•  

    La biodiversité serait critique en de

    nombreuses régions du monde

     

     

    Après avoir passé en revue les données mondiales concernant près de 40.000 espèces sur 18.000 sites, des biologistes britanniques concluent que, dans plus de la moitié des terres émergées, la biodiversité est descendue sous une valeur considérée comme la limite. En dessous, les écosystèmes peuvent s’écrouler.

     
     

    Les prairies font partie des biomes qui souffriraient le plus des activités humaines. Ici, une prairie dans le Parc national des Tablas de Daimiel, en Espagne. © yannboix, Flickr, CC by 2.0

    Les prairies font partie des biomes qui souffriraient le plus des activités humaines. Ici, une prairie dans le Parc national des Tablas de Daimiel, en Espagne. © yannboix, Flickr, CC by 2.0

     
     

    Les pertes de biodiversité sont aujourd’hui souvent assez bien documentées dans différents milieux. Entre agriculture et urbanisation, les disparitions d’espèces, localement ou globalement, sont indéniables. Mais est-ce grave ? Pour la première fois à cette échelle et avec cette précision, des scientifiques, emmenés par Tim Newbold, de l’UCL (University College London), ont dressé un bilan de l’évolution du nombre d’espèces d’écosystèmes terrestres.

     

    Les chercheurs ont travaillé sur 2,38 millions de données, concernant 39.123 espèces, recueillies sur 18.659 sites par des centaines de scientifiques collaborant au projet Predicts (Projecting Responses of Ecological Diversity In Changing Terrestrial Systems). Ce patient dénombrement a conduit à une estimation de la biodiversité jusqu’à une unité de surface de 1 km2.

     

    Le résultat, décrit dans la revue Science, quantifie le déclin par « biome », c’est-à-dire par type d’environnement (prairie, désert, forêt tempérée…), en comparant avec le nombre d’espèces « originel », c’est-à-dire avant que les activités humaines n’aient modifié l’habitat. Les auteurs ont considéré une limite, un « seuil de sensibilité », en deçà duquel l’équilibre n’est plus possible. Cette notion avait déjà été évoquée dans des travaux antérieurs sur les « frontières planétaires ». En 2009, des chercheurs avaient défini des domaines où les activités humaines peuvent dépasser les capacités de résistance de la planète. De la biodiversité à l’utilisation de l’eau douce en passant par le climat et les cycles de l’azote et du phosphore, l’étude en pointait neuf. En 2014, une autre équipe affirmait que quatre de ces frontières avaient été franchies ou allaient bientôt l’être.

     

    En rouge, les régions où la perte de biodiversité dépasse la limite considérée comme le seuil de sensibilité. En jaune, celles où elle l'approche. En bleu, les régions où la biodiversité se maintient bien. © UCL
    En rouge, les régions où la perte de biodiversité dépasse la limite considérée comme le seuil de sensibilité. En jaune, celles où elle l'approche. En bleu, les régions où la biodiversité se maintient bien. © UCL

     

    58,1 % des terres émergées sous la limite

     

    D’après l’étude de l’équipe de Tim Newbold, la biodiversité est passée sous ce seuil, établi à 10 %, sur 58,1 % des terres émergées. « Sur ces territoires vivent 71,4 % des êtres humains » soulignent les chercheurs dans le communiqué de l’UCL. Les biomes les plus affectés seraient les prairies, les savanes et les brousses. C’est essentiellement l’exploitation de ces surfaces pour les activités humaines qui en font fuir des plantes et des animaux. « Les plus grands changements se sont produits là où les humains sont les plus nombreux » constatent les chercheurs.

     

    Les conséquences d’une dégradation de ces écosystèmes – désertification par exemple – ont aussi un impact fort sur les populations humaines et les chercheurs concluent en exhortant les pouvoirs publics à préserver, autant que faire se peut, des milieux naturels.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Pour la majorité d’entre nous, la biodiversité est souvent représentée par des espèces remarquables ou emblématiques comme l’ours, le tigre ou l’aigle. En fait, ce concept englobe la diversité des gènes, des espèces et des écosystèmes ainsi que leurs interactions. Xavier Le Roux, directeur de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, a répondu à quelques-unes de nos questions concernant ce fragile écosystème.

