• Zoologie: Biodiversité : la sixième extinction aurait commencé

     

    Biodiversité : la sixième extinction

    aurait commencé

     

     

    D’après une estimation réalisée par des biologistes américains, le taux d’extinction actuel, pour les espèces de vertébrés, serait bien plus élevé que celui enregistré en période ordinaire. Pour la perte de biodiversité, notre époque correspondrait donc bien à une extinction massive. Mais elle n'en est qu'à son début donc rien n'est joué…

     

     
     

    L’Ophrysie de l'Himalaya (Ophrysia superciliosa), unique espèce de son genre, qui ressemble à une perdrix, n'a pas été observée avec certitude depuis 1876. Des témoignages en Inde, aux alentours de Naini Tal en 2003, redonnent espoir et ont permis de relancer les recherches pour tenter de localiser des individus. © Peinture de P. Dougalis, Wikimedia, CC

    L’Ophrysie de l'Himalaya (Ophrysia superciliosa), unique espèce de son genre, qui ressemble à une perdrix, n'a pas été observée avec certitude depuis 1876. Des témoignages en Inde, aux alentours de Naini Tal en 2003, redonnent espoir et ont permis de relancer les recherches pour tenter de localiser des individus. © Peinture de P. Dougalis, Wikimedia, CC

     
     

    La disparition d’espèces causée par les activités humaines, en particulier la destruction des habitats, est incontestable mais quelle est l’ampleur du phénomène ? En permanence, des espèces apparaissent et d’autres disparaissent, et ce à un rythme à peu près constant. Les registres fossilesont cependant montré au moins cinq phases « d’extinction de masse », attribuées à des circonstances exceptionnelles et, depuis quelque temps, beaucoup parlent d’une « sixième extinction de masse » due à l’omniprésence des humains et à leur hyperactivité. Il n’y a cependant pas d’accord sur ces taux d’extinction, difficiles à mesurer.

     

    Une équipe de biologistes, du Mexique et des États-Unis, vient de s’atteler à la tâche pour comparer les disparitions de l’époque récente au « taux habituel », c'est-à-dire celui observé entre deux phases d’extinction massive. Les chercheurs expliquent qu'ils ont pris en compte les disparitions devertébrés, relativement documentées depuis le XVIe siècle, surtout pour les mammifères, puis celle des oiseaux à partir du XIXe siècle, et des poissons, amphibiens et reptiles aux siècles suivants. Pour les extinctions récentes, l’étude prend comme référence les données de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui publie régulièrement sa fameuse Liste rouge, avec notamment trois catégories pour classer les espèces les plus mal en point : éteintes (EX), éteintes à l’état sauvage (EXW) et certainement éteintes (PE), quand les données sont insuffisantes. Les auteurs ont retenu deux références, qualifiées de « modeste » et « très modeste » (« conservative » et « very conservative »), la première sommant les catégories EX, EXW et PE et la seconde ne retenant que la catégorie EX.

     

    Le taux d'extinction cumulé d'espèces de vertébrés selon les données de l'UICN, en ne comptabilisant que la catégorie « espèce éteinte » à gauche, et en incluant les catégories « éteinte à l'état sauvage » et « certainement éteinte » à droite. Les courbes de couleurs indiquent les valeurs pour les mammifères (Mammals) et les oiseaux (Birds), les autres vertébrés (Others vertebrates), c'est-à-dire les poissons, les amphibiens et les reptiles, et l'ensemble des vertébrés (Vertebrates). La ligne pointillée donne le taux cumulé en période normale (Background). © Gerardo Ceballos et al., Sience Advances, UICN
    Le taux d'extinction cumulé d'espèces de vertébrés selon les données de l'UICN, en ne comptabilisant que la catégorie « espèce éteinte » à gauche, et en incluant les catégories « éteinte à l'état sauvage » et « certainement éteinte » à droite. Les courbes de couleurs indiquent les valeurs pour les mammifères (Mammals) et les oiseaux (Birds), les autres vertébrés (Others vertebrates), c'est-à-dire les poissons, les amphibiens et les reptiles, et l'ensemble des vertébrés (Vertebrates). La ligne pointillée donne le taux cumulé en période normale (Background). © Gerardo Ceballos et al., Sience Advances, UICN

     

    Le taux d'extinction actuel est huit à cent fois trop élevé

     

    Pour le « taux habituel » d’extinction, les auteurs ont retenu, à partir d’études récentes, une fourchette de 0,1 à 1 espèce éteinte par million d’espèces et par an. Notée E/MSY, cette unité équivaut, si l’on préfère, à une extinction pour dix mille espèces en un siècle. Les auteurs de l’étude font remarquer que ce taux est deux fois supérieur à celui habituellement retenu. Pour les mammifères, ce taux serait de 1,8 E/MSY, que les auteurs ont arrondi à 2.

     

    Avec cette méthode, l’étude, publiée dans la revue Science Advances, aboutit à un taux d’extinction actuel compris entre huit et cent fois le taux habituel. Par exemple, illustrent les auteurs, un taux de 2 E/MSY aurait conduit à neuf extinctions d’espèces de vertébrés depuis 1900 alors que les chiffres de l’UICN, version « modeste », donc avec la seule catégorie EX, en donnent 468 de plus (69 mammifères, 80 oiseaux, 24 reptiles, 146 amphibiens et 158 poissons). Selon ces chercheurs, pas de doute, ce taux correspond à celui d’une extinction massive. Mais, rassurent-ils, elle n’en est qu’à ses débuts et nous avons les moyens de freiner la perte de biodiversité.

     

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