:  Bahamas: les couleurs de l'archipel

    Un garçon court sur la plage d'Harbour Island.

    PHOTO YANNICK FLEURY, LA PRESSE

     

    CARNET DE NOTES

    Vols

    La façon la plus rapide de se rendre aux Bahamas? Le vol sans escale offert chaque semaine - pendant l'hiver - par Air Canada depuis Montréal-Trudeau. On peut parfois trouver des billets pour moins de 500 $. La durée du vol varie entre trois et quatre heures. Sunwing offre aussi en hiver un vol sans escale entre Montréal et Freeport, dans l'île de Grand Bahama.

     

    Combien ça coûte?

    Plus cher qu'un tout-inclus à Cuba ou en République dominicaine, mais moins qu'une semaine à Saint-Barthélemy, on vous le dit tout de suite. À Eleuthera, la location d'une maison coûte entre 1500 et 2200 $ CAN la semaine. Le site le plus populaire est VRBO.

    www.vrbo.com

     

    Location d'auto

    Si Nassau profite d'un service de bus et de taxi digne de ce nom, les autres îles sont moins bien desservies. La location d'une voiture s'impose et, souvent, il faut se tourner vers des particuliers ou de micro-agences. Le prix de location varie alors entre 90 et 105 $ CAN par jour, assurance comprise (si possible, payez avec une carte de crédit pour profiter d'une couverture supplémentaire avec votre société émettrice). Le prix de l'essence: autour de 1,70 $ CAN le litre à Nassau, plus cher dans les autres îles qui doivent être ravitaillées à partir de Nassau.

     

    À gauche!

    Les Bahamiens ont conservé du colonisateur britannique la conduite à gauche de la route. Le hic: plusieurs voitures sont importées des États-Unis et le volant est du côté nord-américain. On s'y fait...

     

    Monnaie

    Dollar bahamien et dollar américain sont interchangeables: ils ont la même valeur et on peut payer avec l'un ou l'autre, sans distinction. 

     

    Quand y aller?

    La haute saison aux Bahamas reste de la mi-décembre à la mi avril, quand l'hémisphère Nord fuit l'hiver. L'été, la température grimpe et les moustiques peuvent être dérangeants. La saison des ouragans peut s'étendre du début de juin à la fin de novembre.

     

    Attention: pourboire

    Au restaurant, le pourboire - 15 ou 18 % selon le cas - est presque toujours inclus dans la facture; on peut le constater sans problème en regardant la facture avec attention. Par contre, sur les reçus de cartes de crédit qu'il faut signer, on a prévu une ligne vierge pour inscrire le montant du pourboire à laisser. Le client inattentif risque donc de payer deux fois 18 %! Et ça arrive: on en a été témoin...

     

    Dormir

    Gros coup de coeur pour l'hôtel Compass Point Beach Resort, dans l'île de New Providence, à une quinzaine de minutes de Nassau. Ses 18 petits bungalows arc-en-ciel font face à la mer et chacun peut accueillir de trois à cinq personnes. Le lieu a hébergé de nombreuses célébrités, puisqu'un studio d'enregistrement a jouxté le complexe hôtelier jusqu'à sa fermeture en 2010. Tenu par Chris Blackwell (l'homme qui a enregistré pour la première fois Bob Marley et U2), le studio a vu passer des artistes comme AC/DC, Eric Clapton, les Rolling Stones, Céline Dion... À partir de 280 $ CAN la nuit.

    www.compasspointbeachresort.com

     

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    Excursions dans le Sud: cinq villes à

    découvrir

     

    Santo Domingo... (Photo Thinkstock)

     

    Santo Domingo

    PHOTO THINKSTOCK

     
    CHARLES-ÉDOUARD CARRIER

    Collaboration spéciale

    La Presse
     

    Faire le choix d'un séjour dans un tout-inclus ne signifie pas nécessairement qu'on y passera tout son temps. Bien souvent, non loin des grands hôtels et des buffets à volonté, on peut trouver de charmantes villes à visiter. Fenêtres sur la culture locale, nous vous en présentons cinq qui promettent une expérience authentique.

     

    République Dominicaine

    La Romana, direction Santo Domingo

    Distance: 125 km

     

    Saint-Domingue, ou Santo Domingo, est la capitale de la République dominicaine. C'est dans cette ville, fondée en 1498, que furent érigés la première cathédrale, le premier hôpital et la première université d'Amérique.

    Pendant la visite, on s'attarde à la cité coloniale, un quadrilatère au coeur duquel on retrouve plusieurs éléments d'architecture datant du XVIe siècle.

    Santo Domingo est apprécié pour ses musées, cafés, boutiques, jardins luxuriants et places publiques animées. La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

     

     

    Voyagers en Images 4:  Excursions dans le Sud: cinq villes à découvrir

    San Sebastián del Oeste

    PHOTO THINKSTOCK

     

    Mexique

    Puerto Vallarta, direction San Sebastián del Oeste

    Distance: 70 km

    Pour encourager les touristes à visiter les régions qui abritent quelques-unes des plus importantes stations balnéaires au pays, le Mexique a établi une liste de ce que l'on appelle les Pueblos Magicos (villages magiques).