    Zoologie:  La biodiversité serait critique en de nombreuses régions du monde + vidéo

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Les capucins du Brésil en sont à l'âge

    de pierre depuis au moins 700 ans

     

     

    Les singes capucins, en Amérique du Sud, utilisent depuis au moins 700 ans des pierres judicieusement choisies pour ouvrir des noix à la coque trop dure pour leurs dents. Quand et où cette technique est-elle apparue ? Comment s'est-elle répandue ? Il est difficile de répondre aujourd'hui à ces questions tant les travaux archéologiques chez les primates non humains sont rares.

     
     

    Un singe capucin, au Brésil, en train de casser des noix de cajou. Cette pratique est multiséculaire, affirment des chercheurs, et existait déjà il y a une centaine de générations. © University of Oxford, YouTube

    Un singe capucin, au Brésil, en train de casser des noix de cajou. Cette pratique est multiséculaire, affirment des chercheurs, et existait déjà il y a une centaine de générations. © University of Oxford, YouTube

     
     

    Les capucins, souvent appelés sapajous, des petits singes agiles d’Amérique du Sud, sont connus pour leur habilité et leur sociabilité, et aussi pour leur savoir-faire en matière de fabrication de casse-noix. Ils sont capables d’apporter là où ils en ont besoin des cailloux bien choisis pour s’en servir de marteaux, utilisés sur de grosses pierres bien plates.

     

    Ces observations ne sont pas rares mais, en revanche, l’étude archéologique de telles technologies animales n’est guère pratiquée. En 2007, le Canadien Julio Mercader et l’Allemand Christophe Boesch avaient cherché – et trouvé – des pierres utilisées comme casse-noix par des chimpanzés dans la forêt de Taï, en Côte d’ivoire, à une époque ancienne, en l’occurrence 4.000 ans.

     


    Cette vidéo montre des singes capucins en plein travail, avec les explications de Michael Haslam, archéologue à l'université d'Oxford, sur la découverte d'une preuve de l'ancienneté de cette pratique. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © University of Oxford, YouTube

     

    Des techniques archéologiques appliquées à

    un animal non humain

     

    Cette étude restait la seule du genre, affirment Michael Haslam et son équipe, jusqu'à leur découverte au Brésil concernant le capucin (Sapajus libidinosus, anciennement Cebus libidinosus ou Cebus apella libidinosus), qu'ils décrivent dans la revue Current Biology.

     

    Ces chercheurs ont découvert des pierres assimilables aux « marteaux » et aux « enclumes » des capucins actuels mais dans des sédiments qui les datent de 700 ans au moins. « Nous avons appliqué des techniques archéologiques à un ensemble d’outils de pierre créé par un animal non humain », expliquent-ils dans le résumé de l’article scientifique. C’est donc la première fois qu’une telle industrie est décrite en dehors de l’Afrique.

     

    Pour les auteurs, la rareté de ces observations viendrait de notre anthropomorphisme, qui gênerait les études sur l’évolution et le déploiement de ces techniques chez les primates au fil du temps. Ils ajoutent qu’il faudrait s’intéresser aux échanges possibles de ce genre de savoir-faire entre des groupes anciens de primates non humains et humains.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Le nombre de primates, et particulièrement de grands singes à l’état sauvage, décroit régulièrement depuis une cinquantaine d’années. Futura-Sciences a interviewé Annette Lanjouw, primatologue, lors de son intervention à TEDxCannes, afin de connaître les menaces qui pèsent sur ces animaux.

    Zoologie:  Les capucins du Brésil en sont à l'âge de pierre depuis au moins 700 ans + 2 vidéos

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    L’expansion du frelon asiatique n’est

    pas forcément due à l’Homme

     

     

    La rapidité d’expansion du frelon à pattes jaunes ou frelon asiatique en Europe n’est pas forcément liée aux activités humaines. Une étude démontre que la mise en place d’actions de lutte ciblée pourrait réduire grandement la progression et les impacts de cette espèce invasive.

     
     

    Frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax). Cette espèce dite invasive pose des problèmes de santé humaine, économiques et environnementaux. © J-R, shutterstock.com

    Frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax). Cette espèce dite invasive pose des problèmes de santé humaine, économiques et environnementaux. © J-R, shutterstock.com

     
     

    Depuis son introduction accidentelle vers 2004 en France, le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) a envahi l’Europe. Cette espèce invasive pose des problèmes dans plusieurs domaines :

     

    • Santé humaine : type allergies, et certaines attaques sur l’Homme ont conduit à des décès ;
    • Économie : le secteur apicole est particulièrement touché à cause des ruchers attaqués ;
    • Environnement : le frelon est un prédateur généraliste pouvant avoir un impact sur la biodiversité.

     

    Depuis son arrivée, le nombre de colonies augmente rapidement d’année en année sur les territoires colonisés (par exemple, en Indre-et-Loire, 3 colonies en 2009, 10 en 2010, 41 en 2011, 202 en 2012, 466 en 2013, plus de 600 en 2014, et un millier en 2015).

     

    Des chercheurs de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (université François-Rabelais, CNRS, Tours) et de l’Unité de recherche de zoologie forestière de l’Inra Val-de-Loire ont développé un modèle mathématique permettant de simuler, en France, l’expansion du frelon asiatique en s’appuyant sur des données biologiques et de terrain. Les scientifiques se sont notamment basés sur les données issues du programme de sciences participatives du Muséum national d’histoire naturelle (frelonasiatique.mnhn.fr).

     

    Nid de frelon asiatique. Le front d’expansion de cet insecte introduit accidentellement en France en 2004, progresse de 78 kilomètres par an en moyenne. © Paula Jorge, Wikimedia Commons
    Nid de frelon asiatique. Le front d’expansion de cet insecte introduit accidentellement en France en 2004, progresse de 78 kilomètres par an en moyenne. © Paula Jorge, Wikimedia Commons

     

    De l’importance d’une lutte ciblée

     

    Ce modèle leur a permis de tester plusieurs scénarios :

     

    • La dispersion du frelon asiatique sans l’intervention de l’Homme.
    • La combinaison de cette dispersion naturelle du frelon et d’une dispersion par les activités humaines (transports accidentels par l’Homme).
    • Les conséquences de l’élimination des colonies de frelons.

     

    Les résultats indiquent que le front d’expansion du frelon asiatique progresse de 78 kilomètres par an en moyenne. Les chercheurs démontrent que la rapidité de la colonisation peut s’expliquer par les seules capacités de dispersion des frelons et ne peut pas être systématiquement imputable à l’Homme.

     

    Le modèle révèle que lorsqu’on augmente considérablement le niveau de lutte ciblée contre le frelon, on ne parvient pas à éliminer l’espèce invasive mais on réduit nettement son expansion et la densité de ses populations. L’intensification de la lutte ciblée est donc nécessaire pour limiter l’expansion de l’espèce dans l’avenir et en diminuer les impacts. Les pièges actuels, utilisant des appâts alimentaires, ne sont pas sélectifs d’où l’intérêt de développer un piège sélectif et spécifique des frelons asiatiques.

     

    Zoologie:  L’expansion du frelon asiatique n’est pas forcément due à l’Homme

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Le cacatoès, cet étonnant perroquet

    capable de réfléchir

     

     

    Plutôt que de se jeter sur le premier aliment venu, mieux vaut attendre un peu pour en manger un de meilleure qualité, si c'est possible. Si, en revanche, cette seconde opportunité semble trop difficile, alors prenons ce qui se présente. C'est le raisonnement qu'ont tenu des cacatoès devant des scientifiques, manifestant des capacités cognitives surtout connues chez les primates.

     
     

    Des scientifiques viennent de montrer comment un perroquet, le cacatoès de Goffin, sait manipuler des outils et réfléchir avant d'agir. Ici, un individu captivité. © Xavier Marchant, Shutterstock

    Des scientifiques viennent de montrer comment un perroquet, le cacatoès de Goffin, sait manipuler des outils et réfléchir avant d'agir. Ici, un individu captivité. © Xavier Marchant, Shutterstock

     
     

    Le cacatoès aime bien la noix de pécan, mais il préfère de beaucoup la noix de cajou. Alors, que fera-t-il si l’une est juste sous son bec alors que l’autre, enfermée à l’intérieur d’un dispositif compliqué, n’est accessible qu’en utilisant un outil ? C’est la question que se sont posée des chercheurs autrichiens du Goffin Lab, à l’école vétérinaire universitaire de Vienne (Autriche).