    Ces lieux se démarquent par leur architecture traditionnelle, leur caractère historique et leur riche héritage culturel.

    Tout près de Puerto Vallarta, San Sebastián del Oeste accueille les touristes intéressés par son passé minier, ses nombreux petits cafés typiques du pays et les magnifiques montagnes qui l'entourent.

     

     

    Voyagers en Images 4:  Excursions dans le Sud: cinq villes à découvrir

    Nine Mile en Jamaïque

    PHOTO THINKSTOCK

     

    Jamaïque

    Montego Bay, direction Nine Mile

    Distance: 105 km

    Dans la culture populaire, la Jamaïque et Bob Marley sont à peu près indissociables. Pour se laisser porter par la légende du célèbre chanteur, on choisit donc de visiter sa ville natale, Nine Mile.

    Sur place, des guides locaux reviennent sur la vie de Bob Marley ainsi que sur le grand mouvement rastafari, à la fois social et spirituel.

    Les visiteurs peuvent également se rendre au mont Zion, lieu prisé par Bob Marley lui-même pour y méditer et y composer de la musique. Bob Marley, mort en 1981, est enterré à Nine Mile.

     

     

    Voyagers en Images 4:  Excursions dans le Sud: cinq villes à découvrir

    La Havane

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

     

    Cuba

    Varadero, direction La Havane

    Distance: 150 km

    Un avant-midi à déambuler dans La Habana Vieja, une visite au El Capitolio, un arrêt au Musée national des beaux-arts de Cuba, une promenade sur le Malecón jusqu'au fort El Morio, un Cuba Libre à la santé de l'écrivain Ernest Hemingway, un spectacle au Grand Théâtre et une soirée au légendaire Tropicana: une journée ne sera certainement pas suffisante pour apprécier à sa juste valeur la capitale de Cuba.

    Avec son centre historique datant du XVIe siècle, son architecture coloniale espagnole et ses vieilles voitures des années 50, La Havane, c'est une machine à remonter le temps.

     

     

    Voyagers en Images 4:  Excursions dans le Sud: cinq villes à découvrir

    Playa Hermosa, dans la province du Guanacaste, au Costa Rica

    PHOTO TOH GOUTTENOIRE, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

     

    Costa Rica

    Liberia, direction... Liberia

    Distance: de 30 à 60 km

    En achetant un forfait tout inclus pour Liberia, capitale de la province du Guanacaste, les voyageurs prennent la direction de la côte pacifique dès leur arrivée au Costa Rica.

    Pourtant, bien que les dizaines de plages de la région dominées par de nombreux complexes hôteliers aient de quoi satisfaire toute la famille, Liberia mérite qu'on s'y attarde un peu.

    Aussi appelée The White City, cette ville coloniale authentique se parcourt à pied.

    Les visiteurs aiment bien s'attarder dans une des nombreuses petites églises de l'endroit, faire une pause dans un des parcs ou planifier une visite guidée des cafés de la ville.

     

    Voyagers en Images 4:  Excursions dans le Sud: cinq villes à découvrir

     

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    1 Hotel Brooklyn Bridge: Brooklyn,

    sous le pont

     

    On va d'abord au 1 Hotel Brooklyn pour la... (Photo fournie par le 1 Hotel Brooklyn Bridge)

     

    On va d'abord au 1 Hotel Brooklyn pour la vue saisissante sur la ligne des gratte-ciel de Manhattan... et le pont auquel l'hôtel doit son nom.

    PHOTO FOURNIE PAR LE 1 HOTEL BROOKLYN BRIDGE

     

    SOPHIE OUIMET
    La Presse
     

    (BROOKLYN, New York) À l'ombre du pont de Brooklyn, un nouvel hôtel fait énormément parler de lui depuis son ouverture à l'hiver 2017. Bien qu'il soit situé du côté brooklynois de l'East River, la caractéristique principale du 1 Hotel Brooklyn Bridge est sa vue spectaculaire sur la rive voisine, où se dressent les gratte-ciel de Manhattan.

    Mais au-delà de son panorama, la particularité de l'hôtel réside dans son côté résolument écolo. Cette tendance verte constitue la philosophie de tous les établissements de la chaîne 1 Hotels, dont c'est le dernier bébé après les adresses de Manhattan et de South Beach.

    Ici, l'édifice érigé juste à côté du pont de Brooklyn compte 194 chambres réparties sur 10 étages. Plus de la moitié des matériaux utilisés dans sa construction sont locaux ou recyclés. On y retrouve notamment les poutres en pin de l'ancienne Domino Sugar Factory, du noyer qui provient du Jardin botanique de Brooklyn, ainsi que du plancher en bois d'une ancienne distillerie du Kentucky.

    Le bâtiment est entièrement alimenté à l'énergie éolienne, compte un mur vert de 25 pieds de haut dans le hall et possède un système de récupération des eaux de pluie pour irriguer, pendant l'été, le Brooklyn Bridge Park qui se trouve juste à côté.

     

    D'autres initiatives sont plus simples, quoique sympathiques comme tout. Par exemple, les douches sont munies de sabliers qui rappellent aux clients, après cinq minutes, de ne pas gaspiller l'eau. On dort sur des matelas de chanvre, dans des draps en coton 100 % bio. Même les clés des chambres sont en bois recyclé et, pour ne pas se faire déranger, on pose un galet devant sa porte.

     

    Voyager en Images 4:  1 Hotel Brooklyn Bridge: Brooklyn, sous le pont

    Dans chaque recoin de l'établissement, le pont de Brooklyn fait partie intégrante de l'expérience qu'on a au 1 Hotel, et c'est ce qui rend le lieu si spécial.

    PHOTO FOURNIE PAR LE 1 HOTEL BROOKLYN BRIDGE

     

    Rester dans Dumbo

    L'hôtel est situé dans le très branché DUMBO (pour Down Under Manhattan Bridge Overpass), ancienne friche industrielle en pleine revitalisation. Par exemple, on y trouve le Jane's Carousel restauré par l'architecte Jean Nouvel et, peut-être un signe incontestable d'embourgeoisement, un magasin west elm. On peut aussi y casser la croûte plus que décemment, notamment au River Café - un grand classique -, ou encore au Vinegar Hill House, un petit bijou caché au coeur d'anciennes industries.

    Si on préfère le Brooklyn plus classique, on est également tout près des charmants Cobble Hill, Carroll Gardens et Brooklyn Heights avec leurs rues pavées et leurs fameux brownstones. D'autres quartiers comme Park Slope ou encore Williamsburg se trouvent aussi à proximité.

    Manhattan est accessible facilement, soit par le ferry, soit par le métro, ou en traversant le pont à pied! On offre également un service de navettes Tesla dans un certain diamètre. Écolo, vous dites?

     

    La vue à 400 $

    De la chambre, la vue sur Manhattan à la nuit tombée est saisissante. C'était encore plus magique que prévu, au point que nous nous sommes endormis les rideaux ouverts pour pouvoir contempler les lumières des gratte-ciel tout en étant allongés à l'horizontale.

    Mais en plus de la vue sur le pont de Brooklyn, on retiendra surtout le sentiment spécial de se trouver constamment à proximité de ce mastodonte de fer. Qu'on marche entre ses immenses pattes rouillées, ou qu'on entende le son tonitruant des trains qui le traversent à longueur de journée (et de nuit), le pont de Brooklyn est omniprésent dans l'expérience qu'on a au 1 Hotel. Et c'est ce qui la rend inoubliable.


    Voyager en Images 4:  1 Hotel Brooklyn Bridge: Brooklyn, sous le pont

    Les chambres sont confortables et dotées de mille et une caractéristiques écolos. Par exemple, on dort sur des matelas de chanvre dans des draps en coton 100 % bio. On fournit même des bas que les gens peuvent rapporter à la maison.

    PHOTO FOURNIE PAR LE 1 HOTEL BROOKLYN BRIDGE

     

    Notre verdict

    Prix payé pour une nuitée 

    320 $ US, taxes non comprises. 

    On en parle parce que...

    Après le Wythe, qui a longtemps dominé la scène des hôtels cool brooklynois, c'est maintenant du 1 Hotel que tout le monde parle.

    Ce qu'on a aimé 

    Au-delà de toutes ses caractéristiques écolos, c'est un endroit calme qui dégage le bien-être. Dans le fond, c'est ce qu'on cherche ultimement quand on va à l'hôtel, et celui-ci remplit brillamment sa mission.

    Notre bémol

    Il faut essayer d'attraper un rabais pour séjourner au 1 Hotel, car le prix courant est un peu trop élevé pour la majorité des bourses. Un voyage à New York est déjà assez coûteux. On ne souhaite pas nécessairement dépenser une fortune pour se loger.

    Un endroit à recommander pour...

    Les gens qui ont envie de se payer un trip à Brooklyn, ou même à Manhattan. Attention, toutefois, on est si bien au 1 Hotel que la tentation sera forte d'y passer tout son temps!

     

    Voyager en Images 4:  1 Hotel Brooklyn Bridge: Brooklyn, sous le pont

     

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    Bons plans à Madère

     

    Le port de Camara Do Lobos... (PHOTO THINKSTOCK)

     

    Le port de Camara Do Lobos

    PHOTO THINKSTOCK

     
    RENAUD LORANGER

    Collaboration spéciale

    La Presse
     

    Comme égarée sur le 32e parallèle, au large des côtes marocaines, en plein Atlantique Nord, Madère a été découverte, puis colonisée par des explorateurs portugais dès le début du XVe siècle. L'archipel jouit d'un climat idyllique, source d'une faune et d'une flore surprenantes... dont les beautés sont néanmoins éclipsées par ses plus célèbres exportations : la canne à sucre et le vin doux, célèbre dans le monde entier, qui porte son nom.


    Voyager en Images 4:  Bons plans à Madère

    Reid's Palace

    PHOTO RENAUD LORANGER, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour remonter le temps: «Afternoon Tea» au Reid's Palace

    Passer les portes du Reid's Palace, c'est comme remonter le temps. Inauguré en 1891, l'hôtel est vite devenu célèbre parmi le gratin européen de l'époque, réputation qui ne se démentit aucunement au siècle suivant. Churchill, Lloyd George, mais aussi Rainer Maria Rilke, George Bernard Shaw, Albert Schweitzer ou encore Roger Moore y ont séjourné. Quelques heures sur sa terrasse, où l'on sert le thé l'après-midi dans la plus pure tradition « british », valent assurément le détour, tant pour la nourriture que pour la vue imprenable sur la baie de Funchal. Il est essentiel de réserver.

    Estrada Monumental 139, Funchal

     

    Voyager en Images 4:  Bons plans à Madère

    Distillerie de Porto da Cruz

    PHOTO RENAUD LORANGER, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour déguster le meilleur rhum de l'île: distillerie de Porto da Cruz

    Autre vitrine historique sur un aspect essentiel de l'économie locale, les ateliers de la Companhia dos Engenhos do Norte (Northern Milling Company) fonctionnent à plein régime au printemps, pendant la récolte de la canne à sucre. Le reste de l'année, la distillerie se transforme en musée qui relate comment le commerce de la canne et de ses dérivés (le rhum, surtout !) a influencé le développement de l'archipel au cours du dernier siècle. À la fin de la visite, la Maison du Rhum, voisine, propose une dégustation des principales variétés.

    Caminho do Penedo 17, Madère

     


    Voyager en Images 4:  Bons plans à Madère

    Randonnée le long d'une levada

    PHOTO RENAUD LORANGER, COLLABORATION SPÉCIALE

     

    Pour admirer la nature sauvage: randonnée sur une levada

    Par sa géographie et son relief atypiques, Madère est soumise à un éventail de microclimats, dont les plus humides, dans le Nord-Ouest, ont permis la prolifération puis le maintien, sur une période de près de 2 millions d'années, d'une extraordinaire forêt laurifère, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. De multiples canaux d'irrigation (levadas), caractéristiques de l'île, ont été bâtis pour acheminer d'importantes quantités d'eau vers le versant sud-est, une région plus propice à l'habitat et à l'agriculture. Ce réseau d'aqueducs naturels s'étend sur environ 2150 km, et permet des randonnées à flanc de montagne dans de magnifiques paysages.

     


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    Pointe São Lourenço

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    Pour une vue à couper le souffle: Ponta de São Lourenço

    La « pointe de Saint-Laurent » se déroule à l'extrémité est de Madère, comme en course folle vers l'abîme, à la fois offerte au ciel et coincée entre deux eaux. Le regard file vers le sud : ce sont les îles désertes qu'il rencontre, majestueuses et aussi austères qu'inhabitées. Au nord, c'est Porto Santo, derrière comme devant soi, une mince crête pierreuse, dont la seule vue aurait inspiré à Gonçalves de Zarco, l'un des premiers explorateurs de Madère, de changer de cap, aux commandes de sa caravelle (d'où le nom Saint-Laurent). La vue est spectaculaire, les chemins praticables, mais étroits et dangereusement escarpés. Coeurs sensibles, s'abstenir !


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    VOYAGE - Bons plans à Madère.Nini Design CentrePhoto tirée du site web du Centre.

    PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DU CENTRE

     

    Pour marier design contemporain et gastronomie: Design Centre Nini Andrade

    Si Nini Andrade Silva compte aujourd'hui parmi les décoratrices les plus en vue de la planète, elle n'en garde pas moins de solides racines à Funchal, sa ville natale. Ouvert en 2015, le centre qui porte son nom et trône, incontournable, en pleine marina est à la fois musée, boutique, espace récréatif, et depuis peu restaurant étoilé. Nini, au dernier étage de l'édifice - jonché sur le rocher dont on raconte qu'il a jadis abrité la demeure du navigateur Gonçalves de Zarco - , propose une cuisine moderne et une carte des vins qui n'ont rien à envier à celles des bonnes adresses lisboètes.

    Estrada da Pontinha, Forte de Nossa Senhora da Conceiçao, Funchal

     

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    Porto Santo

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    Pour s'éloigner de Funchal: Porto Santo

    Si l'achalandage de la capitale devient trop lourd, relier Porto Santo par traversier est l'antidote idéal : compter environ deux heures de trajet (il est impératif de louer une voiture au départ) vers les paysages désertiques et la longue plage de sable dorée qui donne justement son surnom à la deuxième île habitée de l'archipel, Ilha Dourada (île dorée).

     

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    Fascinante île de Man

     

    Le village de Cregneash, conservé tel qu'il était... (PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE)

     

    Le village de Cregneash, conservé tel qu'il était au début du XXe siècle, est un musée à ciel ouvert entretenu par l'association Manx National Heritage.

    PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

     
    CREGNEASHÎLE DE MAN
    La Presse
     

    Située dans la mer d'Irlande, au milieu des îles britanniques, toute l'île de Man est reconnue au sein de la réserve de la biosphère de l'UNESCO. Et pour cause. C'est un concentré unique d'histoire, de curiosités et de paysages naturels aussi variés qu'étonnants qui valent le détour.

     

    Belle et rebelle

    Au sommet du mont Snaefell, par beau temps, on dit qu'il est possible d'apercevoir sept royaumes: l'île de Man, l'Angleterre, l'Écosse, le pays de Galles, l'Irlande, le ciel et la mer. L'île de Man est en effet plantée en plein coeur des îles Britanniques. Jalousement indépendante, elle est aussi joyeusement accueillante.

    «On veut mettre au premier plan notre patrimoine, notre culture et notre langue ancestrale, nous confie Helen Ashcroft, qui nous a guidés à la découverte des attraits principaux du sud de l'île. C'est ce qui nous distingue de l'Angleterre. En fait, les gens s'attendent à ce que ce soit semblable, mais c'est réellement différent.»

     

    C'est en effet bien différent. D'abord parce que l'île de Man est autonome. Elle n'est pas assujettie au Parlement du Royaume-Uni, mais relève directement de la Couronne, qui lui a conféré une large autonomie politique et économique. Elle possède notamment sa propre monnaie - attention si vous pensez faire escale en Angleterre après un séjour dans l'île de Man, car les livres mannoises ne sont pas toujours acceptées dans les commerces britanniques. Elle possède aussi des politiques fiscales très avantageuses qui attirent de nombreuses entreprises étrangères. Autre caractéristique étonnante, il n'y a pas de limite de vitesse nationale dans l'île de Man - sauf contre-indication, dans les villes et villages, notamment.

    C'est dans cet esprit très libertaire que l'île de Man en est venue à accueillir plusieurs courses de motos disputées sur les routes publiques. La plus connue est l'Isle of Man Tourist Trophy (TT), qui a lieu chaque année depuis 1907 de la fin de mai au début de juin. C'est l'évènement qui attire le plus de touristes dans l'île, près de 40 000, dont bon nombre de motocyclistes. «Je crois que le TT est formidable, dit Helen Ashcroft. Accueillir autant de visiteurs apporte de l'action comme jamais, c'est un véritable festival pour l'île. Oui, il s'agit d'une course qui peut être dangereuse, mais nous avons nos propres règles. C'est certainement une manifestation de notre indépendance. Et ça nous fait connaître.»

    On essaie toutefois d'amener cette manne de visiteurs à profiter des activités de plein air et à visiter les nombreux attraits de l'île. «Depuis quatre ans, pendant le TT, on vend une épinglette qui donne accès aux différents musées et lieux de l'île. On sent de plus en plus que les amateurs de course s'engagent dans la découverte de l'île, au-delà du seul fait de rouler sur le circuit de Snaefell Mountain», soutient Mme Ashcroft, qui travaille au Manx National Heritage, organisme chargé de la protection et de la valorisation du patrimoine culturel et historique de l'île.

     

    Cregneash, berceau mannois

    C'est dans le village de Cregneash que le patrimoine culturel de l'île s'exprime probablement le mieux. Il s'agit en fait d'un musée à ciel ouvert, créé il y a 80 ans sous l'impulsion du linguiste norvégien Carl Marstrander - il s'agissait alors du premier établissement du genre dans les îles Britanniques. L'organisme Manx National Heritage a d'abord acheté la maison de Harry Kelly quelques années après sa mort, puis a fait de même avec la plupart des autres bâtiments du village. Beaucoup de meubles que l'on trouve dans les maisons ouvertes aux touristes étaient donc déjà sur place à l'époque. «Harry était un célibataire endurci qui résistait au changement, voilà pourquoi sa maison est restée inchangée si longtemps, nous explique Helen Ashcroft. On a toutefois choisi de faire quelques ajouts pour montrer comment les familles vivaient à l'époque, notamment en réaménageant la mezzanine, où tous les enfants dormaient.»

    Les remarquables toits de chaume caractérisent aussi ces maisons vieilles de plus 300 ans à l'architecture vernaculaire de l'île de Man. «Ils sont faits de tourbe et de paille, le tout retenu en place par des filets de pêche attachés à des pierres qui sortent de la structure de la maison, nous explique Mme Ashcroft, exemple à l'appui. Un toit de chaume peut durer de trois à cinq ans avant qu'on lui en superpose un nouveau. Après quelques cycles de remplacement, on recommence à neuf.» Quant au bois utilisé pour la structure à l'époque à Cregneash, il provenait bien souvent d'épaves.

    Enfin, c'est aussi grâce à Cregneash que la langue mannoise vit actuellement une renaissance dans l'île. En 2009, l'UNESCO l'avait pourtant déclarée officiellement éteinte. Aujourd'hui, l'école Bunscoill, à St. John's, offre un enseignement exclusivement en mannois à une soixantaine d'enfants, alors que les rudiments de la langue d'origine gaélique sont de plus en plus abordés dans les autres écoles insulaires. «On a conservé des enregistrements d'époque réalisés à Cregneash par le professeur Marstrander, nous apprend Mme Ashcroft. On a pu s'appuyer là-dessus pour littéralement faire renaître la langue.» Aujourd'hui, plus de 1800 personnes parlent le mannois dans l'île de Man.

     

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    Les ruines de la cathédrale de Saint-Germain, au coeur du château de Peel.

    PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

     

    Sur les traces des Celtes et des Vikings

    Avec son emplacement stratégique au coeur de la mer d'Irlande, l'île de Man a été exposée à diverses influences au fil de son histoire. Elles puisent ses traditions tant chez les Celtes que chez les Vikings et les Britanniques, qui se sont succédé sur ce territoire de 53 km de long sur 21 km de large - pas beaucoup plus grand que l'île de Montréal. Les traces les plus marquantes sont certainement les châteaux de Peel et Rushen, aussi remarquables que différents. Visite guidée.

    Château de Peel

    «Je suis vraiment excitée de savoir que des Vikings ont vécu ici. C'est une période de l'histoire qui possède un caractère dramatique, et ici, on marche dans les traces des Norses.»

    Notre guide Suzy Walker a la chair de poule pendant que nous parcourons l'île St. Patrick, sur laquelle se trouve l'enceinte des majestueuses ruines du château de Peel. Les plus anciennes - une tour et une église - ont été construites au Xe siècle par des Celtes chrétiens qui avaient commencé à occuper l'île dès la fin du VIIe siècle. Mais c'est aux Vikings que l'on doit la partie de la ruine la plus spectaculaire, la cathédrale Saint-Germain, construite à partir du début du XIIIe siècle. À cette époque, l'île de Man était la capitale du royaume de Man et des Îles, qui englobait aussi les Hébrides, les Orcades et les Shetlands, archipels situés au nord et à l'ouest de l'Écosse.

    L'importance du château de Peel peut notamment s'observer grâce à la découverte de la tombe de la «Dame païenne», l'une des plus richement dotées hors de la Scandinavie - son collier, serti de pierres provenant d'un peu partout dans le monde viking de l'époque, est exposé au Manx Museum, à Douglas.

    La cathédrale a été renforcée par la suite alors que de vastes remparts ont été érigés tout autour de l'île, qui a été le théâtre de plusieurs affrontements, notamment en raison des rivalités entre Anglais et Écossais jusqu'au milieu du XVe siècle.

    Aujourd'hui, plus de 28 000 personnes visitent chaque année le château de Peel et des ateliers pédagogiques s'y déroulent régulièrement. On laisse délibérément les ruines se couvrir de végétaux, de façon à les préserver des intempéries. Il n'est donc pas question de restaurer la forteresse, abandonnée depuis la moitié du XVIIIe siècle. «Certains souhaitent qu'on installe des toits sur les ruines principales, nous informe Suzy Walker, qui travaille pour l'association Manx National Heritage. Des analyses ont été entreprises pour déterminer si c'était possible, mais la structure s'est révélée trop fragile.» La crypte, située sous la cathédrale, est la seule partie dont le plafond subsiste; elle a longtemps servi de prison ecclésiastique.

    Malgré son passé militaire, l'endroit inspire la paix. On pourrait y flâner pendant des heures, piqueniquer sur la pelouse verdoyante qui enveloppe les ruines sur plus de trois hectares ou faire une randonnée autour de l'enceinte. De là, on peut monter sur la colline de Peel et longer la côte pour se rendre jusqu'à la Corrin's Tower, 2 km plus loin.


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    Le château Rushen, à Castletown, est l'un des mieux préservés d'Europe.

    PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

     

    Château Rushen

    À l'opposé de la forteresse de Peel, le château Rushen est l'un des ouvrages défensifs médiévaux les mieux préservés d'Europe. Utilisé sans interruption depuis 800 ans, il a d'abord servi à la cour des rois vikings avant de devenir le siège des comtes de Derby, dynastie très proche de la Couronne d'Angleterre qui a régné sur l'île de Man pendant près de 300 ans, jusqu'en 1738. C'est ensuite devenu une caserne militaire et plus tard une prison, avant de conserver des fonctions administratives - on y a notamment frappé la monnaie de l'île.

    Le château a toutefois pris son allure actuelle au milieu du XIVe siècle, comme en témoignent les démarcations sur les murs. C'est le siège du roi d'Écosse Robert Bruce, qui a combattu auprès du patriote William Wallace - le fameux Braveheart personnifié au cinéma par Mel Gibson - qui a motivé ces travaux. «Robert Bruce était probablement le plus habile conquérant de forteresses de son temps, nous explique Edmund Southworth, directeur du Manx National Heritage, tandis que nous traversons la cour de l'impressionnante citadelle. Le château est donc passé sous contrôle écossais jusqu'en 1333 avant de repasser sous le giron anglais. C'est alors qu'ont été entrepris l'agrandissement et le renforcement du château, de 1350 à 1390.»

    Plusieurs modifications ont par la suite été faites, mais toujours dans un souci de conservation. D'importants travaux de restauration ont été réalisés de 1907 à 1910. On en a alors profité pour faire des travaux d'excavation qui ont permis de réhabiliter les douves. Lors de notre passage, on achevait une nouvelle série de travaux qui ont notamment permis d'améliorer les installations d'accueil - «il ne faut pas oublier que ce genre d'endroit était conçu pour garder les gens à l'extérieur!», nous fait remarquer M. Southworth en riant. Ainsi, la boutique d'accueil dispose maintenant de portes automatiques installées là où se trouvait la première herse, alors qu'une passerelle neuve a été aménagée là où s'abaissait à l'origine le pont-levis. Tous ces équipements ont été conçus avec des matériaux destinés à se marier à l'environnement historique.

    En tout, le château comprend 40 pièces, la plupart décorées avec du mobilier rappelant l'époque. Toutefois, l'utilisation de personnages de plâtre aurait avantage à être revisitée. Il est néanmoins intéressant de voir de quelle façon la disposition des pièces était conçue pour désorienter les gens - la salle du trésor étant naturellement la plus difficile d'accès, passé les quartiers du roi. Inutile de dire qu'il a fallu suivre notre guide pas à pas pour sortir de là!

     

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    La Loch Promenade, dans la capitale Douglas, est bordée de chics maisons victoriennes.

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    Concentré de plaisirs

    Au-delà de la richesse de son histoire et de son patrimoine, l'île de Man offre une impressionnante variété d'activités et de découvertes à moins d'une heure de route l'une de l'autre. Sélection.

    Douglas

    La capitale Douglas assume pleinement son passé victorien et ça lui va très bien. D'un côté, la Loch Promenade s'ouvre sur la mer d'Irlande alors que de l'autre, on trouve une enfilade de chics maisons construites à la fin du XIXe siècle. «L'île était une destination très populaire pendant la période victorienne, nous a raconté la guide Helen Ashcroft. Ça s'est généralement maintenu au cours du XXe siècle, mais l'avènement des vols au rabais a tourné l'attention des touristes britanniques vers d'autres destinations européennes, notamment l'Espagne et l'Italie.» La tendance s'est toutefois renversée au cours des dernières années et Douglas se fait accueillant avec sa marina, ses bars et des restaurants de fort belle tenue.

    Laxey Wheel

    Avec ses 22 m de diamètre, c'est la plus grande roue hydraulique encore en fonction au monde. Mais, non content d'avoir réalisé une roue si grande, l'ingénieur mannois Robert Casement caressait l'idée d'en faire un véritable monument. La roue, d'un rouge écarlate, est inaugurée en septembre 1854. On lui donne le nom de Lady Isabella en l'honneur de la femme du lieutenant-gouverneur Charles Hope. Propulsée grâce à l'eau canalisée des collines avoisinantes, elle sert à pomper l'eau à l'extérieur de la mine de plomb et de nickel, en activité depuis 1790. La mine a été fermée en 1930, mais on a sauvé Lady Isabella. Lubrifiée tous les vendredis, elle tourne toujours, un bel exemple du génie de l'époque victorienne.

    Calf of Man

    À l'extrémité sud de l'île de Man se trouve la réserve naturelle de Calf of Man, îlot rocheux fréquenté par les oiseaux et par un grand troupeau de moutons Loaghtan - le seul non exploité commercialement. On peut y loger, mais les rares chambres sont réservées plusieurs mois d'avance. Même si on ne peut pas traverser le périlleux bras de mer qui sépare Calf of Man de l'île principale, un arrêt d'impose à The Sound, joli restaurant circulaire qui offre une vue imprenable sur l'îlot. On peut aussi s'y rendre en kayak à partir de Port Saint Mary, mais il faut le faire par beau temps et à marée basse: la vitesse de la marée montante peut atteindre 9 noeuds.

    Randonnées

    Les possibilités de randonnée sont innombrables à l'île de Man. Le sentier le plus connu est sans doute «La voie du goéland», «Raad Ny Foillan» en mannois; il suit la côte sur près de 160 km pour faire le tour complet de l'île en 12 sections. En tout, il y a plus de 40 sentiers différents qui traversent l'île de part en part. Aussi, l'étonnant réseau de transports en commun permet une grande flexibilité dans le choix d'itinéraires; avec notre guide Chris Callow, d'Island Heritage Tours, nous avons monté en tramway au sommet du mont Snaefell pour ensuite redescendre vers Laxey, une randonnée dépaysante de près de 7 km.

    Trains pour tous

    L'île de Man attire aussi son lot de touristes charmés par l'étonnant cocktail de moyens de transport toujours en service. Le tramway électrique, qui fête ses 125 ans, relie la capitale Douglas à la ville de Ramsey, dans le nord-est de l'île, en offrant de saisissants panoramas. Une correspondance à Laxey permet par ailleurs de monter au sommet du mont Snaefell. Vers le sud, c'est le plus vieux train à vapeur à voie étroite des îles britanniques qui relie la capitale à Port Erin. On trouve aussi à Douglas un tram tiré par des chevaux qui fait le lien entre le terminal maritime et la gare du tramway électrique. Sans compter les trains miniatures de Great Laxey Mine et Groudle Glen.

    House of Manannan

    «En 1997, Peel vivait des heures sombres, le secteur de la pêche était au ralenti, nous a expliqué la guide Suzy Walker. On estime que le musée House of Manannan, construit autour de l'ancienne gare, a contribué à la relance de la ville.» L'établissement est nommé en l'honneur du Dieu celte protecteur de l'île de Man grâce à sa cape de brouillard. L'histoire de l'île y est habilement reconstituée avec des décors grandeur nature évoquant notamment une maison ronde celtique, une maison longue viking, un drakkar ainsi qu'une rue du port de Peel à l'apogée du commerce de la pêche, au début du XXe siècle.

     

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    Douze phares sont construits tout autour de l'île de Man, dont celui de Maughold Head, érigé en 1914 à l'extrémité est de l'île.

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    Carnet de notes

    Comment s'y rendre

    Près de 90 % des touristes qui visitent l'île de Man arrivent de Grande-Bretagne. L'accès se fait donc essentiellement à partir des îles Britanniques, par traversier ou par avion. Du Québec, le trajet implique généralement deux escales - l'exception étant Air Transat, qui offre l'été trois vols par semaine vers l'aéroport de Londres-Gatwick, d'où il est possible de voler vers l'île de Man avec easyJet. Sinon, il faut d'abord voler vers Liverpool, Manchester ou Dublin, par exemple. Dans tous les cas, il faut acheter son billet vers l'île de Man séparément auprès des transporteurs locaux qui la desservent - Flybe offre le plus de liaisons. Il faut par ailleurs noter qu'il n'y a pas de vol entre l'aéroport du Ronaldsway et Londres-Heathrow.

    Hébergement

    L'île de Man ne manque pas d'hôtels et compte même un bon nombre de gîtes et d'auberges. En revanche, pendant les deux semaines de la course de motos Isle of Man Tourist Trophy, de la fin de mai au début de juin, il faut s'y prendre d'avance pour réserver sa chambre. Bon à savoir: l'organisation de la course s'est entendue avec des résidants qui proposent des chambres dans le cadre du programme Homestay TT. L'affluence est aussi plus importante en août lors du Manx Grand Prix, mais on reste loin de la cohue suscitée par la venue de près de 40 000 visiteurs dans une île qui compte à peine 85 000 habitants.

    Produits locaux

    Depuis l'an dernier, le programme «Product of Isle of Man» est mis en valeur pour le bonheur des gourmands. Savoureuse crème glacée, beignets maison, agneau et boeuf élevés en pâturage libre, fruits de mer frais, on mange bien à l'île de Man. Il faut d'ailleurs goûter les «queenies», petits pétoncles qui font la fierté des Mannois. Mais il ne faudrait pas passer sous silence un autre plat typique de l'île, le «chips, cheese and gravy». Vous aviez bien lu, il s'agit bel et bien d'une poutine, faite avec du fromage râpé. Pas mal, mais pas bonne comme la nôtre, l'originale!

    Transport

    L'île est très bien desservie par les transports en commun - autobus, trains et tramway - , qui offrent une belle fréquence de service. Il est toutefois plus facile de découvrir les secrets de l'île en voiture. Des entreprises de location sont présentes à l'aéroport, mais on suggère de faire affaire avec les entreprises locales, beaucoup plus abordables.

     

    Infos utiles

    > Langue parlée: anglais

    > Monnaie: livre mannoise (au pair avec la livre sterling, qui est aussi acceptée partout)

    > Décalage avec le Québec: 5 heures

     

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