     

    Réponse : ça dépend. De nouveau, des oiseaux montrent des comportements complexes, autant que ceux dont sont capables des mammifères, malgré une taille de cerveau nettement plus faible. Souvenons-nous que, très récemment, il a été découvert que la densité de neurones chez les oiseaux est plus élevée que celle des mammifères : le perroquet a autant de neurones qu'un macaque !

     

    Dans cette expérience, Isabelle Laumer, Alice Auersperg et Thomas Bugnyar font travailler des cacatoès de Goffin (Cacatua goffiniana) qui savent déjà se servir de deux outils différents pour récupérer une noix dans des boîtes transparentes. L’une de ces dernières est percée d’un petit trou et l'oiseau doit se saisir d’une baguette pour déloger la noix juchée sur un présentoir et la faire tomber sur un plan incliné qui la fera rouler jusqu’à l’extérieur. L’autre boîte est surmontée d’un tube dans lequel il faut lâcher une bille qui fera basculer une trappe libérant la noix.

     


    Les chercheurs ont placé un cacatoès de Goffin devant une succession de choix similaires : manger la noix posée sur la table ou bien se saisir d'un outil pour aller en chercher une autre, enfermée dans une boîte. L'oiseau réfléchit avant d'agir car l'une des noix est meilleure que l'autre. © Université de Vienne, YouTube

     

    Le cacatoès sait réprimer ses impulsions

     

    Les cacatoès ne s'y trompent pas : si la noix de cajou est emprisonnée et si le bon outil est présent sur la table, alors l’oiseau délaisse la noix de pécan et va chercher son plat préféré. Comme l’expérimentateur, dès le choix effectué, retire prestement l’autre graine, le perroquet n’aura droit qu’à l’une d’entre elles, et ne pourra donc pas manger les deux, ce qui serait sans doute la meilleure stratégie… L’oiseau effectue donc un choix qui n’a rien d’évident pour un animal : retenir son impulsion immédiate vers la nourriture accessible et préférer attendre un peu et faire un effort pour se régaler d’un aliment de meilleure qualité. Cette capacité est connue chez des primates mais la découverte semble être une première chez les oiseaux.

     

    En revanche, entre une noix de cajou posée sur la table et une autre enfermée dans sa boîte alors que le bon outil est à sa portée, l’oiseau va au plus simple, délaissant le mécanisme. Mais comment le perroquet réagit-il si l’expérimentateur se trompe d’outil, posant par exemple la baguette alors que la boîte impose la bille ? Après un bref regard sur la scène, l’oiseau n’hésite pas et choisit la noix qu’il aime moins plutôt que sa préférée, qu’il ne pourra pas attraper. La vidéo qui accompagne cet article montre tous les cas de figure (tout comme le communiqué de l’université de Vienne).

     

    Isabelle Laumer, du Goffin Lab de l'école vétérinaire de l'université de Vienne, avec quelques-uns des 14 cacatoès de Goffin du laboratoire. Ces oiseaux du sud de l'Asie (notamment d'Indonésie) sont connus pour leur facilité à vivre au milieu des humains et leur caractère joueur, ce qui leur vaut d'être capturés en grandes quantités. L'UICN classe l'espèce dans la catégorie NT (« presque menacée »). © Bene Croy
    Isabelle Laumer, du Goffin Lab de l'école vétérinaire de l'université de Vienne, avec quelques-uns des 14 cacatoès de Goffin du laboratoire. Ces oiseaux du sud de l'Asie (notamment d'Indonésie) sont connus pour leur facilité à vivre au milieu des humains et leur caractère joueur, ce qui leur vaut d'être capturés en grandes quantités. L'UICN classe l'espèce dans la catégorie NT (« presque menacée »). © Bene Croy

     

    Quels avantages de telles capacités

    procurent-elles dans la nature ?

     

    L'étude pointe aussi la limite du raisonnement du cacatoès quand la situation se complique, quand deux boîtes différentes, avec la baguette et la bille, sont posées devant l’oiseau, tandis qu’une noix, de cajou ou de pécan, est accessible directement. Dans cas, la réflexion semble trop lourde pour l’oiseau. Plutôt que de cogiter sur la meilleure stratégie, il avale la noix disponible, quelle qu’elle soit.

     

    Pour les chercheurs, la question se pose de l’utilité d’une telle capacité de raisonnement dans la nature, où ces oiseaux ne semblent pas utiliser des outils. Leurs comportements à l'état sauvage restent cependant mal connus. Pour Alice Auersperg, cette capacité « doit émerger des modes cognitifs généraux », en d’autres termes, d’une forme d’intelligence.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Le jardinier brun est une oiseau originaire de Papouasie occidentale. Il est connu pour sa capacité a imiter de nombreux sons, à l’image de certains perroquets. Pour séduire la femelle il construit une grande hutte qu’il décore méticuleusement, comme on peut le voir au cours de cette vidéo.

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Science décalée : les chats comprennent

    des lois physiques de base

     

     

    D'après des chercheurs japonais, les chats auraient des notions sur la gravité et peuvent prévoir la présence d'un objet invisible grâce à des informations auditives. Ils comprendraient donc des lois de base de la physique.

     
     

    Nous n’avons pas encore exploré toutes les capacités intellectuelles des chats. © Kisialiou Yury, Shutterstock

    Nous n’avons pas encore exploré toutes les capacités intellectuelles des chats. © Kisialiou Yury, Shutterstock

     
     

    Rien à voir avec le chat de Schrödinger et la physique quantique dans cette expérience. Mais dans un article paru dans Animal Cognition, une équipe de l’université de Kyoto suggère que les chats ont conscience de certaines lois de la physique. C’est en secouant des boîtes qui contenaient ou pas des objets que les chercheurs sont arrivés à cette conclusion.

     

    Certes les chats ne peuvent pas faire la différence entre les théories de Newton ou d’Einstein sur l’attraction gravitationnelle. Mais ils sont capables de comprendre un système de cause à effet : le fait qu’un bruit ou un mouvement résulte d’une action.

     

    Pour leur expérience, les chercheurs ont observé 30 chats domestiques, 13 mâles et 17 femelles, âgés de 2 à 126 mois (moyenne d’âge : 2,87 ans). Un expérimentateur se tenait devant eux et secouait une boîte qui contenait ou pas un objet. Ensuite, la boîte a été retournée et le chat observait si un objet tombait ou non. Dans 50 % des cas, la situation allait à l’encontre des lois de la physique et les chats étaient dans une situation déconcertante : soit il y avait un bruit et aucun objet qui ne sortait de la boîte, soit il n’y avait pas de bruit mais un objet tombait quand même de la boîte.

     

    Les chats sont de bons chasseurs et doivent bien évaluer la distance qui les sépare de leur proie avant de bondir. © Pete Pahham, Shutterstock
    Les chats sont de bons chasseurs et doivent bien évaluer la distance qui les sépare de leur proie avant de bondir. © Pete Pahham, Shutterstock

     

     

    Le chat se pose des questions dans une

    situation incongrue

     

    Placés dans des situations « bizarres », les chats restaient plus longtemps à regarder fixement la boîte : ils se demandaient comment une telle situation était possible. Cela signifie que les chats pouvaient bien prévoir la présence ou l’absence de l’objet d’après le bruit.

     

    Pour les auteurs, « Cette étude peut être considérée comme une preuve que les chats ont une connaissance rudimentaire de la gravité. »

     

    Le fait que les chats soient de bons chasseurs doit être en lien avec cette capacité : les chats ont souvent besoin de prévoir la distance à laquelle se trouve une proie dans des circonstances où ils ont peu de visibilité. Ces félins utilisent beaucoup leurs capacités auditives, et leur ouïe est particulièrement développée.

     

    À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


    Le chat de Schrödinger est une expérience de pensée souvent évoquée en physique quantique. Ce paradoxe célèbre décrit la combinaison linéaire d’états appliquée à un sujet assez particulier : un chat. Futura-Sciences a rencontré Claude Aslangul, physicien, pour qu’il nous parle plus en détail de cette idée.

     

     

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique